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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 04:21

Réflexion sur la foi immuable et le temps qui passe :

Ce que nous sommes, vous l' avez été.

Ce que nous croyons, vous l' avez cru.

La façon dont nous adorons Dieu, vous l' adoriez ainsi.

Si nous avons tort aujourd' hui, c 'est que vous avez tort maintenant...

 

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 01:03

En Terre Sainte on fête Saint Euthyme. Il naquit en 377 à Mélitène, en Petite-Arménie cappadocienne, aujourd' hui Malatya en Turquie orientale, possession romaine depuis 75 av JC ( à ne pas confondre avec la Petite-Arménie médiévale en Cilicie ). Ses parents Paul et Denise avaient longtemps prié sur la tombe du martyr local Saint Polyeucte ( immortalisé par notre Corneille ! ) pour avoir un fils. Lorsqu' il eut trois ans, il perdit son père. Sa mère le confia à l' évêque de Mélitène faisant le voeu qu' il fût consacré à Dieu, elle-même devenant diaconesse.

 

Il reçut l' ordination presbytérale à dix-neuf ans, puis devint inspecteur des monastères environnants. Il passait du temps en retraite ( notamment pendant le carême ) au monastère de Saint-Polyeucte et au monastère des Trente-Trois Martyrs d' Arménie. 

 

à gauche, icône de Saint Polyeucte de Mélitène

 

 

 

Il partit en 406 en pélerinage pour Jérusalem visiter les Lieux Saints et suivre l' enseignement des Pères du désert. Il s' installa près de la laure de Pharan à 10 km au nord de Jérusalem fondée en 330 par Saint Chariton.

                                                Laure de Pharan

 

                                                Désert de Chariton**

Il s' y lia d' amitié avec le moine Saint Théoctiste, originaire de Cappadoce. Pour gagner sa vie, il fabriquait des paniers et s' efforçait de vaincre ses passions en veillant et jeûnant régulièrement . Puis les deux amis s' installèrent en Judée non loin de la Mer Morte  ( Wadi Dabor ) sur la route de Jéricho  dans une caverne spacieuse qui fut transformée en église. Ils se dédiaient au travail et à la prière.

 

Ils furent rejoints par d' autres disciples désireux de devenir anachorètes. Les deux saints durent donc constituer une nouvelle laure ( qui reçut plus tard le nom de monastère Saint-Théoctiste ). Saint Théoctiste en assura la direction dans un mode cénobitique, tandis que Saint Euthyme de sa cellule située à proximité rejoignait régulièrement les nouveaux aspirants pour les instruire.

 

 Il n' exigeait pas de pénitences extravagantes, mais leur demandait la fidélité de résidence, le détachement des biens terrestres, la confiance envers la Providence, l' habitude des travaux manuels en dévoluant aux pauvres le superflu, l' interdiction des femmes dans l' enceinte de la laure, et surtout l' humilité et la charité. 

 

Il guérit le fils d' un Arabe bédouin païen du nom d' Aspebet qui demanda ensuite avec sa tribu le baptême. Celui-ci prit alors le nom de Pierre et répandit la nouvelle dans toute la Palestine. Certains membres de la tribu bédouine devinrent des disciples de Saint Euthyme et par la suite l' un d' eux devint le successeur de Saint Théoctiste.

 

L' afflux de fidèles et de malades l'obligea à se retirer dans le désert de Ziphon où il  créa des églises et convertit des sectataires qui niaient les sacrements et la hiérarchie ecclésiale, ne se fiant  qu' à la prière personnelle...

D' autres guérisons le rendirent célèbre dans la région, et il repartit près de son ancienne laure qu' il rejoignait pour les vigiles du samedi et la liturgie du dimanche.

D' autres disciples ( dont Saint Sabas ) se pressaient auprès de lui, et cette fois-ci il accepta avec humilité de les enseigner, créant une laure semblable à celle de Pharan, qui fut connue par la suite sous le nom de monastère Saint-Euthyme, située à Khan Al Akhmar aujourd' hui Mishor Adumim.

                                     Ruines du monastère de Saint-Euthyme*

 

Lorsqu' un évêque arien devint pour quelque temps patriarche de Jérusalem, Saint Euthyme n' hésita pas à s' enfuir dans le désert de Ruba avec quelques moines. Il remit sur le droit chemin de l' orthodoxie l' impératrice Eudoxie, veuve de l' empereur byzantin Théodose II, qui demeurait en Palestine.

Doutant de sa foi, elle avait envoyé des émissaires à Antioche auprès de Saint Siméon le Stylite qui lui rétorqua : " Pourquoi cherches-tu une eau lointaine, alors que tu as une source près de toi ? Suis les enseignements d' Euthyme et tu seras sauve. "

Saint Euthyme lui enjoignit de se conformer aux canons de Chalcédoine ( 451 ). Elle se fit construire une tour près de la laure et couvrit la Palestine de pieuses fondations.

 

Il mourut le 20 janvier 473 ayant prédit à son disciple Domitien, arménien comme lui, que la laure se transformerait en monastère cénobitique.

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5411936.html

 

Ses reliques furent dispersées à l' époque des invasions musulmanes.

                    Icône grecque XVIIIème siècle: St Antoine, St Euthyme et St Sabas

 

L' Eglise grecque considère Saint Euthyme comme l' un des fondateurs de sa liturgie et le premier codificateur des usages du monachisme. Ses règlements furent appliqués au monastère de Saint-Sabas et au monastère constantinopolitain de Stoudion.

 

" Toute vertu se fortifie par la charité et l' humilité; mais la charité l' emporte avec l' aide de l' expérience, du temps et de la grâce. C' est par charité que le Verbe de Dieu s' est humilié en se faisant pareil à nous. " 

 

 

Vocabulaire :

LAURE ( du grec :  lavra ou laura=chemin étroit ) Combinaison de vie érémitique et de vie communautaire, alors que le monastère cénobitique est strictement communautaire.

Du lundi au vendredi chaque moine vivait dans sa cellule, située dans une grotte à flanc de montagne ou de ravin ou bien dans une cabane isolée, en se dédiant à la psalmodie, à la prière avec des temps de jeûne et de veille, et aux travaux manuels.

Le samedi et le dimanche tous les moines se retrouvaient à la laure pour écouter les exhortations du Père ( abbé ) du monastère, pour participer aux repas ( agapê ) au réfectoire ( ou trapèze ) aux vigiles du samedi et à la liturgie du dimanche. C'était la SYNAXE.

Chacun déposait aux pieds de l' économe le fruit de son travail, et le dimanche soir avant de repartir vers son ermitage le moine recevait de l' économe la nourriture et le matériel nécessaire aux travaux de la semaine. L' économe avait la charge de vendre le produit des travaux des moines.

Dans la laure  elle-même on trouvait une ou plusieurs églises, les cellules des moines, celles des moines ou des employés chargés des travaux communs, le four, les cuisines, les citernes, le garde-manger, les salles communes et  le réfectoire unique, les salles d' études, l' infirmerie, la tour de défense, etc...Le tout entouré de remparts pour se protéger des razzias des Bédouins.

           Monastère cénobitique de Saint-Sabas**, fondé par un disciple de Saint Euthyme

En Occident, l' idéal de la laure se retrouve dans l' Ordre des Chartreux et plus récemment chez les Frères et Soeurs de Bethléem. Enfin la vie érémétique du prophète Elie, de Saint Jean-Baptiste et des Pères du désert se reconnaît dans les grands Ordres contemplatifs comme par exemple le Carmel.  

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4787961.html 

           www.culture.gr

 * Le monastère Saint-Euthyme fut abandonné en 1250

cf :  http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/archive-01-26-2007.html

sur Polyeucte :  http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5627184.html

** Photo copyright 2004 Order of St Benedict, Collegeville, Minnesota, site : http://cdm.csbsju.edu  

sur saint Chariton : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12680792.html

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 00:57

L' Eglise fête aujourd' hui Saint Fabien, pape de 236 à 258, martyrisé sous Dioclétien, et Saint Sébastien, jeune officier de l' armée de Dioclétien. Lorsqu' on découvrit qu' il était chrétien, il fut ligoté et percé de flèches. Il mourut en 288. Le pape Saint Damase fit construire une basilique sur sa tombe située sur la voie Appienne.

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4857297.html

                                        Saint Sébastien, Lorenzo Costa

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 11:34

Né an 55 ap JC,  le consul et historien Tacite a écrit ses annales en 116. Il y  fait mention dans un passage célèbre d' une nouvelle " superstition ", et qualifie nos ancêtres d'  " ennemis du genre humain ". Rien de moins...Cette accusation fut depuis cette époque reprise par tous les puissants contre l' Eglise jusqu' à nos jours, et ensuite par les voltairiens et les marxistes. C'est pourquoi l' expression a contrario d' amis du genre humain est souvent suspecte, car elle concerne alors des ennemis de l' Eglise.

                                          Néron, Rome musée du Capitole

  

" Pour anéantir la rumeur [ qui attribuait l' incendie de Rome en 64 à l' empereur ], Néron* supposa des coupables et infligea des tourments raffinés à ceux que leurs abominations faisaient détester et que la foule appelait chrétiens.

 

Ce nom leur vient du Christ que, sous le principat de Tibère, Ponce Pilate le procurateur avait livré au supplice. Réprimée sur le moment, cette DETESTABLE  SUPERSTITION perçait de nouveau, non seulement en Judée où le mal avait pris naissance, mais encore à Rome où ce qu' il y a de plus affreux et de plus honteux dans le monde afflue et trouve une clientèle. [ les Romains cultivés méprisaient ces représentants des basses classes. Saint Pierre fut emprisonné et crucifié la tête en bas après l' incendie. ]

 

 On commença donc par se saisir de ceux qui confessaient leur foi, puis sur leurs révélations [ torturés certains livraient les noms des chrétiens ], d' une multitude d' autres dont leur crime fut moins celui d' incendie que de HAINE CONTRE LE GENRE HUMAIN ( odium humani generis ).

 

On ne se contenta pas de les faire périr : on se fit un jeu de les revêtir de peaux de bêtes pour qu' ils fussent déchirés par les dents des chiens; ou bien il étaient attachés à des croix, enduits de matières inflammables et, quand le jour avait fui, ils éclairaient les ténèbres comme des torches.

 

 

Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle ( ... ). Aussi quoique ces hommes FUSSENT  COUPABLES et eussent mérité les dernières rigueurs, les coeurs s' ouvraient à la compassion en pensant que ce n' était pas du bien public, mais de la cruauté d' un seul qu' ils étaient immolés. " 

( Tacite, Annales, XV, 44 ) 

 

 

* Néron empereur romain ( 37-68 )

Affiche du film de Guido Malatesta, l'incendie de Rome, 1963

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 20:29

Interviewé par Paul Badde du journal allemand Die Welt, Martin Mosebach déclare en substance que la libération de l' ancien rite signifierait un grand progrès de l' oecuménisme vers l' orthodoxie orientale, parce que " les rites latins et orthodoxes sont connaturels ".

" Ce ne serait pas mettre les pendules en arrière, ce ne serait pas une restauration, mais une renaissance " . Si l' ancien rite était réadmis dans le futur, il serait célébré dans un environnement entièrement transformé, n' ayant rien de commun avec l' époque pré-conciliaire. Ce serait comparable à Saint Augustin et à Saint Benoît qui ont tous les deux préparé l' ordre des siècles à venir dans les époques troublées qui suivirent la chute de l' empire romain.

 

En lisant ces lignes je me dis qu ' il est bon d'avoir des rêves...

Je ne sais pas si le motu proprio tant annoncé ressemble ou non à l' Arlésienne, mais il faut continuer d' espérer. Cependant je ne pense pas que la crise de l' Eglise soit due uniquement à une question liturgique. Le concile Vatican II a eu lieu il y a longtemps ! Il y a 45 ans ! Il a eu lieu à une époque historique précise : vingt ans après une seconde guerre mondiale monstrueuse qui mit en péril les valeurs et fit douter des millions d' hommes en Europe. La guerre froide ensuite semblait s' installer pour de bon, et les hommes d' Eglise du Concile ont cru qu' ils allaient participer au printemps de l' homme ...

Les hommes ( surtout occidentaux ) rejettent aujourd' hui avec effroi toute idée de religion censée aliéner leur liberté. L' heure est à l' oubli du passé, à la jouissance du présent à cause d' un avenir qui fait peur.

Les royaumes de l' époque de Saint Benoît commençaient à s' appuyer sur l' Eglise, force civilisatrice. Les démocraties d' opinion d' aujourd' hui en revanche sont basées sur le message des Droits de l' Homme qui est né contre cette Eglise. L' Eglise doit faire  " comme si " maintenant...COMME SI elle devait christianiser ces Droits de l' Homme.

 

Mais le plus inquiétant en Occident en effet c'est la disparition d' une Eglise comme société de clercs.

 

En 1965 le nombre de prêtres ordonnés aux Etats-Unis était de 1575, en 2002 il était de 450. Les religieuses étaient 180 000, en 2002 elles étaient 75 000. 

 

La raison voudrait que les prêtres de l' ancien rite soient accueillis et que l' ancienne liturgie soit considérée comme un étalon de mesure... Mais l' esprit démocratique et individualiste s' y oppose.

Mosebach pensait que l' ancienne liturgie avait un certain avenir comme conservatoire culturel, comme témoignage du passé pour permettre de faire le lien entre l' ancienne religion et la nouvelle; mais il va plus loin désormais, il voit poindre une idée de renaissance...

L' idée aussi d' oecuménisme avec les orthodoxes qui pourrait être un argument en direction des concilaires qui tentent maladroitement de " dialoguer " avec ces Eglises serait faite pour les séduire. Mais les orthodoxes redoutent encore plus l' Eglise concilaire que celle d' avant le concile car en plus d' une théologie d' appareil politique avec la primauté du pape, s'additionne un relâchement moral et doctrinal qui les inquiète.

A l' inverse le par ailleurs sympathique Père Guy Gilbert qui a rencontré le pape récemment a déclaré qu' il ne fallait pas permettre cette libéralisation, qu' il ne fallait pas " donner d' aliment à une infime minorité qui veut revenir en arrière " . En somme la laisser mourir de faim...

Aller à contre courant ( comme le revendiquait Louis Veuillot qui y voyait la vocation du vrai catholique ) à quoi bon nous dit le monde ? C' est la tentation du libéral qui veut changer les pierres en pain.

Le pape écoute, téléphone aux évêques français qui ont durci leur opposition depuis l' automne, et finalement accepte la proposition de la conférence des évêques de France de nommer un évêque de Mende plutôt progressiste. Le statu-quo s' installe. Tout continue pour ne pas provoquer de schisme encore plus grave. Chacun reste sur ses positions.

lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4976838.html

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 15:01

Après la controverse de Ratisbonne, je me suis demandé quelle était la position des témoins chrétiens de l' expansion de l' islam ? Comment ont-ils vécu, pour ceux qui ont pu survivre, la dévastation de leur monde ?

 Saint Jean Damascène ( 675-749, mémoire le 4 décembre, fête le 27 mars dans l' ancien calendrier ) me semble avoir une position plus tranchée que celle de Manuel II Paléologue ( XIVème siècle ) que Benoît XVI a évoquée.

 

cf lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4776022.html

 

 

La Syrie était tombée aux mains d' Omar, successeur de Mahomet en 636 soit une trentaine d' années avant la naissance de Jean. L' empire byzantin ruiné par la guerre de cent ans contre les Perses dont il était sorti vainqueur n'avait pu voler au secours de sa province syrienne.

 

 

 

De culture grecque la famille de Jean Damascène, arabe, avait préféré collaborer avec le nouveau pouvoir. Son grand-père haut fonctionnaire de l' administration byzantine était devenu naturellement responsable de l' administration fiscale des nouveaux maîtres musulmans. Le père de Jean, Serge Mansour, avait continué la tradition familiale. Et Jean, quant à lui, fut chargé de récolter l' impôt des chrétiens. Devenu DHIMMIS les chrétiens, comme les juifs, selon la négociation de Saint Sophrone à la prise de Jérusalem, pouvaient garder leur vie et leurs biens moyennant le paiement d' un tribut en signe de soumission. Mais en 723 le calife Yazid islamisa son administration, interdit le culte des images, augmenta l' impôt des non-musulmans, ce qui provoqua l' apostasie de nombreux chrétiens et leur islamisation. Jean ( cf mon article du 4 décembre 2006 ) se retira alors au monastère de Saint-Sabas, près de Bethléem, où il mourut.

                            Monastère de Saint-Sabas au bord du Cédron

cf lien : www.atlastours.net/holyland/mar_saba_monastery.html 

 

Quelle était la situation religieuse des chrétiens syriens au moment de l' invasion ?

 

 

Ils étaient divisés. Divisé contre lui-même un organisme trouve toujours un ennemi extérieur pour se soumettre à un nouvel ordre. Ces groupes se détestaient.

Le groupe auquel appartenait Saint Jean Damascène était celui de l' Eglise melkite qui dans la continuité de l' Eglise byzantine confessait l' orthodoxie définie au Concile de Chalcédoine. Sa liturgie était en langue grecque, mais pour les populations paysannes certaines communautés locales avaient une liturgie en araméen.

Le deuxième groupe sévèrement réprimé par Constantinople était celui de l' Eglise jacobite. Née à Alexandrie elle s' opposait au Concile de Chalcédoine (451 ) et était accusée de monophysisme. Elle dominait chez les Arabes du nord de la Syrie ( et de l' Irak actuel ). Opprimée par les melkites et le pouvoir byzantin elle ouvrit  avec enthousiasme les bras aux nouveaux envahisseurs, avant de rabattre de ses espérances.

Le troisième groupe, celui de l' Eglise nestorienne dont le centre était à Antioche, capitale de la Syrie avant que les Omeyyades ne choisissent Damas et troisième ville de l' ancien empire romain après Rome et Alexandrie se répartissait en Perse, au sud de l' Irak actuel et vers le centre de l' Arabie.

 

Il est évident que les massacres commis par les envahiseurs pendant leur conquête obligèrent ces Eglises au repli sur soi.  

 

A l' époque, on appelait les islamistes les ISMAELITES. On ne voyait en eux qu' une dissidence vaguement chrétienne. On dirait une religiosité nouvelle aujourd' hui, puisqu' elle s' inspirait de sources talmudiques, zoroastriennes et bibliques. Les nouveaux conquérants ont toujours joué de l' ambiguïté de la notion de religions du livre, concept qui n' est qu' une façon d' imposer leurs propres vues aux esprits faibles.

 

Saint Jean Damascène se prit donc à réagir. Le réveil de ce membre d' une famille de collaborateurs fut rude !

 

Il écrivit un traité ( Des hérésies, De haeresibus ) contre les hérésies nestoriennes, monophysites, etc....Mais il y ajouta un chapitre contre l' hérésie numéro cent. C'est-à-dire l' islam considéré de l' intérieur, la religion des ismaélites ou des sarracènes ( sarrazins : du fait qu' Ismaël a été renvoyé sans rien par Sarah ).

 

Or que ne craint-il pas de dire ?

Mahomet :  " un  faux prophète " qui annonce l' Antéchrist.

Mahomet ment lorsqu' il dit que Jésus n' est pas mort sur la croix, et qu' une ombre ( ! ) l' a remplacé*.

La révélation de Mahomet s' est faite sans témoin :

" Pendant qu' il s' était endormi [ le Coran ] est descendu sur lui. Il n' avait pas conscience de ce qui se passait (...). Puisque vous n' avez pas l' autorisation de vous marier sans témoins ni d' acheter quoi que ce soit ni d'acquérir aucune propriété ( ... )  qu' en présence de témoins et c'est donc uniquement votre foi et vos écrits saints que vous acceptez sans témoins ?  ".

Finalement devant la mauvaise foi et l' ignorance de Mahomet décrivant la révélation chrétienne, Jean préfère renoncer à relever les erreurs.

 

Il s' attache alors dans un petit livre de controverse à l' usage des chrétiens soumis à la pression des musulmans à leur répondre à travers deux questions :

1° ) le libre arbitre :

Puisqu' il y a une prédestination absolue dans le Coran, l' homme n' est responsable de rien devant la justice divine. Il n' est coupable de rien, ne peut jamais être puni...Bref il ne peut y avoir aucune justice, et ni bon ni mauvais. 

2° ) le Christ :

Les musulmans le considèrent comme l' un des prophètes et lui concèdent d' être l' Esprit et le Verbe  de Dieu, selon ce que Mahomet avait entendu dire de lui par les commerçants ariens d' Arabie. 

Si le Verbe est créé, Dieu, avant sa création, était-il sans Esprit et sans Verbe ?

Si le Verbe est incréé ( nous disons engendré ), alors le Verbe=le Christ est Dieu.

Le musulman est incapable de répondre à cet argument. La parade c' est de dire que le Verbe de Dieu est un livre incréé, c'est-à-dire le Coran...Le musulman ne peut pas comprendre le mystère de la révélation et de l' inspiration divines.

 

Ainsi ( comme le souligne Alain Besançon dans son livre " Trois tentations dans l' Eglise " éd Perrin 2002 ) Saint Jean Damascène se contente d' affirmer le dogme chrétien. Il connaissait bien le prix qu' il lui en coûtait et n' a pas eu peur d' affirmer la différence de conceptions.

Il ne juge pas l' islam comme une religion inférieure. Il dit simplement que ses conceptions ne sont pas vraies. La vérité chrétienne est inaccessible et d' ailleurs reniée par le Coran.

 

Il s' agit de vivre en bonne entente humaine avec les ismaélites, sa famille n' avait-elle pas collaboré ?  Mais le dialogue sur la vérité est pour Saint Jean Damascène indivisible.

Les faits prouveront par la suite que la vie dédiée à Dieu dans un monastère pour lui était finalement la réponse à toute compromission, toute tentative de dialogue. Il avait compris que l' islam ne souffrait aucune opposition.

 En conclusion, après les remous dus aux menaces des musulmans après le discours de Ratisbonne, le pape a fait dire par son secrétaire d' Etat, le cardinal Bertone, qu' il fallait " renforcer le témoignage en Dieu vivant et subsistant, créateur du ciel et de la terre qui a parlé aux hommes "...Termes repris du troisième chapitre de la déclaration Nostra Aetate du Concile exhortant les musulmans " à oublier le passé "...Oublier le passé ? Cette déclaration du Concile a subitement pris un coup de vieux ! Mais il faudra bien trouver des manières de vivre ensemble...Quelles seront-elles?

Lien : http://home.scarlet.be/amdg/sankt/jean-damascene.html

* Vague réminiscence du docétisme...

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18 janvier 2007 4 18 /01 /janvier /2007 00:32

Histoire pour se détendre ( ou pleurer ? ) dans la douce France :

Le Père Alain P, prêtre parisien à la retraite, qui a acheté l' ancienne cure du village de Clessé en Saône-et-Loire  pour en faire sa résidence principale était en procès contre la commune pour faire cesser les sonneries des cloches de l' église à chaque heure et à l' angélus, car CELA LE DERANGEAIT.

 

Il demandait 60 000 euros de dommages et intérêts !!

Il vient heureusement de perdre son procès ( décision du Tribunal Administratif de Dijon ).

 

 

Il vaut mieux rire que pleurer de cette petite anecdote qui confirme que la prêtrise n' exclut pas la bêtise, la méchanceté et la cupidité.

 

MAIS QUI SONT CES PRETRES ?

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 16:57

On fête en Mésopotamie Saint Julien Sabas, saint dans les calendriers latins et orthodoxes orientaux, qui défendit les chrétiens sous Julien l' Apostat. Ermite il vivait dans une caverne près d' Edesse. Il fut accusé de partager l' arianisme de certains chrétiens d' Antioche. Il prouva son orthodoxie et se retira dans son ermitage près de l' Euphrate ( dans l' actuel Irak ) où il mourut en 377 après plus de quarante ans de vie érémitique. Sa vie fut relatée par Saint Jean Chrysostome ( 354-407 ) qui le connut à Antioche.

Prions pour les chrétiens d' Irak martyrisés aujourd' hui !

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 14:03

En Provence dans les diocèses de Fréjus et de Gap on fête Sainte Roseline ( 1263-1329 ). Fille du baron Arnaud de Villeneuve et de Sibylle de Sabran, elle était la nièce de Saint Eléazar de Sabran, qui s' occupa de son éducation à la mort de Sibylle, et de sa femme la Bienheureuse Delphine de Sabran.

Elle devint religieuse à la chartreuse de Bertaud près de Gap, puis prieure de la chartreuse de Celle-Roubaud ( ancienne abbaye bénédictine dédiée à Sainte Catherine ) dans la paroisse des Arcs près de Fréjus, à la suite de sa tante Jeanne de Villeneuve. Elle était la dirigée du pape Jean XXII résidant à Avignon, ancien évêque de Fréjus.

Son frère templier Hélion de Villeneuve Grand-Maître de l' Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem de retour des croisades fut un grand bienfaiteur du monastère et y fit construire une église  consacrée par leur frère Eléazar, évêque de Digne. Roseline mourut le 17 janvier 1329 et son frère Hélion la fit enterrer dans l' église de la chartreuse où des miracles furent constatés.

Comme Sainte Rose de Viterbe on raconte qu' elle fut à l' origine d' un prodige " floral ". Allant jeune fille apporter de la nourriture aux pauvres, elle fut questionnée par son père lui demandant où elle se rendait.  Elle ouvrit son tablier et son père y découvrit alors des roses. Cette légende permet de comprendre que par rapport à d' autres hagiographies de saintes ( comme par exemple Sainte Barbe ou Barbara) les rapports familiaux ( en particulier père-fille ) ont évolué.

Son corps repose dans une châsse à la chapelle Sainte-Roseline de l' abbaye de Celle-Roubaud ( construite en 1038 ) aujourd' hui propriété privée. La chapelle est ouverte au public certains jours de la semaine et pour des pélerinages cinq jours par an. Elle comprend un reliquaire des yeux de la sainte et des oeuvres d'art dédiées à Sainte Roseline par Chagall, Bazaine, Giacometti, etc... 

cf lien : www.ville-lesarcs.com/histoire/SainteRoseline.htm   site de la ville des Arcs-sur-Argens avec historique

 cf lien concernant Louis XIV et le prodige des yeux de la sainte : www.coldev.org/sanctuaires/index.php?r=cons&sr=con&id=161

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 11:57

 Saint Antoine naquit au IIIème siècle à Côme ( aujourd' hui Quams ou Qeman ) en Haute-Egypte près d' Héracléopolis dans une famille chrétienne fortunée.

 

 A vingt ans à l' appel de l' Evangile selon saint Matthieu, il vendit tous ses biens et mena une vie d' anachorète dans les grottes du  désert à 95 km à l 'ouest d' Alexandrie. Il fut assailli de terribles tentations terrestres et charnelles. C'est pourquoi il est souvent représenté avec des porcs, symboles de ces tentations. Il les vainquit en se réfugiant dans la solitude près de la Mer Rouge, mais vécut une période d'obscurité spirituelle à l' issue de laquelle il eut des visions du Christ lui offrant son secours.

Il se rendit en 311 à Alexandrie pour conforter ses frères dans la foi pendant la persécution de l' empereur Maximien Daïa.

 

 Il s' installa vers l'âge de 35 ans dans une ancienne forteresse romaine près de Pispir, aujourd' hui Der El Memoum en 313, puis près de la colline de Qolzum dans le désert de Thébaïde à 155 km au sud-est du Caire où il cultiva un potager et instruisit une foule de disciples qui fondèrent des monastères dans les grottes environnantes près du Nil.

 C' est pourquoi il est nommé patriarche du monachisme. Le monachisme existait déjà, mais saint Antoine fut un modèle pour de nombreuses laures ou monastères, et la rapide propagation des écrits de saint Athanase son contemporain et  de saint Jérôme en grec et en latin dans toute l' Eglise d' Orient et d' Occident en fit le fondateur des modalités du monachisme.

 

            Jardins du monastère Saint-Antoine en Egypte où il fonda sa thébaïde

 

Il eut la visite du moine saint Hilarion ( 292-372 ) qui fonda au début du IVème siècle le premier monastère palestinien de Gaza à Majumas Gazae ( ancienne Néapolis, aujourd' hui Al Minah ).

Il était ami de saint Athanase, évêque d' Alexandrie ( 295-373 ), qu' il aida dans son combat contre l' arianisme. Celui-ci écrivit sa vie et conserva ses écrits et ses exhortations à l' empereur Constantin. cf lien: http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4964432.html

Il conseilla saint Paul de Thèbes ( mort en 345 ) et mourut dans les bras de ses disciples saint Macaire d' Egypte  son successeur ( mort en 391) et Athémas.

           Saint Paul de Thèbes, vêtu de palmes, et saint Antoine, icône copte décrivant les prodiges du corbeau apportant du pain au saint. Saint Paul de Thèbes fut enterré par saint Antoine sous le regard de deux lions.

 

 

 

L' iconographie représente saint Antoine avec un bâton d' ermite en forme de T, le " tau " lettre de l' alphabet grec, symbole des fins dernières. C'est aussi la lettre grecque symbolisant le  " thauma " prodige ( de guérison ).

 

En 356 à sa mort, de nombreux monastères avaient été créés, comme celui de Deir Mar Antonios ( Saint-Antoine ), près de la grotte où il mourut à Magharah au bord du Nil. La liturgie copte s' y déploie depuis 1600 ans. A l' époque des débuts de sa fondation les pélerins de la chrétienté pouvaient prier dans les églises du monastère dans plusieurs langues liturgiques ...

Ses reliques furent transférées à Alexandrie, puis à Constantinople après les invasions musulmanes. Au VIIème siècle on estimait à 200 000 le nombre des moines et des moniales en Egypte. Ils furent massacrés ou dispersés par les envahisseurs musulmans. Des milliers d' entre eux s' exilèrent dans les territoires byzantins encore chrétiens, un petit nombre resta en Egypte.

 Certaines reliques furent transportées en Occident et à Novgorod en Russie, et surtout en France au XIème siècle à Saint Antoine-en-Viennois ( Dauphiné ) où une abbaye fut construite. cf lien : http://www.saintantoinelabbaye.fr/index.html

 A l' abbaye, les bénédictins de Montmajour ( près d' Arles ) eurent la garde des reliques autour desquelles fut créé l' ordre hospitalier de Saint-Antoine regroupant des moines médecins vêtus de noir qui essaimèrent en Occident et accompagnaient le succès des ordres mendiants et des moines chevaliers. Ils soignaient aussi les pélerins qui les firent connaître partout et élevaient des cochons. IIs se  soumirent à la règle des chanoines de Saint Augustin au XIIIème siècle. L' Ordre des Antonins fut absorbé en 1775 par l' Ordre de Malte.

 Ses principales reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Trophime d' Arles. Pendant l' année 2006 elles ont voyagé dans différents diocèses d' Italie.

 Thaumaturge, saint Antoine était considéré au Moyen-Age comme guérisseur du mal des ardents, et protecteur du bétail, contre la rage en particulier. Il est le patron des vanniers, des tanneurs, des bouchers et charcutiers, des potiers, des arquebusiers, des hospitaliers, des fossoyeurs etc... 

 

Liens :

 http://www.adolphus.nl/xcrpts/antoinabbaye.doc   en français :  à propos des hospitaliers et des reliques.

http://www.adolphus.nl/xus/antonkunst.html.

remarquable site ( en néerlandais ) sur l' histoire et l' iconographie de Saint Antoine.

www.touregypt.net/featurestories/monasteries.htm

A propos des monastères coptes en particulier celui de Saint-Antoine près du Nil à Al Zaafarana, en anglais

www.coptic.net

Sur les débuts de l' Eglise d' Egypte, en anglais.

Il est fêté le 30 janvier dans l' Eglise copte orthodoxe, et dans l' Eglise copte catholique.

cf livre d' Ivan Gobry : " les moines en Occident, tome 1, les origines orientales " éd. François-Xavier de Guibert, Paris, 1997.

 

Vocabulaire pour comprendre le monachisme de l' Eglise primitive :

Moine : ( du grec monachos= solitaire ) A l'origine un homme vivant seul dans la continence sans femme. 

Ascète : ( venant du mot ascèse, du grec askésis=exercice ) Homme pratiquant la pénitence à la périphérie de la ville ou près d' une église pour recevoir les sacrements.

Anachorète : ( du grec anakhôrein=s' éloigner ) Celui qui se tient à l' écart, qui s' est retiré dans un lieu désert. Souvent il est relié à une laure ( grottes ou cellules dispersées ).

Ermite : ( du grec érêmos=désert ) Solitaire ou à la rigueur avec deux ou trois compagnons retiré dans un lieu à l' écart des hommes.

Vie cénobitique : ( du grec koïnos=commun; koïnobion= vie en commun ) Vie du moine se regroupant avec d' autres moines sous un même toit et sous une même règle. Saint Pacôme ( 292-346 ), jeune contemporain de saint Antoine, fut le fondateur des règles du cénobitisme. Plusieurs anachorètes s' étaient regroupés autour de lui pour suivre son enseignement au sud du désert de Thébaïde à Tabenne ( au bord du Nil ). Ayant dépassé la centaine, saint Pacôme, décidé à les maintenir sous son magistère, codifia ( en langue copte ) les usages communs sous une règle qui fut traduite par saint Jérôme. Il créa aussi une branche féminine avec sa soeur Marie comme abbesse.

Cependant dès l' origine de l' Eglise notamment en Palestine et dans le désert du Sinaï des monastères d' hommes ou de femmes avec des règles codifiant strictement le jeûne et l' abstinence avaient déjà été fondés. En Occident aussi, comme à Lyon, des monastères furent créés au début du IIIème siècle et ensuite à Rome. Le monachisme inspiré par les Pères du Désert égyptiens se répandit partout : en Gaule ( autour de saint Martin de Tours au IVème siècle ) et en Cappadoce ( autour de saint Basile ). 

                                       Vélasquez, musée du Prado , Madrid

Lien pour comprendre la spiritualité des Pères du désert d' Egypte : http://www.scourmont.be/studium/dupont/vol1/table.html

L' icône grecque en haut à gauche représentant saint Antoine date du XVIème siècle et se trouve au monastère Saint-Denis du Mont Athos.

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