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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 20:07
Julie Ledochowska naquit à Loosdorf près de Sankt Poelten en Autriche le lundi de Pâques 17 avril 1865 dans une famille nombreuse - dix enfants - de la grande noblesse polonaise. 
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Elle naquit dans la propriété que son grand-père le comte Ignace-Hilaire** Ledochowski ( prononcer Ledoukhovski, kh comme la jota espagnole ou le ch dur allemand ), que son opposition au tzar contraint à l' exil en 1843, avait acquise. Son père était le comte Antoine-Auguste Ledochowski, et sa mère, la deuxième épouse de celui-ci après son veuvage,  Joséphine von Salis-Zizers. Les garçons furent éduqués dans les meilleurs établissements de Vienne. Son milieu était donc celui de la noblesse exilée, à la fois cosmopolite ( on parlait le français comme tous les cercles aristocratiques européens d' alors, et bien sûr l' allemand de Vienne, en plus du polonais. Les soeurs avaient des gouvernantes anglaises ), et patriote. On rendait visite aux grandes familles dans leurs propriétés des environs : celle du comte von Falkenhayn à Walpersdorf, des Hammerstein à Sitzenthal, du baron Tinti au château de Schallaburg ou des Auersperg au château d' Albrechtsberg...
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                          Julie, Wladimir; leur mère et Marie-Thérèse    

La Rome de Pie IX, qui se considérait aussi comme un exilé - mais un exilé de l' intérieur depuis la perte de ses Etats, en était la capitale spirituelle. Le comte et la comtesse Ledochowski élevaient leurs enfants dans la Foi et assistaient quotidiennement à la messe. Souvent les abbés de l' abbaye de Melk venaient à la propriété.


Cette famille était  " bénie de Dieu " puisque sa soeur Marie-Thérèse ( 1863-1922 ), missionnaire en Afrique, fut béatifiée et que son frère Wladimir Ledochowski ( 1868-1942 )  fut le célèbre Préposé général des Jésuites de la première moitié du XXème siècle ( de 1915 à sa mort ). 
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La famille de par son histoire était donc patriote et le demeurait : par exemple son jeune frère Ignace ( 1871-1945 ), après avoir rempli son devoir de sujet autrichien en combattant valeureusement comme officier de l' armée austro-hongroise sur le front italien, devint le célèbre général compagnon d' armes du maréchal Pilsudski, qu' il connut en combattant les Bolchéviques en novembre 1918. Il fut, entre autres décorations, décoré de la Légion d' Honneur. Il mourut dans un camp de concentration à Dora-Mittelbau. Il fut surnommé le " saint général ".


Leur oncle fut le non moins célèbre cardinal Mieczyslaw ( Miecislas ) Ledochowski ( 1822-1902 ), nonce pontifical, puis primat de Pologne, et enfin préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande de la Foi. Le cardinal Ledochowski fut emprisonné par la Prusse - qui administrait la partie de la Pologne où le primat avait son siège - pour s' être opposé à la politique anti-catholique et linguistique du Kulturkampf de Bismarck à partir de 1873. Il dut démisionner de son siège épiscopal  de Gnesen-Posen ( Gniezno-Poznan ) et s' exiler à Rome*.

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Il avait été nommé cardinal alors qu' il était emprisonné. Il fut accueilli par le Pape.
Le Siège de Saint-Pierre fut donc toujours dans la famille Ledochowski le point d' ancrage de leur histoire.


Patriotisme et catholicisme furent indissolublement liés dans l' éducation de la jeune fille.



Julie Ledochowska fut éduquée à Sankt Pölten et dans la propriété familiale, près de Cracovie ( qui appartenait alors à l' Empire austro-hongrois ), à partir de 1883. La situation de son père avait, après un krach bancaire en 1873, sérieusement empiré et  Julie eut donc de quoi méditer sur la vanité des biens terrestres. 
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            la maison des Lechodowski à Lipnica Murowana en Galicie

A 21 ans, elle entra au couvent des Ursulines de Cracovie, et prononça ses voeux en 1889 sous le nom d' Ursule de Jésus. Elle fut une éducatrice attentive, et forma les jeunes filles au sein de la Société des Filles de Marie. De 1904 à 1907, Mère Ursule Ledochowska fut supérieure du couvent et du pensionnat. Elle fonda une pension pour les jeunes filles qui, fait nouveau à l' époque, suivaient des cours à l' Université - mixte -  Jagellon de Cracovie. Elle avait le don de diriger avec ordre, avec justice et avec pragmatisme. Comme ses frères officiers, comme son grand-père et son oncle, elle avait le don de la direction. 
Il n' y a pas de justice permettant à la charité de s' épanouir, s' il n' y a de direction juste. Le charisme de direction qu' elle a reçu de par son éducation, de son milieu et  de sa naissance allait se mettre au service de l' Eglise ; et s' épanouir dans son époque, avec sa contingence et ses vicissitudes.

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Reçue par le Pape saint Pie X en 1907, il approuva son projet de se rendre en Russie : " prenez des robes roses si vous voulez, mais allez en Russie. "



 En 1909 elle dirigea l' école de jeunes filles de la paroisse catholique Sainte-Catherine sur la célèbre perspective Nevski à Saint-Pétersbourg. L' Empire russe, comme l' Empire austro-hongrois et l' Empire allemand, se partageait les territoires polonais, mais la formation intellectuelle des Catholiques étaient plus poussée en Pologne autrichienne ou allemande. Le séminaire et l' académie de théologie de Saint-Pétersbourg qui accueillaient de nombreux prêtres ou séminaristes d' origine polonaise, ou lithuanienne, étaient de date récente. En dehors de la Pologne, il n' y avait encore que peu d' ordres féminins catholiques actifs dans le reste de l' Empire russe. 

La Russie était certes majoritairement orthodoxe, mais de nombreux territoires à la marge de l' Empire étaient majoritairement catholiques ( les parties polonaise et lithuanienne ) ou protestants ( la Courlande, la Finlande, les bords de la Baltique occidentale, les colonies allemandes de la Volga, etc...). La plupart des villes importantes économiquement comprenaient aussi des paroisses catholiques ou protestantes pour les minorités de l' Empire, de Samara à Vladivostok, de Kiev à Nijny-Novgorod. 

L' époque exigeait donc une meilleure formation intellectuelle des jeunes générations catholiques. Saint-Pétersbourg était alors une capitale européenne cosmopolite, dont  le dynamisme économique faisait se côtoyer de nombreuses nationalités. Il fallait être efficace, prosélyte et ne pas se laisser distancer par d' autres communautés.
En un mot il fallait être " moderne ".
Elle fonda aussi un pensionnat de jeunes filles en Finlande, qui était alors une province russe ( le Grand-Duché de Finlande ).


 Tout ce monde s' écroula au moment de la première guerre mondiale !sainte-catherine.jpg
 la paroisse catholique sainte Catherine comptait à la veille de la révolution 30 000 paroissiens


Lorsque la première guerre mondiale éclata, la Russie impériale se rangea aux côtés des alliés occidentaux français et anglais, et combattit le Reich allemand du Kaiser Guillaume et l' Autriche-Hongrie de François-Joseph. La Mère Ursule Ledochowska, qui était sujette autrichienne, dut donc partir pour la Suède neutre, où elle fonda à Stockholm une école et un pensionnat pour les jeunes filles catholiques ou non, et un journal en suédois, bien que la plupart des Catholiques de Suède ( très minoritaires ) fût d' origine étrangère. Elle échappa ainsi certainement aux persécutions bolchéviques qui allaient à partir de 1917 frapper la Russie, et en particulier les Chrétiens.



C' est ainsi qu' en 1917, elle créa au Danemark une école pour les enfants des réfugiés de guerre, dont des Polonais, et spécialement les Polonais de Russie, qui pour la plupart avait fui les territoires russes en proie à la révolution communiste, sans pouvoir s' installer en Pologne alors sous occupation austro-allemande. Elle donnait des conférences en plusieurs langues sur la situation de son pays et des orphelins dont elle s' occupait. Elle gagnait sa vie en donnant des cours de français.

Elle put revenir à Cracovie dans son couvent d' origine, au moment de l' indépendance de la Pologne en 1919.



En 1920, répondant à un appel qui la pressait depuis les années de guerre et de révolutions qui bouleversèrent l' Europe centrale et l' Europe de l' Est, elle fonda une branche nouvelle de la spiritualité ursuline : les soeurs ursulines du Sacré Coeur de Jésus Agonisant  ( les Ursulines grises ). Elles étaient quarante soeurs.

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 Cette nouvelle Congrégation était particulièrement vouée à l' éducation des enfants pauvres, des enfants de réfugiés, des orphelins, ainsi que des vieillards abandonnés. Elle répondait à la situation de son époque, ravagée, de l' après-guerre; et aussi aux préoccupations sociales de son temps, celui du capitalisme industriel qui détruisait trop souvent les liens spirituels.

Rapidement, elle put ouvrir de nouvelles maisons en Pologne. Le Pape Benoît XV ( 1915-1922 ) l' appela non moins rapidement à Rome, où elle ouvrit deux maisons d' éducation, dont une en banlieue.  De Rome, profitant aussi des conseils de son frère, elle dirigea ensuite sa Congrégation de la nouvelle maison généralice ( fondée en 1928 ). Elle reçut les statuts définitifs de ses filles, les Ursulines grises,  en 1930 sous le pontificat de Pie XI. 
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                        Wladimir Ledochowski,sj ( 1868-1915-1942 )



Elle disait : " le Très Saint Sacrement est le soleil de notre vie, notre trésor, notre bonheur. "

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le couvent de Piewny, en Pologne, où repose le corps de sainte Ursule Ledochowska

Elle mourut le lundi de Pentecôte 19 mai 1939 à Rome, laissant de nombreux écrits de méditation, quelques mois avant le début des hostilités...Il y avait alors 35 couvents en Pologne, en France, en Belgique, en Suisse, en Italie, etc...

Elle fut béatifiée en en 1983 et canonisée en 2003 par Jean-Paul II. Les soeurs grises sont une trentaine en France.

ledochowska.gif



* La réconciliation du formidable cardinal polonais avec la Prusse n' eut lieu qu' en 1893 lors de la visite de Guillaume II à Rome.

** Il s' installa en Pologne autrichienne en 1855 où il termina ses jours dans un couvent dominicain de Galicie en 1870.
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Julie ( sainte Ursule ) Ledochowska avait trois demi-frères du premier mariage de leur père avec Marie von Seilern, Thimothée, Antoine et Casimir. Suivirent du second lit : Marie-Thérèse, Julie, Wladimir, Marie-Josèphe, Ernestine, Fanny et Ignace. Une petite Josèphe et un petit Stanislas moururent en bas-âge.

Lien : http://www.ursulines-cja.org
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 03:03
 demski.jpg  Ladislas ( Wladyslaw en polonais ) Demski naquit  le 5 août 1884 en Prusse Orientale, dans le Ermland ( ou Varmie en français ), dans le petit bourg de Dietrichsdorf ( Straszewo en polonais ), près de Stuhm ( Sztum ). Il était donc sujet du Reich allemand. 


La population était majoritairement prussienne et avait été christianisée par les chevaliers teutoniques, à l' appel de Conrad de Mazovie, au XIIIème siècle. A partir de cette époque, elle fut germanisée. 
Après la bataille de Grunwald en 1410, la région fit allégeance au roi de Pologne à Marienburg. Après une brève reconquête par l' Ordre teutonique, la Varmie fit partie de la Prusse royale ( à ne pas confondre avec la Prusse ducale qui deviendra majoritairement luthérienne ) qui se plaça, en gardant certains privilèges, sous la suzeraineté de la Pologne en 1466 ( traité de Thorn ou Torun ).


En 1569, l' Union de Lublin ( union de la Pologne et de la Lithuanie ) reconnut une certaine autonomie à la Prusse royale. En 1772, la Varmie, ou Prusse royale, fut, avec d' autres parties de la Prusse Orientale, annexée au Royaume de Prusse dont la capitale était à Berlin ( Prusse-Brandenbourg ).

Mais la Varmie, contrairement à d' autres régions de Prusse, était restée majoritairement catholique dans les campagnes. Les villes les plus importantes étaient Allenstein et Braunsberg ( Braniewo en polonais ).
On parlait un allemand haut-prussien en Varmie ( avec des dialectes bas-prussiens dans le Nord ), tandis qu' au sud on parlait le polonais ( les Warmiaks ). 
Ladislas Demski faisait donc partie de cette minorité méridionale ( les Warmiaks ) qui s' exprimait en polonais. Ses parents étaient d' ardents patriotes polonais à la suite des mouvements d' idées nationalistes, nés au XIXème siècle. 

A la création de l' Empire allemand en 1871, la Varmie fit partie de la province de Prusse Orientale majoritairement luthérienne. En 1873, l' enseignement devint entièrement en langue allemande comme le fut le français dans les écoles de la IIIème République, pour éradiquer les langues locales. Mais, aussi bien en Prusse qu' en Russie ou en Autriche, les langues " locales " parvinrent à survivre car le centralisme était moindre; alors que paradoxalement les régimes étaient plus " autoritaires " ( pour employer un langage d' aujourd' hui ).


Il étudia au Collegium Marianum de Pelplin, fondé en 1836 pour les élèves de langue polonaise. Pelplin, petit village fondé par les cistersciens au XIIIème siècle, était devenu au XIXème siècle une bourgade de plusieurs milliers d' habitants qui venait d' obtenir le rang d' évêché. Il poursuivit ses études au lycée de Braunsberg, ville majoritairement germanophone et ancienne ville de la ligue hanséatique. Avec sa voisine Königsberg ( aujourd' hui Kaliningrad en Russie ), elle était le principal centre universitaire de la Prusse Orientale. 

Braunsberg-Rathaus-Kirche-.jpg


Il étudia au séminaire de Braunsberg entre 1906 et 1910, année où il devint vicaire pour la paroisse polonaise de Frauenburg ( aujourd' hui Frombork ) ville de 2500 habitants sur le lagon de la Vistule, où vécut et fut enterré en 1543 Nicolas Copernic. Ensuite, il fut nommé à Thomsdorf ( aujourd' hui Szabruk ) puis plus à l' Est à Wartenburg ( aujourd' hui Barczewo ) ville de 5000 habitants à 15 km d' Allenstein et à 100 km de Königsberg. Il demeura dans la région de 1912 à 1917, et exerça aussi la charge d' aumônier de l' hôpital militaire de Königsberg pour les soldats polonais de l' armée allemande.

La province comptait près de 1 700 000 Protestants (  à noter des communautés mennonites dans les envirions de Tilsit ), près de 230 000 Catholiques et près de 14 000 Juifs. 


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Après la guerre, il s' installa à Altmark près de Stuhm de 1919 à 1921. Le Reich du Kaiser Guillaume était vaincu. L' agitation socialiste, les grèves ouvrières et le chômage allait dévaster l' Allemagne, tandis qu' à Berlin la révolution spartakiste s' inspirait de la révolution bolchévique en Russie. 
La jeune république polonaise naissante au Sud, dont l' armée était formée par les Français ( il y avait un jeune capitaine De Gaulle... ) et les Anglais pour contrer les avancées soviétiques avait un certain pouvoir d' attraction pour la minorité polonaise de Prusse Orientale. Beaucoup de Polonais, dans une Allemagne ruinée, y immigrèrent. Mais la Pologne elle-même était dans une situation militaire et économique précaire.



Les alliés occidentaux organisèrent un plébiscite dans la région pour le maintien de la Prusse Orientale ou non à l' Allemagne. Il fut créé le fameux couloir de Dantzig qui coupa la Prusse du reste de l' Allemagne et la ville de Memel, allemande, fut annexée à la Lithuanie en 1923. L' abbé Demski faisait partie du comité central de l' Union des Polonais de Prusse Orientale et de diverses associations de Catholiques polonais de Prusse. 

Contrairement aux prévisions occidentales, la Prusse Orientale vota à une majorité écrasante pour son maintien dans la nouvelle Allemagne de Weimar. Les minorités polonaises de Prusse allait subir des discriminations, de même que les minorités germanophones restées en Pologne. Le pire allait advenir car la province appauvrie et isolée allait se laisser séduire par le IIIème Reich dix ans après...


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Ladislas Demski décida donc d' émigrer en Pologne, et il se fit incardiner à Gniezno ( Gnesen ) qui elle avait voté pour le rattachement à la Pologne, car elle était située dans la partie prussienne catholique.


Il devint prêtre à Inowroclaw ( l' ancienne Leslau ou Hohensalza ) et décida de reprendre ses études. Il fut préfet au lycée Kasprowicz, où il enseigna la philosophie et suivit des cours de philologie classique à l' Université de Poznan. Il put ainsi devenir professeur de latin-grec et de philosophie. Petit à petit, il se construisit dans son nouveau pays, où il ne faisait plus partie d' une minorité.
 L' heure était à la reconstruction personnelle, morale, communautaire, et bien, sûr spirituelle. Son patriotisme et son attachement à la spiritualité du Sacré-Coeur ainsi que sa fidélité à l' enseignement du Pape Pie XI, ami de la Pologne, ne le firent pas tomber dans un nationalisme exacerbé; contrairement à certains Polonais moins proches de l' Eglise et tentés par les régimes autoritaires qui se propageaient en Europe. 

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Pendant toutes ces années, il fut un professeur ardent, attentif aux progrès de ses élèves. Parrallèlement à ses charges pastorales à la paroisse Notre-Dame, il participait au renouveau de son pays.

Très vite au moment de l' occupation hitlérienne, il fut donc arrêté comme membre de l' élite intellectuelle, avec son confrère l' Abbé Kubski, le 2 novembre 1939, et déporté quelques mois plus tard à Stutthof, puis au camp de Sachsenhausen, où il mourut le 28 mai 1940.

Il fut béatifié en 1999. 

hohensalza-promenade.jpg

Links:  ( auf Deutsch )  www.deutsche-schutzgebiete.de 
www.deutsche-kaiserreich.de
voir le bienheureux Stanislas Kubski : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-10468743.html
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 00:04
Nowowiejski.jpg   Antoine-Julien ( Antoni-Julian ) Nowowiejski naquit le 11 février 1858 à Lubienia près d' Opatow en Pologne méridionale qui appartenait alors à l' Empire russe.

Il entra à seize ans au séminaire diocésain de Plock ( prononcer Plotzk ) en Mazovie - au Nord-Ouest de Varsovie -  et fut ordonné le 10 juillet 1881. L' année suivante il poursuivit ses études à l' académie théologique de Saint-Pétersbourg à l' issue desquelles il devint recteur du séminaire de Plock, puis vicaire général. Il fallait rehausser le niveau du clergé qui était moins bien formé que le clergé polonais des parties prussienne et autrichienne de la Pologne.


En 1908, il devint évêque de Plock. Il aida la fondation à Plock des soeurs de ND de la Miséricorde inspirées par sainte Faustine Kowalska (1905-1938 ) et dut affronter le schisme mariavite ( secte  accusée d' être pro-russe unie plus tard aux vieux-catholiques d' Utrecht ).
Entre 1915 et 1918, Plock fut occupée par l' armée austro-allemande et en 1920 fut le siège de combats entre bolchéviques et Polonais de l' armée de Pilsudski.

En 1930 il fut nommé archevêque " ad personam " par Pie XI qui avait été avant son pontificat nonce en Pologne. Il organisa deux synodes diocésains et fut à l' initiative de la fondation de l' Action Catholique dans son diocèse.

Il fut un évêque exemplaire à la profonde spiritualité, promoteur de recherches théologiques. Il écrivit des ouvrages sur l' histoire de l' Eglise et sur la liturgie et fut nommé docteur honoris causa de l' université de Varsovie.

Après que la Mazovie du Nord fut annexée à la Prusse orientale, Il fut arrêté par les nazis le 28 février 1940  avec un groupe de prêtres, dont son auxiliaire Mgr Wetmanski, et interné à la prison de Slupna puis au camp de concentration de Dzialdowo ( Soldau en allemand ). Il avait déclaré : " comment un pasteur peut-il abandonner ses brebis ? ". En cachette il apportait un soutien spirituel à ses compagnons d' infortune. Il mourut de ses mauvais traitements après trois mois de souffrances le 28 mai 1941.
Il fut béatifié par Jean-Paul II en 1999. 

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                                     Cathédrale de Plock

Liens :
http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12976098.html
http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12842864.html
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 20:53
Matuszewski.jpg  Vincent ( Wyncenty ) Matuszewski  ( prononcer Matouchevski ) naquit le 3 mars 1869, à Chruscielenska Wola, près de Kutno dans le centre de la Pologne, appartenant alors à la Prusse et mourut près de Witowo le 23 mai 1940. Il fut béatifié le 13 juin 1999 par Jean-Paul II à Varsovie. 


Il devint prêtre en 1895, après avoir étudié au séminaire de Wloclawek, et s' occupa de diverses paroisses du diocèse, puis de celle de Saint-Sigismond à Czestochowa ( 1901-1906 ). Après la Première Guerre Mondiale, et à l' indépendance de la Pologne, il fut nommé curé de la petite ville d' Osieciny ( en Cujavie ). Il était fidèle à son bréviaire et au confessionnal. Scrupuleux, il s' appuyait sur le dynamisme de son jeune vicaire le bienheureux Joseph Kurzawa. 

Il fut arrêté, jugé sommairement et exécuté par les Allemands, avec son vicaire. 

Dans le diocèse de Wloclawek auquel ils appartenaient, 220 prêtres et religieux furent tués par les hitlériens, soit la moitié des effectifs...
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 20:49

Kurzawa.jpg  Joseph Kurzawa naquit le 6 janvier 1910 à Swierczyn et mourut près de Witowo le 23 mai 1940. 
Il étudia au lycée de Kalisz et au séminaire de Wloclawek. Il fut ordonné en 1936. Il était sportif et énergique.
Vicaire à Osieciny, il fut exécuté avec son curé le bienheureux Vincent Matuszewski. Il avait trente ans.
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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 14:21
stanislas-kubski.jpg  Né le 13 août 1876 à Ksiaz ( Xionz ) près de Strzelno en Cujavie-Poméranie, qui fut prussienne de 1772 à 1919, Stanislas ( Stanislaw en polonais ) Kubski entra au séminaire en 1897 et fut ordonné en 1900. Il devint vicaire à Gniezno ( Gnesen ). Il avait une grande dévotion pour ND de Czestochowa.
En 1923 il fut nommé curé de la paroisse Sainte Marie Mère de Dieu à Inowroclaw, l' ancienne Hohensalza. Arrêté en automne 1939 comme un millier d' autres habitants de la ville, il mourut gazé au camp de concentration de Dachau le 18 mai 1942.
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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 20:37

Prêtre du doyenné de Radom en Pologne né le 3 juillet 1899 à Dwikozy, il mourut de faim au camp de Dachau le 9 mai 1941.

chasuble-ihs.jpg

Stefan ( Stéphane ou Etienne ) Grelewski fit ses études au séminaire de Sandomierz ( Sandomir ) jusqu' en 1916 puis entra à l' université catholique de Lublin. Il fut ordonné en 1921. Ensuite il poursuivit un doctorat en droit canonique à la faculté catholique de Strasbourg en France qu' il obtint en 1924. Il s' occupait aussi des paroisses polonaises d' Alsace où se regroupaient les ouvriers émigrés de Pologne.

A son retour en Pologne il devint secrétaire général de l' Action Catholique Ouvrière du doyenné de Radom près de Sandomir. Il publiait aussi des articles dans de nombreuses publications en Pologne et correspondait  à l' étranger en allemand et en français avec d' autres intellectuels catholiques.

Grelewski-S.jpg

Il collaborait au Courrier de Varsovie, à la Voix du Peuple, et à des journaux catholiques. Il fut aussi l' auteur d' ouvrages sur le protestantisme et les sectes en Pologne et sur la vérité catholique.

Arrêté en 1941 avec son frère l' abbé Casimir Grelewski ( 1907-1942), ils furent tous les deux déportés en camp de concentration où ils trouvèrent la mort.

 Les deux frères furent béatifiés par Jean-Paul II en 1999 avec d' autres martyrs de la seconde guerre mondiale en Pologne.  

A Dachau, un bloc sacerdotal avait été créé où furent incarcérés 2720 ministres religieux dont 2579 prêtres ou religieux catholiques parmi lesquels 1780 Polonais.

1034 y trouvèrent la mort dont 868 prêtres ou religieux catholiques polonais.

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 00:57

 Henri ( Henryk ) Kaczorowski ( prononcer Katchorovski ) naquit le 10 octobre 1888 à Bierzwienna près de Kolo en Pologne dans la province de la Vistule ( ex-Royaume du Congrès uni administrativement à la Russie depuis 1815 ) incorporée à l' Empire russe en 1868 après les émeutes de 1863. Il fit ses études au lycée de Kalisz.

A 20 ans il entra au séminaire de Wloclawek ( prononcer Vlotslavek ) dans la région de Cujavie à 140 km au Nord Ouest de Varsovie. La région avait été administrée par la Prusse au XVIIIème siècle ( Leslau en allemand ) et l' était par la Russie depuis 1815.

 

En 1913 il perfectionna ses études de théologie à l' académie théologique de Saint-Pétersbourg, capitale de l' Empire, où il fut ordonné le 13 juin 1914.

 

Il devint prêtre diocésain à Kalisz qui fut bombardée peu après par l' armée austro-allemande qui occupa le pays à partir de 1915 jusqu' en novembre 1918. En 1915 il passa neuf mois au sanctuaire de Lichen sur les lieux de l' apparition de la Vierge, et cela renforça sa dévotion mariale et son ardeur patriotique. En 1916 il devint vicaire dans la petite ville de Sulmierzyce.

Il ne put reprendre ses études qu' en 1918 à Lublin et fit une thèse sur saint Thomas d' Aquin. Il obtint son doctorat  en 1922. Il avait terminé ses études au moment où la nouvelle république polonaise terminait ses guerres contre ses voisins ( en particulier soviétique ) pour ses nouvelles frontières. 

 

              séminaire de Wloclawek, à droite de la photo : la cathédrale

 

A Wloclawek il devint professeur de théologie morale au séminaire ( où étudiait alors le futur cardinal Wyszynski ) et recteur du lycée Pie X du diocèse. Il fut aussi rédacteur à la revue " l' athénée sacerdotal " et à partir de 1928 recteur du séminaire. En 1930 il fut nommé chanoine de la cathédrale et en 1939 prélat pontifical.

Considéré comme modèle de spiritualité sacerdotale, c' était un homme de Dieu et de l' Eglise. Il avait le souci de la culture et de la formation théologique et morale de ses séminaristes. Par le biais de sa revue il correspondait avec de nombreux théologiens étrangers.

Lorsque la Pologne centrale et occidentale fut occupée en septembre 1939 par l' armée allemande, il resta au séminaire avec ses professeurs ; mais il fut arrêté le 7 novembre 1939 comme des dizaines de milliers d' autres représentants de l' élite intellectuelle polonaise.

Il fut interné au séminaire salésien de Lad qui regroupait les religieux et prêtres emprisonnés de la région, puis en avril 1941 il fut déporté avec le bienheureux Michel Kozal, évêque auxiliaire de Wloclawek, et d' autres ecclésiastiques à Dachau. Malade et affaibli, il fut gazé le 6 mai 1942.

Il avait dit à ses compagnons de détention peu avant : " priez pour nous, afin que nous restions forts et que nous priions pour vous aussi. Que Dieu soit avec vous ! "

                    la cathédrale de Wloclawek

Il fut béatifié par Jean-Paul II avec 107 autres martyrs polonais de la seconde guerre mondiale le 13 juin 1999 à Varsovie.

 Lien : ND de Lichen  http://www.lichen.pl/fr

 

Lien en polonais : www.info.kalisz.pl/biograf/kaczorowski.htm

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 22:47

 

Stanislas Kubista naquit dans une famille pieuse de neuf enfants à Kostrechna. La famille récitait tous les soirs devant l' autel marial de la maison le rosaire. Il était évident qu' il deviendrait prêtre. Une de ses soeurs Anna entra au couvent près de Vienne. Il étudiait à l' école allemande et était donc bilingue.

Enfant il fut impressionné par les prédications des Pères missionnaires de la Sainte Croix de Steyl - ou missionnaires du Verbe Divin. Il fit ses études dans leur école à Neisse. Il fut enrôlé en 1917 dans l' armée où il fut téléphoniste sur le front occidental. Démobilisé en mai 1919 à Stettin, il poursuivit ses études à Neisse au noviciat des Pères missionnaires verbistes rêvant de devenir lui-aussi missionnaire en Chine.

Les Pères publiaient de nombreuses publications et brochures en polonais. Il fut envoyé au noviciat Saint-Gabriel de Mödling près de Vienne. Il fut ordonné en 1927 à 29 ans.

Econome de l' école et du couvent de Gorna Grupa, il avait la responsabilité de 300 personnes ( élèves et professeurs. ) Il devint par la suite procurateur.

Il publiait des ouvrages et des brochures en particulier pour la jeunesse et se passionnait pour les missions. Il avait une grande dévotion pour saint Joseph. Ses écrits étaient célèbres en Pologne.

Lorsque les Allemands envahirent la Pologne, il fut arrêté avec d' autres missionnaires et prêtres de sa congrégation auxquels vinrent s' ajouter de nombreux prêtres diocésains. Dans la congrégation du Verbe Divin furent arrêtés 14 pères, 14 religieux, 4 frères et 12 novices. La province de Pologne créée en 1919 comprenait vingt ans après 29 pères et 61 frères.

En février 1940 il fut déporté à Nowy Port près de Dantzig puis à Stutthof et en avril 1940 au camp de Sachsenhausen. Affaibli et malade il fut destiné à la mort après trois jours d' agonie. C' était le 26 avril 1940.

Il fut béatifié par Jean-Paul II en 1999 avec trois autres membres de sa congrégation les Pères Frackowiak, Liguda et Mzyk.

La congrégation a été rétablie en Pologne en 1946 et rayonne aujourd' hui autour de ses quatorze établissements.

 

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 22:15

Ladislas ( Wladyslaw ) Goral naquit le 1er mai 1898 à Stoczek . Il fit ses études à Lublin et à Rome où il fut ordonné en 1920 à la basilique saint Jean de Latran. Il continua ses études théologiques à l' Université grégorienne de Rome et à Fribourg en Suisse. Pendant ses vacances il prêchait pour les communautés polonaises de Suisse et de France.

En 1926 il retourna en Pologne et devint professeur à 28 ans au séminaire de Lublin. Erudit et pédagogue, il avait l' estime de ses élèves. Parallèlement il publiait des articles de théologie et de pastorale. il organisait aussi des colonies de vacances pour les enfants de familles ouvrières et mit en place des cours d' éducation pour les travailleurs. Il faisait partie de la Conférence de saint Vincent de Paul et venait en aide aux vieillards et aux orphelins. Il fut à l' origine de l' établissement des Filles de la Charité à Kreznica.

               Christ en croix, cathédrale de Lublin

Il était donc un prêtre de son temps attentif à appliquer la doctrine sociale de l' Eglise dans une époque d' affrontements sociaux et de montée des périls en Europe.

Il devint évêque auxiliaire de Lublin en 1938. La guerre le surprit à Varsovie pendant les bombardements alors qu' il dirigeait une récollection après un pélerinage à Czestochowa. Il retourna dans Lublin occupée où il demeurait au séminaire et fut arrêté par la Gestapo en novembre 1939 avec d' autres prêtres et des professeurs du séminaire. Il s' était préparé spirituellement.

 

Il fut envoyé au camp de travail de Sachsenhausen en 1940 où il mourut en avril 1945 lors de l' évacuation des nazis. 

Il fut béatifié en 1999 par Jean-Paul II.

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