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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 16:02
   Né en 1521 à Nimègue, Pierre De Hondt ( nom signifiant en néerlandais le chien, latinisé suivant les usages de l' époque en Canisius ) entra dans la Compagnie de Jésus, après des études à Cologne.

Prêtre en 1546, il fut envoyé comme théologien de l' évêque d' Augsbourg au Concile de Trente.
Il eut une activité extraordinairement féconde dans les principautés allemandes, fondant des collèges, prêchant, écrivant ; il composa notamment des catéchismes qui furent si populaires qu' en Allemagne, un Canisius voulait dire un livre de catéchisme. Il devint en 1550 recteur de l' université d' Ingolstadt en Bavière.

Il fut nommé par saint Ignace de Loyola Provincial de son Ordre pendant quatorze ans pour la Haute-Allemagne*. Il défendit les thèses du Catholicisme à la Diète de Worms, contre l' influence des princes protestants.

Il lutta ainsi efficacement pour la vérité et mourut le 21 décembre 1597 à Fribourg en Suisse où il avait fondé un Collège.
Il fut béatifié en 1864 par le bienheureux Pie IX et canonisé en 1925 par Pie XI.

Il est Docteur de l' Eglise depuis 1925.

* Souabe, Bavière, Hongrie, Bohême, Haute et Basse-Autriche.
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 21:32
En tant qu' évêque d' Agrigente en Sicile, l' Eglise doit à saint Gerland d' avoir réorganisé le diocèse et d' avoir reconstitué les structures ecclésiales arpès la longue occupation musulmane de l' île qui eut lieu de 829 à 1086.
Contrairement à d' autres contrées méditerranéennes, en Orient, la Sicile redevint chrétienne. Les Chrétiens étaient devenus peu nombreux, les églises détruites. La population avait été forcée d' embrasser la loi de Mahomet dans sa grande majorité en l' espace de deux siècles.

Saint Gerland était né près de Besançon. Il était Allobroge, descendant de ces tribus gauloises qui étaient établies dans une partie de la Suisse actuelle, de la Franche-Comté moderne et de la région lyonnaise. Il était parent du comte Roger d' Hauteville, conquérant de la Sicile qui chassa les Arabes. Celui-ci nomma Gerland évêque d' Agrigente en 1088.
Il fit rebâtir des églises ainsi que la cathédrale consacrée à Notre Dame et à saint Jacques. Il convertit des notables musulmans et fut un évêque respecté et missionnaire.
Il mourut le 25 février 1100. Il est le patron d' Agrigente.
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 13:18
stepinac-copie-1.jpg   Aloÿs ( Aloisius en latin, Alojzije en croate ) Victor Stepinac ( prononcer Stepinatz ) naquit le 8 mai 1898 à Krasic, non loin de Zagreb. Il était donc sujet austro-hongrois de l' Empereur François-Joseph.
Né dans une famille de paysans croates aisés, il était le cinquième de huit enfants. Il fit ses études au gymnase ( lycée ) de Zagreb de 1909 à 1916. Il fut appelé ensuite comme conscrit dans l' armée austro-hongroise, pour combattre sur le front italien, où il devint lieutenant.

Il fut prisonnier par les Italiens en juillet 1918. En novembre, la Croatie, la Slovénie et la Bosnie furent agrégées au royaume de Serbie, allié aux Occidentaux, sous la couronne de Pierre Ier. Ce fut la naissance de la Yougoslavie. Il fut libéré en décembre et s' engagea dans la légion yougoslave sur le front de Salonique, où il fut décoré. Démobilisé au printemps 1919, il s' inscrivit à l' université d' agronomie de Zagreb qu' il quitta au bout d' un semestre pour aider son père dans l' exploitation familiale.

En 1924, il partit pour Rome étudier à l' Institut Germanicum, vivier de vocations des anciens sujets austro-hongrois. Il suivit aussi des cours à la Grégorienne. Il fut lauréat de philosophie en 1927, et de théologie en 1931. Il fut ordonné prêtre en janvier 1930.

Revenu en Yougoslavie en 1931, il devint curé de paroisse à Zagreb, puis coadjuteur de l' archevêque en 1934. En 1937, il succéda à Mgr Bauer comme archevêque de Zagreb.
Entre 1941 et 1945, un nouvel Etat indépendant de Croatie fut créé, auquel le jeune archevêque fut favorable. En effet, les populations croates - catholiques - qui avaient vécu sous la monarchie catholique autrichienne avaient été réticentes par rapport à la couronne de la dynastie orthodoxe serbe. Rapidement, le régime des Oustachis de Croatie, dirigé par Ante Pavelic ( prononcer Pavélitch ) se radicalisa. Le soutien de Mgr Stepinac à un Etat indépendant pour les Croates lui fut depuis toujours reproché par les Occidentaux, qui ne voulaient pas de regain de nationalisme dans les Balkans - d' autant plus que le régime de Pavelic allait entrer dans l' orbite idéologique du IIIème Reich. 
stepinac-cardinal.jpg
Cependant, Mgr Stepinac, s' il était fidèle à ce nouvel Etat, réalisa que le régime croate se laissait séduire par les pseudo-théories raciales des hitlériens. Il adressa de nombreuses requêtes pour sauver les Juifs et les Gitans de la déportation. Le 24 octobre 1942, il déclara dans une homélie : 
" Tous les hommes et toutes les race sont les enfants de Dieu, tous sans distinction. Ceux qui sont Gitans, Noirs, Européens ou Aryens ont le même droit de dire NOTRE PERE QUI ETES AUX CIEUX.
Pour cette raison, l' Eglise catholique a toujours condamné, et condamne toujours, toute injustice et violence au nom des théories de classe, de race ou de nationalité. Il n' est pas possible de persécuter les Gitans et les Juifs, parce qu' ils sont supposés être de race inférieure. "

Vis-à-vis de la minorité serbe, dont certains furent obligés par la pression politique de se convertir au catholicisme, il eut une position moins tranchée ; mais déclara qu' après la barbarie de la seconde guerre mondiale, chacun allait revenir dans son Eglise, sauf ceux qui s' étaient réellement convertis. Le régime fasciste oustachi massacra de nombreux orthodoxes, accusés d' être pro-serbes. En 1941, Mgr Stepinac protesta contre le sort fait aux Serbes.

Après la libération de la Yougoslavie, Mgr Stepinac fut arrêté par le nouveau régime, le 17 mai 1945 jusqu' au 3 juin suivant. Le régime communiste de Tito ( 1892-1984 ), dans l' orbite de l' URSS, voulait que l' Eglise catholique croate se sépare de Rome, afin de créer une Eglise nationale serbo-croate. Bien sûr, Mgr Stepinac refusa le schisme. Le 22 juin suivant les évêques catholiques envoyèrent un message aux autorités pour dénoncer les assassinats de nombreux prêtres - plus de 350 - par les Partisans yougoslaves. Tito recula, mais les biens d' Eglise furent confisqués, l' enseignement religieux interdit. Ce fut le début d' une persécution sourde qui allait s' intensifier dans toute l' Europe de l' Est, soumise de plus en plus à l' influence de Staline.

Si le régime titiste allait se démarquer de l' URSS, il n' en demeurait pas moins que l' Eglise était considérée comme l' ennemie du nouveau régime. Ennemie, car concurrente dans la la direction des âmes et hostile à une explication matérialiste et athée de l' existence humaine. Il fallait frapper le catholicisme croate. Tito demanda , en janvier 1946, que l' on déplaçât Mgr Stepinac à Rome, mais le Saint-Siège refusa.

L' archevêque de Zagreb fut donc arrêté en septembre 1946. Un bruyant procès spectacle avec de faux témoignages et de fausses accusations fut donc organisé pour discréditer le bienheureux archevêque et à travers lui l' Eglise et Pie XII, détesté par les communistes. Ce procès fut l' un de ceux d' une longue série qui eurent lieu dans TOUS les pays d' Europe de l' Est, pendant ces années...En octobre, il fut condamné à seize ans de travaux forcés. En 1951, après cinq ans de prison à Lepoglava, il fut assigné à résidence, car le maréchal Tito cherchait à donner des gages à l' Occident et à s' engager dans une voie communiste différente de celle de l' URSS.

L' archevêque refusa encore de s' exiler à Rome, comme le souhaitait le maréchal " Mon devoir est de rester avec mon peuple en ces temps difficiles."
Il fut nommé cardinal en novembre 1952 par Pie XII, et reçut la barrette au consistoire de janvier 1953. Préoccupé de son sort, ainsi que celui de nombreux autres évêques en pays communistes, Pie XII avait toujours été proche de Mgr Stepinac. La Yougoslavie, en représailles, rompit ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Le sort de l' Eglise catholique en Yougoslavie était devenu dès lors encore plus malheureux.

En 1953, le Cardinal Stepinac fut atteint de polycéthymie. Il mourut d' une thrombose, le 10 février 1960. Il fut enterré dans la cathédrale de Zagreb.
stepinac-tombe.jpg

En 1992, le nouveau régime de la Croatie indépendante condamna le procès de Mgr Stepinac.
En 1998, le Pape Jean-Paul II béatifia le cardinal Stepinac.
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 03:02
undefined  Sainte Yvette ( Jutte ou Jutta ), veuve à 18 ans, vécut  dans une cellule en recluse près de l' église d' Huy, en Belgique, afin de prier pour les lépreux et de les soigner, pendant trente ans. Elle réunit autour d' elle une communauté de disciples.

Elle mourut le 13 janvier 1228.

La lèpre était particulièrement redoutée. Des foyers de la maladie étaient apparus en Gaule au IVème siècle, propagée par les contacts avec l' Orient. 
Les malades vivaient à part et inspiraient la terreur. Ils devaient signaler leur passage par une crécelle, pour que l' on s' écarte d' eux. Ils vivaient dans des maladreries, créées dès le VIIIème siècles lorsque la maladie devint endémique. Situées en dehors des bourgs, des bordes - huttes ou cabanes - étaient placées près d' une rivière, car les bains étaient considérés comme salutaires, et toujours en aval des villages, afin de servir d' habitation pour les lépreux qui travaillaient comme cordiers, équarisseurs ou fossoyeurs. 

Seules des personnalités à forte inspiration religieuse trouvaient en elles des ressources pour soigner ceux que le peuple considérait comme atteints par le châtiment divin. Ainsi saint Martin n' hésitait pas à les toucher, de même que des rois comme Robert le Pieux ou saint Louis.
La maladie touchait toutes les couches sociales, le lépreux était considéré comme le malheureux par excellence. Parfois d' autres maladies de peau était assimilées à la lèpre.

Saint Julien l' Hospitalier en créant des maladreries fut l' exemple du saint venant au secours de son prochain, le prochain dont tout le monde s' écarte. Des chevaliers atteints par la maladie n' hésitaient pas à entrer dans les Ordres Hospitaliers pour soigner les autres lépreux. Souvent les maladreries ( ou lazarets ) étaient administrées par les lépreux eux-mêmes. Appelés Frères Donats, car donnés à Dieu, ils devaient en principe mener une vie soumise à la règle de l' Ordre. S' il se mariait, le Frère devait quitter la maladrerie, le plus souvent pour une borderie ou borde, et perdait le profit issu de la gestion des biens communs.
lepreux.jpgL' endémie fut particulièrement forte en Occident aux XI et XIIème siècles ( retour des Croisades ) atteignant parfois deux pour mille habitants. Ce fut à cette époque que l' exclusion des lépreux fut la plus vive et que l' hostilité populaire fut la plus violente. La grande peste au XIIIème siècle en atténua le souvenir et au XIVème siècle, la lèpre reflua. Les dernières ladreries ou maladreries disparurent à la fin du XVème siècle et au tournant du XVIème siècle.

Lien sur sainte Alpais, contemporaine de sainte Yvette, dont la vie fut aussi en lien avec la lèpre :
http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-13537351.html
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 17:13

john-neumann.jpg   Jean Népomucène Neumann*, fils d' un artisan bavarois, naquit en 1811, en Bohême - qui appartenait à l' Autriche - dans une famille germanophone. Il fit ses études à Budweis, en Bohême. Il était entré au séminaire de Prague ; mais à 24 ans il ne put être ordonné. Ses supérieurs en accord avec l' évêque de Prague lui conseillèrent de partir évangéliser le Nord des Etats-Unis. Séminariste doué, il parlait six langues, en plus du grec et du latin !
Il s' embarqua en 1836 et arriva en juin à New York, où il fut chaleureusement accueilli par Mgr Dubois qui n' avait que 36 prêtres pour l' Etat de New York et du New Jersey, dont seulement trois parlaient allemand.

Il fut ordonné peu de temps après et il s' installa dans la région des chutes du Niagara et à Williamsville, dans une zone où se trouvait un grand nombre d' émigrés germanophones. Il parcourait les villages, comme l' Apôtre des Gentils saint Paul, dans une grande pauvreté de moyens. Mais finalement au fil des années, il réussit à faire construire des églises, des écoles catholiques, et à fonder des oeuvres charitables. En 1838, il fit venir son jeune frère Wenceslas** pour l' aider à instruire et catéchiser les enfants de North Bush. Les deux frères vivaient dans une cabane de bois.

Il avait remarqué l' oeuvre insigne des Rédemptoristes, dont la Congrégation avait été fondée par saint Alphonse de Liguori un siècle auparavant, auprès des immigrés germanophones et sollicita en 1840 son admission chez eux à Pittsburgh.
En 1842, il devint Rédemptoriste à Baltimore ( première profession rédemptoriste aux Etats-Unis ). Il fut nommé à Pittsburgh en 1844, dont il fit construire l' église Sainte-Philomène. Il fut ensuite nommé Provincial des Rédemptoristes des Etats-Unis, pendant deux ans, et eut fort à faire pour créer de nouvelles paroisses germanophones. Il fut curé de la nouvelle paroisse rédemptoriste Saint-Alphonse-de-Liguori à Baltimore et y fut remarqué par l' évêque Mgr Kenrick. Il redonna vie à une Congrégation de Soeurs Noires, les Oblates de la Providence, qui scolarisaient et évangélisaient les Noirs. 

usa-baltimore-saint-alphonse-de-liguori.jpg

Il fut naturalisé américain en 1848 à l' âge de 37 ans, renonçant à être sujet de l' empereur François-Joseph. 

En 1852, Mgr Kenrick le consacra évêque de Philadelphie en l' église Saint-Alphonse de Baltimore. Ce fut un excellent choix spirituel. Il lui fut adjoint en 1857 Mgr Wood ( ancien banquier ), comme évêque coadjuteur, car il n' avait pas de don d' administrateur.
Mgr Neumann fit tout pour éviter le conflit avec l' ambitieux Mgr Wood. Il lui confia la ville et se chargea de la périphérie et des petites villes, souvent germanophones, de Pennsylvanie. 
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Ancienne cathédrale Sainte-Marie de Philadelphie

En 1854, il fit un pélerinage à Rome - où il demeurait chez les Rédemptoristes - pour la proclamation de l' Immaculée Conception et rendit visite en Bohême à sa famille, son père ses soeurs, en particulier sa soeur Johana, supérieure d' un couvent. Il reçut un accueil triomphal dans son village natal.

Il fit démarrer les travaux de la nouvelle cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Philadelphie et  s' occupa d' oeuvres pour la jeunesse. Ainsi, il fut le permier évêque américain à organiser un système d' éducation catholique diocésain. D' une seule école catholique en 1852, il en existera 200 à la fin de sa vie, huit ans après ! Il en fera personnellement construire plus de 90...
Il fit venir les Soeurs de Notre-Dame, de Munich, pour ouvrir des orphelinats et d' autres Soeurs d' Europe. Il introduisit dans le diocèse les Bénédictins et les Franciscains Conventuels.
Il fut à l' origine de la fondation des Soeurs du Tiers Ordre de Saint François de Glen Riddle, pour le soin des malades et l' éducation. La première Supérieure fut Marie-Anne Bachmann.

Il créa la première paroisse italienne (il parlait italien ) et apprit le gaëlique pour confesser les immigrants irlandais.

En plus de nombreux articles, il écrivit un célèbre catéchisme qui eut plus de vingt éditions aux Etats-Unis. C' était un évêque à la doctrine sûre, comme notre époque n' en connaît hélas qu' insuffisamment. C' est pour cela qu' il fut particulièrement critiqué, notamment par des groupes politiques ( les know nothings ) qui voulaient faire des Catholiques des citoyens de seconde zone; et qui pour se faire connaître brûlèrent des couvents et des écoles catholiques.

Il mourut dans la fleur de sa maturité, le 5 janvier 1860, à Philadelphie, alors qu' il marchait dans la rue.

Il fut déclaré vénérable en 1921par Benoît XV, et canonisé en 1977 par Paul VI. Ce fut le premier citoyen américain à être canonisé.

saint-jean-neumann.jpg

Le corps de saint Jean Népomucène Neumann repose à la crypte de l' église Saint-Pierre Apôtre de Philadelphie, tenue par les Rédemptoristes.

* Johannes Nepomuk Neumann, en allemand.
** Il deviendra Frère Rédemptoriste en 1840.
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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 00:38
soureau-blondin.jpg   Marie-Esther Soureau-Blondin naquit dans une famille de laboureurs de douze enfants, près de Montréal à Terrebonne, le 18 avril 1809.

A vingt ans, après avoir été domestique, elle entra au service des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame qui venaient d' arriver à Terrebonne. Elle leur demanda, à la place de gages, de pouvoir apprendre chez elles à lire et à écrire, car elle était presque illettrée. 

En effet, depuis que le Québec était passé sous domination anglaise ( et protestante ), il n' y avait que très peu d' écoles francophones dans les campagnes. L' Institution Royale prévoyait d' assimiler les écoles au sein d' un système d' éducation anglophone et protestant. Les curés paraient à l' urgence en regroupant les écoliers du village dont la fabrique de l' église paroissiale finançait les études.

Elle fut finalement admise au noviciat de la Congrégation, en 1832 ; mais n' y prononça pas de voeux, car elle était de santé trop fragile. La maladie l' obligea à retourner chez ses parents, où elle passa une longue convalescence. Elle devint ensuite collaboratrice d' une institutrice, ancienne novice des Soeurs de Notre-Dame, dans le village de Vaudreuil, non loin de Montréal. Au bout de quelques années, elle devint directrice de la petite école, en 1838, devenue l' Académie Blondin. En plus de l' éducation des enfants, elle formait aussi des institutrices et des sous-maîtresses. Elle voyait loin...

Sa vocation se précisa. Elle regroupa des compagnes pour faire la classe aux petits enfants, et d' année en année, dans la prière, elle apporta sa réponse aux questions scolaires de son époque. En 1850, le jour de l' Immaculée Conception, elle fonda un institut chargé de l' éducation des jeunes enfants. Elle prit le nom de Soeur Marie-Anne, et Mgr Ignace Bourget ( 1799-1885 ), évêque de Montréal, reçut ses voeux et celui de ses premières compagnes au sein de la nouvelle Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne à la spiritualité ignatienne. Mgr Bourget faisait venir de nombreux religieux et religieuses de France qui essaimèrent au Canada et il fut à l' origine de la fondation de plusieurs Congrégations canadiennes.

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Les débuts de la Congrégation furent difficiles à cause de la pauvreté de biens et de moyens ; cependant, en 1853, les Soeurs purent ouvrir leur Maison Mère à Saint-Jacques de l' Achigan. Peu de temps après, Mgr Bourget nomma comme aumônier de la Congrégation le jeune prêtre Louis-Adolphe Maréchal. 

Celui-ci s' opposa à la fondatrice. Etait-ce par ambition ? Ou trouvait-il que la fondatrice n' avait pas une vision assez moderne de l' éducation ? Toujours est-il qu' en un an, il réussit à l' écarter; sous prétexte de mauvaise gestion, et d' avoir trop insisté sur la nécessité d' utiliser les services des religieuses dans les écoles publiques...
Il fit destituer la Supérieure Générale - elle avait 45 ans - qui devint Supérieure d' une nouvelle petite communauté, le pensionnat de Sainte-Geneviève. 
ST-Jacques-1868.jpg
 Malgré l' éloignement, de nombreuses Soeurs restaient fidèles à la Mère Marie-Anne. L' aumônier, qui prenait les commandes de la Congrégation, malgré les règles de fondation, ne le supporta pas ! Il demanda à l' évêque de la destituer encore de sa charge, et c' est ainsi que cette enseignante de qualité dut accomplir les tâches les plus humbles. Elle fut portière, sacristine, blanchisseuse, etc... dans diverses maisons de la Congrégation.

La fondatrice des Soeurs de Sainte-Anne passa alors 36 ans de sa vie, dans l' humilité, le sacrifice et l' obéissance. 

Mais son témoignage de Foi et de soumission à la Volonté Divine fut un exemple pour toutes les Soeurs qui n' ignoraient pas le destin de leur Mère. Elle avait offert sa vie pour le bien de sa fondation.

Alaska.jpg
 En 1884, la règle des Soeurs de Sainte-Anne fut approuvée par Rome. Quelques années plus tard, elles étaient 428 Soeurs, attachées au soin des malades et à l' éducation enfantine, réparties dans 43 maisons, au Québec, en Colombie Britannique ( Canada ), aux Etats-Unis, en Alaska. A partir du milieu du XXème siècle, d' autres fondations ont eu lieu à Haïti, au Cameroun, au Chili et récemment au Congo. Elles étaient 1380 Soeurs vers 1980, elles sont aujourd' hui 840. Les années 1950 furent les plus florissantes pour les vocations.

Elle mourut le 2 janvier 1890 d' une bronchite, à l' aube de ses 81 ans, à la  nouvelle Maison Mère de Lachine, devenue aujourd' hui le Musée de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne. 

Elle fut béatifiée le 29 avril 2001, à Rome, par Jean-Paul II.

Prions pour le Québec, fortement déchristianisé !

Illustration N° 3 : école de la Congrégation à Saint-Jacques-de-Montcalm, 1868.
Illustration N° 4 : Soeur en Alaska, cf lien : http://www.ssacong.org

Lire : Père Eugène Nadeau, omi, " Martyre du silence, Mère Marie-Anne, ssa ", Editions Médiaspaul, Montréal 2003.  

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 23:48
saint-dagobert.jpg   Dans les diocèses de Verdun, Metz, Nancy et Strasbourg, on fête aujourd' hui saint Dagobert, fils du roi des Francs d' Austrasie Sigebert III ( 634-656 ).
Encore petit enfant à la mort de son jeune père, il fut enfermé dans un couvent d' Irlande par le Maire du Palais, Grimaud, véritable détenteur du pouvoir. Celui-ci, qui avait fait assassiner Sigebert, fit régner son propre fils Childebert III - dit l' adopté - en 659.

Le jeune Dagobert, élevé dans l' austérité et la pureté, à l' encontre des moeurs rudes de l' époque, n' était toutefois pas oublié dans son ancien royaume. L' aristocratie le réclame en 676, afin que l' Austrasie, ou Francie orientale ne devienne pas vassale du royaume franc de Neustrie, ou Francie occidentale, et saint Wilfried, évêque d' York l' accompagne dans sa patrie.

Le saint évêque fait le voyage à Rome, car il avait été expulsé de son siège, et voulait faire reconnaître ses droits. Le jeune roi Dagobert II lui offrit alors le siège épiscopal de Strasbourg qu' il refusa par humilité. Le jeune roi mérovingien ne put régner que sur des territoires proches du Rhin, où il fit construire des églises et des abbayes, en particulier celle de Wissembourg ( Weissenburg, en allemand, ou Weisseburch en franconien ), en Alsace, dont le duc était son cousin. 

A son retour de Rome, l' évêque ne retrouva plus son souverain, car celui-ci avait été assassiné, le 23 décembre 679, lors d' une chasse dans la forêt de Woëvre, près de l' abbaye de Stenay, dans la région de Verdun. Il fut tué par un coup de lance par des hommes à la solde d' Ebroïn, Maire du Palais de Neustrie et sans doute aussi de Pépin, Maire d' Austrasie, afin de réunir les deux royaumes Francs.

Inhumé à Stenay-sur-Meuse, le jeune Dagobert II fut vénéré comme martyr par le peuple, qui voyait en lui le symbole de l' innocence sacrifiée par les luttes politiques. Au IXème siècle, Charles II le Chauve fit bâtir la basilique Saint-Dagobert de Stenay pour abriter ses reliques. La basilique fut détruite à la révolution. Au XIème siècle, saint Dagobert fut reconnu comme l' un des patrons de l' Alsace et de la Lorraine.

carte-600.jpg

A sa mort, le royaume échut à Thierry III ( 657-691 ), fils de sainte Bathilde, devenu roi de tous les Francs de Neustrie et d' Austrasie. Il faudra attendre Charles Martel ( 688-741 ) pour que la France reprenne la marche de l' unité.



A propos de la pureté de moeurs, je vous conseille de visiter un excellent site :

http://liberezlescaptifs.over-blog.net 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 00:19
Marguerite-Marie d' Youville naquit au Québec le 15 octobre 1701, aînée des six enfants de Christophe Dufrost de Lajemmerais, officier breton installé en Nouvelle-France depuis 1687, et de Marie-Renée Gaultier de Varennes, fille d' officier. La mort de son père, lorsqu' elle eut sept ans, plongea la famille dans la gêne. Grâce à son arrière-grand-père, elle put étudier chez les Ursulines de Québec, qui découvrirent en elle un caractère bien trempé et une maturité précoce.

Revenue à la maison, elle aida sa mère dans l' éducation de ses plus jeunes frères et soeurs, puis la famille déménagea à Montréal, où Mme de Lajemmerais se maria en secondes noces avec un chirurgien d' origine irlandaise, William Sullivan. Marie-Marguerite épousa en 1722 François-Madeleine d' Youville.

francois-d-youville.jpg

Son mariage ne fut pas heureux. Son mari était trop occupé dans son négoce d' alcool et de fourrures avec les Indiens, et se désintéressait de son foyer. Elle eut la douleur de perdre quatre enfants en bas-âge. Deux survécurent. François d' Youville mourut criblé de dettes en 1730.

La jeune veuve, avec une immense confiance en la Paternité divine, pourvut, grâce à la création d' un petit commerce, à l' éducation de ses fils qui devinrent prêtres et multiplia les initiatives charitables. Elle régla les dettes de son mari. 
Elle accueillit une aveugle chez elle, puis des pauvres et avec trois compagnes+ se consacra à Dieu le 31 décembre 1737. Ce fut l' origine de la fondation des Soeurs Grises, ou Soeurs de la Charité de Montréal, vouées à l' aide aux personnes nécessiteuses et malades.

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Malgré les calomnies et les échecs, elles poursuivirent leur idéal. En 1745, elles mirent tous leurs biens en commun, afin d' aider un plus grand nombre de pauvres. Elles purent acquérir des terres pour financer leur projet.
 Deux ans plus tard, appelée par les Sulpiciens, elle assuma la direction de l' hôpital des Frères, fondé en 1694 par M. Charron, et tombé en ruines. Cette charge fut confirmée par Louis XV en 1753, et la communauté reconnue par Mgr Pontbriand en 1755. Elles étaient 18 Soeurs. Un incendie le détruisit,  mais, courageuse, elle le fit reconstruire.

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Elle assuma pendant de nombreuses années la charge de l' Hôpital Général, régla ses dettes, et accueillit des centaines d' indigents, d' infirmes, de vieillards et d' incurables. Elle faisait fabriquer des vêtements pour financer l' hôpital, et  développait un commerce de statuaire, de ventes de cierges, etc....
Pendant la guerre contre les Anglais, elle se dépensa sans compter pour les blessés.

Elle mourut le 23 décembre 1771, toujours confiante en la Providence.

Elle fut béatifiée par le Pape Jean XXIII en 1959, et canonisée par le Pape Jean-Paul II en 1990.

De cette graine de sénévé, plantée en 1737, de nombreux rameaux de charité se mirent à fleurir, parmi lesquels : les Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, les Soeurs de la Charité d' Ottawa, les Soeurs de la Charité de Québec, les Soeurs Grises du Sacré-Coeur de Philadelphie, les Soeurs de l' Immaculée-Conception de Pembroke, etc...Les Soeurs, malgré une forte crise des vocations depuis quarante ans, continuent de s' occuper d' adolescents en difficulté, de familles désunies, de personnes âgées et de malades. Elles ont fondé une école d' infirmières.

La Mère d' Youville fut la première béatifiée et sainte de Nouvelle-France et du Canada.

La Nouvelle-France, appelée désormais Canada, était devenue colonie anglaise en 1763.

+ Marie-Louise Thaumur de la Source, fille d' un médecin.
   Catherine Cusson, ouvrière.
   Marie-Catherine Demers, fille d' un tailleur.

Photographie de 1867 de l' Hôpital Général, copyright Musée Mc Cord, Montréal. 
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 13:22
Saint Pierre Fourier naquit en Lorraine, à Mirecourt, le 30 novembre 1565. La  Lorraine appartenait alors au Saint Empire Romain Germanique, et était donc un duché indépendant. La Lorraine sera rattachée au Royaume de France en 1766.

saint-pierre-fourier.jpg

Ses parents étaient commerçants en tissus. Le textile était alors avec les ressources minières une des principales activités, en plus évidemment de l' agriculture, du duché.
Malgré la Réforme de Luther qui secouait les principautés voisines, la Lorraine demeurait majoritairement fidèle à Rome.
Le jeune Pierre Fourier se présenta à 14 ans au nouveau Collège des Jésuites, fondé à Pont-à-Mousson, près de Nancy. Il y fit ses humanités jusqu' en 1585. Il y retourna quatre ans plus tard, pour devenir Jésuite. Il fut ordonné à Trêves en 1589.

A partir de 1597, il fut en charge de la paroisse de Mattaincourt, près de sa ville natale. Le bourg comprenait de nombreux artisans. Pour lutter contre la pratique de l' usure, qui minait les rapports sociaux, saint Pierre Fourier mit sur pied un système bancaire de crédit sans intérêts... Le second problème de la paroisse était l' ignorance, aussi créa-t-il une école gratuite pour les garçons et une autre pour les filles. Pour ces dernières, il se fit aider par une jeune fille Mlle Leclerq, devenue par la suite Mère Thérèse de Jésus. D' autres jeunes filles vinrent se joindre à eux, et saint Pierre Fourier les regroupa sous le nom de Chanoinesses de Notre-Dame, selon la règle de saint Augustin.
Quant aux jeunes maîtres, ils devinrent Chanoines Réguliers de Notre-Sauveur.

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Entre 1630 et 1648, la guerre de Trente Ans faisait rage, et les Français ravagèrent plusieurs contrées germaniques, en particulier le Palatinat. Ils envahirent aussi la Lorraine, et saint Pierre Fourier fut menacé de mort, car il prenait le parti du duc de Lorraine.
Il dut s' enfuir. Il s' installa à Gray, en Franche-Comté, possession bourguignonne de la couronne espagnole, pour fuir les Français. Il y mourut le 8 décembre 1640. Son oeuvre en faveur de l' instruction allait connaître une grande expansion.

Il fut canonisé par Léon XIII en 1897.

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 00:43
louis-gallo.jpg  Envoyé au Maroc par l' Ordre de Notre-Dame de la Merci, créé cinquante ans auparavant afin de libérer les captifs aux mains des Maures, Louis Gallo y demeura en tant qu' otage. Il fallait en effet attendre que la caution soit réunie pour libérer les esclaves chrétiens.

 Pendant ce temps d' attente, Louis prêcha clandestinement. Il fut arrêté, puis flagellé attaché à une colonne et conduit au bûcher. Son martyre eut lieu en 1258, année de la mort de saint Pierre Nolasque ( 1180-1258 ), fondateur de l' Ordre.

Il est fêté dans le calendrier de l' Ordre de la Merci le 3 décembre.

C' est aujourd' hui aussi le jour de la fête d' un autre missionnaire, saint François-Xavier.
http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4763652.html
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