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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 15:48

Aujourd' hui c' est le massacre des saints innocents. Le roi Hérode a fait massacrer tous les petits garçons nouveaux-nés de Bethléem par crainte d'être détrôné par le nouvel Enfant, l' Enfant Jésus. 

 

 

                                         Notre Dame de Paris, détail du choeur

 

 

Si l' on s' interroge sur le rôle du roi Hérode, que représente-t-il?

 

Il était le fils d' Hérode Ier, le brutal roi des Juifs de 40 à 4 av JC qui tenait son pouvoir des Romains et renova le Temple de Jérusalem.

Lui-même Hérode Antipas naquit en 20 av JC et mourut en 39 apr JC. Il s'agissait donc d' un jeune roi ou plutôt, car tel était son titre donné par les Romains, du tétrarque de Galilée et de Pérée. On sait que le pays disparaîtra vers 93 apr JC ( règne d' Hérode Agripa II ) pour être intégré à la province de Syrie.

Ce jeune roi de 20 ans qui fit massacrer les enfants était adonné aux plaisirs. Il voulait conserver  les privilèges qu' il tenait grâce à la bienveillance des Romains, les véritables administrateurs politiques de la région. Il assista plus tard au procès de celui qu' on accusait d' oser se proclamer roi des Juifs. Il avait déjà fait décapiter le cousin de celui-ci,  Jean-Baptiste.

 

 

On peut s' interroger sur ce rôle de " roi ", de figure paternelle, puisque telle est la symbolique qu' on attache à la figure d' autorité.

 

 

Ce jeune roi attaché aux biens matériels recherchait la jouissance et la satisfaction immédiate de ses besoins. En cela il ressemblait à beaucoup d' hommes d' aujourd' hui.

 

Quelle est la motivation de beaucoup d' hommes  contemporains si ce n' est jouir d' un maximum de plaisirs matériels. Gagner sa vie pour avoir le plus de sensations possibles !

Où est la place de l' enfant dans ce "programme" de vie ? Sans doute une histoire de femmes...Il y en aura bien une qui le "coincera", mais le plus tard possibe ! En attendant l' homme massacre l' innocent en lui. 

 

Lorsqu' enfin il parvient à être père ( souvent on lui a forcé la main ) parce que la mère l' a décidé selon son "programme" de régulation contraceptive que se passe-t-il ?

L' enfant devient une menace, menace aux rêves de toute puissante que le jeune homme nourissait, menace d' être soumis à une vie de famille routinière, menace de renoncer à sa quête de plaisirs illimités. C' est la fin du rêve, du fantasme...

 

 

 

Le rôle du père est dévalorisé. Les hommes contemporains ont souvent honte de l' autorité ou de la responsabilité qu' ils doivent exercer. Les hommes se taisent. Le père est alors absent, ce qui crée des comportements de fuite de la réalité ou au pire de délinquance  et d' usage de produits toxiques ( drogues douces ou drogues dures ) chez l' enfant, et particulièrement chez  les garçons.

Le massacre de l' innocence est souvent due à l' absence de rôle paternel, celui d'  un père présent, amant , responsable, un père qui peut prendre la parole.

 

Le modèle que l' on propose souvent aujourd' hui à l' homme, c'est celui du play-boy , du séducteur envié par tous et désiré par toutes. Le père en effet n' a que peu de place dans les représentations imaginaires de notre époque. Certaines féministes radicales et marginales proposent de remplacer le Notre Père par le notre mère ! Tuant définitivement la religion du père ( mais s' il n' y  plus de père où est le fils ?)

Et le garçon aura plus tendance à s' identifier à un rôle de jouisseur plutôt qu' à celui d'un père dévalorisé ou le plus souvent manquant ( divorces des parents ou fuite dans les responsabilités professionnelles du père, etc...)

A New York, nouvelle Rome d' aujourd' hui, il y a très peu d' enfants. L' enfant n' y est pas le bienvenu. 

 

La famille, tellement malade aujourd' hui car le modèle individualiste et consumériste est trop pregnant, se transformera-t-elle?

 

Les deux modèles que l' on oppose dans les médias c' est d' une part celui de la jouissance individualiste et de l' autre la soumission barbare de la femme ( sociétés traditionnelles et/ou musulmanes ).

 

 Ce dilemme est faux. Entre le totalitarisme d' une pensée athée individualiste ( autrefois elle était collective ) et celui de modèles dépassés, la réponse chrétienne est DIFFERENTE et CREATIVE. Cela fera l' objet d' un prochain " post " ou article...A bientôt et joyeuses fêtes de Noël !   

 

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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 11:28

 Dans la nuit de ce soir à demain Clovis roi des Francs se fait baptiser par Saint Rémi, évêque de Reims, avec trois mille de ses soldats en 496 ( ou 499 selon certains ) d' après Grégoire de Tours.

 

 

La France va naître !

 

 

Quelle belle pensée de savoir que le jour de la naissance de Jésus, la Fille aînée de l' Eglise voyait elle aussi le jour alliant le peuple gallo-romain avec les Francs saliens, et faisant d'un petit royaume de Tournai le noyau d' un pays qui existe toujours...

 

 

 

Les structures du droit romain avaient été conservées par les évêques, désormais la France ne cessera de VIVRE !

  

 Descendance anglaise de Clovis avec le baptême de saint Ethelbert : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5491449.html

saint Rémi : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12741467.html
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23 décembre 2006 6 23 /12 /décembre /2006 09:01

A propos de Noël, voici ce que disait François Mauriac dans une interview de Michel Droit ( Paris-Match spécial Noël 1961 ) :

"Je fais si vous voulez un acte de foi dans cette puissance de RESISTANCE chrétienne. Au fond, quand on a la foi, ce qui fait que, quoi qu' il arrive, on ne désespère pas, c' est de croire que le Christ est vivant, ici et maintenant, qu' il est présent dans le monde, substantiellement dans l' Eucharistie, mais aussi EN CHACUN DE NOUS, quand nous sommes en état de grâce ".  

Voilà une expression qui est souvent oubliée : " en état de grâce " qui rappelle le mot de Jeanne d' Arc à son procès...Oui il est important de souligner qu' il y a des hommes et des femmes autour de nous qui s' approchent plus que d' autres de la grâce. Tout le monde peut faire les premiers pas. Jésus est présent chez le petit, l' innocent et chez celui qui vient de recevoir la communion en état de grâce...Comme c' est beau !

Il poursuit : " La présence du Christ est multiforme et, quand on a la foi, quand on la sent, qu' on l' éprouve, qu' on l' expérimente dans la vie eucharistique, cela donne une confiance extraordinaire (...). Les chrétiens qui ont la foi ne doutent pas de la présence du Christ dans le monde. Mais il est aussi présent parmi ceux qui n' ont pas la foi. Je crois que très peu d' hommes ont vraiment renoncé à cette espérance. Non, le monde n' a pas renoncé à l' espérance. la joie de Noël, c' est la joie d' une humanité qui croit que rien n' est encore perdu, que rien ne sera JAMAIS PERDU.  

 

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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 09:00

Où se cache la magie ? pas toujours là où on l' attend :

 Hannah Arendt : " Le totalitarisme semble n' être que la dernière étape d' un processus en vertu duquel la science est devenue une idole qui guérira magiquement les maux de l' existence et transformera la nature de l' homme ". 

Lorsqu' on attribue à la science des vertus magiques on aboutit souvent à des attitudes de toute puissance.

Heureusement un certain totalitarisme issu d' un positivisme dévoyé est en régression. Les empires " scientifiquement " athées se sont écroulés; mais que dire d' un nouveau totalitarisme des pensées qui réduit l' homme à un objet, objet de plaisir, objet d' exploitation, objet d' un néo-eugénisme, objet qu' on dénature de sa vocation spirituelle ?

Oui la science guérit de certains maux, c' est un grand bien alors; mais lorsqu' on l' idolâtre, elle devient elle-même un grand mal.

En ce temps d' avent, pensons aux simples bergers et aux mages ( les scientifiques de l' époque ) qui sont venus aimer un Enfant dans une crèche...Les mages ont mis leur puissance, la " politically correctness " de tous les temps au même niveau que celui de bergers incultes qui avaient répondu les premiers à l' appel. La science sans amour n' est rien, la science pour l' amour peut beaucoup.

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 08:40

On entend souvent parler d' un Jésus libérateur, un homme qui ouvrirait la voie à nos attentes, dans cette " vallée de larmes ", dans ce monde injuste et incompréhensible. Certes Jésus nous libère, mais il y a libération et libération. La libération qui fait l' économie de la Rédemption et de la Croix semble être une idée en reflux. Heureusement il apparaît que l' on s' écarte de ces hérésies si douloureuses des années 1960-70. Pourtant nous devons être vigilants car la tentation d' un néo-arianisme simple et sec dans sa formulation s' oppose à la fécondité de la Trinité.

 

Qui était Arien ?

Né en 256 dans l' actuelle Libye le vertueux et savant Arius est ordonné prêtre en 310 à Alexandrie, dans la riche province grenier à blé de l' Empire. Influencé par Origène, il précise sa thèse en 323 :

Dieu est unique, inengendré, l' absolu de l' Etre. Il est incommunicable et hors d'atteinte.

Tout en dehors de lui est créature, même le Christ.

Arius admet toutefois que le Christ est le Logos, le Verbe de Dieu ( Evangile de Saint Jean ), agent de la Création, tiré du néant avant les siècles ( Ce qui le distingue du néo-arianisme d' aujourd' hui ).

Ainsi le Christ n' est pas Dieu par essence. IL TEMOIGNE de Dieu et ne devient véritablement Fils de Dieu qu' au jour de sa Résurrection. Il est donc postérieur et subordonné au Père, divinisé à sa Résurrection.

On aboutit donc à un polythéisme, puisqu' il y a un dieu subordonné à l' autre, un dieu incréé et un dieu créé. Le néo-arianisme moderne lui ne parle que de fils de Dieu sans se prononcer sur la nature divine de Jésus, évitant ainsi l' accusation de polythéisme...Mais si Jésus n' est pas de même nature, n' est pas consubstantiel au Père, les hommes ne peuvent devenir enfants de Dieu.   

 

Quel est le contexte historique ?

En 313 après l' Edit de Milan et le libération du christianisme, l' empereur Constantin doit faire face  à de nombreuses hérésies, dont la plus virulente est celle d' Arius, qui menacent l' unité spirituelle et politique de l' Empire. L' arianisme est bien implanté à Constantinople dans l' élite intellectuelle et même dans la famille impériale.

Saint Athanase d ' Alexandrie décide d' excommunier Arius qui trouve refuge auprès de l' évêque arien de Césarée de Palestine où il écrit la Thalie ou le Banquet. cf  lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5287691.html

 

 

Constantin décide de prendre le problème à bras le corps et de convoquer le premier concile oecuménique ( jusqu' alors ils étaient locaux ) avec des évêques d' Orient et d' Occident. Il a lieu à Nicée ( Asie Mineure ) en 325. Le concile proclame que :

Jésus-Christ est vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père ( et non semblable ).

Arius meurt en 336, mais l' arianisme se propage accompagné de persécutions contre les chrétiens restés fidèles à l' orthodoxie. Les successeurs de Constantin ( mort en 337 ) sont proches de l' arianisme en particulier Constance II qui appuit le concile d' Arles réuni par l' évêque arien Saturnin en 353. Mais après le règne de Julien l' Apostat indifférent aux débats internes du christianisme qu' il souhaitait éliminer, les controverses continuent. Finalement en 381 le concile de Constantinople impose définitivement la doctrine de Nicée et codifie le dogme de la Sainte Trinité.

 

 Ruines de l' église Sainte-Sophie de Nicée où se tint le concile, aujourd'hui Iznik en Turquie

 

 

 

Les prolongements politiques de l' arianisme :

Il reprend après la chute de Rome en 476 une nouvelle vigueur. En réaction contre l' Empire confondu avec la foi de Nicée, les barbares germaniques choisissent des évêques ariens et déportent les évêques fidèles. Les Vandales venus de l' actuelle Allemagne en Afrique du Nord massacrent les chrétiens nicéens. Les Wisigoths, originaires du Danube où ils avaient été évangélisés par l' évêque arien Ulfila traducteur de la Bible dans la langue des Goths ( bien avant la Vulgate de Saint Jérôme ), s 'étaient installés en Hispanie où ils persécutent les chrétiens chassés dans les campagnes: La foi en la Trinité était vécue comme un obstacle à l' ouverture et à l' assimilation. Les élites sont donc ariennes, les offices célébrés en langue gothique. Les Burgondes sont plus tolérants.

Après le baptême de Clovis roi des Francs païens en 496 qui n' avait pas connu l' arianisme, les évêques se soumettent en 506, sauf ceux d' Aquitaine protégés par Alaric II qui sera battu l' année suivante.

Dès lors la Gaule est protégée de l' hérésie. Saint Avit fait renoncer à l' arianisme le futur saint Sigismond, roi des Burgondes, vers 515.  L' arianisme disparaît au VIIème siècle après les derniers foyers ariens chez les Lombards et les Ostrogoths d' Italie du Nord.

Les ariens communiaient* debout et dans la main... 

 

Les prolongements similaires à l' arianisme :

Certains points sont repris par des mouvements qui affirment que Jésus n' est pas Fils de Dieu consubstantiel au Père. Entre autre il serait devenu " divin " au moment de son baptême, ou de la mort sur la Croix ou encore à sa Résurrection...

Ainsi les Cathares au XIIème-XIIIème siècles croient entre autres particularités que le Christ n 'est pas le Rédempteur, mais uniquement le messager du Salut. Selon eux il n' est pas mort sur la Croix, n' étant homme qu' en apparence. Ils ne reconnaissent pas la Transsubstantation et préfèrent faire mémoire de la dernière Cène avec le Pain de l' Oraison ou Pain de la Parole...( J' ai eu la surprise récemment d' entendre le curé parler lors d' une célébration dans un petite ville de campagne du Pain de la Parole  pendant la liturgie eucharistique...Passe encore dans une homélie, le Pain de la parole est une belle image de l' apostolat, mais à cet instant précis de la Consécration, je me demande si cela exprime l' orthodoxie de la messe...)

 

Certaines  tendances issues du protestantisme ( Servet condamné au bûcher par Calvin, les Unitariens, les Témoins de Jéhovah, les Mormons, le Second Adventisme, etc...) ne reconnaissent pas la Seconde Personne de la Trinité.

Des mouvances issues de la Théologie de la Libération comme celle du Père espagnol Tamayo ( thèses exposées en 2003 ) refusent le dogme d' un Fils engendré avant tous les siècles.

Enfin on peut noter que l' Islam voit en Jésus un prophète parmi d' autres d' Allah Dieu unique. 

Oui le néo-arianisme paraît plus simple à l' entendement non éclairé que la fécondité du dogme de la Sainte Trinité, c'est pourquoi il connaît un certain intérêt à notre époque prétendument d'  " ouverture ".

 

* cf livre de Pierre Maraval : " Le christianisme de Constantin à la conquête arabe ", éd. Nouvelle Clio, puf 1997 

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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 01:05

 En poursuivant ma lecture du Bloc-notes de 1969 de Mauriac, je lis ces lignes qu' il a écrites pendant l' avent :

"On fait figure d' intégriste et d' esprit rétrograde, à leurs yeux [ les intellectuels ], dès qu' on refuse de dire oui SANS EXAMEN à tout ce qui relève de l' esprit nouveau, dès qu' on s' inquiète de la crise de la foi dont témoigne, par exemple, l' indifférence aux promesses faites à Pierre, dès qu' on s' inquiète des moeurs démocratiques qui tendent à s' instaurer dans le gouvernement de l' Eglise ou de l' idée de SACRIFICE, non certes niée, mais enfin légèrement gommée dans la nouvelle messe, comme est gommé aussi le mystère marial, comme le sont les dévotions traditionnelles à la Vierge...Plus profondément, un vieux chrétien souffre de ce que les vérités enseignées durant toute sa vie sont devenues relatives à l' époque, aux exigences du monde..."

 

Bien sûr, il ne faut pas rester fixé à une époque, comme le disait Héraclite le philosophe ionien, lorsque je me baigne dans un fleuve, l' onde qui passe n'est déjà plus la même : donc on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. On soutient ainsi le principe du même et de l' autre dans l' unité de leur opposition...Cependant je mesure comme les fidèles de cette époque ont dû souffrir de toutes les trahisons des clercs d' alors !

 

C' est un mystère que tant d' hommes de cette époque des années d' après-guerre, puis des années d' abondance aient tourné le dos à la présence réelle du Christ parmi nous à travers sa liturgie. Le Christ n' était plus vu que dans le visage de mon frère, de n' importe quel frère, ou au mieux beaucoup plus que dans les sacrements qu' il a laissés. Il est important de souligner que le Christ est présent dans l' humanité surtout là où il y a de la souffrance, mais en se coupant de la liturgie, ne fait-on pas du Christ réel , né à une époque datée dans l' histoire humaine, un être désincarné, presque a-historique ?

Or la vie du Christ est traversée d' actes liturgiques. Il a créé un nouveau langage sacramentel, de nouveaux signes de sa présence, il a reformulé des actes liturgiques préexistants en leur donnant un nouveau sens accompli. 

 

 

Ainsi la fraction du pain au Jeudi Saint représente-t-elle le déchirement du voile du Temple, la mort violente, soudaine du Christ sur la Croix , les noces de l' AGNEAU à venir.

Ce qui fait honte à nos contemporains, c'est de réaliser que la liturgie est l' action de Dieu en prière. Ce n' est pas tant les hommes qui prient que Dieu lui-même qui se donne à nous aussi à travers sa liturgie dans sa prière. Le chrétien voit Jésus prier et accomplir des actes liturgiques. Dans l' Eglise latine et dans les Eglises d' Orient, le prêtre agit ,lorsqu' il réactualise les gestes du Christ sur le pain et le vin, dans la personne du Christ lui-même. C' est pour cela que le prêtre n' est pas qu' un simple pasteur issu des communautés, un simple sage qui instruirait un groupe de fidèles, un pédagogue qui expliquerait la mémoire de ce qu' a enseigné un certain Jésus autrefois. Le prêtre est  plus que cela : Il renouvelle le sacrifice accompli une fois dans notre histoire. Lui seul a été appelé pour cela.

Sans prêtre, plus de sacrifice,  plus de liturgie, plus d' Eglise vivante... la réunion de prières, la mémoire des enseignements du Christ ne suffisent pas à une liturgie, à l' actualisation de la prière de Dieu dans nos vies. C' est le malheur des protestants qui font mémoire de gestes passés. Certes leur prière est actuelle, mais l' absence de prêtre ( ils ont des pasteurs ou  des pédagogues ) les empèche de prendre part à la prière liturgique actuelle de Dieu.

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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 04:13

Les expressions comme le trip, le kif, cachent bien souvent la misère des paradis artificiels dus à la drogue ou à des habitudes toxiques, et par extension à la recherche d' excitation pour échapper à la souffrance d' ici-bas, et accéder à un état, un lieu prétendument d' élection.

Faire des expériences, expression qui était  naguère réservée au vocabulaire scientifique, cache souvent maintenant la tentation désespérée de certains d'  " explorer " leurs limites, en fait de mettre en jeu leur instinct de vie, de jouer à la roulette russe en consommant des drogues qui contrairement à la promesse de recevoir du plaisir ou de la force, conduisent à la destruction de soi, à la violence et finalement à la mort prématurée.

Le désespoir instillé par la censure moderne sur tout ce qui concerne le christianisme ou toute recherche philosophique mettant en cause l' athéisme ou l' agnosticisme d' aujourd' hui pousse beaucoup de jeunes gens au suicide. Seul l' islam simplificateur figuré uniquement dans nos médias dans ses dérives suicidaires ( le terrorisme ) trouve grâce aux yeux des puissants d' aujourd' hui car il illustre selon eux LA religion : voyez disent nos médias, TOUTES les religions sont irrationnelles et poussent à la guerre ou à la mort.

Une seule issue pour nos puissants est offerte aux masses obéissantes : la recherche de la satisfaction matérielle dans une égalité indifférenciée qui ne remette pas en cause leur pouvoir. Aux autres: le suicide ou l' ostracisme.

 

Certes le progrès matériel est un moteur puissant de vie. Mais il n' en est ni le  principe ni le but.

Le progrès de la connaissance n' est pas au service unique du progrès matériel.

La connaissance de l' autre, de soi passe par des relations initiés par un regard sur soi, sur l' autre.

La connaissance est d' abord un regard, la CONTEMPLATION est un mode de connaissance ( theoria en grec ), d' expérience.

La contemplation se rattache donc à la philosophie.

Dans la religion chrétienne, la contemplation concerne la vision de Dieu.

Déjà chez PLATON ( Phèdre, la Banquet ) ou chez ARISTOTE ( Ethique à Nicomaque ) la contemplation  comme intuition intellectuelle est un outil de la philosophie, ou même le but ultime. Contempler est un chemin et un but.

 

Chez le chrétien, la contemplation des objets les plus divins, des concepts de l' Amour de Dieu et de son action dans notre vie se traduit par un état de BONHEUR qui est beaucoup plus prometteur que le néant, le rien des athées ou du néo-zen. Sans parler du suicide dû au " kif", ou aux " trips " des substances toxiques largement offertes  et diffusées pour éliminer une partie de la jeunesse.

 

Le drame du mal c' est qu' il se déguise sous l' apparence de la jeunesse, alors qu' il est vieux comme le monde. Lorsque le monde se laisse aller à ses séductions, les premiers qui en souffrent ce sont les forces vives que le monde jaloux de sa finitude veut détruire. Au lieu d' élever la jeunesse à l' amour, on la détruit, car le monde a peur de la jeunesse et de ses capacités d' amour.

 

  " J' irai vers l' autel de Dieu qui réjouit ma jeunesse ". La jeunesse est éternelle lorsqu' elle est le moteur de l' amour et muée par lui . A la fois outil et but, instrument et  stade suprême. C' est pourquoi le désespoir est un instrument du mal pour empécher l' amour et en premier lieu l' amour divin.

Chez Saint Augustin, la contemplation est la relation, le rapport le plus intime, le mode le plus proche de la relation avec Dieu.

Elle provoque la béatitude, la lumière. Ainsi les icônes, les images saintes diffusent la lumière de Dieu. Ainsi la prière qui est un mode de relation à Dieu permet d' accéder à une illumination intuitive intérieure. Ainsi la recherche philosophique aboutit à la connaissance, à un regard de Dieu.

Cette contemplation que l' on constate chez les saints- qui sont comme des modèles, c 'est-à-dire des balises qui indiquent un chemin ou transmettent au-delà des âges leur expérience- se traduit par une pratique.

Cette pratique ( la réalité de l' acte de contempler ) prescrit de méditer et de prier dans l' amour, par amour, pour l' amour.

Ainsi la contemplation pour un chrétien est d' abord acte d' amour ( qui se traduit par l' amour de soi et du prochain comme Jésus nous l'a prescrit et enseigné dans l' amour du Père ).

La prière pour soi comme simple mécanique n' a aucun intérêt pour un chrétien. C' est une technique morte. Comme une drogue pour accéder à une fausse béatitude détruit, la prière sans amour  assèche. Mais la technique de la prière pour accéder à l' amour est un premier palier.

Les grecs liaient la bios theoretikos et la bios praktikos, la théorie et la pratique, l' otium et le negotium des latins,  toutes notions souvent défigurées aujourd' hui lorsqu' on met l' accent sur l' un au DETRIMENT de l' autre. Naguère il était à la mode de privilégier la praxis sociale pour se libérer soi-disant. De quoi ? Non pas de la pauvreté ou de l' injustice, mais finalement de  l' amour...C'est-à-dire l' instrument et le but même de la contemplation divine.

 

Enfin en conclusion, cette contemplation de Dieu et cette contemplation par et pour Dieu abolit la différence entre l' infini et le fini. Là il faudrait réléchir sur la Trinité et j' en suis peu capable pour l' instant tellement ce mystère est INFINI, énorme, fécond, insondable ! Je n'ai pas de mot... Mais je peux discerner que lorsqu' un saint ou un chrétien avancé dans l'amour est en contemplation, en relation vraiment intime avec Dieu, alors il ECHAPPE à sa limitation...Comme nous sommes loin du " trip " défini plus haut !

 Il échappe à sa subjectivité, l' âme se fond en l' Amour de Dieu et atteint une vision synoptique de la Vérité.

 La vision synoptique c' est le regard d' une seule âme ( privilégiée donc choisie par la grâce de Dieu ) qui atteint tout un ensemble des parties du mystère de Dieu. Cette vision que ce saint ou cette sainte expérimente comme être unique  est transmise au sein de l' Eglise. Elle nous dit : voyez ce philosophe, cette paysanne, ce soldat, cette mère de famille, cet enfant ont pu entrevoir la béatitude dans leur vie de telle et telle manière, dans telle et telle circonstance, et des personnes AUJOURD' HUI continuent d 'entretenir des relations avec le TOUT.

Il y a des chemins de l' âme plus intellectuels et d' autres plus affectifs. A chaque époque des exemples de vie, de témoignages sont donnés. Comme tout cela est infiniment plus fécond que les faux paradis achetables, vendables consommables et meurtriers que le monde d' aujourd' hui distribue à sa jeunesse pour l' empécher d' aimer ! 

 

 

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 20:13

Extrait du discours du cardinal Pacelli  ( futur Pie XII) à Notre Dame de Paris le 13 juillet 1937 :

" A la France d' aujourd' hui qui l' interroge, la France d' autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

Car mes frères, les peuples comme les individus ont leur vocation providentielle, comme les individus ils sont prospères ou misérables. Ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles selon qu' ils sont dociles ou rebelles à leur vocation ".

Je me dis que cette interrogation d' un peuple, s'applique aussi à soi-même : personne ne sait de quoi demain sera fait. Qui eût prévu il y a dix ou vingt ans a fortiori en 1937, tous les bouleversements qu' a connus notre pays ?

 La vocation de chacun c' est donc d' interroger notre histoire personnelle pour répondre aux questions d' aujourd' hui, sans savoir de quoi demain sera fait. Il ne sert à rien de prévoir, car les bouleversements socio-politiques et économiques détruisent toujours nos opinions toutes faites sur le futur. C'est un signe de vitalité. Aujourd' hui comme hier, l' absence de référence à notre histoire personnelle et collective nous rend sourds à notre vocation, prisonniers de nos inquiétudes. 

La vocation, c'est le signe de notre fertilité, de la vie qui se transmet.

S' interroger pour s' interroger ( c'est à dire créer artificiellement du sens ) vaut moins à mon avis que s' interroger pour vivre, et donc répondre par  l' action elle-même procréatice dans la fidélité à un moi collectif et  personnel qui se transmet. Ainsi mon interrogation trouve du sens. Car elle répond à une interrogation, un appel : " Et toi que dis-tu que Je suis ? "

L' évitement pseudo-narcissique est une censure de soi, un mépris de soi, et implique une absence de dialogue. La jouissance d' un soi limité à l' instant est moindre que la jouissance provoquée par un appel qui me renvoit à l' appel de l' Autre, qui m' interroge sur ce que JE suis, c' est à dire ce que j' ai été.

La vocation du Christ est le contraire de l' autisme affectif qui se déguise sous la frénésie compensatoire de consommation : J' achète donc je suis. Or la vocation d' un peuple ne se limite pas à l' abondance matérielle. La prospérité matérielle-certes valeur positive-qui n'a du sens qu' en soi, qui est le but unique de notre société cache bien trop souvent un autisme spirituel. 

Un autisme qui nous empèche de dialoguer, de vivre ensemble, d'avoir un discours raisonnable sur ma culture et la culture de l'autre.

Quelles sont les communautés chrétiennes fidèles à leur vocation ? Il n' y a pas d' autre moyen que de mesurer leur " fertilité " !  " Croissez et multipliez " : cela s' applique aussi aux vocations spirituelles...

La vocation ce n' est pas reproduire des gestes, reproduire mon miroir narcissique, la vocation c' est de multiplier ma réponse.

Multiplier mon oui que je prononce avec l' autre. Multiplier ma fidélité, transmettte l' amour qui m' a été donné. La vocation est fertile. Elle est restauration et transmission de l' Amour.

Une communauté ou une église qui se vide est un signe de rébellion à l' Amour. Comme dans la parabole du Bon Samaritain, le Christ a besoin d' être soigné,  accueilli, restauré. Je ne vais pas à l' église d'abord pour être soigné, accueilli, restauré ( tant mieux si je le suis ), mais pour soigner, accueillir et soigner l' Amour qui est méconnu. 

Comment mon pays le soigne-t-il ?  Je pense que la France l' aime ( je ne suis pas pessimiste ) ; mais elle est souvent trop occupée à se distraire pour fuir ses inquiétudes présentes...

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 00:57

L' ORDRE NATUREL est celui dans lequel Dieu communique à ses créatures l' ETRE. Dans cet ordre, Dieu est la loi éternelle et la fin de l' univers entier.

 

 

L' ORDRE DE LA GRACE est celui dans lequel Dieu communique à la créature spirituelle sa VIE INTIME. Il la rend participante de sa propre nature.

Ainsi l' homme est fait pour Dieu, et par grâce il est fait pour l' intimité de Dieu.

 

L' ORDRE HYPOSTATIQUE est celui dans lequel le Verbe de Dieu s' unit personnellement à une nature humaine dans le sein de la Très Sainte Vierge Marie et restaure ainsi par la rédemption l' ordre naturel blessé par le péché originel.

 

La Sainte Vierge Marie est véritablement Mère de Dieu, parce qu' elle est vraiment Mère d' un Fils qui est vraiment Dieu, Jésus-Christ. Prédestinée à être la Mère du Fils de Dieu, elle est la TOUTE PURE. 

 

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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 17:59

Saint Jean Damascène que nous fêtions hier nous dit :

" Il fut un temps où Dieu, n'ayant ni corps ni forme, ne pouvait être représenté d' aucune façon.

Mais puisque, aujourd' hui Dieu s' est incarné et a vécu parmi nous, je peux représenter ce qui est visible en Dieu.

Je ne révère pas la matière, mais je vénère le Créateur de la matière,

qui s' est fait  matière pour moi, qui a pris la forme de la vie dans la matière

et qui, par le moyen de la matière a réalisé mon salut " .

 

Il est bon de REPRESENTER Notre Seigneur, il est bon de contempler ses images, non pas seulement de regarder, mais de prier pour réaliser que c'est l' image qui ME regarde !

 

Il est bon de figurer les mystères de la Foi, car Dieu s' est incarné, il s' est fait chair, il SE FAIT matière, il se fait image dans ma vie qui me regarde et ME parle.

 

Il est bon de comprendre que le Seigneur a voulu descendre dans ma vie, qu' il partage ma condition humaine, matérielle, figurée tous les jours à chaque instant.

 

Il est bon de comprendre que le Seigneur s' est incarné il y a 2006 ans, et il continue de s' incarner à chaque instant.

 

Il faut chercher son visage, il faut contempler ses yeux, il faut regarder ses plaies.

 

Je n'ai pas peur de regarder le visage figuré de mon Seigneur, je nai pas peur de contempler son corps souffrant, je n'écoute pas les voix de ceux qui veulent cacher son visage et briser sa Croix.

 

C' est tout cela que figurent les images saintes, et les croix de nos églises et de nos cimetières.

La Croix aujourd' hui est plus que jamais un SCANDALE pour nos contemporains:

 

Cet instrument de torture abaisse le Dieu possessif des Juifs,

 

Il rappelle aux hommes l' incarnation et la mort de notre Dieu, le passage avant la Résurrection, scandale pour nos contemporains et pour beaucoup de chrétiens timides.

 

La Croix rappelle que notre Dieu a souffert par amour, pour nous racheter, scandale non seulement pour nos athées contemporains , mais aussi pour les croyants en un Dieu juge clément et miséricordieux. En contemplant le bois de la Croix, je contemple l'arbre d' Adam, l'instrument de torture du Réprouvé, celui qui est et fut moqué, je me laisse aimer par Celui qui meurt pour moi, pour me sauver.

 

Je ne dois pas avoir honte de me laisser aimer par une victime.

 

Au risque de choquer, notre Seigneur n'est pas qu' un Juge, mais il est Victime, victime ! C'est pour cela qu' on renverse les croix, qu' on a honte de porter sa croix et de la montrer.

 

Les chrétiens timides qui détournent les yeux des souffrances du Christ, qui ne veulent pas croiser son regard d'amour, qui rêvent d' un Dieu juge, transcendant, lointain dont on mendie la clémence, les chrétiens qui cachent le sang du Christ, tous ces chrétiens bien élevés se privent de la liberté d' aimer et d' être aimés.

 

 LE SCANDALE POUR LES AUTRES, C' EST QUE NOUS AVONS UN DIEU AMOUR, ET QUE CET AMOUR S' EST MATERIALISE PAR UNE CROIX !

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