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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 19:44
Le 11 mars 2001, le Pape Jean-Paul II a béatifié, parmi un groupe de 233 Espagnols morts pendant la guerre civile, cinq Frères des Ecoles Chrétiennes, Congrégation fondée par le saint français Jean-Baptiste de La Salle. Trois d' entre eux offrirent leur vie le 23 octobre 1936, à Benimaclet près de Valence. Il s' agit des jeunes Frères Ambroise-Léon, Florent-Martin et Honoré-André qui enseignèrent à Barcelone. Deux autres furent tués le 22 novembre 1936 à Picadero de Paterna, dans les faubourgs de Valence.

Lien http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-14007408.html

ambroise-leon.JPG

Le bienheureux Ambroise-Léon ( né Pierre Lorente Vicente ) était originaire d' Ojos Negros, près de Teruel, où il naquit le 7 janvier 1914. Il mourut à 22 ans...
Il fit ses études primaires chez les Frères, à Monreal del Campo, et à 11 ans devint aspirant à Cambrils. Il prit l' habit en 1930, et en 1932 fut destiné à l' école ND du Carmel de Bonanova. Il se révéla un professeur compétent et aimé de ses jeunes élèves. A l' été 1936, au début de la guerre civile, des miliciens du Front Populaire firent irruption dans son école et l' obligèrent, ainsi que ses confrères, à l' abandonner. Il trouva refuge à Valence. En civil et réfugié chez des Chrétiens fidèles, il donnait des leçons particulières pour gagner sa vie.
Au bout de quelques temps, avec ses deux autres confrères, ils décidèrent de trouver du travail à la rentrée en tant qu' instituteurs. En effet, une école du voisinage manquait d' instituteurs. On leur demanda leurs diplômes...Qu' ils n'avaient pas sur eux, et pour cause...
Mais une enquête fut diligentée sur leur compte à Barcelone. Lorsqu' on apprit qu' ils étaient religieux et Frères des Ecoles Chrétiennes, ce fut leur arrêt de mort.



Le bienheureux Florent-Martin ( né Alvaro Ibanez Lazaro ) était originaire de Godos, près de Teruel, où il naquit le 12 juin 1913. Il mourut à 23 ans...
Il devint aspirant à Cambrils à 14 ans et le 14 août 1929 y devint novice. Il commença son apostolat en 1932 à l' école de Barceloneta, puis à la rentrée suivante à celle de Bonanova.
Il était bon et optimiste de nature, de caractère sympathique et jovial. A ses qualités, s' ajoutait son don pour l' art et le chant. Lorsque sa communauté fut dispersée par les miliciens, il gagna Valence avec ses confrères, avant de retourner dans son bourg natal auprès de sa famille. Mais ils comprirent qu' ils ne pouvaient pour l' instant aller plus loin. 
Il trouva refuge chez son cousin Pablo Ibanez, qui fut tué peu après ; alors il trouva asile chez une dame de la rue Buenos Aires, Mme Mercedes Marco Adelantado, qui déjà accueillait le Frère Honoré-André. Tous les deux, ils menèrent une vie édifiante ; mais ils furent découverts, comme décrit plus haut, jugés sommairement et exécutés.

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Le bienheureux Honoré-André ( né André Zorraquino Herrero ) était originaire de Banon, près de Teruel, où il naquit le 18 avril 1908. Il mourut à 28 ans...
Il devint aspirant à 16 ans à Cambrils et quelques semaines après son entrée, il devint novice en août 1924 à Hostalets de Llets. Il revint au scolasticat de Cambrils, puis commença, une fois ses études terminées, son apostolat à Tortosa, puis à Gracia et enfin au collège de ND du Carmel de Bonanova à Barcelone.
De caractère sérieux et réfléchi, il se montrait toujours aimable avec ses confrères et ses élèves. Il était simple et compétent dans son travail d' éducateur.

Lorsque l' école fut évacuée par les Frères, sur ordre des Rouges, il s' accorda avec ses deux autres jeunes confrères pour regagner l' Aragon, leur terre natale. Il devaient faire ce voyage à pied. Il trouvèrent refuge à Valence qui était sur leur chemin. Les troubles y étant particulièrement violents, ils avaient décidé de se cacher en ville dans trois appartements différents. Lui-même trouva refuge chez Mme Marco Adelantado. Il fit venir bientôt le Frère Florent-Martin qui, depuis la mort de son cousin, devait trouver refuge ailleurs.
Au bout de quelques temps, ils furent découverts comme religieux. Cela suffit pour les condamner à mort...La milice vint les arrêter le 22 octobre.

L' aumônier de l' école, le bienheureux Léonard Olivera Buera ( Campo 6 mars 1889 - El Saler 23 octobre 1936 ) fut emprisonné aussi et exécuté le même jour.
Il avait évacué l' école le 19 juillet sur ordre des Rouges. Il fut blessé par les miliciens lors de l' évacuation et passa quelques jours à l' hôpital. Il décida ensuite de trouver refuge chez sa soeur à Valence. Identifié le 22 septembre comme prêtre, il fut arrêté et fusillé le 23 octobre.

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Leur mémoire liturgique est le 22 septembre.
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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 19:12
fidele-fuidio.JPGFidèle ( Fidel ) Fuidio naquit le 24 avril 1880. Il vécut toute son enfance à Vitoria, dernier d' une famille de sept enfants. Son père tenait un petit commerce.
Il demanda lui-même son admission au Collège des Marianistes qui venait de s' ouvrir en ville. De caractère spontané et vif, il fut admis parmi les postulants. Après une année à Vitoria, il passa trois ans à Pontacq en France, loin de sa famille.
En 1896, à l' âge de seize ans, il devint novice, et en 1897 émit ses premiers voeux dans la Société de Marie.

Il fut ensuite professeur de latin et d' histoire, au Collège de Vitoria, et vécut ses années avec l' enthousiasme qui le caractérisait. Ensuite, il enseigna dans d' autres villes, notamment à Cadix et à Madrid ( 1910-1933 ).

Il observait scrupuleusement ses devoirs de religieux. Le Frère Fidèle était aussi un excellent catéchiste, et animait de sa belle voix de basse les cérémonies liturgiques. Il aimait profondément sa Congrégation, et avait une dévotion sincère pour la Sainte Vierge.

En 1933, en plein gouvernement populaire, ses supérieurs l' envoyèrent à Ciudad Real ( capitale de la Manche ), car le Frère Fidèle était un professeur trop connu et réputé à Madrid.
Dans cette ville plus tranquille, il continua de donner ses cours, au Collège marianiste, mais aussi dans une école laïque d' Etat, en vêtements civils...Ce qui à l' époque était exceptionnel.
Le 25 juillet 1936, le Collège marianiste fut fermé et réquisitionné par la Garde Civile, à cause de l' insurrection. Il dut demeurer en ville.
Le 17 août, au cours d' une perquisition menée par un groupe anarcho-syndicaliste, on découvrit qu' il portait un petit crucifix au cou...Il fut immédiatement arrêté et conduit à la Préfecture.
Il passa ses jours de détention comme un préparation à sa propre mort, mais sans perdre son sens de l' humour, ni sa joie de vivre. Il déclara à ses compagnons de cellule qu' il était  " prêt à donner sa vie pour la Foi. "
Le 15 octobre, à l' issue d' un procès, qui fut mené régulièrement, il fut jugé innocent, et remis en liberté.

Il devait quitter la prison le 17. Mais dans la nuit du 16 au 17, un groupe de miliciens fanatiques, l' enlevèrent de sa cellule et avec d' autres prisonniers l' emmenèrent à Carrion de Calatrava, où il fut aussitôt fusillé...

Une vingtaine d' années plus tard, il fut enterré à la Valle de los Caidos.
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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 20:27
 aranda.jpg  Anne-Marie ( Ana Maria ) Aranda Riera naquit près d' Alicante, le 24 janvier 1888. Elle fit sa première communion à la chapelle du Collège du Sacré-Coeur, à Denia, tenu par les Soeurs Carmélites de la Charité.

En 1925, elle déménagea avec sa famille à Valence, où elle adhéra à l' Action Catholique. Elle faisait le catéchisme et assistait quotidiennement à la messe et au rosaire. Elle faisait partie d' organisations charitables d' assistance aux pauvres et resta célibataire.

Elle fut emprisonnée le 28 août 1936, et tuée le 14 octobre suivant. Elle avait 48 ans.

Elle fut béatifiée par Jean-Paul II le 11 mars 2001. 
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 19:42
 euphrase-carme.jpg  Euphrase ( Eufrasio ) Barredo Fernandez naquit en Espagne à Cancienes ( Asturies ), le 8 février 1897. Il entra à treize ans au Collège des Carmes déchaux de Villefranche-de-Navarre.
 Il émit ses premiers voeux en 1916, sous le nom d' Euphrase de l' Enfant-Jésus. Il fit sa profession solennelle en juillet 1922, et fut ordonné prêtre quelques mois après, à Santander.

Il fut envoyé par ses supérieurs en Pologne, nouveau pays qui renforçait ses structures ecclésiales, et les implantations de ses Congrégations. Il séjourna chez les Carmes de Cracovie.

A son retour en 1928, il fut directeur, à Burgos, des revues carmélitaines, " l' Echo du Carmel ", et  " le Mont-Carmel ". L' année suivante, il fut nommé professeur de théologie à Oviedo. En 1933, il fut élu Prieur de sa Communauté.

Lorsqu' éclata la révolte des Asturies, le 5 octobre 1934, il fit sortir sa Communauté par la porte du jardin, pour qu' elle puisse trouver refuge ailleurs ; mais il se luxa la hanche en tombant...
Il revint donc en ville, et sollicita son entrée à l' hôpital, pour se faire soigner.

La Milice du Front Populaire, retrouva sa trace le 12 octobre, et ses hommes l' arrachèrent de son lit. Il fut trainé au Vieux Marché du Faubourg Saint-Lazare, et fusillé contre un mur.
Il avait eu le temps de crier : " mes fils, je vous pardonne ! Vive le Christ-Roi ! "

 
Il sera béatifié avec 497 autres martyrs espagnols - dont 30 autres Carmes - le 28 octobre 2007 à Rome par SS Benoît XVI.
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 19:42
bienheureux-pacifique-de-valence.jpg   Pierre ( Pedro ) Salcedo Puchades naquit près de Valence le 24 février 1874 dans une famille modeste, et chrétienne. Dans son enfance, il fréquentait le couvent des Capucins de Massamagrell.
Il entra chez les Capucins d' Olleria le 21 juillet 1899, et fit sa profession perpétuelle en 1903, sous le nom de Frère Pacifique. 

Il entra ensuite au Couvent de Massamagrell, où il demeura pendant 37 ans. Il était de caractère pacifique,   simple et dévoué au Rosaire. Estimé aussi en dehors du couvent, il était connu par son humilité, et son esprit de pauvreté.

Quand le couvent fut fermé en juillet 1936, à cause de la persécution religieuse, il trouva refuge chez l' un de ses frères. Il devait y rester pendant quatre mois. Mortifié, il passa son temps dans la prière et la pénitence.
Mais il fut découvert dans la nuit du 12 octobre. Battu par les miliciens du Front Populaire, il fut conduit près de Monteolivete, non loin du fleuve. Il récitait son Rosaire, pendant que les miliciens le fustigaient.
Il fut tué, tenant son crucifix sur la poitrine.  
  

" Soeur Espagne, sainte Espagne...tu as choisi ! Onze évêques, seize-mille prêtres massacrés...et pas une apostasie ! "
 ( Paul Claudel, " Aux martyrs espagnols " )
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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:50
ramos.JPG   Ange ( Angel ) Ramos Velazquez naquit à Séville le 9 mars 1876, et mourut à Barcelone le 11 octobre 1936.

La famille salésienne comprend, parmi ses nombreuses branches,  l' Association des Coopérateurs Salésiens,  une sorte de Tiers-Ordre, fondé par saint Jean Bosco lui-même, et approuvé par le Saint-Siège, par le Bref  " Cum sicuti " le 9 mai 1876.

Les Coopérateurs gardent la mémoire de vingt-quatre d' entre les leurs, qui furent béatifiés pour avoir témoigné de leur Foi, en étant martyrs pendant la guerre civile espagnole.
Il s' agit d' une Association peu connue par le grand public, et pourtant elle est une de celles qui connurent le plus de témoins de la Foi catholique pendant ces sombres années. Innocents de toutes visées politiques, ils furent les boucs émissaires d' un conflit qui connut aussi des innocents des deux côtés. Mais ceux-ci avaient en plus à payer le sacrifice de leur vie, à cause de la haine des forces du mal envers le Christ, Victime toujours immolée...

C' est à quinze ans, au retour d' un pélerinage à Rome, qu' Ange Ramos décida de devenir Salésien, et fréquenta les Salésiens du faubourg de Sarria, près de Barcelone. Ceux-ci venaient de faire construire des écoles professionnelles pour les élèves des classes populaires, ainsi que le Collège San José, aidés par la Vénérable Dorothée de Chopitea ( morte en 1891 ). Il émit finalement ses voeux comme coadjuteur en 1897 et resta dans le monde.

Il fut un apôtre ardent dans les milieux du théâtre et de la peinture, principalement à Barcelone, ville au bouillonnement culturel et artistique. Il était lui-même peintre.
Il était optimiste, mais aussi prudent et humble. Lorsque la guerre éclata, il avait soixante ans, et une vie entière consacrée à sa famille salésienne et à l' art. Il fut reconnu dans la rue, alors qu' il vivait retiré, et tué le 11 octobre 1936.
Il fut béatifié par Jean-Paul II, en mars 2001, avec 31 autres Salésiens.
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Le 28 octobre de cette année aura lieu la béatification à Rome de 498  martyrs espagnols durant la Seconde République et la guerre civile.

Parmi eux, le groupe des nouveaux bienheureux Salésiens comprend, autour de la cause d' Henri ( Enrique ) Saiz Aparicio, 63 martyrs ! C' est un nombre extrêmement important pour une famille religieuse, qui s' ajoute aux autres Salésiens précédemment béatifiés.

Il s'agit de 22 prêtres, 18 coopérateurs, 19 séminaristes, 3 laïcs et un prêtre diocésain coopérateur. On se souvient aussi spécialement de la coopératrice laïque Thérèse Cejudo, torturée à Pozoblanco.

Leur âge moyen est de 37 ans. C' est dire s' ils furent jeunes...
Le plus jeune ( Frédéric Cobo ) avait 17 ans., le plus âgé, le prêtre Félix Paco, avait 69 ans.
Dix-sept d' entre aux avaient moins de 25 ans, quatorze entre 26 et 35, quatorze encore entre 36 et 45, et dix-huit avaient plus de 46 ans. La plupart moururent en 1936 au début de la guerre civile ( à partir de juillet ), et seulement deux en 1937.

Aucun n' avait été auparavant coupable de délit , aucun n' avait été déserteur, aucun n' avait porté d' armes...Et bien sûr aucun n' avait été impliqué en politique...On peut légitimement dire que s' ils n' avaient été religieux, ou proches de religieux, ils n' auraient sans doute pas été assassinés.
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 19:20
Le Pape Jean-Paul II a canonisé le 21 novembre 1999 saint Innocent de l' Immaculée, Passioniste, et ses compagnons, Frères des Ecoles Chrétiennes.

Emmanuel ( Manuel ) Canoura Arnau naquit en Espagne le 10mars 1887 à Ste Lucie del Valle d' Oro ( Lugo ).

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A 18 ans, il entra chez les Passionistes, Congrégation fondée par saint Paul de la Croix au XVIIIème siècle. Fervent dévot de la Vierge, il prit le nom d' Innocent de l' Immaculée, et fit sa profession religieuse en 1905. Après des études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1913. Très vite il fut nommé par ses supérieurs dans diverses communautés passionistes, chargées de l' apostolat en milieu étudiant, et notamment dans la Province du Très Précieux Sang à Madrid.

Le 4 octobre 1934, il demeurait dans sa communauté des Asturies. Les Frères des Ecoles Chrétiennes de la ville de Turon lui avaient demandé de faire une journée de confessions dans leur école. Mais le 5, éclatait ce qu' on appellera  la Révolution des Mineurs dans toute la région des Asturies. ( cf mon article sur le Frère Bernard Fabrega, http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12865631.html )
Des révolutionnaires athées firent irruption dans le collège, et capturèrent le Père Innocent, ainsi que les huit Frères...Il furent jetés en prison. Pendant ces quelques jours, il réconforta les jeunes Frères, les préparant à leur sacrifice, qui eut lieu le 9 octobre. Il furent tous fusillés dans le cimetière de Turon, simplement pour avoir confessé la Foi.

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Ces Frères des Ecoles Chrétiennes, au nombre de huit, étaient :

Le Frère Cyrille Bertrand ( José Sanz Tejedor ) né en 1888, près de Burgos, dans une famille modeste. Directeur de la Communauté de Turon, il était entré chez les Frères en 1905. Il venait juste de faire une retraite spirituelle à Valladolid auparavant.

Le Frère Marcien Joseph ( Philomeno Lopez Lopez ) né en 1900 dans une famille ouvrière. Il souffrait d' une incapacité auditive, et aidait la communauté dans des travaux manuels. Entré à 19 ans chez les Frères, il venait d' arriver à Turon, en remplacement d' un autre Frère qui, craignant l' atmosphère enfiévrée des Asturies socialistes, avait demandé sa mutation ailleurs.

Le Frère Victorien Pie ( Claudio Bernabè Cavo ) né en 1905 dans la province de Burgos. Il avait émis ses premiers voeux en 1923. Il était passionné de musique et avait formé une chorale à Turon, où il venait d' arriver un mois auparavant. 

Le Frère Julien Alfred ( Vilfrido Fernandez Zapico ) né en 1903 dans la province de Léon. L' exemple d' un oncle prêtre, qui s' occupa de son éducation après la mort de sa mère, lui fit aimer la vie religieuse. A 17 ans, il entra chez les Capucins, mais dut revenir chez lui, après une maladie. Il sollicita à 22 ans son entrée chez les Frères des Ecoles Chrétiennes et prononça ses voeux perpétuels en 1932. Il était depuis deux ans à Turon, lorsqu' il dut consommer son martyre.

Le Frère Benjamin Julien ( Vicente Alonso Andres ) né dans la province de Burgos en 1908. Il était devenu aspirant des Frères des Ecoles Chrétiennes à l' âge de douze ans.Il venait d' émettre ses voeux perpétuels, à Turon. 

Le Frère Benoît de Jésus ( Hector Valdivielso ) né en Argentine le .31 octobre 1910. Ses parents étaient retournés en Espagne, puis il avait étudié au noviciat des missionnaires des Frères des Ecoles Chrétiennes, en Belgique. Ce jeune homme avait été transféré à Turon pour compléter sa formation.
IL  EST  LE PREMIER  SAINT  D'  ARGENTINE.

Le Frère Anicet Adolphe ( Manuel Seco Gutierrez ). Il venait d' avoir 22 ans, et était le plus jeune de la Communauté, étant né en 1912 près de Santander. Orphelin de mère, il fut élevé chrétiennement par son père ( qui mourut en 1930 ). Trois de ses frères de sang devinrent Frères des Ecoles Chrétiennes. Il venait de recevoir son diplôme d' enseignant, et avait enseigné à Valladolid l' année précédente. Ses assassins furent impressionnés par son sourire et sa sérénité.

Le Frère Auguste André ( Roman Martine Fernandez ) né en 1910 à Santander dans une famille d' officier. Il avait su convaincre sa mère qui s' était opposée à sa vocation. Il était admiré de ses élèves. Ce jeune homme de 24 ans n' avait pas eu le temps d' émettre ses voeux perpétuels...

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 00:30
bienheureux-bernard-fabrega.jpg  Le Frère Bernard ( dans le siècle Placide Fabrega ) est l' un des 498 martyrs espagnols, morts entre 1934 et 1937, qui seront béatifiés par Benoît XVI, le 28 octobre de cette année.



Il est né le 18 février 1889 à Camallera en Espagne dans une famille de paysans pauvres de Catalogne, le sixième de huit enfants. Il devient orphelin de père à cinq ans, et connait une enfance précaire, mais digne. Comme l' un de ses frères aînés*, il entre, adolescent, chez les Frères Maristes des Ecoles ( ou Société des Petits Frères de Marie ), Congrégation fondée en France par saint Marcellin-Jean-Baptiste Champagnat au XIXème siècle. Il étudie près de Barcelone.


Lorsqu' il est assassiné " in odium fidei " le 6 octobre 1934, avant le début de la guerre civile espagnole, pendant le régime du Front populaire,  il est supérieur de sa communauté, et directeur de l' école de Barruello de Santullan dans la province des Asturies.

La cérémonie de béatification aura lieu le dimanche 28 octobre à 10 heures en la basilique Saint-Pierre de Rome. Une messe d' action de grâces aura lieu le lendemain. 

Avec le Frère Bernard, 46 autres Maristes espagnols, martyrisés à cette époque, seront béatifiés lors de cette cérémonie. Il s' agit des premiers bienheureux pour la Congrégation des Frères Maristes des Ecoles. 



En 1933, les Maristes commencent à être persécutés, et un certain nombre d' entre eux se sécularisent pour continuer à donner une instruction aux enfants des classes pauvres, confiant la direction de leurs écoles à des laïcs. D' autres résistent et gardent leurs méthodes. A partir de 1934, la fièvre augmente,  et en 1936, la Province d' Espagne des Maristes des Ecoles est entièrement décimée : le provincial, le vice-provincial, le visiteur, le maître des novices, le directeur du scolasticat, et presque tous les directeurs des écoles et collèges d' Espagne sont tués en plus de personnes proches de la Congrégation...

" Un Frère Mariste ne doit pas avoir de politique autre que le Christ ! " ( Frère Laurentin**, lettre aux communautés d' Espagne, janvier 1933 )


Le sang des Martyrs est la semence des Chrétiens !  Sanguis Martyrum, semen Christianorum !



* Le Frère André fut Mariste en Uruguay et mourut en 1976.
* *Le Frère Laurentin, Provincial, sera assassiné - comme 172 de ses frères - en 1936. Il sera aussi béatifié le 28 octobre.

sacr--coeur-copie-1.jpg
Qui était le Frère Bernard ?

Très tôt, il est dévoué au Sacré-Coeur de Jésus, et animé d' une grande dévotion eucharistique. Sa simplicité de caractère, et son esprit d' initiative le font remarquer par ses maîtres d' école. Il reçoit l' habit des Marianistes à quinze ans !

Lorsqu' il sera lui-même Mariste, il se tournera avec amour vers l' enfance défavorisée, comme dans la région minière de Vallejo de Orbo, où il demeure à partir de 1925. Beaucoup de garçons de familles pauvres, une fois terminée leur école primaire, tombaient dans le vagabondage, ne pouvant travailler dans les mines avant seize ans.
le Frère Bernard crée donc des cercles d' études du soir, pour compléter leur instruction, et forme pour l' aider une " élite " parmi ces jeunes gens qu' il fait entrer à l' Action catholique locale, comme tant de prêtres de l' époque; se conformant ainsi aux désirs du Pape Pie XI, qui était soucieux de contrecarrer l' influence marxiste auprès des classes ouvrières. Il leur donne une formation spirituelle et humaine. 

Lorsqu' il est directeur d' école - comme au Collège San José de Barcelone qu' il fonde en 1916 - il s' efforce, en lien avec les familles, et toujours avec un esprit de sacrifice et un grand amour marial, de discerner les vocations et d' accompagner les aspirants. 
Il suivait en cela l' exemple de saint Marcellin Champagnat.
C' est aussi un Frère qui avait compris la phrase de son Fondateur : " Il n' y a pas de rédemption sans sacrifice. " Il porte souvent le cilice, multiplie les sacrifices pour le salut des âmes, et fait la promotion des neuf Premiers Vendredis du mois.

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En 1934, il est à Baruello depuis trois ans. C' est une importante ville minière des Asturies. Le Frère Bernard organise des conférences du soir, met sur place un secours mutuel pour les familles de mineurs accidentés. Il est respecté de toute la ville, même si tous ne partagent pas ses vues.  
Depuis les élections de janvier, les sections socialistes échauffent les esprits. Les mineurs travaillent dans de terribles conditions, et leur situation est misérable. A la Maison du Peuple de la ville, avec ses 2000  " encartés ", on attise le feu. L' école entre autre est prise pour cible, ou plutôt comme bouc émissaire : les Frères doivent quitter leur habit religieux, et il arrive que les 350 élèves soient conduits en classe sous escorte policière...

L' été 1934 est particulièrement agité et la propagande rouge se déchaine. On en vient à fabriquer des cocktails Molotov et les armes circulent. La situation est insurrectionnelle. Le 4 octobre, le journal socialiste régional appelle à la grève générale. Le Frère Bernard avait depuis l' année dernière évoqué le martyre pour le salut de ses compatriotes.

asturies.jpg 
Le 5 octobre, des insurgés armés menacent le Frère Bernard devant ses élèves, pendant qu' il fait la classe. Mais il continue son cours, affichant une sérénité surnaturelle, et se rend à l' église pour la messe paroissiale du Premier Vendredi du mois. 

Le soir, un dîner fraternel regroupe la communauté, et celle d' un bourg voisin, pour la fête du directeur : la Saint-Placide (  nom de baptême du Frère Bernard ).

Peu après dans la nuit, la mairie ainsi que l' église paroissiale sont incendiées, tandis que la foule chante l' Internationale.

L' école des Maristes se situait à côté de l' église, et un groupe fanatisé l' envahit. Les Frères prennent la fuite par la porte du jardin donnant sur une rivière, obéisssant à leur directeur. Puis celui-ci fait face aux hommes, pour donner le temps à ses Frères de fuir.
 Il est battu à mort vers quatre heures du matin. Ses dernières paroles sont : " pardonnez-leur, Ave Maria ". Il est la première victime des 35 religieux morts pendant ces journées révolutionnaires.

Toutes les Asturies se sont embrasées : Ce fut la Révolution dite " des Mineurs "..

fr--re-bernard-fabrega.jpg

En 1935, une souscription parmi les mineurs fait ériger un monument au cimetière, sur la tombe du Frère Bernard...

Gravement ébranlée par les insurrections de 1934, la 2nde République espagnole s' effondrera entre février et juillet 1936.

Illustration : affiche marxiste de 1937, commémorant les événements d' octobre 1934 dans les Asturies.

Lien ( en espagnol ) : site des Maristes d' Argentine avec biographie du Frère Bernard.
 www.maristas.com.ar


 
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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 01:02
Jaime Pellicer Munoz naquit le 10 avril 1914 à Bellreguart, dans la province de Valence, au sein d' une famille profondément chrétienne. A onze ans, il entra au petit séminaire franciscain de Benisa, et il revêtit l' habit de saint François le 25 août 1930, à seize ans. Il reçut le nom de religion d' Alfred, et émit ses voeux solennels le 5 juillet 1936, quelques jours avant le début de la guerre civile.

alfred-pellicer-munoz.jpg

Il revint habiter dans sa famille après le 18 juillet. Il avait 22 ans, et ses parents lui conseillèrent de reprendre ses études dans le monde, et d' abandonner l' habit.
Il accepta de quitter sa robe de bure, car il aurait été certainement fusillé, mais il refusa fermement de renoncer à sa vocation.
Ouvert et joyeux, c' était aussi un jeune homme humble de caractère, et soucieux d' accomplir son devoir.

Le 4 octobre, jour de la Saint-François-d' Assise, il fut arrêté, et fusillé à trois heures de l' après-midi.

Les miliciens du Front populaire, qui l' avaient arrêté, lui avait déclaré qu' il aurait la vie sauve, s' il reniait ses voeux et rejoignait leurs rangs, et enfin s' il promettait de se marier...

Il leur avait répondu qu' il préfèrerait mille fois la mort, plutôt que de renier sa Foi et de dénoncer ses voeux !

Le jeune Frère Alfred fut béatifié en 2001 avec trois autres Franciscains tués à Valence.
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 18:27
Maria Francesca Ricart naquit le 23 février 1881, près d' Albal en Espagne. Malgré son caractère expansif et démonstratif, elle nota très tôt en elle une aspiration à la vie contemplative. " Jésus fut toujours pour moi un ami secret ". Elle aimait à se retirer pour le prier.

A seulement 15 ans, en 1896, elle entra au couvent de la branche féminine des Servites de Marie à Mislata, près de Valence.  L' Ordre a été fondé au XIIIème siècle par sept laïcs florentins - dont saint Alexis Falconieri - pour honorer le culte de la Vierge Marie.
" Je sais très bien ce que je suis en train de faire, car Jésus m' appelle. " Elle prit le nom de Marie de la Guadeloupe, ou Maria Guadalupe, et fit sa profession solennelle le 19 juin 1900.

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Elle accomplit plusieurs charges, et fut en particulier prieure de son couvent entre 1931 et 1934. Entre 1928 et 1931, elle fut maîtresse des novices, ainsi qu' entre 1934 et 1937 jusqu' à la fin de sa vie...Tous les témoignages concordent pour la caractériser par son humilité, sa dévotion à la Vierge des Douleurs, et son amour envers la Passion de NS Jésus-Christ.

Depuis 1934, les Congrégations religieuses étaient en proie à l' hostilité des Républicains, mais la persécution culmina à partir de 1936, au début de la guerre civile. Les religieuses durent abandonner leurs couvents et quitter leurs habits religieux. Mère Maria Guadalupe trouva refuge chez une de ses nièces. La jeune femme était enceinte, et Mère Maria Guadalupe craignit de compromettre sa nièce, car des cas d' atrocités commises par les miliciens anarcho-socialistes , contre les personnes abritant des  prêtres, des religieux ou des religieuses commençaient à être connus de la population de la ville. Elle ne resta qu' une huitaine de jours, et partit chez sa soeur Philomène, fin juillet 1936. 

En pleine nuit, le 2 octobre entre une et deux heures du matin, Philomène fut réveillée par des cris sous ses fenêtres. Pendant que son mari dormait dans la chambre, celle-ci somnolait dans le salon assise dans un fauteuil, car elle avait peur pour sa soeur, et se tenait prête au pire. Quatre hommes armés firent irruption dans l' appartement, et perquisitionnèrent partout, au cas où il y aurait des armes. En effet, les armes venaient à manquer à Albal pendant cet épisode de la guerre, et des milices du Front populaire cherchaient des armes chez les particuliers. 

Les hommes tenaient le mari de Philomène, pour l' empêcher de s' échapper. 

C' est alors que Mère Maria Guadalupe sortit de sa chambre, un livre de prières à la main, et vêtue en civil. Les hommes trouvèrent dans sa chambre un scapulaire de ND du Mont-Carmel. " Vous êtes religieuse ? " s' écrièrent-ils. " Oui, leur répondit-elle, je suis religieuse, et si j' avais pu naître encore mille fois, cela aurait été au pied de la Croix ! "

ricart.jpg   Elle n' offrit pas de résistance, lorsque les hommes l' emmenèrent avec eux. Dans leur voiture, au bas de l' immeuble, deux Franciscaines d' Albal, soeurs de sang, étaient déjà prisonnières...
Philomène raconte : "  Quand elle se dirigea vers la voiture, elle remercia mon mari pour tout ce qu' il avait fait pour elle. Je l' embrassai pour lui dire adieu. Quant à elle, elle demeurait tranquille et sereine. "

Finalement satisfaits d' avoir mis la main sur une telle  " proie ", les Rouges revinrent peu après chez la soeur de Mère Maria Guadalupe, et l' avertirent qu' elle et son mari risquaient de passer devant le tribunal populaire pour avoir donné asile à une religieuse et pour avoir gardé chez eux des images et des objets religieux.

Pendant ce temps, les pauvres religieuses durent subir de telles atrocités, qu' un témoin oculaire de l' époque se refusa à en relater les détails lors du procès en béatification.

Son corps fut abandonné vers quatre heures du matin, et jeté ensuite dans une fosse commune. Depuis 1940, il repose au couvent des Soeurs à Valence.

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" Beaucoup d' années nous séparent de cette nuit terrible ; mais le souvenir de Maria Guadalupe nous remplit l' âme d' admiration, et nous invite à nous recueillir dans la prière, afin d' obtenir la grâce de vivre nous aussi l' union intime à Dieu, dans la fidélité à notre propre vocation, et dans la disponibilité à être totalement abandonnés à la volonté divine, ainsi qu' elle a pu le faire, en cette nuit, dans cette rue, s' immolant avec joie pour honorer son Amour. "

Son procès en béatification commença en 1958, et en mars 2001, elle fut proclamée bienheureuse.


Lien ( en français, in English, in italiano, en espanol , auf Deutsch ) :  http://www.servidimaria.org



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