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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 03:29

 Toribio ( Thuribe en français, Thuribius en latin ) Romo Gonzalez naquit en 1900 dans le village de Santa Ana de Guadalupe ( Jalisco ) au Mexique. Il reçut tôt la vocation et entra à treize ans au petit séminaire de Saint-Jean-des-Lacs ( San Juan de los Lagos ) puis au séminaire de Guadalajara où il fut ordonné avec une dispense à cause de son jeune âge. En 1917 le Mexique adopta une Constitution laïciste.

A partir de 1922, il fut vicaire dans diverses paroisses du diocèse, la dernière étant Cuquio. A la prise de pouvoir  en 1924 du président Calles ( 1877-1945  ) franc-maçon et anti-clérical (1) forcené, l' Eglise fut baillonnée par des lois encore plus sévères. Le pays entra dans une guerre civile larvée puis de plus en plus violente.

A Cuquio trois-cents paysans se soulevèrent contre le gouvernement fédéral. Les Cristeros s' armèrent dans le pays entier, provoquant la panique des milieux dirigeants qui avaient fait voter de nouvelles lois agraires. Au début de l' été 1926 la religion catholiqe était pratiquement interdite. En août 1926 le culte public catholique fut suspendu.

La loi du 9 novembre 1926 allait reserrer l' étau dans l' Etat de Jalisco : si les prêtres étaient surpris en train de donner les sacrements, ils étaient passibles de mort. Beaucoup vivaient cachés chez des paysans ou dans des appartements en ville. Les autres étaient voués à la prison ou au peloton d' exécution. 

 

 En septembre 1927 il fut envoyé à Téquila ( Jalisco ) dans une région dominée par les forces fédérales gouvernementales. Le père Thuribe Romo célébrait la messe dans une ancienne distillerie pour quelques fidèles en cachette.

En décembre 1927 son frère cadet Romain fut ordonné au sacerdoce et vint l' aider à Téquila. Ils vivaient cachés dans une barraque de l' hacienda d' un propriétaire terrien Léon Aguirre qui l' avait mise à leur disposition dans son ranch d' Agua Caliente.

Prêtre au coeur sensible et assidu à l' oraison, il avait écrit dans son journal : Seigneur ne me laissez pas un seul jour sans pouvoir dire la messe, sans vous embrasser dans votre communion. "

Le mercredi des Cendres 22 février 1928 il demanda à son frère de l' écouter en confession et lui remit une enveloppe cachetée.

Le 24 février il passa la journée et la nuit à mettre à jour les registres paroissiaux. Il prit un peu de repos vers cinq heures du matin avant de dire la messe un peu plus tard, mais une troupe de soldats des forces fédérales gouvernementales menée par un délateur fit irruption dans la pièce. Le traître leur cria c' est lui le prêtre !  Il fut tiré de son sommeil et à moitié soulevé fut assassiné.

                                             Plutarco Calles 1877-1945

Les soldats le dépouillèrent de ses vêtements et transportèrent son corps en une procession blasphématoire pendant laquelle ils chantaient des obscénités. Il jettèrent son corps dans le village voisin où habitait sa soeur Maria. Elle se rendit à pied à Guadalajara prévenir ses parents qui purent l' enterrer le jour suivant.

Quelques jours plus tard son frère ouvrit l' enveloppe qui contenait son testament : " Cher Père Romain prends soin de nos vieux parents et protège-les des souffrances et prends soin aussi de notre soeur Maria qui fut une mère pour nous. Dis deux messes pour les âmes du purgatoire et rembourse la dette de trois pesos cinquante centimes que je dois au curé de Yahualica..."

A une messe de première communion d' une vingtaine d' enfants quelques jours avant sa mort, tenant l' hostie entre les mains, il avait dit : " Je vous offre Seigneur mon sang pour la paix de l' Eglise. "

En 1948 son corps fut déposé dans une chapelle spécialement construite près de son lieu de naissance à Jalostotitlan.

 

Il fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000 par Jean-Paul II. La Constitution anti-catholique de 1917 ne fut que partiellement amendée en 1992.

Lien : http://www.arquidiocesisgdl.org.mx

                               Chapelle de Santa Ana où repose saint Thuribe

(1) Au niveau fédéral, il créa une église patriotique, heureusement sans écho. Il finança l' implantation de " dénominations protestantes " avec l' aide des Etats-Unis; fit fermer les écoles catholiques en imposant l' athéisme obligatoire; expulser les congrégations; interdire les syndicats; confisqua la majorité des églises et fit profaner les autres; soumit à de fortes amendes ou des peines de prison la possession d' images pieuses ou de médailles; prohiba l' enseignement religieux même dans les familles, etc...

Ces mesures ne furent pas appliquées dans les trois-quarts du pays aux mains des Cristeros jusqu' en 1929,  mais le furent partiellement ensuite après la fin de la guerre civile en 1929.

Au niveau des Etats, des lois locales renforçèrent la  répression. Par exemple dans l' Etat de Tabasco soumis aux forces fédérales, pour être prêtre en 1925 il fallait être mexicain de naissance, avec cinq années de résidence consécutives dans l' Etat, avoir plus de quarante ans, avoir fait ses études dans une école d' Etat, et...être marié !! Autant dire une loi provocatrice et inapplicable.

En juin 1926 les églises furent nationalisées, les organisations non-gouvernementales interdites ( donc pour la plupart catholiques ). Une religieuse en activité encourait deux ans de prison, une supérieure six ans ! L' emprisonnement immédiat sans jugement était passible pour toute personne encourageant une autre à prononcer des voeux, ainsi que l' interdiction du port de l' habit religieux...Ce ne furent que les premières mesures qui déclenchèrent d' abord une résistance passive du pays ( 15 millions d' habitants ) puis une résistance armée dans les campagnes.

La mesure qui mit le feu aux poudres fut celle de l' obligation d' enregistrement des prêtres avec serment de non-prosélytisme.


Ce fut la seule mesure à laquelle l' épiscopat mexicain s' opposa...

 

Un seul évêque, Mgr Manriquez ( de Huejulta ) avait protesté début 1926, il fut condamné à un an de prison puis définitivement exilé en 1927.

 TOUS les autres évêques  ( 37 ) se turent. L' un d' entre eux, Mgr Gonzalez ( de Durango ), au début favorable à l' insurrection se rétracta ensuite. Certains furent même très hostiles aux  résistants.

Aux Arreglos de 1929 ( règlements de paix ) imposés par le président Portes Gil avec la médiation des Américains favorables au gouvernement laïciste,  tous les évêques se soumirent aux lois du gouvernement qui permit alors un contrôle de l' Eglise sans en interdire le culte.

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