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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 01:00

  Né en 1882 dans l' Etat mexicain du Guanajuato, le jeune Matthieu Nieves vécut une enfance modeste dans une famille d' agriculteurs fervents chrétiens. De santé fragile il eut des difficultés à terminer ses études et dut aider sa famille.

Il entra chez les Augustins où il prononça ses voeux en 1911 sous le nom d' Elie du Bon-Secours.  Il ne devint prêtre qu' à 34 ans en 1916 et fut chargé cinq ans après de la paroisse de la Canada de Caracheo dans une bourgade pauvre du Michoacan.

Il partageait le sort de ses paroissiens ne ménageant jamais sa peine dans une petite ville dépourvue de services sociaux et d' école digne de ce nom.

Depuis son indépendance en 1822, le Mexique n' avait toujours pas trouvé son unité nationale. Les révoltes zapatistes et l' anarchie chronique de certaines provinces n' avaient fait que montrer l' absence de véritable appareil d' Etat défenseur de la légalité.

Une classe de propriétaires latifundiaires en déclin proche des milieux catholiques était concurrencée par une frange de la petite bourgeoisie foncièrement hostile à l' Eglise et parcourue soit d' idéaux socialistes soit d' idéaux progressistes teintés de rationalisme athée. L' immense majorité paysanne était catholique ainsi que les citadins. Une génération formée après la guerre dans la moyenne et petite bourgeoisie commençait à faire naître un catholicisme moderne tourné vers l' enseignement de la doctrine sociale de l' Eglise autour de la théologie du Christ-Roi de l' Univers..

Mais le pouvoir politique américain ne voulait pas que ce pays voisin, fournisseur en pétrole, ne sombre dans un néo-marxisme dangereux pour ses intérêts, et jugeait superficiellement que l' Eglise était source d' inertie sociale. Par conséquent par ses réseaux francs-maçons ou protestants il favorisait cette frange laïciste avide de pouvoir; dont les idées ne pouvaient que prospérer sur ce fond de pauvreté. Mais en fait elles prospéraient d' elles-mêmes depuis le milieu du XIXème siècle chez les fonctionnaires et les militaires nationalistes et dans certains milieux intellectuels.

 Lecture superficielle de la situation ecclésiale qui entraîna une condamnation sans appel...Certes Pie XI avait parfaitement conscience du danger des mouvements de foule de l' époque ( communisme athée et fascisme néo-païen ), mais l' arrivée  du gouvernement Calles en 1924 et surtout les lois de 1926  qui instaurèrent une politique de répression féroce à l égard de l' Eglise surprirent des esprits non préparés.

L' Eglise n' avait pas les moyens matériels de résister. De laïciste le pouvoir nationaliste était devenu athée et persécuteur de l' Eglise semant la guerre civile dans tout le pays. Ce sont les laïcs catholiques qui furent à l' origine de la résistance. Rome mit des années à calmer les esprits, et  finalement à condamner les derniers résistants en les excommuniant, lorsque le gouvernement fit quelques concessions d' apaisement.

 

 

Le Père Nieves pourtant de caractère timide avait calmement décidé de rester avec les siens. Au plus fort de la révolte alors qu' il était interdit par le gouvernement de pratiquer la religion catholique, il prit refuge dans une grotte près de la bourgade et venait distribuer les sacrements. Prudence sans peur inutile. Il vécut ainsi quatorze mois.

Le 7 mars 1928 un détachement de soldats parcourut le secteur et fit interroger la population paysanne, officiellement pour repérer les voleurs de bétail ( en fait le gouvernement avait instauré une loi agraire de regroupement particulièrement impopulaire ). C' est au cours d' un interrogatoire qu' ils découvrirent le Père Nieves. A la question de son métier il répondit qu' il était prêtre, ce qui équivalait à un arrêt de mort. Emprisonné immédiatement avec d' autres villageois, on fit venir des soldats supplémentaires car la population était hostile aux forces gouvernementales.

Ses deux jeunes compagnons Jésus Sierra et Jésus Dolorès ( 28 et 21 ans ) chez qui il s' était caché dans leur ferme furent fusillés. Ils avaient pu obtenir la permission de se confesser au Père Nieves avant de mourir en criant : viva el Cristo Rey !

Le lendemain en route vers la prison de la ville de Cortazar, l' officier du détachement décida finalement de le faire lui-aussi fusiller. Il eut la permission de se préparer pendant une demie heure. Ce qu' il fit comme la préparation de sa propre messe et de celle de son Seigneur. Il bénit les soldats,  récita le Credo et mourut  à cause de la haine de la Foi aux cris de :  vive le Christ-Roi !  C' était le 10 mars 1928.

Le XXème siècle qui avait vu naître l' utopie meurtrière de la révolution rouge n' en était pas encore arrivé au bout de son cours. Celui-ci fut  beaucoup plus meurtrier pour l' Eglise que celui de l' époque de Dioclétien.

Le Père Elie du Bon-Secours fut béatifié le 12 octobre 1997 par Jean-Paul II. 

 

Lien sur un autre martyr mexicain : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5783035.html

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