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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 17:17

Alors que dans tous les médias, on glorifie l' action de l' Abbé Pierre, voulant en faire " un ami du genre humain " en opposition avec l' Eglise, je me dis qu' au moins sa réflexion sur la mort  n' est pas récupérable !

 Que dit-il ? Il attend après la mort sa rencontre avec l' Ami, la vision de la Lumière ! Comme elle est belle l' espérance du chrétien...Nous avons l'espérance de la VISION béatifique, et nous participerons à la vie divine...Nous avons l' assurance de la Jérusalem céleste. Soit dit en passant, comme le paradis musulman est pauvre avec ses houris et ses éphèbes ! Même là leur Dieu est inaccessible, puisque la participation divine est pour eux incompréhensible.. Les juifs et les chrétiens ont, eux, l' espérance de voir Dieu. Dans le mystère de la Sainte Trinité, le chrétien a après la mort la promesse d' un amour éternel.

Il faut aimer les mystères de la religion chrétienne. C' est par ses mystères, et non par une attitude naturaliste que notre religion est belle et grande.

                                  Monastère Saint-Euthyme, pavement

                               

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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 14:32

Parfois l' hérésie est issue d' une volonté d' union. Une bonne volonté faussée accepte le dialogue sur des bases plus temporelles que spirituelles.

Ainsi Héraclius cité dans mon article précédent, qui préféra au titre d' empereur celui de basileus, voulut rétablir le dialogue entre les Eglises orthodoxes d' Orient et d' Occident ( latine ) avec les Eglises dissidentes qui rejetaient le Concile de Chalcédoine ( 451 ). N' oublions pas, bien qu' élevé en Afrique romaine où son père fut exarque de Carthage, qu' il était originaire d' Arménie ( dont l' Eglise était empreinte d' ambiguïtés monophysites ) et que son empire temporel était menacé par les Perses et  plus tard par les mahométans arabes. Politiquement il fallait rétablir l' union, galvaniser les énergies et les volontés.

Piero della Francesca, église Saint-François d' Arezzo, bataille d' Héraclius contre Chosroès

 

La discussion s' établit sur la définition de la volonté, de l' énergie divine. Jusque-là Saint Cyrille d' Alexandrie avait parlé " d' énergie vivifiante unifiée " et le Pseudo Denys l' Aéropagite " d' énergie de l' Homme-Dieu ".

   

En 630 quelques temps après sa victoire contre les Perses, Héraclius fit nommer Cyrus patriarche d' Alexandrie ( récemment libérée ) qui réussit à faire accepter aux dissidents monophysites d' Egypte la base du Concile de Chalcédoine ( les deux natures consubstantielles du Christ ) en leur concédant l' unité d' énergie en Jésus-Christ ( c' était la doctrine du monoénergisme ).

 

 

Mais Héraclius ne s' en tint pas là. Rempli d' ardeur grâce à ce succès, Héraclius demanda alors au patriarche Serge de Constantinople ( qui avait vaillament résisté contre les Perses lors de leur assaut contre la capitale en 626 ) d' établir la vérité du MONOTHELITISME ou monothélisme ( du grec= une seule volonté ) en s' appuyant sur les livres patristiques.

 

 Serge qui était favorable au dialogue, fit appel au pape HONORIUS ( 625-638 ) qui de Rome appuyait mollement cette doctrine, sans y adhérer vraiment :  c' est-à-dire deux natures distinctes, l' une divine, l'autre humaine dans le Christ; mais laissant à la PREMIERE  toute volonté. Le Christ n' aurait qu' une seule volonté divine.

     

     Statue d' Héraclius

 

 

 

Mais Saint Sophrone*, successeur et ami de Saint Modeste, patriarche de Jérusalem ( conquise par les Arabes en 637, moyennant un programme de soumission=dhimitude négocié par le patriarche ) s' opposa fermement à ce compromis.

De même le moine Saint Maxime le Confesseur** qui avait fui l' Egypte devant les conquêtes musulmanes en 640, se rendit en Afrique du Nord encore libre  pour combattre ce projet d' union.

 

Le pape Honorius, pour finalement ne pas trop se compromettre, écrivit deux lettres imprécises à Serge de Constantinople définissant une seule énergie s' exerçant DE  DIVERSES  MANIERES ( polytropôs ). Il était trop tard pour lui de s' extirper de ce quiproquo, malgré la défense de Saint Maxime qui avait démasqué la pression des monothélites à l' égard du pape.

Faisant fi du synode organisé par Saint Sophrone à Jérusalem, Héraclius publia à la basilique Sainte-Sophie en 638 un Exposé ( Ekhtesis ) de la doctrine monothélite pour faire obéïr l' Eglise en entier. Ce que refusa le pape Jean IV. 

 

 La mort d' Héraclius ( d' hydropisie ) le 11 février 641 renversa la tendance.

 

Son successeur Constant II ( 641-688 ) fut convaincu par le pape Théodore ( qui avait condamné les thèses d' Honorius ) de faire cesser la controverse. Le pape Théodore fit excommunier le nouveau patriarche Paul de Constantinople qui avait accepté l' Ekhtesis, et Constant II fit publier un édit impérial ordonnant le silence définitif.

 

Allait-on en rester là ?

 

Un pape suivant,  Saint Martin Ier ( 649-653 ), en accord avec Saint Maxime le Confesseur arrivé d' Afrique, ralluma la controverse et en 649 dans son palais du Latran, condamna l' hérésie et les édits impériaux. Il s' agissait de la liberté de l' Eglise.

Saisi par l' empereur, le pape fut accusé de haute trahison et banni en Chersonèse ( aujourd' hui en Crimée ) où il mourut en 655. On voit jusqu' où pouvait aller le pouvoir temporel...Quant à Saint Maxime le Confesseur qui avait refusé de signer l' édit impérial, il fut mutilé et déporté en Colchide ( côte orientale du Pont-Euxin ou Mer Noire aujourd' hui ) où il mourut en 662. 

La sévérité impériale fit cesser les discussions, et les papes succédant à Saint Martin Ier se turent.

 

 

 

 

Ensuite sous le règne de Constantin IV le Barbu, le VIème Concile fut convoqué à Constantinople (III ) en 680 pour trouver une solution. Le pape Agathon ( 678-681 ) confirma les décisions du Latran de 649.

L' évêque Constantin Macaire qui présidait le Concile était favorable au monothélitisme. Les légats du pape rappelèrent la doctrine de Chalcédoine à l' assemblée. Fut donc confirmée la coexistence de deux volontés naturelles, mais inséparables, avec subordination coopérante de la volonté humaine à la volonté divine. Constantin Macaire fut excommunié et l' attitude permissive du pape Honorius condamnée. Depuis lors le doute du " Non falsata more Graecorum " subsiste. Le Concile Vatican Ier a voulu dissiper l' accusation contre Honorius. Selon les historiens, il fut condamné après sa mort comme  prétendument hérétique par sa négligence en quelque sorte...

 

 

Le monothélitisme se maintint dans l' Eglise maronite du Liban qui finit par se rallier à Rome à l' époque des Croisades tout en gardant sa liturgie propre et sa discipline.  

 

 

Cette controverse est intéressante car au-delà de l' aspect théologique, elle montre les limites du pouvoir pontifical par rapport au politique. Un pape politique Honorius n' a pas pu empêcher l' hérésie, un pape plus théologique Saint Martin Ier n' a pu empêcher le pouvoir politique de réduire l' Eglise au silence.

Enfin le pouvoir politique, face aux menaces anti-civilisationnelles ( du point de vue de la chrétienté ), ne peut rassembler à lui-seul les forces spirituelles.

 

Qu' en est-il aujourd' hui ?

 

 

                                           Saint Sophrone de Jérusalem

 

 L' Eglise nous demande de prier cette semaine pour l' unité des chrétiens.

 

* Il est remarquable de noter que lorsque Saint Sophrone fit envoyer un émissaire, Etienne, de Jérusalem à Rome pour prévenir le pape des agissements des monothélites, voici ce qu' il lui dit :

" marche du lever du soleil jusqu' au coucher, jusqu' à ce que tu arrives au Siège Apostolique où se trouve le FONDEMENT  DE  LA  DOCTRINE  ORTHODOXE " . ( orthodoxe=opinion droite)

**Saint Maxime le Confesseur avait bien compris que si Jésus-Christ n' avait qu' une volonté divine, il n' avait pas de volonté humaine, donc la volonté humaine ne pouvait être sauvée. La vie spirituelle consistant à conformer librement la volonté humaine à celle de Dieu, perdrait alors sa signification.

Liens : Saint Sophrone http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5967021.html

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 04:21

Réflexion sur la foi immuable et le temps qui passe :

Ce que nous sommes, vous l' avez été.

Ce que nous croyons, vous l' avez cru.

La façon dont nous adorons Dieu, vous l' adoriez ainsi.

Si nous avons tort aujourd' hui, c 'est que vous avez tort maintenant...

 

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 20:29

Interviewé par Paul Badde du journal allemand Die Welt, Martin Mosebach déclare en substance que la libération de l' ancien rite signifierait un grand progrès de l' oecuménisme vers l' orthodoxie orientale, parce que " les rites latins et orthodoxes sont connaturels ".

" Ce ne serait pas mettre les pendules en arrière, ce ne serait pas une restauration, mais une renaissance " . Si l' ancien rite était réadmis dans le futur, il serait célébré dans un environnement entièrement transformé, n' ayant rien de commun avec l' époque pré-conciliaire. Ce serait comparable à Saint Augustin et à Saint Benoît qui ont tous les deux préparé l' ordre des siècles à venir dans les époques troublées qui suivirent la chute de l' empire romain.

 

En lisant ces lignes je me dis qu ' il est bon d'avoir des rêves...

Je ne sais pas si le motu proprio tant annoncé ressemble ou non à l' Arlésienne, mais il faut continuer d' espérer. Cependant je ne pense pas que la crise de l' Eglise soit due uniquement à une question liturgique. Le concile Vatican II a eu lieu il y a longtemps ! Il y a 45 ans ! Il a eu lieu à une époque historique précise : vingt ans après une seconde guerre mondiale monstrueuse qui mit en péril les valeurs et fit douter des millions d' hommes en Europe. La guerre froide ensuite semblait s' installer pour de bon, et les hommes d' Eglise du Concile ont cru qu' ils allaient participer au printemps de l' homme ...

Les hommes ( surtout occidentaux ) rejettent aujourd' hui avec effroi toute idée de religion censée aliéner leur liberté. L' heure est à l' oubli du passé, à la jouissance du présent à cause d' un avenir qui fait peur.

Les royaumes de l' époque de Saint Benoît commençaient à s' appuyer sur l' Eglise, force civilisatrice. Les démocraties d' opinion d' aujourd' hui en revanche sont basées sur le message des Droits de l' Homme qui est né contre cette Eglise. L' Eglise doit faire  " comme si " maintenant...COMME SI elle devait christianiser ces Droits de l' Homme.

 

Mais le plus inquiétant en Occident en effet c'est la disparition d' une Eglise comme société de clercs.

 

En 1965 le nombre de prêtres ordonnés aux Etats-Unis était de 1575, en 2002 il était de 450. Les religieuses étaient 180 000, en 2002 elles étaient 75 000. 

 

La raison voudrait que les prêtres de l' ancien rite soient accueillis et que l' ancienne liturgie soit considérée comme un étalon de mesure... Mais l' esprit démocratique et individualiste s' y oppose.

Mosebach pensait que l' ancienne liturgie avait un certain avenir comme conservatoire culturel, comme témoignage du passé pour permettre de faire le lien entre l' ancienne religion et la nouvelle; mais il va plus loin désormais, il voit poindre une idée de renaissance...

L' idée aussi d' oecuménisme avec les orthodoxes qui pourrait être un argument en direction des concilaires qui tentent maladroitement de " dialoguer " avec ces Eglises serait faite pour les séduire. Mais les orthodoxes redoutent encore plus l' Eglise concilaire que celle d' avant le concile car en plus d' une théologie d' appareil politique avec la primauté du pape, s'additionne un relâchement moral et doctrinal qui les inquiète.

A l' inverse le par ailleurs sympathique Père Guy Gilbert qui a rencontré le pape récemment a déclaré qu' il ne fallait pas permettre cette libéralisation, qu' il ne fallait pas " donner d' aliment à une infime minorité qui veut revenir en arrière " . En somme la laisser mourir de faim...

Aller à contre courant ( comme le revendiquait Louis Veuillot qui y voyait la vocation du vrai catholique ) à quoi bon nous dit le monde ? C' est la tentation du libéral qui veut changer les pierres en pain.

Le pape écoute, téléphone aux évêques français qui ont durci leur opposition depuis l' automne, et finalement accepte la proposition de la conférence des évêques de France de nommer un évêque de Mende plutôt progressiste. Le statu-quo s' installe. Tout continue pour ne pas provoquer de schisme encore plus grave. Chacun reste sur ses positions.

lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4976838.html

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 15:01

Après la controverse de Ratisbonne, je me suis demandé quelle était la position des témoins chrétiens de l' expansion de l' islam ? Comment ont-ils vécu, pour ceux qui ont pu survivre, la dévastation de leur monde ?

 Saint Jean Damascène ( 675-749, mémoire le 4 décembre, fête le 27 mars dans l' ancien calendrier ) me semble avoir une position plus tranchée que celle de Manuel II Paléologue ( XIVème siècle ) que Benoît XVI a évoquée.

 

cf lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4776022.html

 

 

La Syrie était tombée aux mains d' Omar, successeur de Mahomet en 636 soit une trentaine d' années avant la naissance de Jean. L' empire byzantin ruiné par la guerre de cent ans contre les Perses dont il était sorti vainqueur n'avait pu voler au secours de sa province syrienne.

 

 

 

De culture grecque la famille de Jean Damascène, arabe, avait préféré collaborer avec le nouveau pouvoir. Son grand-père haut fonctionnaire de l' administration byzantine était devenu naturellement responsable de l' administration fiscale des nouveaux maîtres musulmans. Le père de Jean, Serge Mansour, avait continué la tradition familiale. Et Jean, quant à lui, fut chargé de récolter l' impôt des chrétiens. Devenu DHIMMIS les chrétiens, comme les juifs, selon la négociation de Saint Sophrone à la prise de Jérusalem, pouvaient garder leur vie et leurs biens moyennant le paiement d' un tribut en signe de soumission. Mais en 723 le calife Yazid islamisa son administration, interdit le culte des images, augmenta l' impôt des non-musulmans, ce qui provoqua l' apostasie de nombreux chrétiens et leur islamisation. Jean ( cf mon article du 4 décembre 2006 ) se retira alors au monastère de Saint-Sabas, près de Bethléem, où il mourut.

                            Monastère de Saint-Sabas au bord du Cédron

cf lien : www.atlastours.net/holyland/mar_saba_monastery.html 

 

Quelle était la situation religieuse des chrétiens syriens au moment de l' invasion ?

 

 

Ils étaient divisés. Divisé contre lui-même un organisme trouve toujours un ennemi extérieur pour se soumettre à un nouvel ordre. Ces groupes se détestaient.

Le groupe auquel appartenait Saint Jean Damascène était celui de l' Eglise melkite qui dans la continuité de l' Eglise byzantine confessait l' orthodoxie définie au Concile de Chalcédoine. Sa liturgie était en langue grecque, mais pour les populations paysannes certaines communautés locales avaient une liturgie en araméen.

Le deuxième groupe sévèrement réprimé par Constantinople était celui de l' Eglise jacobite. Née à Alexandrie elle s' opposait au Concile de Chalcédoine (451 ) et était accusée de monophysisme. Elle dominait chez les Arabes du nord de la Syrie ( et de l' Irak actuel ). Opprimée par les melkites et le pouvoir byzantin elle ouvrit  avec enthousiasme les bras aux nouveaux envahisseurs, avant de rabattre de ses espérances.

Le troisième groupe, celui de l' Eglise nestorienne dont le centre était à Antioche, capitale de la Syrie avant que les Omeyyades ne choisissent Damas et troisième ville de l' ancien empire romain après Rome et Alexandrie se répartissait en Perse, au sud de l' Irak actuel et vers le centre de l' Arabie.

 

Il est évident que les massacres commis par les envahiseurs pendant leur conquête obligèrent ces Eglises au repli sur soi.  

 

A l' époque, on appelait les islamistes les ISMAELITES. On ne voyait en eux qu' une dissidence vaguement chrétienne. On dirait une religiosité nouvelle aujourd' hui, puisqu' elle s' inspirait de sources talmudiques, zoroastriennes et bibliques. Les nouveaux conquérants ont toujours joué de l' ambiguïté de la notion de religions du livre, concept qui n' est qu' une façon d' imposer leurs propres vues aux esprits faibles.

 

Saint Jean Damascène se prit donc à réagir. Le réveil de ce membre d' une famille de collaborateurs fut rude !

 

Il écrivit un traité ( Des hérésies, De haeresibus ) contre les hérésies nestoriennes, monophysites, etc....Mais il y ajouta un chapitre contre l' hérésie numéro cent. C'est-à-dire l' islam considéré de l' intérieur, la religion des ismaélites ou des sarracènes ( sarrazins : du fait qu' Ismaël a été renvoyé sans rien par Sarah ).

 

Or que ne craint-il pas de dire ?

Mahomet :  " un  faux prophète " qui annonce l' Antéchrist.

Mahomet ment lorsqu' il dit que Jésus n' est pas mort sur la croix, et qu' une ombre ( ! ) l' a remplacé*.

La révélation de Mahomet s' est faite sans témoin :

" Pendant qu' il s' était endormi [ le Coran ] est descendu sur lui. Il n' avait pas conscience de ce qui se passait (...). Puisque vous n' avez pas l' autorisation de vous marier sans témoins ni d' acheter quoi que ce soit ni d'acquérir aucune propriété ( ... )  qu' en présence de témoins et c'est donc uniquement votre foi et vos écrits saints que vous acceptez sans témoins ?  ".

Finalement devant la mauvaise foi et l' ignorance de Mahomet décrivant la révélation chrétienne, Jean préfère renoncer à relever les erreurs.

 

Il s' attache alors dans un petit livre de controverse à l' usage des chrétiens soumis à la pression des musulmans à leur répondre à travers deux questions :

1° ) le libre arbitre :

Puisqu' il y a une prédestination absolue dans le Coran, l' homme n' est responsable de rien devant la justice divine. Il n' est coupable de rien, ne peut jamais être puni...Bref il ne peut y avoir aucune justice, et ni bon ni mauvais. 

2° ) le Christ :

Les musulmans le considèrent comme l' un des prophètes et lui concèdent d' être l' Esprit et le Verbe  de Dieu, selon ce que Mahomet avait entendu dire de lui par les commerçants ariens d' Arabie. 

Si le Verbe est créé, Dieu, avant sa création, était-il sans Esprit et sans Verbe ?

Si le Verbe est incréé ( nous disons engendré ), alors le Verbe=le Christ est Dieu.

Le musulman est incapable de répondre à cet argument. La parade c' est de dire que le Verbe de Dieu est un livre incréé, c'est-à-dire le Coran...Le musulman ne peut pas comprendre le mystère de la révélation et de l' inspiration divines.

 

Ainsi ( comme le souligne Alain Besançon dans son livre " Trois tentations dans l' Eglise " éd Perrin 2002 ) Saint Jean Damascène se contente d' affirmer le dogme chrétien. Il connaissait bien le prix qu' il lui en coûtait et n' a pas eu peur d' affirmer la différence de conceptions.

Il ne juge pas l' islam comme une religion inférieure. Il dit simplement que ses conceptions ne sont pas vraies. La vérité chrétienne est inaccessible et d' ailleurs reniée par le Coran.

 

Il s' agit de vivre en bonne entente humaine avec les ismaélites, sa famille n' avait-elle pas collaboré ?  Mais le dialogue sur la vérité est pour Saint Jean Damascène indivisible.

Les faits prouveront par la suite que la vie dédiée à Dieu dans un monastère pour lui était finalement la réponse à toute compromission, toute tentative de dialogue. Il avait compris que l' islam ne souffrait aucune opposition.

 En conclusion, après les remous dus aux menaces des musulmans après le discours de Ratisbonne, le pape a fait dire par son secrétaire d' Etat, le cardinal Bertone, qu' il fallait " renforcer le témoignage en Dieu vivant et subsistant, créateur du ciel et de la terre qui a parlé aux hommes "...Termes repris du troisième chapitre de la déclaration Nostra Aetate du Concile exhortant les musulmans " à oublier le passé "...Oublier le passé ? Cette déclaration du Concile a subitement pris un coup de vieux ! Mais il faudra bien trouver des manières de vivre ensemble...Quelles seront-elles?

Lien : http://home.scarlet.be/amdg/sankt/jean-damascene.html

* Vague réminiscence du docétisme...

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 00:54

Pour remettre en perspective nos déceptions, nos désillusions et notre espérance, voici un commentaire de Mauriac dans son Bloc-notes il y a tout juste cinquante ans :

" Le royaume de Dieu n' a jamais été que quelques mesures de levain perdues dans la pâte, même aux époques où le christianisme triomphait politiquement et où César se servait de la Croix. Le monde, à aucun moment de l' histoire, n'a été, ne sera chrétien. La Croix sera toujours une folie à ses yeux et un scandale et elle l' a toujours été, même au temps du roi très chrétien. Mais le levain n' a jamais manqué au monde et ne lui manquera jamais " . 

 

C'est aussi cela mon espérance : que notre pain quotidien nous soit donné,et que le sel ne s' affadisse pas.

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 01:44

A l' Epiphanie pensons aux présents offerts aux pieds de l' Enfant Jésus : l' or qui symbolise sa royauté, l' encens sa divinité, la myrrhe son humanité.

                                             Icône Moscou XIVème siècle

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 21:59

Interrogé cette semaine à Rome à propos du motu proprio libéralisant le rite tridentin, le cardinal Dario Castrillon Hoyos ( né en 1929 ordonné en 1952 ) a répondu à la question : quand ? - SUBITO...Pourquoi ce rite ? réponse : " parce que c' est notre patrimoine ".

 

cf le blog d'un étudiant en théologie à Rome : http://orbiscatholicus.blogspot.com

Cette information est reprise par le journal anglais The Catholic Herald http://www.catholicherald.co.uk

Le pape Benoît XVI a téléphoné à un certains nombres d' évêques français pour les persuader d' accepter un usage plus large de la messe en rite tridentin :

" Pope Benedict XVI has spoken by telephone to a number of French bishops to persuade them to accept a wider use of the Tridentine Mass, it has been claimed.

The Pontiff brought French bishops who oppose the Tridentine Mass ' to a reluctant but decisive change of view ', according to the Priestly Fraternity of St Peter ( FSSP ) an organisation of Old Rite priests that the Pope strongly supports.

It is widely expected that a papal document will soon be released to allow priests to celebrate the Tridentine Mass - using the pre-Vatican II 1962 Latin Missal - without the explicit permission of the local bishop, though probably only with low-key setting of a ' private ' celebration " .

Texte en entier en date du 5 janvier 2007 sur le blog :  http://rorate-caeli.blogspot.com

 

 

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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 00:59
BENOIT XVI le 1er janvier 2007 : " On parle beaucoup des droits de l' homme aujourd' hui, mais on oublie souvent qu' ils nécessitent une base stable qui ne soit ni relative ni FONCTION DE L' OPINION ".
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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 20:07

La grande question que l' on trouve déjà chez Parménide à propos de la création : Est-ce que l' être peut venir de rien ? 

 

Autrement dit y a-t-il une création ex nihilo ? Le rien serait-il déjà quelque chose ? Qu' est-ce que l' être et qu' est-ce que l' Etre?

 

Dieu serait sorti de lui-même, alors qu' il est la perfection. Il ne s' est pas suffit à lui-même. Dans le christianisme, il a BESOIN de créer...par amour. Cette action extérieure à lui-même est justifiée par la Trinité action éternelle de l' amour de Dieu. Dans d' autres religions, elle est uniquement due à sa toute puissance, sa volonté, sans qu' elle soit  spécifiquement aimante.

 

Dieu n' est pas qu' un démiurge ordonnateur comme chez Platon, pour qui la matière est coexistente de Dieu qui y a mis de l' ordre ( la matière étant considérée comme désordonnée). Les manichéens distinguaient un principe du bien et du mal pour dépasser le principe de la matière désordonnée.

 

Le Dieu des chrétiens, lui,  a un rapport particulier à son ouvrage. Il a un projet vis-à-vis du créé. Il y a un finalisme dans la création, celui de l' amour. Dans le christianisme il existe donc la toute puissance de Dieu ( comme dans d' autres religions, en particulier celle du judaïsme et celle de l' islam ), la prescience de Dieu, c' est-à-dire la connaissance de son projet et la providence divine ce qui veut dire l' action constante de sa sagesse.

 On retrouve ses attributs divins dans d' autres pensées religieuses, mais le PLUS de la création chrétienne consiste en ce que le Créateur déploie son intelligence ( d' où le discours de Benoît  XVI à Ratisbonne sur la raison ), en effet Dieu ne se contente pas d' être tout puissant et simplement obéi sans déploiement de la raison. La créature ne doit pas être aveugle ou sourde aux raisonnements philosophiques. Elle doit se poser des questions, lui poser des questions.

 

 

Enfin la seconde raison de cet acte d' extériorisation de Dieu est celle de son amour. Amour qu' il exerce d' abord dans la rédemption, dans l' acte de salut de la croix.

 

                                vitrail de l' église saint Thibaut de Joigny  ( Yonne )

Dieu n' est pas simplement immanent et nécessaire comme chez Spinoza qui rejetait l' idée d' un Dieu personnel. Dieu n' est pas non plus un simple principe comme chez Aristote qui ne pouvait concevoir l' idée d' intervention d' un dieu dans nos vies.

Je pense qu' il est doux de réaliser que ce principe supérieur est celui de l' amour et non pas celui de la soumission. On constate un recul de l' idée d' un dieu personnel dans les sociétés riches d' aujourd' hui, faisant faire un bon de centaines d' années en arrière aux consciences qui se réfugient dans un matérialisme morbide antithèse de la jeunesse éternelle de l' amour.

J' espère que cette mode matérialiste ne sera que passagère.

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