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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 16:22
  Madeleine-Sophie Barat naquit à Joigny*, dans la nuit du 13 décembre 1779, dans la famille d' un tonnelier relativement aisé. Elle était si fragile, qu' elle fut baptisée dès le lendemain matin. Son frère aîné Louis, de onze ans plus âgé, était son parrain. Il deviendra Jésuite et il sut dans sa jeunesse l' instruire dans leur Foi commune.  Il fut aussi un précepteur exigeant : il lui enseigna le latin, le grec, l' histoire, la physique et les mathématiques. Madeleine-Sophie était donc extrêmement instruite pour son milieu, à une époque - avant la révolution - où une soif de connaissance et d' instruction surgissait dans tout le royaume.

Louis Barat sera emprisonné pendant la Terreur et il ne devra la vie sauve qu' à la chute de Robespierre. Il sera ordonné en 1795. Après ces années funestes, le frère et la soeur se fixèrent à Paris. Louis enseignait la théologie et la patristique, dont il fit profiter sa soeur qui apprenait aussi l' espagnol et l' italien. Elle donnait des leçons de catéchisme, encore clandestines à cette époque de transition pour l' Eglise de France, pour les enfants du quartier du Marais.
Elle avait eu le désir - contrarié par la révolution - de se faire carmélite, et elle s' imposait une vie frugale et une discipline stricte. Son frère la présenta au RP Varin, sj, qui songeait à faire rouvrir certains collèges qui avaient appartenu à la Compagnie de Jésus ou à d' autres Ordres et qui avaient été confisqués et à ouvrir des écoles chrétiennes. Il vit donc en Madeleine-Sophie Barat une rencontre providentielle pour mener à bien ce projet. La jeune femme de 21 ans se consacra donc en novembre  1800 avec trois compagnes. Ce fut la naissance de la Société du Sacré-Coeur** pour l' éducation et l' instruction féminines.


Le Concordat de 1801 mit fin aux persécutions qu' avaient connues l' Eglise de France et Madeleine-Sophie put ouvrir une première maison à Amiens. En 1804, elle fit l' acquisition du Couvent des Visitandines de Grenoble qui en avaient été expulsées à la révolution. Elle ouvrit une nouvelle maison et fit la connaissance d' une jeune institutrice qui allait entrer dans la Société et qui allait avoir elle-aussi un destin glorieux pour l' Eglise : sainte Philippine Duchesne*** .

En 1805, à seulement 25 ans, la Mère Madeleine-Sophie Barat fut élue Supérieure générale. Elle mit toute son énergie, jusqu' à la fin de sa vie, au développement de l' Institut.  
Elle ouvrit le noviciat des Soeurs dans une ancienne abbaye cistercienne, près de Poitiers. Les maisons d' éducation s' ouvraient rapidement et offraient un enseignement de qualité aux jeunes filles. La rigueur intellectuelle était une constante de la Rde Mère Barat et elle voulait faire bénéficier les jeunes filles de l' époque d' une instruction non seulement chrétienne, mais aussi de choix, afin de former des familles d' élite.

Après quelques tracas - notamment lors de la révolution de 1830 - pour la Société qui enseignait la fine fleur des familles légitimistes, la Rde Mère Barat s' ouvrit dans une lettre écrite en 1831 à la future sainte Philippine Duchesne : ' Le temps changent et nous devons nous-aussi transformer notre mode d' être. "
Elle fit éduquer aussi plus de boursières, venant de familles modestes, et dont l' enseignement était pris en charge financièrement par les familles aisées qui avaient confié l' instruction de leurs filles aux Dames du Sacré-Coeur.
Elle se mit à voyager à travers la France et l' Europe pour ouvrir de nouvelles maisons, dans un contexte politique qui était souvent défavorable. Elle était infatigable et négociait âprement. Elle installa des maisons d' éducation d' élite en Suisse, en Angleterre et en Irlande, en Autriche, dans diverses principautés italiennes et à Rome, dans la future Belgique et en Hollande, en Espagne et dans plusieurs principautés d' Allemagne, dans la partie autrichienne de la Pologne et jusque dans la nouvelle colonie algérienne...En 1818 les premières Dames du Sacré-Coeur à s' embarquer pour l' Amérique gagnaient  les tribus Potawotami !

Les milliers de lettres conservées de cette époque montrent le souci constant de la fondatrice d' accompagner et de conseiller les Soeurs, dispersées dans 105 maisons. En 1826, les Dames du Sacré-Coeur reçurent l' approbation pontificale.
Leur spiritualité s' inspirait de saint Ignace de Loyola et de ses Exercices ainsi que de la dévotion au Sacré-Coeur de NS, dévotion alors en plein essor dans la société du XIXème siècle. Elles menaient un combat courageux contre l' esprit voltairien de la bourgeoisie de l' époque et éduquaient de futures épouses chrétiennes dont la formation intellectuelle était au même niveau que celui de leurs futurs maris. Il fallait, après les désastres précédents, rebâtir une société chrétienne en s' appuyant sur l' esprit d' oraison et la vie intérieure. 

En 1864 - toujours Supérieure - les Soeurs, ne voulant la démettre, nommèrent une religieuse vicaire. L' année suivante, elle fut victime à Paris d' une attaque de paralysie. Elle mourut le 25 mai 1865, jour de l' Ascension cette année-là.

A sa mort, les Dames du Sacré-Coeur étaient plus de 35 000, dans 16 pays. Expulsées de France par les lois anti-catholiques, en 1904, les religieuses firent transférer les restes de leur fondatrice en Belgique.

Elle fut canonisée, pendant le Jubilé de l' Année Sainte 1925, par le Pape Pie XI.



* Près d' Auxerre dans le département actuel de l' Yonne. Les religieuses du Sacré-Coeur y ont à proximité une maison pour des retraites spirituelles.
** Cette dénomination ne sera officielle qu' en 1815 à la chute de Napoléon, car elle était considérée comme trop attachée aux partisans de l' Ancien Régime.
*** Canonisée par Jean-Paul II, en 1988.

Reliques de la sainte, dans la chapelle des religieuses du Sacré-Coeur, rue de l' Abondance à Bruxelles ( Belgique ).
Maison natale de sainte Madeleine-Sophie Barat à Joigny.

Les religieuses du Sacré-Coeur sont aujourd' hui 31 000 dans  plus d' une quarantaine de pays. Elles ont subi de plein fouet la crise des années 1960-1980 ; mais restent encore actives dans de nombreux projets éducatifs et sociaux, surtout en faveur de la jeunesse. Elles ont la tutelle, en France, de sept établissements scolaires.
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 03:11
Bannière de la petite bergère

Tableau de sainte Alpais




Les pélerins en marche vers la fontaine


Arrivée à la fontaine

Bénédiction devant la fontaine

La fontaine


Le tympan de l' église 

Au revoir, Cudot !
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 02:58
Eglise de Cudot ( Yonne ).



Autel latéral
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 20:01
Aujourd' hui a eu lieu le pélerinage de sainte Alpais*, la sainte bergère mystique du XIIème siècle, dans le village de Cudot, dans l' Yonne non loin de Joigny et de Saint-Julien-du-Sault.
Petit et beau pélerinage, comme il en existe encore dans nos campagnes françaises, en union avec tous les pélerinages de la Pentecôte. Les pélerins ont prié dans l' espérance, en particulier pour les malades, et pour remercier le Seigneur de toutes les grâces.
Lien; cf article du 3 novembre 2007 : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-13537351.html
* Fêtée le 3 novembre.



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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 23:01
  Le bienheureux Jean-Martin Moye naquit à Cutting, dans le duché de Lorraine ( il n' était donc pas encore sujet du roi de France ), le  27 janvier 1730. Après des études à Strasbourg, il entra au séminaire de Metz, où il fut ordonné en 1754. Il devint vicaire dans diverses paroisses de Metz - qui appartenait à Stanislas Leszczinski* -  et écrivit en 1759 sa première oeuvre " Elévations sur le mystère de l' Incarnation ". 

En 1767, il prit la direction du petit séminaire de Saint-Dié. C' est à cette époque qu' il formula le projet d' une nouvelle congrégation féminine enseignante et missionnaire : les Filles de la Providence.

Après avoir connu des épreuves pour sa nouvelle congrégation, il entra ensuite au séminaire des Missions Etrangères de Paris, enthousiaste à l' idée de devenir missionnaire en Extrême-Orient. Il renonça, en tant que futur religieux, à sa part d' héritage paternel et s' embarqua en 1771 pour l' Ile de France ( ajourd' hui Ile Maurice ) qui appartenait à la Couronne de France et qui était une escale sur la route des Indes. Magnifique Ile de l' Océan Indien, l' Ile de France fournissait des épices et du sucre de canne au royaume. C' était l' île de Paul et Virginie, récit qu' immortalisera un peu plus tard Bernardin de Saint-Pierre.

Il y resta trois mois et poursuivit son périple jusqu' en Chine, où il arriva un mois plus tard le 23 août au comptoir de Macao, possession portugaise. Le temps de se familiariser avec des rudiments de chinois et de prendre des conseils de la part de ses confrères des Missions Etrangères, il fut envoyé en décembre en mission à Canton, où arriva clandestinement le 30 décembre.
Il s' enfonça dans les terres vêtu en marchand et rejoignit Sétchouan en mars et Chonking en octobre. Il trouvait de petits groupes de Chrétiens qu' il instruisait en cachette. Mais en mai 1774, il fut arrêté et expulsé. Il parcourut alors les régions du Yunnan et de Sétchouan, où il écrivit de nombreux ouvrages spirituels. Il réunit des jeunes femmes consacrée pour l' instruction des enfants. Il réussit à faire de nombreuses conversions. Ce qui provoquait l' hostilité des mandarins.
Il fut particulièrement inspiré par les récits du Père Gleyo  qu' il cotoya et qui avait passé sept ans dans les prisons chinoises. En 1782, une persécution plus cruelle éclata contre les Chrétiens et le Père Moye décida avec la permission de ses supérieurs de retourner en France. Il était resté dix ans en Chine !

Il partit donc pour Macao en juillet 1783, où il arriva trois mois plus tard. Il prit le bateau pour Lorient où il débarqua en mai 1784. Après un séjour à Paris, il se rendit dans sa terre natale et se consacra à des ouvrages d' instruction pour la jeunesse. Il était particulièrement informé des vagues de persécutions qui avaient lieu en Chine ( notamment celle de 1785 ); mais il ne s' attendait pas à ce qui allait advenir en France quelques années plus tard...Il prêcha en Lorraine et à Paris, toujours fidèle à son esprit de mission...Vint la Révolution...

Il refusa le serment schismatique de la constitution civile du clergé en 1791 et partit en émigration. Il prêcha à Trèves où il enflammait les fidèles aux récits de la Chine. Il y mourut le 4 mai 1793 et fut enterré au cimetière de Saint-Laurent. Il avait été expulsé de Chine et avait dû fuir aussi son propre pays !

De nombreux ouvrages spirituels furent publiés pendant sa vie bien remplie et après sa mort. Il fut béatifié par le Pape Pie XII, en 1954.

* Louis XV hérita de la Lorraine, en 1766, à la mort de son beau-père.

Lien : http://moye.chez-alice.fr
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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 22:51
L' Ordre de la Merci fête aujourd' hui le martyr de 48 Mercédaires tués en Languedoc par les Huguenots en 1563.
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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 21:15
Théodore Wibaux naquit à Roubaix, le 13 février 1849, dans une famille de treize enfants. Son père était directeur d' une filature. Son éducation fut pieuse. Les enfants étaient réunis tous les soirs pour la prière, dans le vestibule devant la statue de Notre Dame, appelée par eux la Vierge de l' escalier.
Il fit ses études dans un institut de Roubaix, puis comme interne à Marcq. Il devint membre de la Conférence de Saint-Vincent de Paul et s' occupa d' un patronage, le dimanche en fin d' après-midi.
En 1865, le gouvernement de Napoléon III  décida de retirer ses troupes des Etats pontificaux, cédant aux instances du royaume du Piémont qui voulait unifier l' Italie. Il ne resta plus qu' à Pie IX à faire appel aux Zouaves et aux troupes volontaires venant de France, de Belgique, de Hollande et d' autres pays. Le Pape ne voulait être démis de ses Etats comme un fait accompli.
Théodore se sentit appelé au combat ; mais son père, d' abord inquiet puis fier de la résolution de son fils, lui demanda d' attendre encore un an, afin de se préparer moralement et physiquement.  
Théodore écrivit à Louis Veuillot qui lui répondit dans une lettre enthousiaste :

" Saint Pierre n' a pas maintenant besoin de soldats. C' est nous qui avons besoin de lui en offrir, qui devons désirer que notre sang coule pour racheter l' abominable défection de la France (...). Le terrible écroulement qui se prépare à Rome pour le châtiment du monde sera-t-il honoré du dernier combat ? Aurons-nous un second Castelfidardo qui nous ménagerait une rançon future ? 
Je n' ose l' espérer. Nous avons affaire à des sages qui redoutent de jeter les fondements de leur édifice dans le sang des martyrs et qui aiment mieux construire avec la boue des apostasies. Ils se sentent assez forts pour atteindre leur but, et peut-être avons-nous assez péché pour que Dieu ne nous permette plus le glorieux rachat du sang.          
Je ne peux donc vous donner un avis décidé ; néanmoins, je penche pour que vous alliez vous offrir. C' est quelque chose d' avoir fait acte de bonne volonté. Une bénédiction rayonnera sur toute votre vie...
Je me recommande à vos prières.
Louis Veuillot. "

Théodore Wibaux entra dans Rome le 8 décembre 1866, jour de l'Immaculée Conception. Une trentaine de volontaires français, belges, hollandais et allemands l' accompagnaient.
A la caserne, il fit ses armes et fut vite apprécié de ses camarades par sa simplicité et sa candeur. Il fit sa première expédition, le 15 mai 1867, à Corneto, contre une quarantaine de garibaldiens qui voulaient franchir la frontière à coup de carabines. Ils furent mis en fuite, sains et saufs...


Malheureusement à l' été, le choléra frappa la région d' Allbano. Théodore ne fut pas le dernier à soigner les malades et à réconforter les mourants. A 18 ans, lui qui n' avait jamais vu souffrir, il fit son devoir.

La tactique des garibaldiens était de multiplier les attentats dans les campagnes, afin de masser les troupes pontificales aux frontières et de faire ainsi le vide à Rome, pour pouvoir d' emparer par la suite de la Ville Eternelle. Les batailles se succédaient dans la province de Viterbe.
Resté à Rome, dans la garnison, Théodore est aux premières loges, lorsque le 22 octobre la révolte éclate. La caserne Serristori, minée par les Piémontais, explose, provoquant la mort d' une vingtaine de personnes.
En même temps, Garibaldi s' est emparé de Monte Rotondo défendu par 300 zouaves. Théodore avec une quinzaine d' hommes s' occupe de la défense d' un bastion, près de la porte Saint-Pancrace. Il ' a pas d' artillerie...

Le 30 octobre 1867, les Français, si longtemps attendus, font leur entrée dans Rome. Sur le champ, Garibaldi riposte à Mentana.
Le 2 novembre, une colonne de 5000 hommes, des zouaves, des carabiniers suisses, des légionnaires, sous le commandement du général de Polhès, se dirige vers Mentana. La bataille sera affreuse. Les garibaldiens sont mis en déroute. L' action du lieutenant-colonel de Charette fut décisive.
De retour à Rome, le 6 novembre, les troupes pontificales furent accueillies en triomphe.

Théodore Wibaux eut l' honneur d' une audience particulière de Pie IX, le 3 janvier 1868. Elle dura un quart d' heure, pendant laquelle il reçut la bénédiction pour sa famille et la décoration de chevalier de l' Immaculée-Conception. Il reçut aussi le titre de citoyen romain...
Au bout de deux années d' engagement, un permission de quelques jours lui fut accordée pour se rendre à nouveau dans sa famille. Mais les événements à son retour allaient se précipiter.
En juillet 1870, la guerre entre la France et la Prusse fit rappeler les dernières troupes françaises de Rome. En septembre, 70 000 Piémontais envahirent Rome. Les zouaves rentrèrent en France à bord de l' Orénoque, laissant le Pape prisonnier de ses murs du Vatican dans une nouvelle Italie...

Le bataillon de Théodore se rendit à pied à Châteaudun où ils arriva le 11 novembre. Il fut incorporé, en tant que sergent-major, dans le corps des Volontaires de l' Ouest. Il prit part aux combats de Brou contre les Prussiens, sous les ordres du général de Sonis ; puis à la bataille de Patay, où le général et les zouaves devaient s' immortaliser sous les plis de la bannière du Sacré-Coeur. Beaucoup de Français furent tués, ainsi qu' à la bataille de Loigny, le 2 décembre 1870.
" Il n' y a plus qu' à invoquer la religion à son secours et à se jeter à corps perdu dans les bras de la Providence : c' est ainsi que la Foi console et fortifie ;  c' est elle qui fait de la douleur un sujet d' invincible espérance. " écrit-il à ses parents.

Aux premiers jours de 1871, Charette fut nommé général de brigade et Théodore sous-lieutenant. Le 13 août, les trois bataillons dont se composaient les Volontaires de l' Ouest assistaient pour une dernière fois à la messe militaire de l' aumônier en chef. Après la messe, ils se transfomèrent en carrés, et le général de Charette annonça le licenciement officiel du régiment. Les zouaves n' existaient plus ! Quelques jours plus tard, ce fut la république...

Théodore Wibaux, sur le conseil d' un cousin jésuite, fit une retraite dans le collège de la Compagnie à Saint-Acheul à Amiens : " Je ne voudrais pas sortir d' ici avec le désespoir dans l' âme, j' y voudrais rester ; mais je ne me sens pas digne. " Il faiblit toutefois à l' idée de quitter le monde; il veut entrer dans les troupes d' Afrique. La crise dura peu de temps. Ce que Théodore avait été aux zouaves, il le fut au noviciat des Jésuites.
Ensuite il fut envoyé à Boulogne, comme professeur au collège Notre-Dame. Avec 35 enfants de 11 ans, il développa une émulation incroyable. Le Père Wibaux menait ses élèves comme sur un champ de bataille et ils se prêtaient avec ardeur à ce jeu ! Il suivit ses élèves jusqu' à la classe de troisième. La joie fut bien grande lorsqu' un jour arriva de la part de Pie IX une magnifique gravure adressée à l' ancien zouave avec une bénédiction spéciale pour ses élèves et toute une phrase écrite de la main du Pontife.

En 1880, les lois de la IIIème république dispersèrent les Jésuites qui durent s' exiler à Jersey...
Le Père Wibaux fut alors un ardent zélateur de la consécration des familles au Sacré Coeur, dans les pages du " Messager du Sacré-Coeur ".
Lorsqu' il atteint ses 33 ans, il dit à son supérieur : " Je mourrai cette année ! "
A la fin du mois de mai se déclara une maladie d' entrailles, et le 10 juin1882 le sacrifice était consommé...

Dans son testament, il avait déclaré : " Je fais le sacrifice de ma vie au Sacré Coeur, je l' offre pour la France, l' Eglise, la Compagnie, la canonisation de Pie IX ( aujourd' hui bienheureux... ), le régiment, Charette, le Pape régnant ( Léon XIII ) et pour tous les miens. " 


D' après un récit de Louis Dumoulin, paru en 1902 in Les Contemporains.
Bibliographie :
R.P. du Coëtlosquet, Théodore Wibaux, Zouave pontifical et Jésuite.
R. Billard des Portes, Histoire des zouaves pontificaux.

Le Père Wibaux est un exemple parmi d' autres de tant de vocations du XIXème siècle empreintes de sacrifice et d' amour de la Patrie. Je ne sais pas si son souvenir est encore conservé. S' il n' est pas déclaré officiellement saint, puisse néanmoins sa mémoire aider les âmes hésitantes devant les choix d' aujourd' hui !

Lien :
http://www.loire1870.fr/volontaire2.htm
Illustration : le colonel de Charette sous la bannière du Sacré Coeur, à côté de Jeanne d' Arc ( vitrail de l' église de La Guerche, Ille-et-Vilaine )
En haut : Zouaves pontificaux à Rocca di Papa, 1868.
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 13:55
Le 16 avril, mercredi de Pâques, de l' année 1879 s' est éteinte, à l' âge de 35 ans, dans son couvent de Saint-Gildard - maison-mère de la Congrégation des Filles de la Charité de Nevers - Marie-Bernard, dite Bernadette, Soubirous.
Elle souffrait de tuberculose osseuse.

Elle sera canonisée par Pie XI en 1933

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 13:57
 saint-jean-de-brebeuf.jpg    Saint Jean de Brébeuf naquit, le 25 mars 1593, dans le château familial de Condé-sur-Vire, dans le diocèse de Bayeux, descendant d' une famille d' antique noblesse.

Il entra à vingt ans, en 1617, au noviciat des Jésuites de Rouen, où il fut ordonné prêtre le jour de ses vingt-neuf ans. Il s' embarqua trois ans plus tard à Dieppe, avec d' autres compagnons Jésuites, pour le Canada, alors possession française. Il arriva à Québec le 19 juin 1625.

Dans cet immense territoire, il se fit remarquer par son courage et son âme généreuse, tant et si bien que les Ursulines de Québec le qualifièrent comme la personnification même de la grandeur !
Il accompagna pendant six mois les Indiens Algonquins, dont il apprit la langue. Il composa un dictionnaire. Alors qu' il ne fit aucune conversion parmi eux, il se fit toutefois respecter et admirer par ces guerriers valeureux.

Au printemps 1626, il remonta le fleuve Saint-Laurent en canoé avec des Hurons et rejoignit le fleuve Ottawa. Il arriva trente jours plus tard en territoire huron. Il y resta pendant trois ans, dans une complète solitude, tentant d' approcher ce peuple fier. Il se fit peu à peu connaître et réussit à baptiser seulement quelques bébés mourants...Il réussit aussi à composer un catéchisme en langue huronne qui fut considéré plus tard comme un rare manuscrit de cette langue.
Les Anglais en guerre contre les colons français les obligèrent à quitter le Canada. Saint Jean de Brébeuf retourna en France. Lorsque les Anglais furent chassés quelques temps plus tard, il revint parmi ces chers Hurons, dans une terre désormais dévolue aux Français, selon le Traité de Saint-Germain de 1632.

A la fin de 1636, une grave épidémie de variole frappa les Hurons non immunisés, par manque d' hygiène,  des maladies apportées d' Europe. Les Pères Jésuites, à bout de forces, portaient assistance aux différents villages de la Mission. Mais la méfiance s' installa, attisée par les sorciers, dépossédés de leur pouvoir.

Les Pères poursuivirent leur oeuvre d' évangélisation et de civilisation, dans des conditions difficiles, les Anglais suscitant l' hostilité contre la France catholique. Sur les 40 000 individus que comptaient leurs tribus, 7000 Hurons avaient été baptisés...
HURONS.jpg
Le 6 mars 1649, la Mission fut envahie par les cruels Iroquois, armés par les Anglais. Ceux-ci massacrèrent les Hurons. Ils firent de nombreux prisonniers, parmi lesquels le Père de Brébeuf. Il fut longuement torturé, ainsi que ses compagnons Jésuites. Ils eurent les ongles arrachés. Le Père de Brébeuf fut brûlé avec des tisons ardents, on lui arracha la langue, pour l' empêcher de louer son Seigneur. Finalement, lassés de tant de cruauté, les chefs Iroquois lui ouvrirent la poitrine, pour dévorer son coeur et boire son sang, ce qui était pour eux un gage de réussite de leurs entreprises guerrières...C' était le 16 mars 1649.
IROQUOIS.jpg


Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1930, par Pie XI, le Pape des Missions.
La mémoire de saint Jean de Brébeuf et des martyrs Jésuites du Canada est fêtée le 19 octobre.

VILLAGE-algonquin.jpg
 Village algonquin
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:56
Françoise Tréhet naquit le 8 avril 1756 dans une famille de propriétaires terriens aisés, à Saint-Mars-sur-la-Futaie en Vendée. Elle émit ses voeux chez les Soeurs de la Charité dite plus tard de ND d ' Evron* et s' occupa de l' éducation des fillettes et de diverses oeuvres de charité.

En 1783, elle fut invitée à Saint-Pierre-des-Landes à ouvrir une école paroissiale. Elle fut aidée dans cette tâche par sa consoeur Jeanne Véron de dix ans sa cadette. Les deux religieuses faisaient la classe et en dehors de l' école portaient assistance aux malades de la paroisse. Françoise avait un caractère affirmé et une forte volonté. Elle avait prédit les tourments de la révolution. La Terreur les obligea à se cacher.

Vers la fin février 1794, les deux Soeurs furent dénoncées et condamnées à la guillottine.
Le 13 mars Françoise passa devant la Commission Clément, de sinistre mémoire. On l' accusa d' avoir caché des prêtres réfractaires et d' avoir aidé des Vendéens. Elle répondit que tout malade était un frère en Jésus-Christ et nécessitait ses soins. Elle refusa de crier " longue vie à la république ", ce qui la condamna définitivement...

Elle se rendit à l' échafaud en chantant le Salve Regina. Elle avait 37 ans. Le même sort frappa Jeanne une semaine plus tard.

Elles furent béatifiées le 19 juin 1955 par Pie XII.

evron.jpg 
Illustration : Choeur de l' église du Couvent de la Charité d' Evron ( ancienne abbaye bénédictine ) où la congrégation s' est installée au début du XIXème siècle.

* Fondées en 1682 par Perrine Thulard.
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