Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  •   le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
  • Contact

Recherche

15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 18:58

                                                                                Przemysl

 

 

Links in English about Father John Balicki' s life :

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/Saints/ns_lit_doc_20020818_balicki_en.html

or type  " balicki  " on the search engine on the second page.

http://dmoz.org/Society/Religion_and_Spirituality/Christianity/Denominations/Catholicism/Saints/J/Blessed_Jan_Balicki/

 

L'  abbé Jean  ( Jan en polonais )  Balicki  ( prononcer Balitski )  naquit le 25 janvier 1869 en Galicie à Staromiescie près de Rzeszow ( prononcer Jechouf en polonais ) dans une famille riche en vertus humaines et chrétiennes.

La Galicie appartenait alors à l' Empire austro-hongrois et était mieux protégée dans son particularisme polonais que la partie polonaise de l' Empire russe.

 

Il entra au séminaire diocésain de Przemysl ( Prömsel en allemand ) et après son ordination en 1892 fut vicaire à Polna. Après une année il poursuivit sa formation théologique à l' Université pontificale grégorienne de Rome pendant quatre ans et effectua des voyages à Paris et à Fribourg.

Il avait un amour profond de la Vérité et centrait ses études sur la théologie de saint Thomas d' Aquin. Il devint alors professeur de théologie dogmatique au séminaire de Przemysl (1 ), ville qu' il ne quitta plus.

 

 

Il se dédiait à Dieu et à ses séminaristes qu' il veillait à confesser régulièrement ainsi que les fidèles dont il avait la responsabilité spirituelle. Il ne se contentait pas que de cela : exemple de fidélité du prêtre à sa vocation sacerdotale, il prolongeait sa direction spirituelle par des entretiens et des lettres pour suivre les progrès spirituels de ses dirigés.

 

En ses temps troublés, Przemysl capitale de la Ruthénie rouge incorporée à la Pologne au XIIIème siècle était une ville de garnison autrichienne depuis le partage de la Pologne au XVIIIème siècle. Elle avait d' importantes fortifications et était considérée comme le Verdun autrichien. Elle comprenait une population de Polonais et de Ruthènes ukrainiens avec de fortes minorités juives ( arrivées à partir du XVIème siècle ) et germaniques.  

En octobre 1914, la ville appartenant donc à l' Autriche fut assiégée par l' armée impériale russe qui se battait contre les Empires centraux  ( Autriche-Hongrie de l' Empereur François-Joseph, Reich allemand du Kaiser Guillaume ). Elle se rendit le 22 mars 1915 dans un conflit régional qui fit de nombreux morts et plus de 100 000 prisonniers. L' abbé Balicki poursuivit son ministère s' efforçant  de garder une certaine neutralité entre Autrichiens et Russes, tandis que l' évêque saint Joseph-Sébastien Pelczar mort en 1924 donnait une impulsion nouvelle aux catholiques de son diocèse.

 

Mais trois mois après la ville fut reprise par les Autrichiens et les Allemands, tandis que le nationalisme polonais se réveillait. La ville connut une période d' accalmie, lorsque l' Empire russe allié des Occidentaux s' effondra en 1917 et que la Pologne put renaître de ses cendres. Hélas, la région fut vite en proie à un nouveau conflit lorsque la nouvelle Ukraine nationaliste qui avait été appuyée par les Allemands avant leur défaite attaqua la région. Finalement la défaite des Autrichiens et des Allemands permit aux Polonais de contrattaquer les Ukrainiens et la ville devint polonaise le 12 novembre 1918. Après la guerre polono-soviétique de 1919-1920, le rattachement de Przemysl à la Pologne fut confirmé par le traité de Riga du 18 mars 1921.

 

L'  abbé Balicki connaissait une certaine notoriété dans la ville grâce à son apostolat dans une région qui se reconstruisait.

Il devint vice-recteur puis recteur du séminaire entre 1928 et 1934. Sa santé l' obligea alors à résigner sa charge conservant la direction spirituelle des séminaristes en particulier du futur bienheureux Ladislas Findysz.

Il distinguait sept degrés dans le progrès spirituel : avoir une approche sérieuse du sens de la vie, se tenir prêt à se convertir par l' auto-critique, avoir une confiance inaltérable en la prière, cueillir les fruits de la joie de l' Esprit, aimer la souffrance, louer la Miséricorde divine, s' amender sans cesse.

 

                                                              Autel privé du bienheureux Jean Balicki

 

 

Le 15 septembre 1939 la région fut occupée par les Allemands après une semaine de combats et quelques jours après par l' URSS ( alliée neutre du Reich hitlérien ) de l' autre côté de la rivière San. Hitler qui se déplaça dans la région voulait en faire une zone ukrainienne, mais elle fut intégrée au Gouvernement Général. La ville était divisée en deux : la vieille ville aux Soviétiques, les faubourgs aux Allemands.

 Le séminaire se replia en zone allemande, mais l' abbé Balicki décida de rester dans la vieille ville sous occupation soviétique. Nikita Krouchtchev s' y rendit à cette époque au moment de l' épuration des cadres de l' ancienne Pologne. De nombreux Juifs expulsés par les Allemands affluaient dans cette zone pour tenter de fuir vers l' URSS. Les Soviétiques en installèrent 7000  de force à l' Est de leur " Empire ". 

Le bienheureux Jean Balicki quant à lui fut assigné à résidence dans un autre bâtiment avec Mgr Barda l' évêque de la ville. Le 28 septembre 1939 des nationalistes ukrainiens pro-soviétiques commirent leurs premiers massacres contre la population polonaise.

Les deux hommes menaient une vie de prière dans un confinement sans cesse soumis aux vexations des occupants. En novembre 1939 Mgr Barda protesta officiellement contre l' occupation par des femmes juives, sans doute manipulées par les autorités communistes, de l' évêché. Il fut en punition confiné dans une seule pièce. Le vandalisme anti-catholique se déchaîna dans toute la partie polonaise occupée par les communistes.

Sous l' occupation soviétique qui dura deux ans, 11 562 Polonais trouvèrent la mort. L' élite intellectuelle et administrative de la ville fut décimée. Tous les officiers et un certain nombre de membres de la magistrature, du corps enseignant, des personnalités scientifiques et religieuses furent emprisonnés ou exécutés sommairement. Il fallait démoraliser l' ancienne Pologne dite bourgeoise par les autorités communistes.

 

Lorsque les Allemands attaquèrent leur ancien " allié " rouge en juin 1941, la ville et ses alentours furent  entièrement le 28 juin sous contrôle allemand. Les combats et les exécutions qui eurent lieu par la suite firent 5 662 morts parmi les Polonais. L' abbé Balicki continua à demeurer avec l' évêque et reprit contact avec les séminaristes. Mais la situation empira à partir de juin 1942, les premiers convois de Juifs vers les camps de la mort furent organisés et un ghetto de 22 000 Juifs fut créé. Ils furent presque tous exterminés à Auschwitz et à Belzec. Mgr Barda protesta contre la création de ce ghetto auprès du Commissaire allemand de la ville Gieselman, mais en vain. Près de 600 habitants polonais de Przemysl qui avaient  protégé des Juifs partagèrent leur sort et des exécutions publiques eurent lieu à partir de 1943.

 

De plus en plus malade l' abbé Balicki continuait à soutenir ses dirigés dans ces temps de tourmente.

 

L' Armée rouge chassa les Allemands le 27 juillet 1944 de Przemysl qui devint avec les nouveaux découpages territoriaux une ville proche de la frontière avec l' URSS.

 

En 1945, Premysl comptait 22 173 Catholiques, 5 372 Gréco-Catholiques ( Ruthènes ), 415 Juifs, 284 personnes d' autres confessions. La ville avait perdu 57¨% de sa population ! 17 961 Juifs exterminés par les Allemands, s' ajoutant aux 5 662 tués polonais. Les Soviétiques quant à eux furent responsables de la mort de 11 562 Polonais. Les deux occupations à Przemysl causèrent la mort de 17 227 Polonais et 17 961 Juifs.

 

L' abbé Balicki s' efforça de résister spirituellement  à la nouvelle politique d' athéisme et continua son ministère alliant apostolat et vie contemplative. Contrairement à 1939 où de nombreuses églises furent détruites et les religieux pourchassés, les autorités communistes n' attaquaient plus frontalement le catholicisme, mais le faisaient de manière sournoise.

 

Malade en février 1948 il fut conduit à l' hôpital où il mourut de tuberculose le 25 mars 1948 regretté par toute la ville.

 

Dès 1975 Mgr Karol Wojtila évêque de Cracovie, proche de Przemysl, écrivit à Rome pour ouvrir son procès en béatification. Devenu Pape, il le béatifia pour sa fidélité à la Foi et à son ministère sacerdotal, en particulier de direction spirituelle, le 18 août 2002 à Cracovie.

 

                                                                    Séminaire de Przemysl

 

Lien ( in English ) bataille de Przemysl : http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Przemysl/Przemysl_00.htm

Lien ( en polonais ) sur le séminaire de Przemysl :

http://www.wsd.przemyska.pl

(1 ) prononcer Pchemysl en polonais

 

 

 

Repost 0
4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 09:08

  Casimir, de la dynastie d' origine lithuanienne des Jagellon, était le fils du roi de Pologne Casimir IV (1) et d' Elisabeth de Habsbourg fille d' Albert II empereur du Saint Empire Romain Germanique, roi de Bohème et de Hongrie.

Il naquit le 3 octobre 1458 à Cracovie.

Lorsqu' une partie de la noblesse hongroise se rebella contre le roi Mathias Corvin et proposa la couronne à Casimir âgé de quatorze ans, son père le mit à la tête d' une expédition pour accepter la proposition des Hongrois. Mais il rebroussa chemin appuyé par le pape Sixte IV qui craignait une victoire des Turcs en Hongrie.

Il fut enfermé par son père pendant quelques mois à la forteresse de Dobzki et se consacra à ses études sous la direction de l' ecclésiastique Jean Longin ( Jan Dlugosz ).

Le prince n' avait pas le goût des armes et préférait soulager les pauvres, les pélerins et les prisonniers. Il se consacrait à la vie de l' Eglise plutôt qu' à celle de la Cour. Toutefois lorsque son frère aîné Ladislas devint roi de Bohème et que son père s' installa pendant cinq ans en Lithuanie ( le Grand-Duché était associé au royaume de Pologne ), il devint régent de Pologne qu' il administra sagement à partir de 1479.

Menant une vie de prière et de charité, il s' était consacré à la Vierge et refusa la main d' une princesse que son père voulait lui faire épouser.

Il mourut de tuberculose le 4 mars 1484 à Grodno.

                                                 Léon X par Raphaël

La Lithuanie officiellement chrétienne depuis 1387 n' avait pas encore de saint national. Le frère de Casimir, le roi Sigismond Ier de Pologne, grand-duc de Lithuanie appuya sa cause auprès de Rome. En 1517 le pape Léon X envoya un légat en Lithuanie afin d' enquêter sur les écrits de Casimir et les textes liturgiques composés en son honneur. En 1521 une bulle de canonisation fut écrite pour les Jagellon, mais elle disparut des archives...

Ce ne fut que Sigismond IV Wasa, roi de Pologne et de Lithuanie qui put  " réactiver sa cause ". Le 7 novembre 1602 le pape Clément VIII par la bulle " Quae ad Sanctorum " reprit la bulle de Léon X et les cérémonies de canonisation eurent lieu en 1604 à la cathédrale de Vilnius ( Wilno en polonais ) où le prince avait été enterré. Son corps resté intact fut solennellement installé dans la chapelle Saint-Casimir de la cathédrale Saint-Stanislas.

                   Clément VIII, Sainte Marie Majeure, chapelle pauline, Rome 

Son culte fut rapidement propagé par les Jésuites de Pologne. Peu après il fut déclaré patron de la Lithuanie en 1613 et patron de la Lithuanie et de la Pologne en 1636.

En 1621 son culte fut étendu à toute l' Eglise universelle.

Il fut en 1948 déclaré patron de la jeunesse et modèle de pureté par Pie XII.

On l' invoque contre les tentations charnelles.

                 Chapelle Saint-Casimir de la cathédrale Saint-Stanislas de Vilnius

En 1953 les autorités soviétiques transformèrent la cathédrale de Vilnius en galerie de tableaux et ses reliques furent transférées à l' église Saints-Pierre-et-Paul de Vilnius. Elles furent solennellement réinstallées le 4 mars 1989 lors de la reconsécration de la cathédrale Saint-Stanislas.

                                      Cathédrale Saint-Stanislas de Vilnius

 

(1) Règna de 1440 à 1492

Repost 0
4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 06:02

  Ladislas ( Wladislaw ) Mackowiak ( prononcer Matskoviak ) naquit à Sytki, paroisse de Drohiczyn sur le Boug. Après le lycée il entra au séminaire de Wilno ( aujourd' hui Vilnius en Lithuanie ) et devint prêtre à l' été 1939. Il fit ses études de théologie à l' université Etienne Batory de Wilno.

Il fut envoyé à la paroisse d' Ikazn près de Vitebsk qui avait été du temps de l' empire russe dans la partie polonaise de l' empire et qui se trouve aujourd' hui en Biélorussie. Le diocèse avait souffert de l' occupation soviétique et de la politique d' athéisme surtout depuis une dizaine d' années. Lorsque les Allemands envahirent à leur tour la région à l' été 1941 un certain nombre de prêtres y  fut envoyé par leurs évêques ou supérieurs pour reconstituer les paroisses.

Aidé de son vicaire l' abbé Pyrtek, le bienheureux Ladislas Mackowiak catéchisait la paroisse de 4500 habitants et redonnait les sacrements. Mais son zèle attira la méfiance des Allemands qui craignait un débordement des résistants communistes dans un pays qui pendant plus de vingt ans avait été soviétique. Il fut prévenu par des habitants qu' il serait arrêté, mais il continua son ministère auprès des siens. Il fut arrêté par la Gestapo en décembre 1941 comme activiste et fut emprisonné à Berezwecz ( Berazvetcha aujourd' hui ) avec son vicaire et une autre prêtre de la région l' abbé Bohatkiewicz. Ils furent tous les trois fusillés le 4 mars 1942 dans les bois de Borek.

Avant sa mort il avait écrit à son évêque : " Je vais faire le sacrifice de ma vie. Dans trois heures je me tiendrai devant le Seigneur ( ... ) Je suis heureux que Dieu m' ait choisi et plus que tout qu' il me donne sa grâce et sa force. " Il avait 31 ans.

                                                   Eglise d' Ikazn

Stanislas Pyrtek ( prononcer Pyrtak ) né en 1913 fut envoyé comme vicaire à Ikazn pour aider l' abbé Mackowiak dans son ministère. Lorsque ce dernier fut arrêté par la Gestapo, Stanislas Pyrtek se présenta à la police nazie pour prendre la défense de son curé, mais il fut arrêté lui aussi et emprisonné à Berazvetcha. Il fut fusillé avec ses compagnons le 4 mars 1942 dans les bois de Borek. Il avait 29 ans.

 

 Avant sa mort il avait écrit à a famille : " Je n'ai que quelques heures à vivre. Le devoir d' un prêtre est de faire ce sacrifice pour le Christ. Je meurs pour mon service de prêtre. Ne pleurez pas et ne soyez pas tristes pour ma mort. Je vous laisse ma bénédiction sacerdotale. Après trois mois de prison, je me réjouis d' être digne de souffrir et de mourir ."

Les trois prêtres devant le peloton d' exécution s' écrièrent " Vive le Christ Roi " ! 

 

Miecislas ( en polonais Mieczyslaw prononcer Metchislas ) Bohatkiewicz ( prononcer Bagatkévitch ) naquit en 1904. Il était prêtre à Drysa dans le diocèse de Vitebsk ( aujourd' hui en Biélorussie ) et était célèbre par ses homélies ardentes et sa grande charité envers les pauvres de sa paroisse. Il fut arrêté par la Gestapo et deux mois après fut fusillé avec les bienheureux Ladislas Mackowiak et Stanislas Pyrtek à Berazvetcha dans les bois de Borek le 4 mars 1942.

Il avait écrit à ses parents : " Ne pleurez pas, mais réjouissez-vous que votre fils ait passé son examen. Je ne vous demande qu' une prière. Je pardonne de tout mon coeur à tous mes ennemis et aimerais gagner le Ciel pour eux. "

 

                                        Intérieur de l' église d' Ikazn

 

 Les trois prêtres furent béatifiés par Jean-Paul II en 1999.

Lien :  www.catholic.by/port/en/holy

Autres martyrs du diocèse de Vitebsk : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5689598.htm

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5679458.htm

 

Repost 0
28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 06:25

 Stanislas Antoine Trojanowski nait en Pologne dans une famille villageoise de Sadlowo ( paroisse de Poniatow, diocèse de Plock en Mazovie ) le 29 juillet 1908.

Il a une scolarité courte, car il doit aider ses parents. Il entre à 22 ans chez les Frères Mineurs Conventuels ( franciscains ) de Niepokalanow près de Varsovie.

Niepokalanow qui signifie en français Cité de l' Immaculée était un immense couvent, véritable cité mariale avec une basilique, fondée en 1927 par saint Maximilien Kolbe. A la veille de la seconde guerre mondiale il comprenait environ un millier de frères profès, de séminaristes, de prêtres et d' employés. Un couvent moderne et extrêmement actif avec un immense majorité de jeunes.

Le couvent éditait une revue tirée à 120 000 exemplaires : le Chevalier de l' Immaculée, et émettait une radio propageant le message marial. 

Lorsqu' il entre au couvent en 1930, il prend le nom de frère Timothée. le Père Maximilien Kolbe était alors à Nagazaki au Japon où il resta jusqu' en 1935 pour fonder un couvent. Timothée prononce ses voeux simples en 1932 et ses voeux solennels en 1935. Il est chargé de l' expédition de la revue, travaille à l' infirmerie et au magasin d' approvisionnement. Il avait le désir d' être missionnaire et de " suivre partout la volonté de Dieu."

Lorsque l' armée allemande envahit l' ouest du pays en septembre 1939 et les Soviétiques l' est de la Pologne, la Cité de l' Immaculée est bombardée et saccagée. Des réfugiés, dont un certain nombre de Juifs, sont accueillis.

 Les Allemands veulent en faire un camp de prisonniers et des moines doivent quitter Niepokalanow. Finalement le camp abrite un hôpital et un centre de réfugiés. Timothée travaille sans relâche à l' infirmerie. Le Père Kolbe avait été arrêté fin septembre avec 35 moines, le Père Bartosik et un frère japonais et envoyé à Lamsdorf ( Il sera libéré le 8 décembre 1939 ).

Le frère Timothée décide de rester à Niepokalanow avec un groupe de moines, la plupart très jeunes, mais la situation empire : Le Père Maximilien Kolbe est à nouveau arrêté en février 1941 avec le bienheureux Père Pie Bartosik, le bienheureux Père Antonin Bajewski et les Pères Justin Nazim et Urbain Cieslak. Ils seront déportés.

Après l' attaque d' Hitler contre l' URSS à l' été 1941 la répression augmente. Le frère Timothée est arrêté par la Gestapo en octobre avec six autres religieux dont le bienheureux  Père Boniface Zukowski. Ils sont envoyés à la prison de la rue Pawiak à Varsovie.

Déporté à Auschwitz en janvier 1942, il est mis aux travaux forcés : transport de matériaux de construction, puis extraction et transport de gravier. Dans d' horribles conditions de faim et de froid, il arrivait à réconforter ses frères dans la foi. Epuisé, il meurt d' une pneumonie le 28 février 1942. Il avait 34 ans.

Il a été béatifié par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie avec d' autres martyrs polonais.

Repost 0
20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 03:51

  Stanislawa naquit en 1899 à Nawojowa en Petite Pologne dans le diocèse de Tarnowo. Elle était la deuxième d' une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux ; son père Michel était organiste à l' église du village. La famille était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski dont la mère Stanislawa Leniart avait fondé le couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur. Elles donnaient aussi une éducation musicale de qualité ce qui plaisait à la famille Rodzinski et aux hobereaux du village, la famille Stadnicki, protectrice du couvent.

Elle devint orpheline à l' âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite soeur Janine au couvent. Pendant l' occupation austro-allemande à dix-sept ans, elle entra comme postulante au couvent de Wielowski, puis fit sa profession sous le nom de soeur Marie-Julie à Cracovie, partie de l' ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise. Elle continua ses études pédagogiques à Poznan, dans l' ancienne partie prussienne. La Pologne renaissait de ses cendres, et les soeurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Le pays était en guerre et après avoir stabilisé ses frontières à l' Ouest se trouvait dans un conflit avec les Soviétiques et les Lithuaniens à l' Est.

Beaucoup d' enfants étaient orphelins ou dans des situations de détresse. Les soeurs fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu' à Rava Ruska près de Lvov, l' ancienne Lemberg au centre d' un conflit contre les nationalistes ukrainiens communistes. Elle prononça ses voeux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins.

Elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés; et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation.

                                                        Cathédrale de Wilno

Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire à la base de la spiritualité dominicaine. A 27 ans elle avait suffisamment d' expérience pour être déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle était supérieure de la maison de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.

En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno ( désormais Vilnius ) passa aux Soviétiques qui l' agrégèrent à la République Socialiste Soviétique de Lithuanie. Elle dut fermer l' école et continua en secret à donner des cours de religion, de polonais, langue désormais interdite.

Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines. Elle fut arrêtée par la Gestapo en août 1943 pour activités nationalistes avec trois autres soeurs, torturée et emprisonnée dans la sinistre prison de Lukiszki.

                                                             Lukiszki

La prison était réservée pour les nationalistes polonais. Elle fut soumise à un régime d' isolement carcéral. Lorsque le front biélorusse se rapprocha de Vilnius à l' été 1944, elle fut déportée avec d' autres prisonniers politiques au camp de Stutthof près de Dantzig ( Gdansk aujourd' hui ).

Elle organisait dans son barraquement des prières, mais à l' automne une épidémie de typhus se propagea dans le camp. Elle demanda à être placée alors avec des femmes juives de Bohême qu' elle réconfortait le peu qu' elle pouvait. Le camp était en plein désordre à cause de l' avancée des Soviétiques. Elle contracta la maladie. A l' hiver le camp fut évacué par les nazis qui laissèrent derrière eux les mourants. Elle rendit l' âme le 20 février 1945 ayant fait volontairement le sacrifice de sa vie.

Elle fut béatifiée en 1999 par Jean-Paul II.

 

Lien : http://www.dominikanki.pl/julia.htm

 

Repost 0
18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 00:57

 Georges Kaszyra ( prononcer Kachira ) naquit en 1904 dans une famille de biélorusses orthodoxes établis dans la province lithuanienne de Vilnius ( Wilna en russe, Wilno en polonais ) majoritairement catholique de l' Empire russe. Ses parents étaient fermiers.

Il existait différents groupes ethniques dans la région selon le recensement de 1910 :

1) Une forte minorité lithuanienne catholique de langue balte. Ils vivaient surtout à la campagne et dans les petits bourgs. Le Grand-Duché de Lithuanie s' était réuni à la Pologne au XVIème siècle.

2) Une majorité polonaise slave et catholique, qui vivait dans les villes et les villages, et qui représentait toutes les couches de la société et les élites cultivées citadines ou terriennes.

3) Une petite minorité biélorusse slave et majoritairement orthodoxe surtout représentée dans la paysannerie des franges de l' Est du Nord-Est et du Sud-Est.

4) Une petite minorité russe orthodoxe dans les villes et chez les propriétaires terriens. Ils étaient fonctionnaires, commerçants et militaires.  Ils s' étaient installés à partir de l' annexion de la Pologne orientale à la Russie au XVIIIème siècle.

5) Quelques minorités ruthéno-ukrainiennes catholiques de rite byzantin surtout paysannes dans le Sud-Est.

6) Des communautés juives importantes vivant dans des bourgs à part ( les shetels ) ou des quartiers spécifiques des villes avec leur administration propre et leur langue : le yiddish dérivé de l' allemand avec des emprunts à l' hébreu et au polonais.

Wilno était appelée la Nouvelle Jérusalem du Nord, car les Juifs y représentaient 40% de la population avant la seconde guerre mondiale. Les Juifs s' étaient surtout installés en Pologne à partir des XVI-XVIIème siècles, mais beaucoup d' entre eux émigrèrent en Europe de l' Ouest ou en Amérique dès la deuxième moitié du XIXème siècle pour fuir la pauvreté et les discriminations.

7) une petite minorité germano-balte catholique ou calviniste qui sera chassée dans les Etats baltes, puis définitivement éliminée par les Soviétiques. Certaines grandes familles s' étaient converties à l' orthodoxie russe.

Malgré la politique désastreuse de russification d' Alexandre III, atténuée par Nicolas II, le polonais était la langue de communication entre les groupes sauf pour les Juifs qui ne parlaient que yiddish et dont les élites avaient tendance à privilégier l' allemand considéré comme véhicule de modernité. Les autres Juifs utilisaient un russe sommaire pour communiquer avec l' administration.

Cet équilibre sera balayé à la fin de la première guerre mondiale avec la politique linguistique de polonisation, puis par l' extermination par les nazis des Juifs qui disparurent totalement de la région.

 

 

La mère de Georges se convertit au catholicisme en 1907. Le catholicisme était le ciment de la nation polonaise. Sans doute venait-elle d' une famille d' Uniates forcée à se convertir à l' Orthodoxie. L' Oukaze de tolérance de 1905 qui permettait le retour à l'  Uniatisme lui ouvrait-il la voie. 

Quelques années après il devint orphelin et fut élevé par des proches parents.

Les tragiques heures de sa jeunesse allaient marquer à jamais sa vocation :

 

En effet l' ancien gouvernement  ( ou province ) de Wilna de son enfance et son adolescence fut le théâtre de violents combats. D' abord les invasions allemandes de la première guerre mondiale, puis les troubles révolutionnaires.

 

Les masses ouvrières étaient constamment agitées par la propagande marxiste. La paysannerie catholique était pauvre. Tout cela créait un climat d' agitation qui ne manquait d' impressionner le jeune homme. Sa foi se renforçait.

 

Les troupes allemandes ne se retirèrent pas tout de suite après l' effondrement du régime impérial russe en Pologne fin 1915 deux ans avant la révolution d' octobre. Au contraire, la région fut occupée jusqu' à ce que les Soviétiques envahissent la partie orientale de la Pologne et les alentours de Wilno, qui devinrent proches de la ligne de front qui se déplaçait autour de la rivière Dvina au Nord-Est . Wilno fut prise par les Soviétiques et devint Vilnius. Il n' y avait qu' 1% de Lithuaniens dans cette ville, mais les Bolchéviques décidèrent de la rattacher à une nouvelle république socialiste soviétique de Lithuanie qu' ils créèrent.

 

Les Polonais qui luttaient pour la reconnaissance de leur indépendance aidés par les Occidentaux les repoussèrent finalement en 1919, mais durent affronter aussi une nouvelle république indépendante de Lithuanie, soutenue par les Anglo-Saxons et qui venait de chasser les Rouges. Vilnius redevint polonaise en octobre 1920, et retrouva son nom : Wilno.

 

                                     Maréchal Joseph Pilsudski 1867-1935

Ensuite le maréchal Pilsudski réussit à enlever aux Soviétiques Brest-Litovsk qui devint Brest-sur-le-Boug et à gagner une partie de la Galicie et de l' Ukraine. Ces conquêtes furent entérinées par le traité de Riga en mars 1921 et par la SDN en 1922.

 

 

Parallèlement les Américains et les Anglais avaient créé les Etats baltes au Nord pour contenir les avancées polonaises, pour freiner l' expansionisme soviétique, et pour encercler la Prusse Orientale allemande.

 

 

Georges, qui était à Wilno, devint catholique à l' âge de 18 ans en 1922, sur ce fond de guerres et de révolutions et à 19 ans entra à l' école marianiste de Drouya* ( dans la Congrégation des Clercs de l' Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, congrégation fondée au XVIIème siècle en Pologne et rénovée en 1910 ). Drouya située au Nord avec une forte minorité biélorusse était au bord de la rivière Dvina et à la frontière de l' ancienne Courlande, de l' ancienne province de Vitebsk intégrée désormais à l' URSS, et de la jeune Lithuanie indépendante et hostile à la Pologne. Une région charnière ! 

Les Marianistes de l' Immaculée Conception avaient ouvert l' année d' avant en 1923 un monastère à Drouya et une école, ansi que la maison-mère des religieuses Servantes-de-Jésus-dans-l' Eucharistie. C' est un jeune vicaire d' origine paysanne comme lui qui avait pris en charge le jeune homme abandonné et lui avait montré le chemin de Drouya.

                 Intérieur de l' église de la Sainte-Trinité des Bernardins à Drouya

 

La Pologne avait calqué son régime sur les institutions de la République française, avec une interprétation nationaliste, ce qui se comprenait dans ce contexte géopolitique menaçant. Sans doute Georges était-il conscient de l' urgence de la reconstruction de son jeune pays.

 

 

Il entra donc au noviciat des Marianistes où il prononça ses voeux à 22 ans en 1926. La Pologne avait énormément souffert de l' après-guerre, elle allait connaître en plus la crise de 1929.

 

 

Il fut envoyé à Rome à cette époque pour étudier la philosophie à l' Angelicum. Là aussi il vit de près un pays agité. L' Italie se laissait séduire par le régime mussolinien qui croyait se lancer dans la modernité en baillonnant l' Eglise. L' Eglise de Pie XI bénéficiait d' un rayonnement intellectuel et spirituel certain, mais elle peinait à maintenir un difficile équilibre dans une Europe qui pansait à peine ses plaies, et qui sans le comprendre encore, sauf pour quelques-uns,  nourissait de futurs démons. Il rencontra d' autres séminaristes marianistes et s' affermit intellectuellement et spirituellement.

 

La catastrophe bolchévique, le traité de Versailles, la crise de 1929 allaient en réaction précipiter les masses dans la violence.

 

 

 Il rentra à Wilno en 1931 pour étudier la théologie. Il y fut ordonné en 1935.

 

 

 

1935  fut un tournant pour la Pologne. Un nouveau régime autoritaire concourait au redressement économique du pays, mais imposa dès lors un certain silence à l' Eglise qui dut affronter de nouvelles lois scolaires laïcistes. L' agitation marxiste était contenue, mais elle se propageait dans d' autres pays. Le national-socialisme, quant à lui, provoquait les régimes fragiles d' Europe centrale. 

 

Il travailla au nouveau séminaire marianiste de Wilno, puis devint directeur du juvénat à Drouya. En 1938, il devint supérieur de la maison marianiste de Rasna dans la province de Polésie alors en Pologne ( aujourd' hui en Biélorussie ).

Il y avait fort à faire dans cette province à la frontière du géant soviétique.

 

LE  PIRE  ALLAIT  VENIR :

 

En quelques jours en septembre 1939, la Pologne fut envahie par les armées d' Hitler. Le choc fut immense. Le pays avec sa rhétorique autoritaire s' était effondré...

 

Les alliés soviétiques ( jusqu' en 1941 ) des armées d' Hitler se jettèrent donc sur leur proie comme il était convenu par le pacte secret entre Molotov et Ribbentrop.

 

Les Bolchéviques envahirent la province où se trouvait le Père Kaszyra en quelques jours de fin septembre 1939. Il dut fuir car les Bolchéviques avaient transformé le monastère de Rasna en kolkhoze et chassé les religieux. Il se cacha dans un monastère plus à l' Ouest, et au bout de quelques semaines voulant rejoindre ses supérieurs décida de passer par la Lithuanie voisine, mais celle-ci tomba à son tour quelques mois après aux mains des Rouges. Il avait appris par coeur l' Office de la Sainte Vierge pour pouvoir célébrer le Saint Sacrifice de la Messe au cas où il serait arrêté. Il réussit comme d' autres religieux à se cacher chez des personnes de bonne volonté.

 

Il put après l' invasion allemande qui avait chassé les Bolchéviques rester en Lithuanie, puis il se rendit à Drouya à l' été 1942. Les communistes avaient tué avant de fuir le supérieur marianiste le Père Kulesza et fait déporter des chrétiens en Sibérie et au Kazakhstan.

Quelques jours après cet assassinat ce fut au tour des Allemands début juillet 1941 de faire leur entrée en ville. Georges Kaszyra retrouva donc les autres Marianistes de l' Immaculée Conception chassés de leurs écoles pour reprendre des forces et constater les dégats. Il y demeura plusieurs semaines.

 

  Drouya sur la rivière Dvina, à gauche le clocher de l' église de l' ancien monastère des Bernardins desservie alors par les Marianistes

 

En 1941 le revirement allemand contre son allié contre-nature soviétique avait précipité la catastrophe pour les populations locales. Jusqu' à présent les populations locales étaient plutôt neutres à l' égard de l' envahisseur, et plutôt bienveillantes dans les zones anciennement bolchéviques que les Allemands avaient conquises. Le monstre attendait son heure...

 

 

 

Au bout de quelques temps, une fois les Bolchéviques battus, il fallait reconstruire, le Père Leszczewicz  ( voir mon article précédent )  qui reconstituait  plus au Nord-Est la paroisse de Rositza**  ( qui avait été intégrée à la Biélorussie ) dévastée par les Bolchéviques, lui demanda de le rejoindre en renfort avec d' autres prêtres. Rositza était un centre de mission pour les villages environnants où il fallait reconstruire les églises et les chapelles, réapprendre le catéchisme, redonner les sacrements, après plus de vingt ans d' athéisme soviétique obligatoire.

 

Les Allemands les premiers mois ne se méfiaient pas des efforts de reconstruction morale et spirituelle de la part de ces Polonais dans les territoires conquis sur les Bolchéviques. Le véritable ennemi pour les Allemands était plus à l' Est. 

 

Parlant polonais, biélorusse et russe les deux prêtres aidés de religieuses et de confrères marianistes s' occupaient des besoins spirituels urgents de leur paroisse en ces temps de haine.

 

 

Mais à partir de la fin 1942 et la tournure plus difficile que prévu des combats à l' Est,  les Allemands durcirent leur répression à l' égard des résistants de cette région de l' arrière, de cette Biélorussie polonaise, qui étaient systématiquement suspectés de bolchévisme. Beaucoup d' hommes rejoignaient les partisans en forêt.

 

 Alors que des attentats contre les Allemands avaient frappé le secteur, les autorités allemandes locales qui avaient regroupé des Lettons, des Ukrainiens et des Estoniens qui avaient à se venger des partisans décidèrent  de prendre des mesures de rétorsion exemplaires et criminelles. On fit prévenir les missionnaires qu' une expédition punitive partirait de Drouya.

Elles craignaient aussi une incursion de partisans communistes ukrainiens. Il fallait donc faire la politique de la terre brûlée pour empêcher les partisans de se ravitailler et de recruter de nouveaux hommes.

les Marianistes délibérèrent de leur sort. L' un des Pères partit avec quelques religieuses pour la Lettonie proche, où, bien qu' emprisonnés peu après, ils eurent la vie sauve. Les autres décidèrent de rester avec la permission de leur supérieur.

Les officiers nazis et leurs soldats affidés baltes et ukrainiens après avoir brûlé les maisons du village firent emprisonner plus d' un millier d' otages dans l' église de la Sainte-Trinité, laissant leur liberté aux religieux. Il firent déporter des villageois en bonne condition physique pour du travail forcé dans des usines à l' arrière, et la plupart des femmes robustes pour des camps de travail.

 

Le Père Leszczewski et le Père Kaszyra refusèrent de se désolidariser des otages et se firent enfermer avec eux pour leur porter le secours des sacrements. Il y avait une majorité de femmes, d' enfants et de vieillards. Pendant ces deux jours tout le monde se préparait dans la prière, et le calme. Les enfants chantaient. Les messes se succèdaient.

Les prisonniers étaient emportés par groupes dans les maisons du village que les hommes à la solde des Allemands faisaient brûler avec des grenades incendiaires. C' était un avertissement barbare pour empêcher les partisans de progresser. Si vous avancez, nous faisons sauter vos villages...

Les officiers nazis utilisaient des hommes qui eux-mêmes avaient à se venger des communistes...Spirale de la haine !

 

 

Au bout du deuxième jour le 17 février 1943, la section nazie emmena le Père Leszczewicz avec d' autres prisonniers pour les brûler dans les écuries de l' ancien manoir du lieu. Le Père Kaszyra attendit courageusement son sort,  réconfortant ses frères persécutés qu' il écoutait en confession. Il furent emmenés le lendemain matin et subirent le même sort. Il avait 39 ans. Il demanda aux soeurs, de sa charette qui l' emmenait au supplice, de prier pour le salut de son âme et de ses meurtriers.

Plus de mille cinq-cents laïcs furent massacrés ainsi à Rositza et dans les  villages environnants dans un rayon de 60 km ces jours-là, tandis que d' autres étaient déportés dans un camp de concentration près de Riga.

                  Procession à Rositza le 18 février 2006 en souvenir des massacres

Jean-Paul a béatifié les deux prêtres avec d' autres martyrs de la seconde guerre mondiale en 1999.  

Liens :  http://marian.org/marians/beatification/index.html

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5679458.html

* Druja en polonais, au bord de la Dvina se trouve aujourd' hui en Biélorussie, ville-frontière de La Lettonie.

** Diocèse de Vitebsk, photos issues du site de l' Eglise catholique de Biélorussie : www.catholic.by/port/en/news/2006-02-18.htm

Lorsque les soviétiques chassèrent à leur tour les Allemands vaincus, ils réintégrèrent le secteur à la République Socialiste Soviétique de Biélorussie et l' église de Rositza dut subir la répression athée. L' église fut fermée par les autorités staliniennes, et toute instruction religieuse bannie, tandis que les chrétiens les plus actifs de la paroisse étaient déportés au goulag. Réhabilités au cours des années 1960, les chrétiens ( catholiques et orthodoxes ) purent discrètement se réunir. La liberté de culte fut progressivement rétablie à partir des années 1980-1990. mais ne ce fut qu' à partir de 1987 qu' on se resouvint publiquement de ces heures tragiques.

Lorsque la Biélorussie devint indépendante, les biens de l' Eglise, ou ce qu' il en restait, furent petit-à-petit  restitués.

Repost 0
17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 04:34

Antoine Leszczewicz* naquit en 1890 dans la partie polonaise de l' Empire russe, dans la Lithuanie actuelle. Il étudia dans le seul séminaire diocésain catholique de la partie russe de l' Empire, dans la capitale, Saint-Pétersbourg.

Il fut ordonné en avril 1914 et devint vicaire dans la paroisse polonaise d' Irkoutsk en Sibérie, puis dans d' autres paroisses. L' Empire était en guerre, et bientôt la révolution bolchévique allait faire disparaître tout un monde. La Sibérie fut un des centres de la lutte entre Rouges et Blancs et passa des uns aux autres jusqu' à sa chute définitive entre 1919 et 1920. Il s' enfuit donc par l' Est, jusqu' en Chine, en Mandchourie, où il s' installa parmi la colonie des anciens sujets du tzar à Kharbin. Kharbin comprenait ( jusqu' à la prise du pouvoir par les communistes chinois en 1949 ) une forte population russe, car elle était un ancien centre industriel et commercial concédé économiquement à la fin du XIXème siècle à la Russie.

Il consacra ses efforts à la paroisse polonaise de Saint-Stanislas et, en 1924, devint curé d' une autre paroisse catholique de Kharbin, celle de Saint-Josaphat, où il fit construire une école paroissiale, un foyer pour enfants pauvres, une infirmerie, etc...

                                                     Rue à Kharbin

En 1937, il entendit parler des Marianistes polonais et décida de postuler chez eux. Il reçut la permission de l' administrateur apostolique et du supérieur des Marianistes. Après 25 ans d' exil, il allait retrouver les paysages de son enfance dans un nouveau pays qu' il ne connaissait pas encore : C' était la nouvelle Pologne renée de ses cendres depuis 18 ans.

Il prit le bateau jusqu' à Tokyo, gagna Rome ( où il reçut la bénédiction papale ) et finalement la Pologne. Il fit connaissance avec la Congrégation ( fondée au XVIIème siècle ) des Clercs de l' Immaculée Conception de la BVM, ou Marianistes polonais, en pleine expansion depuis sa rénovation en 1910 et la création de maisons en Pologne et aux Etats-Unis.

Il y prononça ses voeux trois mois avant la seconde guerre mondiale...

Il fut nommé dans une paroisse près de Wilno ( qui fut polonaise jusqu' à l'automne, aujourd' hui Vilnius en Lithuanie ). Mais l' entrée des troupes soviétiques, en septembre 1939,selon les termes de l' accord Ribbentrop-Molotov provoqua l' annexion de cette partie de la Pologne dans l' URSS. Elle s' intégra à la Lithuanie devenue soviétique...

Le Père Leszczewicz avait été envoyé quelques jours avant l' invasion soviétique par ses supérieurs dans la partie plus au nord de la province à Drouya sur la frontière avec l' URSS où se trouvait un monastère et un noviciat de la Congrégation.

Les Soviétiques confisquèrent les biens de la Congrégation, leur champ et leur bétail, nationalisèrent les écoles, mais curieusement laissèrent les religieux habiter leur maison. Ils furent soumis à des vexations, mais ne  furent pas arrêtés.

En 1941 les  Allemands chassèrent les Soviétiques, et les religieux ainsi que leurs soeurs Servantes de Jésus-dans-l' Eucharistie purent reprendre leurs activités apostoliques.

S' ouvrait au Nord un champ d' apostolat plus vaste : les anciens territoires soviétiques au Nord de la rivière Dvina. Les populations locales purent renouer le contact avec leurs proches dont ils avaient été séparés depuis plus de vingt ans par la frontière de l' URSS.

Pour le Père Leszczewski et ses confrères, c' était l' occasion de restaurer les paroisses détruites, et de partir en mission.

Les Allemands avaient chassé l' occupant soviétique ; mais très vite le nouvel occupant allemand, d' abord bien accueilli par les populations, allait par sa brutalité faire basculer les habitants.

Il s' installa donc fin 1941 encore plus au Nord-Est à 30 km, dans la paroisse de Rositza** en Biélorussie devenue soviétique en 1918. Elle était désormais sous administration allemande. Il fit venir un nouveau confrère polonais d' origine biélorusse, le Père Georges Kaszyra*** , 16 religieuses Servantes-de-Jésus-dans-l' Eucharisite, deux autres prêtres de la congrégation le Père Félix Czeczott, le Père Wladislaw Lazewski et un séminariste Henry Tomaszewski.

Il avait une grande dévotion envers le Christ-Roi ( dont la fête avait été étendue à toute l' Eglise récemment ), antidote des idéologies meurtrières de ce siècle. Les Mexicains une dizaine d' années avant et les Espagnols catholiques l' avaient compris aussi dans leur martyre.

Fin 1942, les Allemands intensifièrent leur répression contre ceux qu' ils soupçonnaient d' être communistes. Une expédition punitive allait s' organiser contre les villageois, les missionnaires partirent sauf six religieuses et  les Pères Leszczewski et Kaszyra.

En février 1943, un détachement venu de Lettonie s' installa à Drouya. Il comprenait des Ukrainiens, des Estoniens, et des Lettons encadrés par des officiers nazis allemands. Ils venaient spécialement se venger des partisans communistes qui organisaient des raids à partir des forêts et des marais environnants.

 ils traversèrent la Dvina et ratissèrent tout le secteur, emmenant les suspects et brûlant les maisons. Ils enfermèrent un millier d' otages de la région dans l' église catholique du bourg laissant en liberté les religieux ; mais les Pères Leszczewski et Kaszyra refusèrent d' être séparés de leurs ouailles.

Ils restèrent avec eux pour les confesser, célébrer des messes et des baptêmes dans l' église.

Les soldats emmenèrent le Père Leszczewicz avec un groupe de douze personnes dans les écuries de l' ancien manoir du lieu qu' ils firent exploser à coups de grenades, le 17 février 1943. Le Père Kaszyra fut enfermé le lendemain avec une trentaine de prisonniers dans une maison de bois que les Allemands incendièrent.

Il furent béatifiés en 1999 par Jean-Paul II

Liens :  http://marian.org/marians/beatification/index.html

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5689598.html

Illustration de la carte de Pologne sur le site http://cent.ans.free.fr

* Prononcer Lechtchévitch

** Rosica en polonais, prononcer Rositza. L' église avait été transformée en salle de cinéma pendant l' ère soviétique.

*** Prononcer Kachira

                                       Eglise de la Sainte-Trinité de Rositza

                                                 construite en 1884

Repost 0
7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 11:54

 

Adalbert ( Wojciech ) Nierychlewski né en 1903 à Dabrowice en Pologne entra à la Congrégation de Saint Michel Archange en 1923. La Congrégation fut fondée par un disciple de Don Bosco, le serviteur de Dieu Bronislas Markiewicz à la fin du XIXème siècle, et elle venait de recevoir l' approbation de l' évêque de Cracovie ( Mgr Sapieha ) en 1921 lorsque le Père Nierychlewski y entra.

Il fit ses études de philosophie et de théologie à l' université Jagellon de Cracovie, et fut ordonné en 1932.

Il s' occupait de l' édition du journal catholique " Modération et Travail " à Cracovie.

Arrêté en octobre 1941 lors d' une visite d' inspection par la Gestapo, il échangea son sort contre celui d' un technicien père de famille et fut emprisonné à Cracovie. Déporté à Auschwitz début 1942, il mourut de ses tortures ( plongé dans de l' eau glacée puis de l' eau bouillante ) le 7 février 1942.

Il avait dit qu' il serait volontiers martyr de Jésus crucifié.

Béatifié en 1999 par Jean-Paul II

Repost 0