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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 21:58
 cl-ment-marie-hofbauer.jpg     Saint Clément-Marie Hofbauer naquit*, le 26 décembre 1751, à Znaim en Moravie ( aujourd' hui en république tchèque ) qui faisait partie de l' Empire autrichien. La mort de son père, lorsqu' il eut huit ans, mit cette nombreuse famille germanophone ( douze enfants ) dans la gêne. L' enfant qui songeait déjà à la vocation devint apprenti chez un boulanger tout en suivant les leçons d' un vieux chanoine, où il apprit quelques rudiments de latin. Impossible pour lui de suivre des études poussées. Il pensa devenir soldat, et puis finalement s' engagea comme domestique dans une abbaye voisine, où il put suivre des cours et apprendre un peu de latin en vue de la prêtrise. 

A vingt ans, il travaillait comme boulanger de l' abbaye qui avait de nombreux pauvres à nourrir. Clément-Marie pensa qu' il pouvait devenir ermite ; aussi il partit pour l' Italie. Il devait passer un an au monastère de Quintililo, où il prit le nom de Clément-Marie, afin de se préparer à la vie érémitique. Il n' y resta cependant que six mois, car il comprit que telle n' était pas sa vocation. Il reprit son travail de boulanger à l' abbaye, mais rêvait de partir pour mieux servir le Seigneur. Il fit une tentative de quelques temps de vie solitaire; mais retourna encore à son métier.

Cette fois-ci il travailla dans une prestigieuse boulangerie de Vienne, où il fut remarqué par un homme de qualité. Celui-ci finança ses études de théologie et de philosophie à l' Université impériale, et non pas dans une Congrégation, car la plupart avaient été expulsées et leur séminaire fermés : Nous étions entre 1780 et 1784, en pleine époque du joséphisme, du nom de l' Empereur Joseph II qui se voulait le modèle du " despotisme éclairé ". C' était le temps de ce qu' on appellera les Lumières qui voulaient faire entrer les sociétés dans la modernité en les soumettant pour plus d' efficacité au pouvoir d' Etat. 

 Il accomplit alors un pélerinage à Rome avec un compagnon. Ce voyage fut providentiel : il fit connaissance de la jeune Congrégation des Rédemptoristes**. Il y fut promptement accueilli et ordonné en 1785. Il avait déjà 34 ans ! 
Il passa quelques temps d' études à Frosinone, puis repartit pour l' Empire, afin d' ouvrir une nouvelle communauté en Autriche.
Mais les temps n' étaient pas favorables : l' Empereur qui avait déjà fermé plus de mille couvents et monastères ne consentirait certainement pas à l' implantation d' une nouvelle Congrégation - qui plus est missionnaire ! Saint Clément-Marie se rendit donc dans le royaume voisin de Pologne qui avait été en 1772 amputé d' une partie de ses territoires, au profit de la Russie, de la Prusse et de l' Autriche.
hofbauer.jpg

Il s' établit à Varsovie, où il demeura pendant 21 ans. Au début, ils étaient cinq prêtres et trois frères laïcs. La situation était explosive. Le royaume suscitait la convoitise de ses voisins et la noblesse se partageait en différentes factions. La disette frappait le peuple et la franc-maçonnerie divisait l' opinion dirigeante, dont la majorité était séduite par les souverains " despotes éclairés " à la frontière polonaise ( Catherine la Grande, Frédéric le Grand et Joseph II ).
 Peu de temps après la fondation, quatre de ses compagnons moururent  d' empoisonnement intestinal et un des frères fut assassiné...

Saint Clément-Marie mit la main à la pâte, au propre comme au figuré. Il développa son champ d' apostolat et accueillit de jeunes vocations enthousiastes et de nationalités différentes. Il mit sur pied une cantine populaire et lui-même passait souvent ses nuits aux fourneaux pour cuire le pain à distribuer. Des exercices spirituels et des récollections complétaient la formation spirituelle que les Rédemptoristes de Varsovie offraient aux Catholiques. Quelques grands seigneurs furent même convertis. L' influence spirituelle grandissante de la Congrégation provoquait des jalousies...
De plus le bouleversement de la révolution en France allait avoir des conséquences dans toute l' Europe.

En 1791, le parti national imposa la Grande Diète. En 1792, le roi Stanislas II Auguste Poniatowski renonça à appliquer la Constitution parlementaire et se trouva alors totalement sous l' influence de la Russie. En 1793, la Pologne est à nouveau partagée et lors du dernier partage de 1795 entre les trois puissances voisines, le roi est contraint à l' abdication et termine ses jours à Saint-Pétersbourg. Varsovie devint alors prussienne...

Le caractère pragmatique et parfois rugueux de saint Clément-Marie le fit se confronter à ces bouleversements. Il avait ouvert un orphelinat et s' efforçait de semer des germes de paix spirituelle et de renouveau de la Foi.

La France, à peine sortie des affres révolutionnaires, avait une nouvelle carte à jouer et voulait retrouver son rang de grande puissance qu' elle avait perdu au profit des Empires et de l' Angleterre. Aussi lorsque Napoléon, fortifié par ses conquêtes précédentes, devint empereur, il se lança à la conquête de l' Europe. Le Saint Empire Romain Germanique fut aboli, les trônes vacillaient.
En 1807, les troupes napoléoniennes firent leur entrée à Varsovie et chassèrent les Prussiens. Napoléon créa un Grand-Duché de Varsovie, tandis que d' autres parties de la Pologne restaient sous administration étrangère.
Ce fut la guerre totale entre les puissances, la Russie et l' Angleterre s' allièrent contre la France napoléonienne, tandis que des germes de nationalisme naissaient dans les différents royaumes et principautés germaniques.
grand-duch--de-varsovie.jpg

Comme d' autres communautés religieuses, les Rédemptoristes furent rapidement souçonnés d' être favorables aux ennemis de la France. Qui plus est saint Clément-Marie, sujet autrichien, était un suspect tout trouvé. Malgré le respect et la reconnaissance que lui vouaient les Polonais pour son oeuvre spirituelle et caritative, il fut arrêté avec ses confrères et convoqué devant le tribunal. Les Rédemptoristes furent aussitôt expulsés du Grand-Duché.

Saint Clément-Marie Hofbauer continua donc, avec l' accord de ses supérieurs, son oeuvre à Vienne. Il devint recteur dans différentes paroisses et surtout prédicateur parmi la jeunesse, alors ouverte au mouvement romantique.
Il ne faisait pas de " miracles " extraordinaires. Sa justesse de ton et sa simplicité frappaient les esprits viennois, réduits dans leurs ambitions politiques par l' expansion napoléonienne. Il se tourna aussi vers l' élite étudiante et convertit même deux illustres professeurs protestants qui devinrent par la suite évêques : Zangerle et Ziegler ! 

En 1813, le Grand-Duché de Varsovie sera envahi par la Russie qui y nomma un gouverneur, tandis que le reste du pays restait ou prussien ou autrichien, mais saint Clément-Marie ne retourna pas là-bas...Il s' opposait plutôt à Vienne aux dernières velléités du joséphisme.

Il mourut le 15 mars 1820 à Vienne, sans avoir vu naître la Congrégation des Rédemptoristes en Autriche ; pourtant l' Empereur, plutôt ouvert désormais à la politique de la Sainte-Alliance, lui avait concédé la permission, dans une perspective d' apaisement avec Rome, d' ouvrir une maison à Vienne...

Clément-Marie, ancien boulanger, homme pacifique, mais parfois ombrageux, fut béatifié par Léon XIII pour son esprit de concorde et de charité en 1888 et canonisé par saint Pie X en 1909.

En 1914, à la veille de la Grande Guerre, il fut proclamé par ce même Pape, l' un des saints patrons de Vienne.
saint-Pie-X.jpg
 

* De son nom de baptême Jean l' Evangéliste.
** Fondée en 1732 par saint Alphonse-Marie de Liguori ( 1696-1787 ).

Illustration : Napoléon reçoit la délégation de Stanislas Marchowski en 1807 pour la proclamation du Grand-Duché de Varsovie.

Cet Etat, créé après le traité de Tilsit et la défaite des Prussiens, sera en droit gouverné par le Roi Frédéric-Auguste de Saxe, fidèle allié de Napoléon, qui laissera le pouvoir au gouvernement de la Diète en 1812, lors de la retraite de Russie des Français. En fait, Napoléon étant le protecteur du Grand-Duché, Varsovie sera un Etat vassal de la France, un résident français supervisant les décisions du gouvernement local, tandis que les troupes- notamment celles dirigées par le Prince Joseph Poniatowski - sont fidèles à la France.

En 1809, après la défaite des Autrichiens, le Grand-Duché s' agrandit d' une partie de la Galicie.
La situation se renverse totalement à partir de 1812. Varsovie est envahie en 1813. 

Le Traité de Vienne en 1815 confirme les possessions de la Prusse, de l' Autriche et de la Russie qui cède la Posnanie à la Prusse. Cracovie devient pour un temps une république libre et le Grand-Duché se transforme en Royaume du Congrès, vassal de l' Empereur de Russie.
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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 22:09
On ne sait pas grand chose de cette jeune martyre, sinon qu' elle vécut au IVème siècle à Wenglingen ( dont elle est la patronne ), ville située aujourd' hui en Bavière. De grandes processions y sont toujours organisées en son honneur. Elle est très populaire dans ces belles contrées montagneuses !

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Aujourd' hui nous fêtons aussi saint Euloge de Cordoue :
Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5967214.html 
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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 23:42
Cofondatrice avec Soeur Josepha Stenmans** ( Issum, Allemagne, 1852-Steyl, Hollande, 1903 ) de la Congrégation des Servantes du Saint-Esprit, Marie-Hélène Stollewerk mourut à Steyl, en Hollande, le 3 février 1900.
bienheureuse-marie-h-l-ne-stollenwerk.jpgAllemande, elle naquit près d' Aix-la-Chapelle à Rollesbroich, le 28 novembre 1852. Ayant le désir d' être missionnaire en Chine, elle s' agrégea en qualité de domestique à la maison de Steyl, ouverte en 1875 par saint Arnold Janssen*, pour la formation de prêtres et de religieux missionnaires. Elle ne pouvait pas, en effet, trouver d' insitut missionnaire en Allemagne prussienne, à cause de la politique anti-catholique du chancelier Bismarck. C' est pourquoi, elle se rendit en 1882, à Steyl en Hollande, car cela correspondait à ses aspirations les plus profondes.

Le 8 décembre 1889, elle entra dans la Congrégation des Servantes du Saint-Esprit, dont elle fut la Supérieure, fondée par le même Père Janssen.
Arnold_Janssen.jpgElle contribua efficacement au développement de cette jeune Oeuvre. Elle put assister aux premiers départs de Soeurs pour l' Argentine et pour le Togo. De santé fragile ( elle mourut semble-t-il de tuberculose ) elle demeura à Steyl. Ensuite lorsque se développa la branche des Soeurs cloîtrées de la Congrégation, elle y fut admise, et se voua ainsi à l' adoration perpétuelle.

Elle fut béatifiée par Jean-Paul II en 1995.

Les Soeurs Servantes du Saint-Esprit sont aujourd' hui 3800 dans 35 pays, et les Soeurs du Saint-Esprit et de l' Adoration Perpétuelle sont 400 dans 10 pays.

* Prêtre allemand né en Rhénanie en 1837, mort à Steyl en 1909 et canonisé par Jean-Paul II en 2003. Il dut quitter son pays pour la Hollande et fonda à Steyl, en 1875, la Société du Verbe-Divin pour les missionnaires.
** Elle sera béatifiée cete année, en juin.
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 00:06
sainte-adelaide.jpg  Fille de Rodolphe II de Bourgogne ( 912-937 ), roi Franc de la Bourgogne Transjurane++, et de Berthe de Souabe, Adélaïde naquit en 931 et épousa à Pavie, en 947, Lothaire II, roi d' Italie. Elle eut une fille, Emma, qui épousera Lothaire Ier, roi des Francs. 

Devenue veuve au bout de trois ans, elle fut persécutée par Bérenger II de Frioul qui convoitait le trône d' Italie et mise en prison, dans la forteresse du lac de Garde, pour avoir refusé d' épouser le fils de Bérenger. Libérée par Othon Ier, roi de Germanie+++, elle l' épousa en 951 et eut quatre enfants, dont le futur Othon II et  Mathilde, abbesse de Quedlinburg ( 954-999 ). Othon le Grand se fit reconnaître comme roi d' Italie. L' Italie lombarde et la Germanie s' étaient unies.

En 962, le Pape Jean XII la couronna - ce qui était exceptionnel - comme impératrice à Rome avec Othon Ier, empereur d' Occident. Le Saint Empire Romain Germanique était né. 

A la mort de son mari, en 973, elle exerça une forte influence politique, mais elle dut subir par la suite l' hostilité de son fils Othon II, influencé par sa femme, princesse byzantine. Elle quitta la Cour, en 978, et se réfugia à Vienne, auprès de son frère Conrad III de Bourgogne ( 937-993 ).

En Bourgogne, elle fut proche du mouvement de la réforme de Cluny mené par saint Mayeul. Ce dernier favorisa la réconciliation familiale : la mère et le fils se rencontrèrent à Pavie, et Othon II, à genoux, implora le pardon maternel.
En signe de reconnaissance, l' impératrice fit des dons à l' abbaye de Saint-Martin de Tours, dont un manteau de l' empereur son fils, à l' exemple du saint lui-même.

Mais de nouveau, en 983, à la mort de son fils, elle dut quitter la Cour à cause de l' inimitié de Théophanie+, la veuve d' Othon II qui exerça la régence pendant la minorité de son fils Othon III. L' enfant fut couronné à Aix-la-Chapelle, après avoir été libéré de la Cour du duc de Bavière Henri le Querelleur ( frère cadet d' Othon Ier ), sur l' intervention d' Adélaïde et de son frère Conrad.
 Elle fut rappelée à la mort de la princesse byzantine en 991, et donna une éducation sage et chrétienne à son petit-fils, aidée par saint Willigise, archevêque de Mayence, primat d' Allemagne et archichancelier de l' Empire ( 940-1011). Othon III atteint sa majorité en 995.

Othon-II-et-Theophanie.jpg
.
Atentive au sort des indigents, elle protégea l' Eglise, sous les conseils de saint Odilon de Cluny ( 962-1049 ). Ce dernier laissa un récit de la vie de la sainte. Elle fit construire des églises et des monastères, notamment ceux de Payerne ( aujourd' hui dans le canton de Vaud, Peterlingen en allemand ), de Saint-Sauveur de Pavie, et de Seltz ( Selz en allemand ), en Basse-Alsace, où elle se retira à la fin de sa vie.

Pardonnant à ses ennemis, elle désirait vivre dans la paix, dans un Empire italo-germanique qui subissait les assauts de ses ennemis à ses frontières. Elle mourut à Seltz, près de Strasbourg, le 16 décembre 999, et fut canonisée par Urbain II, en 1097. Ses reliques furent détruites à l' époque de la Réforme.

Illustration : le Christ couronnant Othon II et Théophanie, Musée de Cluny, Paris.

+ Théophanie est appelée souvent Théophano dans les documents modernes.

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Illustration : Othon le Grand et le Pape Jean XII, Vatican.

++ La Bourgogne Transjurane, ou Haute-Bourgogne, créée en 888 au moment de la décomposition de l' Empire lotharingien, à ne pas confondre avec la Bourgogne Franque, s' étendait sur les deux versants du Jura, avec, comme limite à l' Ouest, la Saône. Elle s' était placée sous le patronage de saint Maurice, et comprenait l' archidiocèse de Besançon ( dont dépendaient Bâle et Lausanne ), la Tarentaise et Vienne, dont dépendait Genève. Elle était faiblement peuplée d' Alamans et de Burgondes, ainsi que de descendants de Gaulois à l' Ouest.
En 926, elle avait fait hommage au roi de Germanie, par crainte d' être intégrée au royaume des Francs. Elle comprenait alors Besançon, Montbéliard, Salins, le comté de Bâle, Lyon, Vienne, Aix-les-Bains, Neuchâtel, Genève, Lausanne, le Valais,etc... En 934, Rodolphe II intégra la Provence du royaume d' Arles à son royaume. Le comté de Provence deviendra vassal de la Bourgogne, et assimilera une population plutôt latine. En 1018, Rodolphe III remettra sa couronne à l' Empereur Henri II.
Le royaume de Bourgogne Transjurane devenu Royaume des Deux-Bourgognes intégrera en 1032 le Saint Empire Romain Germanique. 

+++Othon le Grand ( 912-973 ) était le fils de sainte Mathilde et d' Henri l' Oiseleur, le frère de saint Bruno - ou Brunon - de Cologne, et l' oncle d' Hugues Capet. Sainte Adélaïde était sa troisième épouse.
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 19:29


sainte-gertrude.jpg  Sainte Gertrude naquit à Eisleben, en Allemagne, en 1256. Dans sa jeunesse, elle pratiquait le chant, l' art de la miniature; elle était lettrée et aimait la musique. Elle étudia chez les Cisterciennes d' Helfta en Saxe. Elle fut l' élève de la grande Mathilde de Magdebourg. Celle-ci relata dans ses écrits " Lux divinitatis " ses révélations mystiques. 

Gertrude se convertit vraiment vers l' âge de 26 ans.

Elle eut des visions et des extases et fut stimulée dans sa vie intérieure par la maladie. la jeune Cistercienne aurait voulu vivre dans la silence et la solitude, mais elle fut bientôt visitée par de nombreux pélerins qui venaient chercher des conseils spirituels.

Elle fut une véritable divulgatrice du culte de Jésus dans son humanité, traduite dans son Sacré-Coeur. Elle fut réellement à l' avant-garde de cette spiritualité qui allait se développer considérablement à partir de l' expérience de sainte Marguerite-Marie au XVIIème siècle.
cf lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-13122851.html


Elle laissa des écrits spirituels d' une grande profondeur, rédigés avec élégance. Elle mourut à l' âge de 46 ans.

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 19:27
Bernard Lichtenberg fut béatifié par Jean-Paul II en 1996 à Berlin.

Il naquit le 3 décembre 1875 à Ohlau en Silésie, appartenant alors à l' Allemagne ( aujourd' hui en Pologne ). Il fit sa première communion en 1887. Il assistait régulièrement à la messe matinale en semaine avec sa mère.
Après son baccalauréat en 1895, il fit ses études de théologie à Innsbruck, en Autriche, puis à Breslau dans sa Silésie natale ( aujourd' hui Wroclaw en Pologne ). Il fut ordonné prêtre en 1899 en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Breslau.

breslau.jpg

Après une première expérience pastorale à Neisse, il fut nommé à Berlin en 1900. Il fut vicaire puis curé de diverses paroisses de la capitale allemande.
En 1913, il devint curé à Charlottenbourg, où vivaient 35 000 Catholiques. Ceux-ci ne disposaient pourtant que d' une petite église, le Sacré-Coeur, dans cette ville des faubourgs berlinois à majorité protestante.
Il put y faire construire quatre églises supplémentaires, et se dévoua à ses paroissiens, en particulier aux pauvres. 

Encore régie par les lois discriminatoires de Bismarck, dans le domaine de la religion et de la culture, qui écartaient les Catholiques, la capitale allemande s' ouvrait néanmoins à de nouvelles populations

Pendant la permière guerre mondiale, il eut une attitude de patriote envers son pays ; mais tout allait changer avec la chute du Kaiser Guillaume en 1918. La faible république de Weimar, après la révolte spartakiste, allait naître. Il fut un temps député du parti Zentrum ( parti catholique ) pour Charlottenbourg.

En 1931, le premier évêque de Berlin le nomma membre du chapitre et curé de la cathédrale Sainte-Edwige.

St-Hedwigs-Kathedrale-1889.jpg

Homme de caractère et doué d' une nature intrépide, il défendait les droits de l' Eglise, les droits de l' homme et ceux des prêtres, et des religieux. L' Allemagne allait se laisser séduire par le régime national-socialiste à partir de 1933...
Dès le début, il fut détesté par les partisans du nouveau régime. Son appartement est fouillé en 1933.

lichtenberg-berlin.jpg

En 1935, le vicaire diocésain étant malade, l' abbé Lichtenberg fut chargé du gouvernement matériel du diocèse de Berlin. Il prit connaissance à cette époque  de la situation des personnes détenues dans les premiers camps de concentration en Allemagne. Il émit une lettre de protestation auprès d' Hermann Göring, ce qui provoqua l' ire de la police spéciale du régime, la Gestapo.
 En 1941, partageant l' avis du bienheureux cardinal von Galen ( 1878-1946 ), il protesta contre l' euthanasie des malades mentaux et écrivit une lettre ouverte au président de l' Ordre des médecins du Reich allemand.

En 1938, il présida l' Oeuvre d' Assistance auprès de l' Ordinaire Episcopal, qui venait en aide aux Juifs et aux " non-Aryens " persécutés. Il en accueillit même sous son propre toit.
 A partir d' Octobre 1941un document anonyme, mais évidemment de provenance nazie, fut diffusé dans tout le Reich, stipulant que toute personne venant en aide aux Juifs était coupable de haute trahison envers le pays. L' abbé Lichtenberg riposta en préparant une lecture publique, qui devait être faite pendant le sermon dominical suivant, d' une lettre de protestation officielle.
Mais il fut dénoncé par deux femmes, et avant la lecture en chaire, des agents de la Gestapo vinrent l' arrêter le 23 octobre 1941, après avoir trouvé chez lui les brouillons de sa lettre.

Il fut emprisonné à Plotzensee puis à la prison de Moabit et accusé de deux délits :
Avoir critiqué les affaires de l' Etat et vouloir en faire l' objet de sa prédication devant de nombreux fidèles.
Avoir pris la défense de non-Aryens et de Juifs.

Il fut condamné le 22 mai 1942 à deux ans d' emprisonnement. Pendant le procès, il déclara que sa conscience de prêtre catholique l' empêchait d' adhérer à la philosophie nationale-socialiste.
En septembre 1943, il reçut une visite de son évêque Mgr von Preysing qui lui remit une lettre personnelle de Pie XII.
A sa libération, le 23 octobre 1943, il demanda d' être chargé de l' assistance spirituelle des baptisés catholiques de race juive qui était enfermés au ghetto de Litzmannstadt.

Il fut immédiatement arrêté et transféré au camp de prisonniers de Wuhlheide et quelques jours plus tard au camp de concentration de Dachau. Son état physique était tel que cela équivalait à une condamnation à mort. 

Les six jours de transfert en train se passèrent dans des conditions inhumaines et aggravèrent son état. A son arrivée le 3 novembre 1943 à la gare d' Hof, on le mena à la clinique locale, où il mourut dans la paix deux jours plus tard. 

lichtenberg.jpg

Il fut enterré le 16 novembre au cimetière Sainte-Hedwige de Berlin ; la nouvelle de son martyre se diffusa dans tout le diocèse.
En 1965, son corps fut inhumé dans la crypte de la cathédrale.

Bernhard-Lichtenberg-Gedenktafel.jpg

Plaque en mémoire du bienheureux Bernard Lichtenberg sur le mur de la maison pastorale de Karlhorst à Berlin, qu' il fit construire.
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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 23:35

Emperor-charles-of-austria.jpg   Charles Ier, dernier Empereur d' Autriche-Hongrie a été béatifié par Jean-Paul II en 2004.

Charles François Joseph de Habsbourg-Lorraine naquit au château de Persenburg le 17 août 1887, fils de l' archiduc Othon de Habsbourg et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe. Il était le petit-neveu de l' Empereur François-Joseph ( 1830-1916 ).


La piété de sa mère influença sa jeunesse. Il eut une excellente éducation, donnée par des précepteurs, qu' il poursuivit au Schottengymnasium tenu à Vienne par les Bénédictins. 


Suivant la tradition familiale, il devint officier de cavalerie. Il fut en garnison en Bavière, en Galicie et puis à Vienne.

charles-de-habsbourg-mariage.jpg

Il épousa en 1911 la princesse Zita de Bourbon-Parme. Le jour de leur mariage, il lui dit : " Maintenant nous devons nous conduire l' un et l' autre au ciel. " De leur union naquirent cinq fils et trois filles.
 Par suite des malheurs qui frappèrent la dynastie, il fut en deuxième ligne de succession après l' archiduc François-Ferdinand. Lorsque celui-ci mourut assassiné à Sarajevo en 1914, le vieil Empereur introduit le jeune archiduc Charles aux affaires, sans toutefois l' impliquer dans  les domaines essentiels.

Au début de la première guerre mondiale, il fut affecté au XXème Corps des Chasseurs Impériaux, dit Edelweiss, démontrant son courage physique et moral. Puis il combattit au sein de la XIIème Armée en Galicie. Il eut à affronter les Russes - alliés aux Occidentaux - menés par Broussilov.

Après l' entrée en guerre de la Roumanie, il vainquit les Occidentaux à Hermannstadt, et se jetta à la conquête de Bucarest. Son courage fut reconnu par l' Etat-Major, dirigé par le Prussien Hans von Seeckt, mais ce dernier, protestant, le considérait comme un  " bigot  " .

A la mort de François-Joseph le 21 novembre 1916, en pleine guerre, il devint Empereur d' Autriche sous le nom de Charles Ier, et Roi de Hongrie, sous le nom de Charles IV.

Dès sa prime jeunesse, il était enclin à la prière, et subvenait aux besoins de personnes pauvres. Jeune officier en Galicie, il s' efforça de rehausser le niveau moral de ses soldats, et ceux-ci virent en lui le modèle de l' officier catholique.

Benedictus-XV.jpg

Il fut l' unique parmi les belligérants à accueillir les pourparlers de paix voulus par le Pape Benoît XV ( 1854-1914-1922 ). Du reste dès le début de son règne, il cherchait une issue à la guerre, et souhaitait la paix pour ses peuples. Il entreprit plusieurs démarches auprès des Occidentaux pour trouver une issue pacifique au conflit. Mais il dut affronter les généraux allemands qui voulaient gagner la guerre, et dut aussi se heurter à l' orgueil du gouvernement italien qui avait des vues sur les possessions autrichiennes au bord de l' Adriatique. De plus Clemenceau souhaitait voir disparaître cette monarchie catholique qui règnait sur de nombreuses nationalités.

Malgré deux tentatives de paix séparée, notamment par l' entremise de ses beaux-frères auprès des Alliés, il ne réussit pas à imposer son point de vue. Les Autrichiens pangermanistes et les Allemands firent éclater de puissantes campagnes de propagande contre le jeune souverain. On insinua qu' il était faible et soumis au pouvoir de sa femme, qualifiée d' Italienne !

Il ne réussit pas à faire accepter une réforme de l' Etat, sous forme de confédération, à cause de l' opposition des pangermanistes et des nationalistes hongrois. Son ministre des Affaires Etrangères, le comte Czernin, menait campagne contre lui.

Lien : http://www.emperorcharles.org
( en français, in English , et dans d' autres langues...)

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 23:35
Le 4 novembre 1918, après la défaite de l' Armée autrichienne sur le front italien, l' armistice est signé. C' est la fin de la monarchie. Le 12 novembre, la république est proclamée. Charles se retire en Hongrie, où sans renoncer à son trône, il suit les événements, sans y participer. Il est expulsé en mars 1919 vers la Suisse. 

Horthy qui avait pris le pouvoir en Hongrie, lui conseille d' attendre le moment propice pour retrouver son trône de Hongrie. Mais c' était sans compter avec la ferme opposition de la France et de son allié roumain. Horthy finalement le livra aux Anglais qui l' exilèrent sur l' Ile de Madère avec sa famille. 

charles-de-habsbourg-exil.jpg

Vivant dans la précarité et sans aucune ressource, la famille s' installa à la villa Quinta do Monte. Affaibli par les événements, et mal disposé à vivre sous un climat humide, il contracta une maladie pulmonaire. 

Il mourut le 1er avril 1922. 

Aussi bien dans sa vie privée que dans la conduite de l' Etat, Charles avait voulu obéir aux lois de Dieu et de l' Eglise. Il vécut de manière héroïque les vertus chrétiennes, se confessant régulièrement, communiant quotidiennement et suivant un plan de vie ascétique. Respectueux du magistère de l' Eglise, il fut aussi pleinement conscient de ses responsabilités politiques et sociales. 


En 1949, son procès en béatification fut annoncé.

charles-de-habsbourg.jpg
Link ( in English, en français,etc...) belles photographies ! :
http://www.emperorcharles.org
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 21:19

Parfois, une vie s' éclaire lorsqu' elle arrive à son terme, et toute une vocation peut enfin se lire dans la lumière.
C' est le cas pour le bienheureux Anicet de Varsovie, Capucin, qui sinon serait certainement resté inconnu.

Adalbert Koplin naquit dans une modeste famille prussienne à Friedland* en Prusse occidentale, le dernier de douze enfants, le 30 juillet 1875.

La ville majoritairement allemande, et devenue protestante à la Réforme, se situait près de villages où demeuraient des paysans catholiques d' origine polonaise. Ceux-ci côtoyaient dans leurs églises des Prussiens minoritaires qui étaient demeurés catholiques, où d' autres Allemands qui venaient de provinces de l' Empire plus occidentales, ou plus méridionales restées catholiques. La langue latine unissait les deux communautés dans leurs cérémonies. La majorité de la Prusse occidentale était en effet fortement protestante et germanique. Adalbert prit donc conscience que son origine catholique, pour lui qui était né Prussien, le rapprochait de la communauté des Polonais, minoritaires eux-aussi.

Le 23 novembre 1893, il entra au Couvent des Capucins à Sigolsheim en Alsace. En effet la politique anti-catholique du Kulturkampf du Chancelier Bismarck avait interdit leurs monastères dans toute la Prusse, mais permettait à certaines régions catholiques de garder les leurs. Ainsi en Alsace ( devenue française sous Louis XIV, et allemande en 1870 ), Sigolsheim fut un asile sûr et rayonnant, pour de nombreuses vocations venues de tout l' Empire prussien.

1944---Sigolsheim.jpg Le Couvent des Capucins de Sigolsheim, détruit par les bombardements américains en décembre 1944.

Le Couvent de l' Oberhof à Sigolsheim fut installé en 1888, sur l' emplacement d' un ancien pensionnat, et devint un noviciat important pour les Capucins de langue allemande.

Le Frère Anicet - tel était son nom de religion - fut ordonné prêtre en 1900. Il put alors poursuivre un ministère de prédication et assumer des charges pastorales auprès des ouvriers d' origine polonaise qui travaillaient pour les grandes industries de la Ruhr. Il avait pu améliorer sa pratique de la langue polonaise -car il parlait allemand ou un dialecte germano-prussien, afin de répondre aux besoins des ouvriers. Besoin spirituels, certes, mais aussi besoins d' assistance. Sa naissance dans une famille ouvrière le rapprochait d' eux, ainsi que son amour de la culture polonaise. Mais il ne reniait pas pour autant qu' il était un sujet prussien et Allemand de naissance...Le bienheureux Anicet écrivit des pages de poèmes et d' odes qui aujourd' hui seraient considérées comme embarrasantes, car elles manifestent un esprit ardemment pro-prussien. Il défendit le Kaiser et l' entrée en guerre de l' Allemagne en 1914. Il était patriote...

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Le tournant de sa vie fut donc l' appel en 1918 qu' il reçut de ses supérieurs à Krefeld, dans la Ruhr, où il demeurait, de se rendre en Pologne. Celle-ci, occupée par les Austro-Allemands, allait bientôt devenir indépendante.

Il lui fut demandé de participer à la réorganisation du Couvent des Capucins de Varsovie. Varsovie, occupée depuis 1915 par les Austro-Allemands, avait été administrée par l' Empire russe pendant le XIXème siècle. Elle allait devenir la capitale d' un pays neuf. Lui-même avait 43 ans.

Pays neuf, certainement, mais qui sera profondément blessé : blessé par les guerres contre ses voisins ( la nouvelle Lithuanie, l' Ukraine sous l' emprise allemande puis bolchévique, la nouvelle Tchécoslovaquie, et enfin l' URSS...), et blessé par la situation économique. Coupé de régions industrielles ou minières ( la Silésie ), coupé des axes qui privilégiaient les routes vers les capitales des Empires, le pays devait faire face à la crise de l' après-guerre, la dévaluation, la disette agricole, le chômage. Il n' était pas étonnant que de nombreux Polonais émigrèrent - comme ils l' avaient fait au XIXème siècle-  vers l' Amérique, ou l' Europe occidentale...

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Drapeaux  de l' Armée Rouge, pris par des soldats polonais, lors de la bataille de Varsovie ( 1920 ).


Il fut connu comme le saint François de Varsovie, par les familles à qui il apportait un soutien spirituel et matériel...En effet, il organisait des quêtes et des redistributions de produits alimentaires aux chômeurs, en particulier, et aux pauvres, en général. Il était infatigable...Il rappelait, pour ceux qui lui demandaient de se ménager, que, dans sa jeunesse, il avait pour habitude de pratiquer la gymnastique au Couvent et en particulier de soulever des poids, au moment de faire ses prières...Il soulevait les bancs et le mobilier important du Couvent. On raconte qu' un jour il souleva un policier de Varsovie trop violent, par la ceinture, pour le ramener à des sentiments plus doux...Celui-ci devint un pénitent du Père Anicet...

Quand le Père Anicet n' était pas en tournée pour ses pauvres, il se tenait des heures entières au confessionnal de l' église des Capucins de Varsovie. Il préférait ce ministère à celui de la prédication, car il ne maîtrisait pas assez bien la langue polonaise pour de longs prêches...

Aux prêtres qui venaient se confesser, il leur donnait des admonestations courtes, mais efficaces EN  LATIN...Il fut le confesseur de Mgr Gall et de Mgr Gawlina, ainsi que du Cardinal Kakowski et du nonce apostolique en Pologne Mgr Ratti, le futur Pape Pie XI  !  On se souvient qu' il donna pour pénitence au Cardinal Kakowski de porter lui-même du charbon à une famille pauvre  ! Il demandait aux pauvres de prier pour les riches, et à ceux-ci de les aider et de prier pour eux. Se pressaient à son confessionnal aussi bien des officiers supérieurs que de pauvres veuves, des paysans venus à la ville, ou des intellectuels...

Lorsqu' un pauvre mourait sans famille, il payait lui-même ses funérailles, et l' accompagnait jusqu' à la tombe.

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Le Père Anicet ne cachait pas qu' il était de nationalité allemande, mais lorque son pays se laissa séduire par Hitler, il comprit très vite le néo-paganisme de ce régime et son esprit fondamentalement anti-chrétien.

Il entrait dans de violentes discussions, frappant le poing sur la table, pour convaincre ses interlocuteurs de l' inspiration démoniaque du nazisme. Finalement, à la montée des périls, lorsqu' il devint évident que l' Europe allait entrer en guerre, il prit, par solidarité avec ses Frères du Couvent et ses pénitents, le nom de Koplinski, afin de se rendre plus encore Polonais de coeur.

Pendant la première semaine de l' occupation hitlérienne de Varsovie, il ne sortit pas de son couvent, puis il fut, grâce à sa langue natale l' allemand, un intermédiaire avec l' ambassade allemande. Il obtint d' eux des vivres qu' il put redistribuer aux pauvres et aux réfugiés.
Le Capucin prussien devenu Polonais parcourait la ville, obtenait des passe-droits pour faire sortir de la région des suspects, et en particulier un certain nombre de Juifs...Mais finalement la Gestapo s' intéressa de plus près à ce Père Capucin. Le jour de l' Ascension 1941, il subit son premier interrogatoire.
Il fut finalement arrêté dans le courant du mois de juin avec vingt autres Capucins de son couvent, et emprisonné dans la sinistre prison de Pawiak pour activités anti-nazies, et subversion envers le nouveau régime.
On lui tondit entièrement le crâne et la barbe, et on le fit revêtir l' uniforme des prisonniers. Il ne put conserver que son bréviaire. Par la suite il subit, ainsi que ses confrères, de nombreuses heures de tortures, pour lui faire avouer des activités clandestines supposées...

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" Je suis prêtre, et j' exerce mon ministère là où se trouvent des hommes : qu' ils soient Juifs ou Polonais, et encore plus s' ils sont pauvres et souffrants. "
Le 3 septembre, ils firent tous déportés en wagons à bestiaux vers Auschwitz. Agé de 66 ans, le Père Anicet fut d' emblée destiné au bloc des invalides, ce qui signifiait une mort prochaine. Selon le témoignage du Père Archange qui survécut, il passa les cinq semaines qu' il lui restait à vivre, dans le silence et la prière. Subissant les coups des kapos, il prononça un jour ces mots : " Nous devons boire le Calice, jusqu' à la lie. "
Il fut envoyé au four crématoire le 16 octobre 1941.

Il fut béatifié le 13 juin 1999, lui qui était Allemand, avec des centaines de ses Frères de coeur polonais, eux  qui eurent à souffrir le martyre de la part de ceux de ses frères de sang qui s' étaient laissés séduire par un pouvoir démoniaque.





* Aujourd' hui Drzebno en Pologne.)nti_bug_fck

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 20:30
Ses parents Berthold et Agnès, de la plus haute noblesse bavaroise, firent donner à leur fille Hedwige une éducation soignée chez les Bénédictines de Kitzingen, afin de lui préparer un mariage digne de sa naissance.
En effet, à seize ans, Hedwige épousa à Breslau ( aujourd' hui Wroclaw ) Henri le Barbu, l' héritier du Duc de Basse-Silésie. Quatre ans après, il succéda à son père, et Hedwide devint duchesse.
Depuis l' époque de Frédéric Barberousse ( mort en 1190 ), cette région polonaise demeurait dans l' orbite du Saint Empire Romain Germanique. Sa population était un mélange de Germains et de Slaves. 

Hedwige mit au monde six enfants : Boleslas, Conrad, Henri le Pieux,  Agnès, Sophie et Gertrude. Comme beaucoup de souveraines de cette époque, elle fut un soutien solide de son mari : elle portait assistance aux pauvres et faisait construire des églises et des couvents. Mais elle se distinguait d' elles par le fait qu' elle vivait elle-même en son particulier, c' est-à-dire dans son intimité, l' esprit de pauvreté.

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Son mari mourut en 1238 et son fils Henri le Pieux  lui succéda, mais celui-ci fut tué dans une attaque des Tatars ( Mongols ) en 1241, les autres enfants étant morts jeunes, ne lui restait que Gertrude.
Comme les religieux de son époque, elle accompagnait ses prières et ses dévotions de pratiques de mortification extrêmement rigoureuses. L' ennemi Tatar siégeait aux portes du Duché,  les temps étaient ceux des épidémies et des guerres ; mais malgré tout, la civilisation poursuivait son expansion et surtout des saints étaient continuellement appelés...

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Lorsqu' elle se retrouva seule, elle ne songea pas d' emblée à rejoindre un couvent, mais comme sa fille Gertrude, elle se tourna résolument vers les pauvres, " nos maîtres ". Elle fut en cela inspirée par les Ordres mendiants de son époque, qui étaient au début de leur histoire, et en particulier par les Franciscains, dont elle choisit parmi eux son confesseur.

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Elle entra finalement à l' Abbaye cistercienne de Trebnitz ( aujourd' hui Trzebnica, en Pologne ), qu' elle avait fondée de nombreuses années auparavant, et dont elle fut toujours la protectrice. Elle termina sa vie  terrestre dans la pénitence.



Les Silésiens, allemands ou polonais, s' accordèrent tout de suite pour la proclamer sainte.

Elle fut inscrite au nombre des saints par le Pape Clément IV en 1267.


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Le Allemands la vénèrent sous le nom d' Hedwig et les Polonais sous le nom de Jadwiga.
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