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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 18:46

   Il y a quarante ans, le samedi 17 décembre 1966,  voici ce que François Mauriac ( 1885-1970 ) écrivait dans son "Bloc-notes " à la suite d' un commentaire sur le "Paysan de la Garonne" de Jacques Maritain ( 1882-1973 ) qui s' inquiétait du néo-modernisme.

" Jamais la foi ne nous a paru si menacée qu' aujourd' hui parce que trop de ceux qui ont reçu le dépôt hésitent, détournent les yeux, soulèvent les épaules, branlent la tête, et non pas sur un petit nombre de points controversés, mais tout au long d'une immense frontière, qui embrasse l'apologétique et l'exégèse.

...C' est pourquoi tout scribe versé dans ce qui regarde le Royaume des Cieux ressemble à un père de famille qui tire de son trésor des CHOSES NOUVELLES et des CHOSES ANCIENNES...

Ce texte de Saint Matthieu prend aujourd' hui une signification singulière. Quelles sont ces CHOSES NOUVELLES ? Et les ANCIENNES, les rejetterons-nous ?

Non, puisqu' elles font partie du trésor, puisqu' elles le constituent.

Quant aux CHOSES NOUVELLES, elles S' Y TROUVAIENT DEJA, puisque le père de famille les y découvre, mais il les détenait sans les connaître.

Je m' interromps, en songeant qu' il est fou de s' interroger sur ces choses qui n' intéressent plus personne..."

Je trouve ce texte bien moderne: ce qui est nouveau dans la Foi c' est ce que nous avons déjà, mais que nous ne connaissons pas encore, et qu' il nous faut REDECOUVRIR...

Sinon la nouveauté n' est qu' artifice. La Révélation est close. La Foi est transmission.On ne transmet plus lorsqu' on laisse mourir ce dépôt, on la fait vivre lorsqu' on communique ce trésor que nous avons reçu ...

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Published by Eric - dans Lectures
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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 16:48

Michel Onfray est un esthète athée, avec une détestation particulière pour le christianisme. C'est son droit. C'est un homme raffiné avec des choix esthétiques qu' il voudraient jubilatoires. Toujours jouir, jouir...Pourquoi pas, mais de quoi ?

Il y a un hic :  un grand  " sur moi "  chrétien nous empêche de jouir sans entraves, comme on disait en 1968 !

Maintenant  Michel Onfray, après son traité d' athéologie de l' année dernière, est invité par le Figaro à répandre ses idées, en particulier celle de l' eugénisme prétendument libertaire,  les temps changent ! (1)

 

 

 

Je suis d'accord avec lui lorsqu' il affirme : " Toute relation à autrui est médiatisée par une passion et l' on n' échappe pas, dans l' hypothèse d' une morale nouvelle, à une pathétique singulière "

 

Cela me fait sourire, on dirait du langage chrétien des premiers siècles ! La Passion du Christ comme base d' un nouveau lien entre les hommes ( anciennement païens ) est VRAIMENT singulière.

 

Mais non, Onfray utilise ce langage CONTRE le message chrétien:  " Le temps est venu d' en finir avec la BARBARIE qui consiste à éradiquer purement et simplement les passions partout où elles se trouvent pour vider l' homme de sa substance et le transformer en cadavre avant l' heure ". Je suis  d' accord sur le sens de cette phrase car le christianisme ne vise pas du tout à éteindre les passions au contraire, mais à les TRANSFORMER en amour, dans l' Amour .

 

Je suis moins d' accord sur l' expression trop violente de sa phrase : En effet, comment en finir ? en baillonnant les barbares ? en les réduisant à des non-citoyens ? Il y a toujours de la violence sous-jacente chez les utopistes moralistes .Je me dis  donc qu' il vise des néo-stoïciens ou bien des adeptes du  " zen " soft si à la mode aujourd' hui qui en effet se méfient de l' amour, des passions et aspirent au grand néant ?

 

Eh bien non, pour lui les barbares, ce sont les chrétiens !  Beau renversement des valeurs...Notre nouveau Julien l' Apostat , tire une phrase de son contexte PERINDE AC CADAVER ( la devise d' obéïssance au pape des Jésuites ) pour en faire le commandement numéro un des chrétiens...Belle malhonnêteté ! Qui a parlé des sépulcres blanchis ? Qui a dit laissons les morts enterrer leurs morts ?

 

Mais Onfray prétend l' ignorer, et fait du christianisme un simple message stoïque au mieux, au pire un message suicidaire.  Beau racourci ! A sa décharge il  parle aussi  dans la suite de son texte "des" éthiques du renoncement. Donc les chrétiens, principaux visés, partageraient  le même sort que les philosophes orientaux, merci ! Pour eux, pour nous: un seul destin: EN FINIR... on entrevoit la mort lente qui nous serait réservée !

 

Eugène Delacroix, Dante et Virgile aux enfers, 1822

 

Une conclusion pour lui donc : " Tout est acceptable qui procure de la jouissance " dans une perspective sélective et  " aristocratique " de la jouissance qui serait la seule " éthique " limitant notre barbarie. Oui quand même, il ne faudrait pas réveiller les tréfonds de la jouissance que le XXème siècle passé a expérimentés dans les camps d' extermination par exemple...Alors après avoir taté de la sélection, il s' aventure sur le terrain de l' utilitarisme au sens anglo-saxon: Finalement c' est mon intérêt qui prime et je mets en balance la somme des plaisirs face à celle des souffrances...Bon rien que du bon sens, la montagne accouche d' une souris ! Mais baser l' éthique sur mon seul intérêt,  quel intérêt finalement ?

 

Alors notre auteur se ressaisit devant cette petite souris, et déclare : " le principe sélectif d'une éthique exigeante est LE  SUBLIME " c'est à dire la sculpture alchimiste de soi ( quel soi ?) pour transformer ses propres énergies ".  Après l' utilitarisme, nous voilà dans la physique et la dynamique énergétique. C'est fort sympathique et je ne suis pas contre; mais Onfray s' arrête en chemin...L' éthique, après avoir parlé d' utilitarisme, pour lui c'est l' unanimité, la souveraineté de " l' empire triomphant dans la majesté d' une énergie qui rayonne "...

 

Bref ces comparaisons solaires, vaguement nietzschéennes ( lui au moins était un poète, en plus d' être un philosophe ) ne me réchauffent pas, au contraire elles me glacent ! L' unanimité, les foules enthousiastes tendues vers le même but, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? 

 

Pire: " Plus le général est induit par un particulier, plus on peut dire sublime le premier moteur " J'espère que ce " particulier " serait sage et raisonnable au moins, sinon quels lendemains qui chantent nous seraient promis par Michel Onfray, sans jeu de mot : quels bruits de moteur, pour ce principe premier ?

 

Et notre hédoniste superficiel de nous prévenir : le chrétien est  " pareil au cadavre, impassible, bienveillant ( mot honni par lui ), neutre devant l' immonde ".

 

 Lorsque l' on connaît l' histoire chrétienne on ne peut que RIRE devant ces syllogismes. Le point de départ étant que l'amour du prochain est impossible pour Onfray, car masquant une forme hypostasiée de soi...Alors où est l' économie hédoniste ?  

 

 

 

Et voilà l' accusation : le chrétien est neutre devant l' immonde ( on sait ce que mot signifie pour nos contemporains occidentaux), bref il s' en faut de peu que le chrétien  ne soit un collaborateur de l' immonde sinon l' immonde lui-même !

 

Mais Onfray a un peu compris les leçons du XXème siècle tout de même. Faudrait-il tuer, violer, pratiquer la loi du talion vis-à-vis des chrétiens ? Non, simplement une seule attitude est envisageable par lui : LE MEPRIS !

 

Voilà comment avec un philosophe ( amant de la sagesse n'est-ce pas ?) sous couvert de plaisir, enseigne le mépris, le non-dialogue....Heureusement que le XXème siècle l'a arrêté en chemin, sinon jusqu' où irait-il ?

Personne n' oblige personne à être chrétien... UNE  SEULE  REACTION  VITALE oui vitale, après une telle lecture : LE   RIRE !!!!

 

 

Toutes ces citations sont tirées de Michel Onfray : " La sculpture de soi " Ed Grasset, 1993

(1) Le Figaro du 7 décembre 2006

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