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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 01:48

La belle Bathilde ( Batichildis ), d' origine anglo-saxonne, fut capturée sur les côtes d' Angleterre par des pirates danois. Certains historiens pensent qu'elle était la fille d' un prince du Wessex, qui perdant la guerre contre les intrusions viking se fit donc enlever sa fille comme trésor de guerre. Elle fut vendue certainement fort cher en 641 à un palatin de la cour de Neustrie, Archimbaut ( Archinoald, Erchinoald ).

                      Statue de sainte Bathilde, au jardin du Luxembourg à Paris

 Elle devint jeune fille de la suite de sa femme et remarquée par sa beauté et ses vertus. Devenu veuf, Archimbaut voulut l' épouser, mais selon la légende elle s' enlaidit ( momentanément, rassurons-nous ) et se dissimula. Il finit par en épouser une autre.

 La véritable raison du mariage de Bathilde fut la sagesse ( ou l' ambition ) politique d' Archimbaut qui la présenta au jeune Clovis II, roi des Francs faible de caractère et enclin aux plaisirs. Elle l' épousa à l' âge de 19 ans, et Archimbaut conserva son rôle de maire du palais, car il avait la confiance et l' estime de Bathilde. En six ans de mariage elle eut trois fils : Clothaire III ( 652-673 ), Childéric II et Thierry III.

 

Devenue veuve en 657, cela dut être un soulagement, elle fut régente pendant la minorité de son fils Clothaire dont elle s' efforça de stabliser le royaume dans ces temps troublés, guidée en cela par les évêques saint Geniès, saint  Landry de Paris, saint Eloi de Noyon ou saint Ouen de Rouen. Elle mit l' Austrasie sous le contrôle de la Neustrie. 

Lien sur saint Eloi : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4750796.html

 

Ses premières mesures furent de stabiliser les populations en faisant édicter des lois favorables aux colons cultivateurs. Elle fit supprimer le cens ( loi de l' époque romaine ) qui était dû par les habitants de race gauloise.

 

Elle se fit la fondatrice et la protectrice de monastères selon la règle du fameux moine irlandais saint Colomban qui défrichèrent des terres, comme celui de Chelles près de Paris ( sur le lieu d' un oratoire fondé par sainte Clotilde ), l' abbaye de Fontenelle, ou Corbie, etc... et faisaient office d' hospices. La Gaule se relevait à peine de l' époque des invasions où sa population était passée de 8 millions à 5 millions ! Il fallait reconstruire et refonder...

Contrairement au sud de la Gaule qui était restée chrétienne, après l' invasion des Huns et les guerres franques, le nord de la Gaule était largement déchristianisé, et les églises détruites. C' était sous l' impulsion des Francs nouvellement chrétiens que le nord de la France ( ou Gaule  franque ) allait se relever. Saint Eloi était d' origine gallo-romaine, il avait compris la force de volonté des Francs, et comme lui beaucoup avaient compris aussi qu' il fallait reconstruire sur des ruines. L' originalité de cette époque consiste en ce que beaucoup de femmes franques furent à l' origine de ce mouvement d' union des bonnes volontés, et que le pouvoir royal faisait confiance depuis Clovis et surtout Dagobert aux vertus d' organisation de l' Eglise.

 

Elle mit les clercs de la sépulture royale de Saint-Denis, ( où était enterré Dagobert ) sous la règle monastique, en les affranchissant du pouvoir de l' évêque. Ce qui fut critiqué, pour des raisons évidemment financières.

 

 

Mais surtout elle lutta contre l' esclavage. Réprouvé par l' Eglise, ce système quasiment disparu des villes subsistait dans les grands domaines agricoles et chez les dignitaires. Elle-même ancienne captive esclave, elle en racheta un grand nombre sur ses propres deniers.

 

Elle fit réduire les impôts ( capitation calculée sur le nombre d' individus du foyer ) des laboureurs pour empêcher que les familles pauvres ne vendent leurs enfants !

 

Elle rendit la vente et l' achat d' esclaves définitivement illégaux, sans toutefois obliger les propriétaires, souvent d' ancienne origine gallo-romaine, des grandes exploitations d' affranchir les leurs immédiatement. Le système finit par s' éteindre. Quant aux captifs venus de l' étranger, et proposés à la vente comme on dirait aujourd' hui, elle décréta qu' ils devenaient obligatoirement libres sur le sol franc !

L' hostilité grondait contre elle, alors qu' elle avait enfin pacifié le royaume...

Lorsque Clothaire fut en âge de gouverner, elle préféra se retirer ( sous escorte militaire... ) au monastère de Chelles qu' elle avait fondé, pour échapper à l' hostilité des grands qui la détestaient et la traitaient de sorcière. Lorsqu' un de ses proches conseillers fut assassiné, elle comprit l' avertissement. N'avait-elle pas fait rédiger des lois contre la simonie, et ainsi fait freiner l' accès des rejetons des grands aux bénéfices des abbayes ? N'avait-elle pas fait affranchir leurs paysans ? Et surtout ne cherchait-elle pas à unir le royaume ?  

 

 Elle accédait enfin à la véritable liberté de se consacrer à la prière. Elle  soignait les malades, et participait à la vie religieuse comme une simple moniale, ayant fait élire comme abbesse une autre soeur qu' elle avait remarquée, sainte Bertille, venue de l' abbaye de Jouarre ( fondée en 630 ).

Rapidement, des filles de familles influentes ou des princesses comme sainte Hereswithe d' Angleterre, arrivée en 655 et sa soeur sainte Hilde ( 614-680 ) fondatrice d' abbayes en Angleterre, ou sainte Mildred de Kent ( morte en 732 ) fondatrice elle-aussi en Angleterre vinrent à Chelles, centre de rayonnement non seulement spirituel, mais aussi civilisationnel. 

 

Elle n' avait pu empêcher l' influence du maire du palais Ebroin de dominer par ses intrigues contre les avis de saint Léger d' Autun, conseiller de la reine. Ce fut lui qui gouverna véritablement et écarta la reine, inaugurant une période où le royaume franc s' enfonça dans les divisions, jusqu' à l' avènement de Charles Martel...

 

Elle mourut le 30 janvier 680 à Chelles, dans l' humilité, et fut canonisée par le pape Nicolas Ier ( 858-867 ).

 

La propre soeur de Charlemagne, Gisèle ( 757-810 ),  fut abbesse de Chelles qui se mit sous la règle bénédictine au VIIIème siècle,  ainsi que la fille du Régent, Louise-Adélaïde d' Orléans au XVIIIème siècle. L' abbaye était spécialement protégée par le roi, et de nombreuses princesses y furent éduquées. L' abbaye fut fermée en 1790, et détruite en 1796, après avoir été vendue comme bien national.

Ses reliques, protégées par les habitants de Chelles pendant la révolution, furent transférées à l' église Saint-André de Chelles où elles reposent toujours. Quelques reliques, distraites de l' ensemble, se trouvent à la chapelle Pie-IX de Rome, à l' abbaye de Jouarre, et à la cathédrale de Meaux.

                                    Eglise St André de Chelles, XIIIème siècle 

On figure sainte Bathilde avec une échelle vers le ciel, selon un de ses songes ( Chelles=échelle ).

 

Lien sur Clovis II et la politique d' Archimbaut : http://www.monarchies.org/souverains/france/merovingiens/clovis_II.htm 

Lien sur un joli site traitant de sa chasuble conservée au musée municipal de Chelles :

http://www.baladeenpaysbriard.com/archive-05-23-2006.html

                      Ruines de l' abbaye ND de Chelles dessinées par Victor Hugo

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 06:00

En Terre Sainte, l' Eglise catholique fête saint Domitien né vers 410, le disciple de saint Euthyme le Grand, nés tous les deux dans la patrie de saint Polyeucte. Adolescent, sa foi fut remarquée par saint Euthyme son compatriote, alors qu' il menait une vie d' ermite avec saint Théoctiste.

Il le prit sous sa direction spirituelle, vers 425 lorsqu' il souhaita échapper aux foules. On se souvient qu' il avait baptisé une tribu de Bédouins ( dont le chef sous le nom de Pierre devint en 427 évêque des tribus nomades à partir de son campement des Parambolae non loin du futur monastère de Saint-Euthyme ), et que sa réputation de thaumaturge et de saint homme faisait le tour de la Palestine...

Domitien suivit donc son aîné dans le désert de Ruba, puis après quelques temps sur la montagne de Mardès ( aujourd' hui le Mird ) près de la Mer Morte où ils construisirent une chapelle.

Ils s' enfonçèrent ensuite dans le désert du Ziphon où David avait fui la colère de Saül; mais furent rejoints par des foules de visiteurs, venus surtout de la ville d' Aristoboule dont saint Euthyme avait soigné le fils d' un notable.

    Saint Euthyme, icône Mont Athos XVIIème siècle

Nos deux saints menaient aussi une vie frugale :

Les anachorètes de l' époque avaient l' habitude de quitter leur grotte ou leur cellule au moment du Carême lorque le désert n' est pas encore trop sec. Ils allaient dans le désert pour se conformer à l' exemple de saint Jean-Baptiste et de Jésus lui-même. Mais cela permettait aussi de forger le caractère. Ils partaient avec quelques disciples. C' est ce que fit Euthyme avec Domitien. Il s' agissait d' éprouver le novice,  de tisser des liens plus forts et de discerner les futures vocations. Ainsi Domitien fut l' économe de la future laure de Saint-Euthyme que j'ai évoquée dans mon commentaire d' hier.

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/archive-01-26-2007.html

Domitien fut aussi un formateur. En 429 Juvénal de Jérusalem l' ordonna comme diacre. Il assistait saint Euthyme. A la laure et au désert ils formèrent Elie et Martyrius futurs meneurs d' hommes et  patriarches de Jérusalem. Ils instruisirent  ainsi saint Sabas et saint Gérasime futurs fondateurs de monastères.

Cyrille de Scythopolis raconte que saint Euthyme portait avec lui au désert une petite pioche pour extraire les racines des plantes afin de se nourrir et de creuser le sol pour trouver de l' eau. Saint Sabas nourri de racines d' asphodèles crut presque mourir de soif ! 

Après les controverses que j' ai évoquées précédemment, saint Euthyme avait tissé un réseau de disciples bien formés sprituellement. Domitien assurait comme Marthe le fonctionnement du monastère jumelé avec celui de Saint-Théoctiste. Le vieil abbé après la mort de saint Théoctiste avait compris que la vie communautaire devrait être aussi la règle pour sa laure. Il craignait les scissions et souffrit de l' influence des doctrines hétérodoxes sur certains de ses disciples. La règle communataire était un rempart aussi contre l' erreur, même si l' esprit de la laure était considéré comme plus parfait.

Domitien savait tout cela, mais à la mort de son abbé le 20 janvier, après que le clergé de Jérusalem autour du patriarche Anastase, les moines Elie, Martyrius, etc...rendirent un dernier hommage au saint moine, il ne pouvait plus vivre. Il eut une vision de saint Euthyme l' appelant auprès de lui. Il se rendit alors à l' église du monastère et rendit l' âme. C'était une semaine après la mort de saint Euthyme après l' Epiphanie... 

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5323738.html

 Saint Domitien, moine en Terre Sainte, ne doit pas être confondu avec saint Domitien, évêque, fêté le 10 janvier. Il était cité dans l' ancien canon ( kanonarion ) de Jérusalem le 5 novembre.

 

                                                 Désert de Judée

cf lien sur saint Polyeucte : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5627184.html

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 02:40

Saint Jean Chrysostome ( Bouche d' or ) est né à Antioche au milieu de IVème siècle et mort en 407. Il y a donc seize siècles cette année !

Son père officier étant mort peu après sa naissance, il reçoit de sa mère une éducation soignée qui le confie aux meilleurs philosophes, mais comme saint Augustin exactement à la même époque, il connaît une jeunesse dissipée. Il se grise de théâtre et de joutes oratoires et ne néglige pas la bonne chère.

Lorque son maître Libanius meurt, celui-ci aurait dit : Jean aurait été mon meilleur successeur si les chrétiens ne me l' avaient pris ! En effet il suit des cours d' exégèse auprès de Diodore de Tarse, et finalement demande le baptême.

Plein d' ardeur, il s' installe vers 375, après la mort de sa mère, comme ermite aux portes d' Antioche, où il apprend la Bible par coeur, rédige des traités dont  " Du sacerdoce " influencé par saint Grégoire de Naziance. Il estime que le prêtre aussi, au milieu des périls et des tentations du monde, est méritant dans la voie de la perfection chrétienne. Mais épuisé par les austérités, il tombe malade et rentre à Antioche.

en 381, il est ordonné diacre par l' évêque Mélétius d' Antioche, puis prêtre. Il devient un célèbre prédicateur et rédige de nombreux écrits, tandis que ses sermons sont copiés par les fidèles.

Pendant un carême à Antioche, il aide l' évêque à juguler une révolte pendant laquelle les statues de l' empereur furent mutilées. Il écrit des sermons dont la célèbre homélie sur les statues où il s' écrie que les juifs et les païens ( opposés au pouvoir de l' empereur Théodose ) doivent apprendre que les temps ont changé et que les chrétiens désormais " sont les sauveurs, les protecteurs, les chefs et les maîtres de la cité " . Ce qui n' est pas diplomate...mais des conversions ont lieu en masse et l' empereur décide de " passer l'éponge ".Tout cela attire l' attention de la cour de Constantinople....

En 397, à la mort de l' archevêque Nectaire de Constantinople, l' empereur Arcadius ( 395-408 ) l' appelle à sa succession.

Toujours plein d' ardeur, il crée des hospices pour les malades et des asiles pour les nécessiteux. Il sera toujours aimé de la population.

                                 Saint Jean Chrysostôme,XIVème siècle, Kremlin

Mais ce n' était pas un homme facile, enclin aux compromis! Qu' on en juge :

Il destitue les prêtres indignes, s' insurge contre la corruption des grands de l' empire, fustige les mauvaises moeurs, rappelle les moines gyrovagues dans des couvents. 

Il reste dans la droite ligne de l' école d' Antioche appliquant à la vie réelle le message chrétien, alors que celle d' Alexandrie est plus encline aux interprétations allégoriques.

Il prend seul ses repas et impose un mode de vie austère à son entourage. Pas étonnant qu' il ait suscité des haines tenaces !

Même s' il avait remercié l' impératrice Eudoxie de ses bienfaits, il finit par l' accuser d'accaparement de biens contre une veuve et surtout de dépenser des sommes folles. Dès lors la colère de l' impératrice n' attendra qu' un prétexte pour l' écarter. Finalement en 402 lors d' une controverse de moines origénistes menés par le patriarche Théophile d' Alexandrie convoqué à Constantinople, saint Jean Chrysostome est déposé et condamné par l' empereur...Mais il est rappelé par l' impératrice pleine de remords ( elle avait fait une fausse couche, et les barbares menaçaient ). Cela ne l' empêche pas de continuer ses sermons de plus en plus accusateurs, surtout lorsqu' à la mort de l' impératrice on fait ériger une statue en sa mémoire, et de plus en plus populaires !

Au bout du compte il est exilé en Petite Arménie cappadocienne où il écrit de nombreuses lettres ( 245 ont été conservées ) à presque tous les évêques ! Le pape Innocent Ier, conseillé par saint Jean Cassien diacre de saint Jean Chrysostome, eut beau protester contre son exil, personne ne l'écouta...Au contraire, on expulse saint Jean Chrysostome aux confins du Pont-Euxin ( en Abkhazie actuelle ) où il meurt en route, épuisé près de Comana ( aujourd' hui Gumenek en Turquie ). 

Ses reliques sont transférées le 27 janvier 438 à Constantinople, puis en 1204 par les Croisés à Rome. Une partie importante fut rendue au patriarche Bartholomée Ier de Constantinople par le pape Jean-Paul II le 27 novembre 2004.

                     Rencontre de Jean-Paul II et Bartholomée Ier à Rome en 1995

Il est Docteur de l' Eglise catholique et fêté dans le nouveau calendrier le 13 septembre, le 13 novembre par les Eglises orthodoxes.

Il a été très critiqué pour ses sermons d' Antioche contre les chrétiens judaïsants qui ne quittaient pas leurs anciennes pratiques, comparant les synagogues à des temples païens...Le goût de la rhétorique  et l' ardeur de sa foi souvent vindicative à l' égard des tièdes ( il s' emportait contre les chrétiens des hautes classes qui menaient une vie de luxe identique à celle des païens ) le conduisaient à des positions qu' on qualifierait aujourd' hui de " dures " . Il eut une action missionnaire importante en direction des Slaves ( en Thrace et en Crimée ) et en Terre Sainte.

Il est l' un des saints les plus importants des Eglises de rite oriental, ayant codifié la divine liturgie, toujours en vigueur aujourd' hui. 

              Reliques lors de l' ouverture de l' autel à Saint-Pierre-de-Rome en 2004

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 02:28

Saint Jean l' Elémosynaire ( ou l' Aumônier ) naquit à Chypre en 556 où son père Epiphane était gouverneur. Il se maria et eut deux enfants. Mais ayant perdu prématurément sa famille, il devint moine.

Connaissant sa réputation de sagesse, il avait près de soixante ans, l' empereur Héraclius le pria de prendre le siège du patriarcat d' Alexandrie, agitée par les remous du monophysisme.

Il devint ce qu' on appellerait aujourd' hui un évêque social . Pour combattre les divisions, il opéra par la charité. Il se fit dresser des listes des nécessiteux de la ville, consacra les mercredis et vendredis à les recevoir personnellement, fit distribuer quotidiennement des vivres. Il visitait trois fois par semaine les hospices, et menait une action de réhabilitation des prostituées.

Certains jours il y avait une foule de 7000 nécessiteux...

Lorsqu' un jour un pauvre lui exprima sa reconnaissance, il lui rétorqua : je n'ai pas répandu mon sang pour toi, comme Jésus-Christ mon Sauveur et mon Dieu me l' ordonne ".

Il n' hésitait pas à demander pardon à genoux à ses prêtres pour quelque offense avant le service de l' autel.

Il appelait ses pauvres, " ses maîtres et seigneurs ". Les hospitaliers au Moyen-Age reprirent cette expression à leur compte. L' Ordre religieux et militaire des Hospitaliers de Saint Jean* ( qui devint l' Ordre de Malte par la suite ) se plaça sous son patronage.

Au moment de la prise de Jérusalem par les Perses en 614, il racheta des captifs réduits en esclavage et aida saint Modeste de Jérusalem. L' Eglise d' Alexandrie était prospère, et l' une où les chrétiens étaient les plus nombreux.

 Les paroisses formaient une multitude de territoires. Saint Jean en excellent économe, car c' était le rôle de l' évêque d' administrer l' économie de son diocèse ( aidé d' un archidiacre ), percevait donc des redevances de ses suffragants en argent sonnant et trébuchant...

Réalise-t-on aujourd' hui qu' il disposait pour le bien de ses fidèles d' une FLOTTE  DE COMMERCE qui allait chercher du blé en Sicile, faisait du commerce dans l' Adriatique, et allait jusqu' en Angleterre même !  A son arrivée**, le diocèse possédait 2620 kilogrammes d' or, des terres agricoles, etc...Il put donc fournir à saint Modeste près de 50 kilogrammes d' or, des milliers de sacs de blé, et de légumes secs, mille livres de métal ferreux, un millier d' artisans venus en renfort, etc...Ce qui permit au patriarche de Jérusalem de parer au plus pressé...Avant la razzia des Arabes, 25 ans après.

Saint Jean l' Aumônier fut chassé d' Alexandrie lorsque l' armée perse de Chosroès fit main basse sur l' Egypte et ses richesses quelques années plus tard, et il partit pour Constantinople où il mourut en chemin dans son île natale en 620.

 

Son culte fut répandu par les moines basiliens chassés de l' empire byzantin en Italie du sud ( dans les Pouilles, à Lecce , à Casarano où ont lieu de grandes processions, etc... ) et à Venise. En Occident son culte fut favorisé par les Croisades et les Ordres hospitaliers. Dans les Eglises grecque, russe, etc...il est fêté le 12 novembre.

 

* Au milieu du XIème siècle, des marchands d' Amalfi avaient obtenu du calife l' autorisation de bâtir un hôpital à Jérusalem pour accueillir et soigner les pélerins qui venaient de toute la chrétienté. Ce fut l' hôpital Saint-Jean de Jérusalem. 
D' autres moines desservaient l' église de Sainte-Marie-Latine construite en 1048 ( Aujourd' hui sur l' emplacement de l' église luthérienne du Rédempteur ). Ce furent les futurs Templiers.

Après la conquête de 1099, Godefroy de Bouillon, le bienheureux Gérard, et leurs successeurs encouragèrent l' institution et les frères de Saint-Jean de Jérusalem devinrent moines hospitaliers, en se plaçant cette fois sous le patronage de saint Jean-Baptiste - ce que confirma le pape Pascal II en 1113.

En plus des trois voeux de chasteté, pauvreté et obéissance, ils aujoutèrent le voeu de défendre les Lieux Saints par les armes. Mais ils furent chassés par Saladin le 19 octobre 1191.

Ils s' installèrent à Acre, puis à Chypre ( 1291 ), ensuite à Rhodes ( 1309 ) à chaque fois repoussant les assauts musulmans. Ils s' installèrent enfin en 1530 à Malte, et s' illustrèrent lors de la victoire de Lépante en 1571.  

 

** Lire :   Ewa Wipszycka  ( LA grande spécialiste ! )  " Les ressources et activités financières des Eglises en Egypte du IVème au VIIIème siècle, Bruxelles 1972 ; 

 " Storia della chiesa nella tarda antichità " éd. Mondadori, 2000 

Lien ( en anglais ) : http://www.fordham.edu/halsall/basis/john-almsgiver.html

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 00:52

Aujourd' hui l' Egise fête Saint Vincent, diacre à Sarragosse ( ancienne Augustopole ), martyrisé sous le proconsul Dacien en 304. Patron des vignerons. Fêté par les Eglises orthodoxes le 11 novembre.

 

 

Mémoire de Saint Anastase le Persan ( 22 janvier dans le calendrier grégorien et le calendrier julien, soit le 4 février du calendrier civil des pays orthodoxes ).

Mage zoroastrien du nom de Magoundat et fils de mage, à l' époque du roi de Perse Chosroès II qui mit à sac Jérusalem en mai 614, il fut soldat à Ctésiphon sur la rive gauche du Tigre en Mésopotamie perse ( aujourd' hui en Irak à 35 km au sud de l'actuelle Bagdad ).

Ayant entendu parler de reliques de la Croix qui avaient été prises par le roi des Perses, il s' étonna de la vénération d' un instrument de supplice et s' intéressa au mystère de la Passion du Christ. Il se rendit à Chalcédoine où il cotoya des chrétiens et reçut la grâce de la conversion. Puis il alla à Hiérapolis où un compatriote orfèvre le catéchisa. Il reçut le baptême des mains du patriarche Saint Modeste de Jérusalem et prit le nom d' Anastase ( du grec anastasis=résurrection). Il entra au monastère de Saint-Anastase de Jérusalem où il demeura sept ans.

Ayant lu la vie des martyrs, il  eut un songe un Samedi Saint d' un homme nimbé de lumière qui lui présentait un calice d' or rempli de vin. Saint Anastase comprit que c' était un appel au martyre et se rendit à Césarée de Palestine occupée par les Perses, pour convertir ses compatriotes soldats.

 

Mais il fut arrêté et condamné aux travaux forcés pour reconstruire la forteresse. Puis il fut conduit avec d' autres chrétiens en Assyrie devant le roi à Barsaloé ( ou Bethsaloé, près de Sergiopolis ). Refusant d' abjurer, il fut pendu par un bras, étranglé, et décapité en 628.

L' empereur Héraclius** fit transporter ses reliques, en particulier sa tête,  à Rome en 640 au monastère des Aquae Santae ( 625 ) devenu depuis le monastère Saint-Vincent et Saint-Anastase-aux-Trois-Fontaines.

 

 
A la quatrième session du second CONCILE DE NICEE en 787 qui condamna à nouveau les iconoclastes, les Pères du Concile se firent lire les livres patristiques et les vies des Pères de l' Eglise. Ils reçurent le témoignage des légats du pape à propos des miracles survenus à Rome autour des reliques de Saint Anastase. On leur fit lire les hagiographies, écrites à partir de 630 * de Saint Anastase qui avait été converti par la Croix dont il avait  tant reçu la force.

 

 

 Ceci entre autres témoignages renforça les convictions des Pères qui déclarèrent que : " la doctrine des Pères de l' Eglise nous a corrigés. Nous y avons puisé la vérité. En les suivant nous avons poursuivi le mensonge. Instruits par eux, NOUS SALUONS LES IMAGES. Anathème celui qui ne les honore pas " . 

                                         Patriarche St Modeste de Jérusalem 

 

* Lire : Bernard Flusin : " Saint Anastase le Perse, et l' histoire de la Palestine au début du VIIème siècle " Collection Le Monde Byzantin, CNRS éditions, 1992 .

**Le grand Héraclius, empereur byzantin ( 575-610-641 )  d' origine arménienne qui avait détrôné le funeste Phocas fut victorieux de l'armée perse sassanide à Ninive et aux abords de Ctésiphon. Chosroès, mazdéiste,  avait menacé Constantinople, vaincu Damas et Antioche et pillé Alexandrie en 618. Vaincu par Héraclius, il fut massacré par ses sujets et la Perse sombra dans l' anarchie.

 Les reliques de la Croix furent restituées par Héraclius en procession sur la Via Dolorosa à Saint Modeste de Jérusalem qui mourut en 634 après avoir reconstruit*** les églises détruites par les Perses, en particulier la basilique du Saint-Sépulcre. Malheureusement les controverses du monothélitisme assombrirent la fin du règne d' Héraclius.

Et par malheur pour la chrétienté, les armées arabes devenues récemment  mahométanes ( Mahomet était mort en 632 ) commencent dès 634 à poindre en Palestine.  Jérusalem sera prise en 637...

                             Louvre, bataille d' Héraclius contre Chosroès

*** Chosroès avait fait paraître un édit en 622 pour faire cesser les destructions, les massacres et les déportations de son général gouverneur Romizarès, surnommé le Sanglier royal ( Schah-Rbaraz ).

Lien sur le monothélisme : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5354624.html

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 01:03

En Terre Sainte on fête Saint Euthyme. Il naquit en 377 à Mélitène, en Petite-Arménie cappadocienne, aujourd' hui Malatya en Turquie orientale, possession romaine depuis 75 av JC ( à ne pas confondre avec la Petite-Arménie médiévale en Cilicie ). Ses parents Paul et Denise avaient longtemps prié sur la tombe du martyr local Saint Polyeucte ( immortalisé par notre Corneille ! ) pour avoir un fils. Lorsqu' il eut trois ans, il perdit son père. Sa mère le confia à l' évêque de Mélitène faisant le voeu qu' il fût consacré à Dieu, elle-même devenant diaconesse.

 

Il reçut l' ordination presbytérale à dix-neuf ans, puis devint inspecteur des monastères environnants. Il passait du temps en retraite ( notamment pendant le carême ) au monastère de Saint-Polyeucte et au monastère des Trente-Trois Martyrs d' Arménie. 

 

à gauche, icône de Saint Polyeucte de Mélitène

 

 

 

Il partit en 406 en pélerinage pour Jérusalem visiter les Lieux Saints et suivre l' enseignement des Pères du désert. Il s' installa près de la laure de Pharan à 10 km au nord de Jérusalem fondée en 330 par Saint Chariton.

                                                Laure de Pharan

 

                                                Désert de Chariton**

Il s' y lia d' amitié avec le moine Saint Théoctiste, originaire de Cappadoce. Pour gagner sa vie, il fabriquait des paniers et s' efforçait de vaincre ses passions en veillant et jeûnant régulièrement . Puis les deux amis s' installèrent en Judée non loin de la Mer Morte  ( Wadi Dabor ) sur la route de Jéricho  dans une caverne spacieuse qui fut transformée en église. Ils se dédiaient au travail et à la prière.

 

Ils furent rejoints par d' autres disciples désireux de devenir anachorètes. Les deux saints durent donc constituer une nouvelle laure ( qui reçut plus tard le nom de monastère Saint-Théoctiste ). Saint Théoctiste en assura la direction dans un mode cénobitique, tandis que Saint Euthyme de sa cellule située à proximité rejoignait régulièrement les nouveaux aspirants pour les instruire.

 

 Il n' exigeait pas de pénitences extravagantes, mais leur demandait la fidélité de résidence, le détachement des biens terrestres, la confiance envers la Providence, l' habitude des travaux manuels en dévoluant aux pauvres le superflu, l' interdiction des femmes dans l' enceinte de la laure, et surtout l' humilité et la charité. 

 

Il guérit le fils d' un Arabe bédouin païen du nom d' Aspebet qui demanda ensuite avec sa tribu le baptême. Celui-ci prit alors le nom de Pierre et répandit la nouvelle dans toute la Palestine. Certains membres de la tribu bédouine devinrent des disciples de Saint Euthyme et par la suite l' un d' eux devint le successeur de Saint Théoctiste.

 

L' afflux de fidèles et de malades l'obligea à se retirer dans le désert de Ziphon où il  créa des églises et convertit des sectataires qui niaient les sacrements et la hiérarchie ecclésiale, ne se fiant  qu' à la prière personnelle...

D' autres guérisons le rendirent célèbre dans la région, et il repartit près de son ancienne laure qu' il rejoignait pour les vigiles du samedi et la liturgie du dimanche.

D' autres disciples ( dont Saint Sabas ) se pressaient auprès de lui, et cette fois-ci il accepta avec humilité de les enseigner, créant une laure semblable à celle de Pharan, qui fut connue par la suite sous le nom de monastère Saint-Euthyme, située à Khan Al Akhmar aujourd' hui Mishor Adumim.

                                     Ruines du monastère de Saint-Euthyme*

 

Lorsqu' un évêque arien devint pour quelque temps patriarche de Jérusalem, Saint Euthyme n' hésita pas à s' enfuir dans le désert de Ruba avec quelques moines. Il remit sur le droit chemin de l' orthodoxie l' impératrice Eudoxie, veuve de l' empereur byzantin Théodose II, qui demeurait en Palestine.

Doutant de sa foi, elle avait envoyé des émissaires à Antioche auprès de Saint Siméon le Stylite qui lui rétorqua : " Pourquoi cherches-tu une eau lointaine, alors que tu as une source près de toi ? Suis les enseignements d' Euthyme et tu seras sauve. "

Saint Euthyme lui enjoignit de se conformer aux canons de Chalcédoine ( 451 ). Elle se fit construire une tour près de la laure et couvrit la Palestine de pieuses fondations.

 

Il mourut le 20 janvier 473 ayant prédit à son disciple Domitien, arménien comme lui, que la laure se transformerait en monastère cénobitique.

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5411936.html

 

Ses reliques furent dispersées à l' époque des invasions musulmanes.

                    Icône grecque XVIIIème siècle: St Antoine, St Euthyme et St Sabas

 

L' Eglise grecque considère Saint Euthyme comme l' un des fondateurs de sa liturgie et le premier codificateur des usages du monachisme. Ses règlements furent appliqués au monastère de Saint-Sabas et au monastère constantinopolitain de Stoudion.

 

" Toute vertu se fortifie par la charité et l' humilité; mais la charité l' emporte avec l' aide de l' expérience, du temps et de la grâce. C' est par charité que le Verbe de Dieu s' est humilié en se faisant pareil à nous. " 

 

 

Vocabulaire :

LAURE ( du grec :  lavra ou laura=chemin étroit ) Combinaison de vie érémitique et de vie communautaire, alors que le monastère cénobitique est strictement communautaire.

Du lundi au vendredi chaque moine vivait dans sa cellule, située dans une grotte à flanc de montagne ou de ravin ou bien dans une cabane isolée, en se dédiant à la psalmodie, à la prière avec des temps de jeûne et de veille, et aux travaux manuels.

Le samedi et le dimanche tous les moines se retrouvaient à la laure pour écouter les exhortations du Père ( abbé ) du monastère, pour participer aux repas ( agapê ) au réfectoire ( ou trapèze ) aux vigiles du samedi et à la liturgie du dimanche. C'était la SYNAXE.

Chacun déposait aux pieds de l' économe le fruit de son travail, et le dimanche soir avant de repartir vers son ermitage le moine recevait de l' économe la nourriture et le matériel nécessaire aux travaux de la semaine. L' économe avait la charge de vendre le produit des travaux des moines.

Dans la laure  elle-même on trouvait une ou plusieurs églises, les cellules des moines, celles des moines ou des employés chargés des travaux communs, le four, les cuisines, les citernes, le garde-manger, les salles communes et  le réfectoire unique, les salles d' études, l' infirmerie, la tour de défense, etc...Le tout entouré de remparts pour se protéger des razzias des Bédouins.

           Monastère cénobitique de Saint-Sabas**, fondé par un disciple de Saint Euthyme

En Occident, l' idéal de la laure se retrouve dans l' Ordre des Chartreux et plus récemment chez les Frères et Soeurs de Bethléem. Enfin la vie érémétique du prophète Elie, de Saint Jean-Baptiste et des Pères du désert se reconnaît dans les grands Ordres contemplatifs comme par exemple le Carmel.  

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4787961.html 

           www.culture.gr

 * Le monastère Saint-Euthyme fut abandonné en 1250

cf :  http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/archive-01-26-2007.html

sur Polyeucte :  http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5627184.html

** Photo copyright 2004 Order of St Benedict, Collegeville, Minnesota, site : http://cdm.csbsju.edu  

sur saint Chariton : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12680792.html

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 00:57

L' Eglise fête aujourd' hui Saint Fabien, pape de 236 à 258, martyrisé sous Dioclétien, et Saint Sébastien, jeune officier de l' armée de Dioclétien. Lorsqu' on découvrit qu' il était chrétien, il fut ligoté et percé de flèches. Il mourut en 288. Le pape Saint Damase fit construire une basilique sur sa tombe située sur la voie Appienne.

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4857297.html

                                        Saint Sébastien, Lorenzo Costa

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 16:57

On fête en Mésopotamie Saint Julien Sabas, saint dans les calendriers latins et orthodoxes orientaux, qui défendit les chrétiens sous Julien l' Apostat. Ermite il vivait dans une caverne près d' Edesse. Il fut accusé de partager l' arianisme de certains chrétiens d' Antioche. Il prouva son orthodoxie et se retira dans son ermitage près de l' Euphrate ( dans l' actuel Irak ) où il mourut en 377 après plus de quarante ans de vie érémitique. Sa vie fut relatée par Saint Jean Chrysostome ( 354-407 ) qui le connut à Antioche.

Prions pour les chrétiens d' Irak martyrisés aujourd' hui !

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 11:57

 Saint Antoine naquit au IIIème siècle à Côme ( aujourd' hui Quams ou Qeman ) en Haute-Egypte près d' Héracléopolis dans une famille chrétienne fortunée.

 

 A vingt ans à l' appel de l' Evangile selon saint Matthieu, il vendit tous ses biens et mena une vie d' anachorète dans les grottes du  désert à 95 km à l 'ouest d' Alexandrie. Il fut assailli de terribles tentations terrestres et charnelles. C'est pourquoi il est souvent représenté avec des porcs, symboles de ces tentations. Il les vainquit en se réfugiant dans la solitude près de la Mer Rouge, mais vécut une période d'obscurité spirituelle à l' issue de laquelle il eut des visions du Christ lui offrant son secours.

Il se rendit en 311 à Alexandrie pour conforter ses frères dans la foi pendant la persécution de l' empereur Maximien Daïa.

 

 Il s' installa vers l'âge de 35 ans dans une ancienne forteresse romaine près de Pispir, aujourd' hui Der El Memoum en 313, puis près de la colline de Qolzum dans le désert de Thébaïde à 155 km au sud-est du Caire où il cultiva un potager et instruisit une foule de disciples qui fondèrent des monastères dans les grottes environnantes près du Nil.

 C' est pourquoi il est nommé patriarche du monachisme. Le monachisme existait déjà, mais saint Antoine fut un modèle pour de nombreuses laures ou monastères, et la rapide propagation des écrits de saint Athanase son contemporain et  de saint Jérôme en grec et en latin dans toute l' Eglise d' Orient et d' Occident en fit le fondateur des modalités du monachisme.

 

            Jardins du monastère Saint-Antoine en Egypte où il fonda sa thébaïde

 

Il eut la visite du moine saint Hilarion ( 292-372 ) qui fonda au début du IVème siècle le premier monastère palestinien de Gaza à Majumas Gazae ( ancienne Néapolis, aujourd' hui Al Minah ).

Il était ami de saint Athanase, évêque d' Alexandrie ( 295-373 ), qu' il aida dans son combat contre l' arianisme. Celui-ci écrivit sa vie et conserva ses écrits et ses exhortations à l' empereur Constantin. cf lien: http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4964432.html

Il conseilla saint Paul de Thèbes ( mort en 345 ) et mourut dans les bras de ses disciples saint Macaire d' Egypte  son successeur ( mort en 391) et Athémas.

           Saint Paul de Thèbes, vêtu de palmes, et saint Antoine, icône copte décrivant les prodiges du corbeau apportant du pain au saint. Saint Paul de Thèbes fut enterré par saint Antoine sous le regard de deux lions.

 

 

 

L' iconographie représente saint Antoine avec un bâton d' ermite en forme de T, le " tau " lettre de l' alphabet grec, symbole des fins dernières. C'est aussi la lettre grecque symbolisant le  " thauma " prodige ( de guérison ).

 

En 356 à sa mort, de nombreux monastères avaient été créés, comme celui de Deir Mar Antonios ( Saint-Antoine ), près de la grotte où il mourut à Magharah au bord du Nil. La liturgie copte s' y déploie depuis 1600 ans. A l' époque des débuts de sa fondation les pélerins de la chrétienté pouvaient prier dans les églises du monastère dans plusieurs langues liturgiques ...

Ses reliques furent transférées à Alexandrie, puis à Constantinople après les invasions musulmanes. Au VIIème siècle on estimait à 200 000 le nombre des moines et des moniales en Egypte. Ils furent massacrés ou dispersés par les envahisseurs musulmans. Des milliers d' entre eux s' exilèrent dans les territoires byzantins encore chrétiens, un petit nombre resta en Egypte.

 Certaines reliques furent transportées en Occident et à Novgorod en Russie, et surtout en France au XIème siècle à Saint Antoine-en-Viennois ( Dauphiné ) où une abbaye fut construite. cf lien : http://www.saintantoinelabbaye.fr/index.html

 A l' abbaye, les bénédictins de Montmajour ( près d' Arles ) eurent la garde des reliques autour desquelles fut créé l' ordre hospitalier de Saint-Antoine regroupant des moines médecins vêtus de noir qui essaimèrent en Occident et accompagnaient le succès des ordres mendiants et des moines chevaliers. Ils soignaient aussi les pélerins qui les firent connaître partout et élevaient des cochons. IIs se  soumirent à la règle des chanoines de Saint Augustin au XIIIème siècle. L' Ordre des Antonins fut absorbé en 1775 par l' Ordre de Malte.

 Ses principales reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Trophime d' Arles. Pendant l' année 2006 elles ont voyagé dans différents diocèses d' Italie.

 Thaumaturge, saint Antoine était considéré au Moyen-Age comme guérisseur du mal des ardents, et protecteur du bétail, contre la rage en particulier. Il est le patron des vanniers, des tanneurs, des bouchers et charcutiers, des potiers, des arquebusiers, des hospitaliers, des fossoyeurs etc... 

 

Liens :

 http://www.adolphus.nl/xcrpts/antoinabbaye.doc   en français :  à propos des hospitaliers et des reliques.

http://www.adolphus.nl/xus/antonkunst.html.

remarquable site ( en néerlandais ) sur l' histoire et l' iconographie de Saint Antoine.

www.touregypt.net/featurestories/monasteries.htm

A propos des monastères coptes en particulier celui de Saint-Antoine près du Nil à Al Zaafarana, en anglais

www.coptic.net

Sur les débuts de l' Eglise d' Egypte, en anglais.

Il est fêté le 30 janvier dans l' Eglise copte orthodoxe, et dans l' Eglise copte catholique.

cf livre d' Ivan Gobry : " les moines en Occident, tome 1, les origines orientales " éd. François-Xavier de Guibert, Paris, 1997.

 

Vocabulaire pour comprendre le monachisme de l' Eglise primitive :

Moine : ( du grec monachos= solitaire ) A l'origine un homme vivant seul dans la continence sans femme. 

Ascète : ( venant du mot ascèse, du grec askésis=exercice ) Homme pratiquant la pénitence à la périphérie de la ville ou près d' une église pour recevoir les sacrements.

Anachorète : ( du grec anakhôrein=s' éloigner ) Celui qui se tient à l' écart, qui s' est retiré dans un lieu désert. Souvent il est relié à une laure ( grottes ou cellules dispersées ).

Ermite : ( du grec érêmos=désert ) Solitaire ou à la rigueur avec deux ou trois compagnons retiré dans un lieu à l' écart des hommes.

Vie cénobitique : ( du grec koïnos=commun; koïnobion= vie en commun ) Vie du moine se regroupant avec d' autres moines sous un même toit et sous une même règle. Saint Pacôme ( 292-346 ), jeune contemporain de saint Antoine, fut le fondateur des règles du cénobitisme. Plusieurs anachorètes s' étaient regroupés autour de lui pour suivre son enseignement au sud du désert de Thébaïde à Tabenne ( au bord du Nil ). Ayant dépassé la centaine, saint Pacôme, décidé à les maintenir sous son magistère, codifia ( en langue copte ) les usages communs sous une règle qui fut traduite par saint Jérôme. Il créa aussi une branche féminine avec sa soeur Marie comme abbesse.

Cependant dès l' origine de l' Eglise notamment en Palestine et dans le désert du Sinaï des monastères d' hommes ou de femmes avec des règles codifiant strictement le jeûne et l' abstinence avaient déjà été fondés. En Occident aussi, comme à Lyon, des monastères furent créés au début du IIIème siècle et ensuite à Rome. Le monachisme inspiré par les Pères du Désert égyptiens se répandit partout : en Gaule ( autour de saint Martin de Tours au IVème siècle ) et en Cappadoce ( autour de saint Basile ). 

                                       Vélasquez, musée du Prado , Madrid

Lien pour comprendre la spiritualité des Pères du désert d' Egypte : http://www.scourmont.be/studium/dupont/vol1/table.html

L' icône grecque en haut à gauche représentant saint Antoine date du XVIème siècle et se trouve au monastère Saint-Denis du Mont Athos.

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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 16:36
Marcel Ier fut pape en 308 et 309 et dut redonner des structures à l' Eglise après les persécutions dioclétiennes. Son attitude à l' égard des relaps, c' est-à-dire des chrétiens ayant renié leur foi par peur des massacres, nous est connue. Contrairement aux évêques d' Afrique -où la répression contre l' Eglise fut terrible- qui ne voulaient pas admettre à nouveau les renégats repentants, Saint Marcel permit leur réadmission après une période de pénitence. Sous l' empereur Maxence, dont la cruauté était moindre que celle de son prédecesseur Dioclétien, Saint Marcel fut arrêté et fouetté pour ne pas avoir sacrifié aux idoles et condamné à travailler comme palefrenier dans les écuries impériales où il mourut d' épuisement.
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