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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 12:47
Les paysans Pierre Delépine, né le 24 mai 1732 à Marigné, et Jean Ménard, né le 16 novembre 1736 à Andigné, font partie avec 24 femmes de Vendée, d'un groupe de Catholiques fusillés le 16 avril 1794 au champ des Martyrs à Avrillé. 2 000 furent tués en quelques mois et 99 furent béatifiés par Jean-Paul II le 19 février 1984 pour leur témoignage de fidélité envers Jésus-Christ  et son Eglise, en plus de la béatification de l'abbé Noël Pinot en 1926. Leur fête est fixée au 1er février.


Photo du champ des Martyrs à Avrillé

cf http://gvendee.free.fr
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 13:02
  Né à Reims dans une famille de la noblesse peu fortunée de dix enfants, le 30 avril 1651, saint Jean-Baptiste de La Salle étudia les lettres et la philosophie et devint prêtre en 1678. Il prit en charge diverses activités pastorales à Reims et bientôt s'occupa d'écoles fondées par Adrien Nyel, laïc voué à l'instruction populaire. Il remarqua que ces écoles étaient dirigées par des maîtres souvent peu formés, aussi réunit-il un certain nombre d' instituteurs de l'oeuvre de Nyel en une maison commune où il demeura lui-même. Il observa leurs méthodes, ainsi que l'organisation d'autres écoles. Bientôt il mit en place une nouvelle règle. Les matières principales seraient enseignées en français et non plus en latin et il fonda en 1680 à partir de ce petit groupe les Frères des Ecoles chrétiennes.



Les Frères en général ne sont pas prêtres. Ils sont vêtus d'une soutane noire avec un rabat blanc. Saint Jean-Baptiste de La Salle ouvre rapidement d'autres écoles, ainsi qu'un noviciat en 1687. Il sont appelés à Paris en 1688 et se retrouvent très vite à enseigner à un millier d'élèves ! Cependant les Frères doivent déménager leur communauté à Saint-Yon, près de Rouen, à cause de critiques et d'obstacle externes, souvent issus des milieux jansénistes. Saint Jean-Baptiste de La Salle y meurt le 7 avril 1719, pendant la Régence. Ses écoles sont au nombre de vingt-trois avec dix mille élèves.

Les Frères souffrirent pendant la révolution française, puis reconstituèrent un certain nombre d'écoles, principalement destinées aux milieux populaires, pendant le XIXe siècle. La violence à la fin de ce siècle et au début du XXe siècle des lois anti-cléricales les obligèrent à en fermer la plupart, tandis que d'autres étaient sécularisées. La plus grande répression des Frères eut lieu aussi pendant la guerre civile espagnole (1936-1939) où un grand nombre d'entre eux moururent en martyrs. Des dizaines de Frères des Ecoles chrétiennes espagnols ont été béatifiés ces dernières années.

Aujourd'hui cette congrégation est présente sur tous les continents et demeure très active, surtout en Amérique latine.

Saint Jean-Baptiste de La Salle fut canonisé en 1900 par Léon XIII.
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 13:09
La bienheureuse Jeanne de Toulouse, fille de Raymond, comte de Toulouse, et de Jeanne d'Angleterre, est peu connue parmi les saintes et les bienheureuses carmélites. Pourtant, elle fut officiellement béatifiée par Léon XIII en 1895. Elle serait née vers 1220 et morte en 1271 et vécut en recluse auprès du couvent des carmélites de Toulouse, en tant que tertiaire. Elle aurait reçu l'habit des mains de saint Simon Stock. De nombreux miracles lui furent attribués dans la région après sa mort.


Elle est considérée comme la fondatrice des Tertiaires de l'Ordre du Carmel. L'archevêque de Toulouse, Mgr du Rosier, mit solenellement ses reliques dans une chapelle de l'église des carmélites de la ville au XVème siècle et concéda une indulgence de quarante jours pour ceux qui prieraient devant ses restes. Nous étions en pleine guerre de religion et il fallait reconquérir du terrain en face de la sécession protestante. Certaines de ses reliques furent données aux carmélites espagnoles par la suite.

L'église des carmélites de Toulouse fut saccagée pendant la révolution et détruite en 1805. Les restes de la religieuse furent trouvés dans un mur avec le document du prieur venu reconnaître les reliques en 1688, ainsi que des textes des prières qu'elle aimait . La translation de la dépouille de Jeanne de Toulouse se fit en l'église Saint-Etienne à la chapelle Saint-Vincent de Paul, où l'on fit un nouveau reliquaire en 1893.
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 19:44
Aimée-Adèle Le Bouteiller naquit à Percy, le 2 décembre 1816, dans une famille de petits propriétaires terriens, cultivateurs et tisserands.  Sa vocation fut encouragée par une tertiaire de l'Ordre du Carmel , Soeur Marie Farcy, qui fut son enseignante. Le père d'Aimée mourut en 1827, à l'âge de 39 ans, et elle dut aider sa mère, avant de devenir domestique à l'âge de 20 ans.

Avec la Soeur Farcy, elle avait l'habitude d'aller en pèlerinage à la Chapelle-sur-Vire, où elle fit la connaissance de la Congrégation des Ecoles chrétiennes de la Miséricorde, fondée en 1804 par sainte Marie-Madeleine Postel.  Elle décida donc en 1841 d'y entrer et de se consacrer à l'éducation chrétienne des fillettes. La fondatrice l'accueillit à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Elle eut comme maîtresse des novices la bienheureuse Placide Viel (1815-1877) qui succéda à la fondatrice et donna un élan extraordinaire à la Congrégation.


Le 14 septembre 1842, la jeune femme prit l'habit sous le nom de Soeur Marthe, puis partit pour la Chapelle-sur-Vire. Ensuite la bienheureuse Marthe fut chargée de travaux à la cuisine, à la blanchisserie et à toute sorte d'humbles services. Elle accomplit tout avec esprit d'obéissance, faisant avec grandeur les petites choses. Elle lisait aussi les auteurs du courant de l'Ecole française de spiritualité et passait sa vie en méditations et humbles tâches de service.

Elle s'occupait aussi des hôtes de passage et distribuait des vivres et du vin, jusquà 500 par jour pendant la guerre de 1870. Elle se fractura la jambre pendant l'hiver 1875-1876 et sa santé déclina. Elle mourut d'une congestion cérébrale à l'âge de 67 ans, le dimanche des Rameaux, 18 mars 1883.

Elle fut béatifiée par Jean-Paul II, le 4 novembre 1990. La fête de cette bienheureuse humble et discrète, mais forte dans la Foi, est le 4 novembre.

 Illustration : église abbatiale de Saint-Sauveur, où sont vénérées les reliques de sainte Marie-Madeleine Postel et des bienheureuses Placide et Marthe.
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 18:14
La rencontre de sainte Louise de Marillac avec saint Vincent de Paul à la fin de 1624 provoque un changement de la vie religieuse de l'époque : " Vous avez désormais pour couvent " répétait saint Vincent de Paul aux premières Filles de la Charité " les maisons des malades et pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture le voeu d'obéissance, pour grâce la crainte de Dieu, et pour voile la sainte modestie." 

Ce sont ces paroles qui décrivent le mieux la sainte, intelligente et humble,  meilleure collaboratrice du saint. " Dieu seul connaît la force d'âme qu'elle possédait " disait-il, malgré les tribulations de sa vie et sa mauvaise santé.

Louis de de Marillac était la fille naturelle d'un conseiller au Parlement, seigneur de Ferrières. A la mort de celui-ci, lorsqu'elle eut quatorze ans, elle dut quitter son collège et sa vie aisée pour retourner vivre avec sa mère. Elle mûrit le désir de devenir religieuse, mais sa famille en décida autrement. Elle épousa un secrétaire de Marie de Médicis, Antoine Le Gras, et donna le jour à un fils, Michel, le 19 octobre 1613. Les déboires financiers et la piètre santé de son mari furent une épreuve pour Louise, lorsque celui-ci devint de plus en plus difficile à son endroit, à tel point qu'elle songea même à la séparation.
Les entretiens qu'elle eut avec saint François de Sales, qu'elle rencontra à partir de 1618, l'aidèrent à surmonter ces épreuves. Ensuite, saint Vincent de Paul l'associa à la fondation des Filles de la Charité. Antoine Le Gras mourut en décembre 1625 et son fils entra au séminaire. Louise put donc accueillir chez elle les premières jeunes filles, venues souvent de leur village, pour aider au soin des malades, grâce au soutien des Dames de la Charité réunies par saint Vincent de Paul. Celles-ci, issues de la bourgeoisie ou de l'aristocratie, finançaient les projets du saint. 

Louise fut sur la brêche jusqu'à son dernier souffle, le 15 mars 1660. Saint Vincent de Paul, avec qui elle était en totale harmonie, mourut quelques mois plus tard et la congrégation prenait son envol jusqu'à la révolution française. Elle renaîtra de ses cendres à partir des années 1830, connut  l'époque des missions et un grand rayonnement jusque dans les années 1960. Depuis la crise de l'Eglise en Occident, cette congrégation est l'une de celles qui résistent le mieux à l'effondrement des vocations.
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 12:38
Jean-Théophane Vénard naquit, le 21 février 1829, à Saint-Loup-sur-Thouet dans le diocèse de Poitiers, au sein d'une famille profondément chrétienne et patriarcale. Il grandit en effet avec ses frères et soeurs sous la vigilance particulière de son père instituteur du village (il sera greffier plus tard), et acquit un caractère résolu qui allait de pair avec un coeur tendre. Déjà enfant, il lisait avec ardeur les articles des Annales de la Propagation de la Foi, particulièrement ceux des prêtres martyrisés au Tonkin.

 
Il fut ordonné prêtre en 1852, au sein de la Société des Missions Etrangères de Paris, à un époque où la France était le  pays au monde à envoyer le plus de missionnaires outre-mer et dans les colonies. En septembre 1852, il fut assigné à la mission de la Chine, alors qu' il aurait préféré celle du Tonkin (aujourd' hui nord du Vietnam), pays particulièrement dangeureux pour les missionnaires. Son père dira, ému : " J'ai perdu la plus belle fleur de mon rosier ! "
Peu avant, il s' était enrôlé dans la pieuse association de la Sainte Famille qui priait et faisait prier pour les missions. Son fondateur le vénérable Pierre-Bienvenu Noailles remarqua alors que Théophane deviendrait un jour sûrement martyr, tel était en effet le sort de beaucoup de ces jeunes gens, notamment en Extrême-Orient...
Il vécut quinze mois à Hong-Kong chez ses confrères pour se préparer ; mais à cause d'une guerre en Chine fut finalement envoyé à  l'ouest du Tonkin, où les édits royaux frappaient durement les chrétiens. Son voeu intérieur était exaucé. Les chrétiens doivent souvent se cacher dans les grottes ou la forêt. Théophane, de santé fragile, partage leur sort et continue à prêcher. Le chef local ferme les yeux sur sa mission, où il est aidé par des religieuses tonkinoises, les Amantes de la Croix. Il doit souvent confesser ou  distribuer les sacrements de nuit. Il est finalement capturé, lors d'une période de répression plus sévère, le 30 novembre 1860, au bout de huit ans d'apostolat.

Il est enfermé dans une cage de bambou tellement petite que son sang circule à peine, jusqu' au jour de sa mort : Il meurt en martyr, décapité à Hanoï, le 2 février 1862, à l'âge de 31 ans.
Il fut béatifié, en 1909, par saint Pie X, et canonisé en 1988 par Jean-Paul II.

Sainte Thérèse de l' Enfant-Jésus, qui avait épinglé au-dessus de son lit une photographie de Théophane avec celles de la Sainte Vierge et de  ses frères et soeurs décédés, fut une ardente admiratrice de la Foi de Théophane Vénard.  Elle avait lu la correspondance émouvante du jeune prêtre, publiée par le frère de celui-ci, Eusèbe, prêtre lui-aussi. A travers son martyre et sa mission, elle revivait elle-même l'idéal de sa Foi, liée au sacrifice. Elle fut d'ailleurs à cet égard élevée au rang de patronne des missionnaires. Le 6 septembre 1897, on lui apporta sur son lit de malade un reliquaire du martyr, prêté au Carmel de Lisieux par une religieuse de la Congrégation de l' Immaculée-Conception.

Saint Théophane Vénard est fêté ans le diocèse de Poitiers, le 13 février.

Bibliographie : bande dessinée,  " Dans les griffes du tigre ", parue en 2007 aux éditions CLD.
 
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 20:46
    Le bienheureux Basile Moreau naquit, le 11 février 1799, à Laigné-en-Belin, près du Mans et fut ordonné prêtre en 1821.
Excellent prédicateur, homme d' action et de prière, il fonda deux instituts religieux au destin intimement lié : les Prêtres de la Sainte-Croix et les Soeurs Marianites de la Sainte-Croix. Au départ voués à l'évangélisation des campagnes, pendant le règne de Louis-Philippe, ils essaimèrent rapidement en Europe et aux Etats-Unis, puis au Canada, fondèrent des écoles en Algérie - sous l' épiscopat de Mgr Dupuch - et un orphelinat voué à l' enseignement agricole, près de Rome, grâce à l' appui du bienheureux Pie IX. 

Chassés de France, en 1903, ils installèrent leur maison principale aux Etat-Unis.
Ils sont à l' origine de la création de l' université Notre-Dame dans l' Indiana, aux Etats-Unis.

Le bienheureux fondateur s' éteignit au Mans, le 20 janvier 1873 et sa cause fut introduite en 1955. Il a été récemment béatifié, le 15 septembre 2007.

Ils sont aujourd' hui environ 1500 prêtres et frères dans quinze pays des quatre continents. En France, ils n' ont plus que deux écoles et s'occupent de trois paroisses et d' un foyer social.


Lien : http://www.holycrosscongregation.org
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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 00:59
Guillaume Repin naquit à Thouarcé ( aujourd' hui dans le Maine-et-Loire ), le 26 août 1709. ll entra à dix-neuf ans au séminaire d' Angers et fut ordonné prêtre.
De 1734 à 1749, il exerça son ministère sacerdotal à la paroisse de Saint-Julien d' Angers, puis fut nommé curé à Martigné-Briand. et devint chanoine. Il fut aimé de ses paroissiens pendant ses longues années de service.
Tout allait changer avec la révolution : au début les changements furent vécus dans un calme relatif ; mais lorsque. la constitution civile du clergé fut votée en 1791, la situation empira.
Certains curés - les jureurs - prêtèrent serment; d' autres - les réfractaires - refusèrent et durent vivre dans la clandestinité. Le vieux chanoine Repin, lorsque le maire de Martigné-Briand vint lui réclamer les clefs de l' église et lui faire signer le document le 10 février 1791, refusa de s' exécuter. Il partit se réfugier à Angers; mais les désordres y faisaient des ravages. Il fut arrêté, le 17 juin 1792, et emprisonné, avec un grand nombre de prêtres réfractaires de la région, au séminaire transformé en prison.

Etant le plus âgé, il célébrait le plus souvent la messe pour ses confrères. Le 14 août 1792, la Convention rendit le serment de la liberté et de l' égalité obligatoire pour les fonctionnaires et, le 2 septembre suivant, l' étendit à tous les citoyens. Ce fut le début de la grande Terreur. Le chanoine Repin refusa évidemment ce second serment qui allait à l' encontre du sacrement de l' Ordination. Il fut donc enfermé avec d' autres prêtres âgés dans une ancienne école des Frères de la Doctrine Chrétienne, surnommée la Rossignolerie.

Le pays était dévasté par des luttes fratricides. La colère des paysans vendéens contre ce nouveau régime allait soulever toute la région. Les prêtres furent libérés par les Vendéens, le 17 juin 1793, lorsque ces derniers prirent Angers. Mais les armées républicaines fort puissantes furent envoyées en renfort pour mater la rébellion. Le vieux prêtre, trop âgé pour suivre les Blancs, dut changer de lieu à plusieurs reprises, dans ce qui était devenu une véritable guerre civile. 

Il fut capturé à Mauges, le 24 décembre 1793, et conduit en prison à Chalonnes. Ensuite il fut déféré devant le comité révolutionnaire d' Angers où il subit des interrogatoires. Le 1er janvier 1794, il fut consigné par la commission militaire et condamné à la guillotine.

La sentence fut exécutée, le 2 janvier 1794, sur la place d' Angers nouvellement rebaptisée du " ralliement ".
Il fut guillotiné avec le curé de l' église ND de Chalonnes et deux autres victimes. 177 personnes furent guillotinées sur cette place pour avoir refusé de prêter serment pendant cette année de Terreur. Dans la région, notamment à Avrillé, ce fut le cas pour ce même motif, de 2000 victimes en quatre mois.

La cause de 99 d' entre eux fut introduite par l' évêque d' Angers, en 1905 - année de la loi de séparation de l' Eglise et de l' Etat. Cette cause aboutit à leur béatification, le 2 février 1984, par Jean-Paul II. Ces martyrs d' Angers sont fêtés le 1er février. Parmi eux ,douze prêtres - dont le chanoine Repin - et trois religieuses sont en plus fêtés le jour de leur entrée au Ciel.

Illustration : Messe célébrée dans les bois par le bienheureux Guillaume Repin, vitrail de la chapelle du champ des Martyrs d' Avrillé.

Lien sur les lieux de la guerre de Vendée :
http://clemenceaudupetitmoulin.centerblog.net



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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 12:37
  Hyacinthe-Marie Cormier vécut jusqu' à quatre-vingt-quatre ans et fut élu Maître général de l' Ordre des Prêcheurs à l' âge de soixante-douze ans.
Né Henri Cormier à Orléans en 1832, il fut admis dans le Tiers Ordre dominicain, alors qu' il était séminariste. Après son ordination sacerdotale, en 1856, il entra au noviciat dominicain de Flavigny, fondé par le P. Lacordaire ( 1802-1861 )+. Sa manière de célébrer la Sainte Messe édifiait tous ceux qui y assistaient. A partir de 1859, il devint maître des novices, puis prieur de différents couvents ( en Corse*** notamment ). Le Père Jandel, qui dirigeait l' Ordre, avait reconnu en lui des qualités remarquables et, avant même qu' il prononçât sa profession solennelle, lui donna de hautes responsabilités. Il restaura la Province de Toulouse* en 1865, la plus ancienne de l' Ordre ruinée par la révolution ; elle regroupait en 1869 quarante-trois religieux, il en fut à nouveau le Provincial à deux reprises. Il fut aussi à la fin du XIXème siècle prieur à Marseille.
Témoin des difficultés de l' Ordre en France qui dut subir des expulsions**, ordonnées par les autorités à la fin du XIXème, il se préparait avec discernement à la défense de la liberté de l' Eglise : Il devint à Rome l' assistant du maître de l' Ordre, le Père Früwirth, puis procurateur général : c' est-à-dire chargé des relations avec les congrégations romaines.

En 1904, il est élu lui-même 76ème Maître général des Dominicains. L' époque était particulièrement troublée pour l' Eglise, avec les affrontements en France au moment de la séparation de l' Eglise et de l' Etat, causant un climat de quasi-guerre civile ( les Dominicains furent expulsés et dépouillés de leurs biens en 1903 ), tandis que la situation en Italie était presque aussi préoccupante. De plus, l' Eglise devait aussi se confronter à la crise moderniste. Il avait la confiance de saint Pie X.
Il fut attentif à restaurer l' Ordre dans le monde, et avant tout les études théologiques ( soutien à l' Angelicum ), dans l' esprit de saint Dominique. Cependant sa grande tristesse fut la situation de la France où les Dominicains n' existaient plus...ils ne furent autorisés à revenir petit à petit qu' après la première guerre mondiale.

Il mourut, le 17 décembre 1916, dans sa cellule du Couvent Saint-Clément, à Rome, alors que l' Ordre célébrait son septième centenaire. Il fut inhumé en l' église Saint-Dominique et Saint-Sixte de Rome près de l' actuelle Université pontificale Saint-Thomas d' Aquin - ou Angelicum - qu' il avait élevée au rang de Collège Pontifical en 1909.

Il fut béatifié par Jean-Paul II en 1994. Sa mémoire pour l' Ordre est fixée le 21 mai, date de son élection en tant que Maître de l' Ordre.


+ Auteur en 1839 du célèbre mémoire " Pour le rétablissement en France des Frères Prêcheurs ". Le P. Lacordaire rouvrit le premier couvent dominicain en France, en 1843. 
* Les Pères dominicains de cette Province sont aujourd' hui présents à Toulouse, Marseille, Nice, Montpellier, Bordeaux, la Sainte-Baume, Haïti et la Réunion. Il furent à l' origine de la fondation de la Province du Brésil.
** Décret du 29 mars 1880.
***Le couvent de Corbara, restauré au milieu du XIXème siècle, fut confisqué en 1903. Racheté en 1927 par les Dominicains qui ont dû le quitter en 1980, il appartient maintenant à la Congrégation des Frères de Saint-Jean.
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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 12:50

   Née dans une famille seigneuriale de Provence en 1285, Delphine perdit tôt ses parents. Elle était l' héritière de domaines considérables en Provence et fut élevée par son oncle qui la fit entrer au couvent des Augustines de Sainte-Catherine, à Sorbs, pour parfaire son éducation sous la houlette d' une de ses tantes, Supérieure du Couvent, Mère Cécile. A treize ans, elle revint chez son oncle qui voulait la marier à l' un des chevaliers de Charles II d' Anjou, roi de Sicile.

La jeune fille refusa, voulant demeurer vierge, ce qui provoqua la colère de son oncle. Pour la convaincre, il fit intervenir un Franciscain auprès d' elle qui lui proposa de choisir une voie médiane...Elle devait accepter les fiançailles - quitte à refuser le mariage ensuite - afin d' apaiser le courroux familial. La jeune fille, qui voulait quitter le monde et devenir religieuse, accepta finalement et c' est ainsi qu' elle se fiança avec le jeune adolescent  Eléazar ( ou Elzéar ) de Sabran.

 

Le 5 février 1300, leur mariage fut célébré à Avignon ; elle n' avait que quinze ans et Eléazar quatorze ! Le soir de leurs noces, la jeune épousée fit part avec beaucoup de douceur à son époux qu' elle souhaitait demeurer vierge et ne voulait pas consommer son mariage. Le jeune homme - nous dit le procès de béatification - se mit à verser des larmes, non pas de dépit ; mais d' émotion devant tant de dévotion ! Peu après Delphine tomba malade et son mari la soigna avec amour ; tant et si bien qu' elle lui demanda de lui promettre de toujours rester près d' elle. Il l' aimait ; mais il ne comprenait pas encore le sacrifice - incompréhensible pour notre époque - qu' elle voulait de lui. Lors d' une cérémonie de prise d' habit qui eut lieu au château de Sault, le jeune homme finalement comprit qu' il devait se soumettre à son désir s' il voulait la garder près de lui. Après le décès de son père, Eléazar se rendit en Italie - dont dépendait son fief -  pour régler sa succession. A son retour, au bout de longs et longs mois, Delphine lui révéla qu' elle avait fait le voeu de virginité dans la chapelle de leur château d' Ansouis.

 

Loin de s' assombrir, le jeune duc reçut la communion et s' associa au voeu de son épouse. Il vécut comme un seigneur de son temps en administrant ses domaines et en réunissant des chevaliers qui lui devaient hommage. Il créa aussi une communauté à Puimichel. Le temps était rythmé par la prière et par les oeuvres de charité pour secourir les malades et les pauvres. En ce XIVème siècle d' amour courtois et de dévotion à Notre Dame, le couple fut un exemple de charité chrétienne. Ils récitaient ensemble les offices et partageaient les mêmes exercices spirituels. Delphine et Eléazar de Sabran, au milieu du monde, suivaient leur devoir d' état ; mais en même temps - ce qui était original pour cette époque aux moeurs rudes - vivaient chacun et ensemble leur voie mystique plutôt que séparés dans de possibles abbayes. Le comte soignait les lépreux, les époux suivaient la règle du Tiers-Ordre franciscain. Sur les terres du comte, le jeu d' argent était proscrit, et le traitement était le même pour les nobles que pour les pauvres.

 

Un jour, le comte fut appelé à la Cour de France comme ambassadeur afin de traiter de l' affaire du futur mariage du duc de Calabre. Pendant ce temps, Delphine eut la vision de sa belle famille en deuil. En effet - les nouvelles étaient longues à atteindre la Provence - lorqu' on lui apprit ensuite la mort de son époux, elle s' était déjà préparé par la prière. Eléazar lui apparut aussi en rêve, désormais elle était libre de ces liens qui furent leur joie et leur tourment.

 

Elle vendit ses biens, donna son héritage aux Sabran, distribua le reste aux pauvres, prenant à la lettre la parole de l' Evangile. Elle réunit ses domestiques en leur disant qu' elle leur confiait son château afin d' y accueillir pauvres et pélerins. Elle même vécut dans la pauvreté s' adonnant aux travaux les plus humbles et à la charité envers les pauvres jusqu' à sa mort survenue " le lendemain de la Sainte Catherine ", en 1360. Son procès de béatification débuta trois ans après. Son mari avait déjà été canonisé une dizaine d' années auparavant.

 

 

Illustration : tableau du XVIIème siècle de l' église de Puimichel représentant saint Eléazar et son épouse.

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