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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 05:24

Saint Thomas d' Aquin : l' Etat  " ne doit jamais assumer des fonctions qui appartiennent en propre aux organismes secondaires. " 

L'  Etat doit faire ce qui ne peut être fait que par lui ou ne peut l' être sans lui. Son rôle n' est pas de tout faire ( étatisme ) ni de laisser faire ( individualisme ), mais d' aider à faire, d' être en définitive au service de la nation. Un véritable Etat est un Etat concentré sur sa seule raison d' être : la prise en charge des fonctions régaliennes.

Jean Ousset,  " Fondements de la Cité  " : C' est une grave erreur que de voir l' Etat comme principe et fin de la morale, de la formation de la jeunesse, grand maître des cerveaux et des coeurs, c' est Dieu le principe et la fin de la morale et de toutes choses. " 

Pie XII, Message de Noël 1942 : " Toute l' activité polittique et économique de l' Etat est ordonnée à la réalisation durable du  BIEN COMMUN, c'est-à-dire de ces conditions EXTERIEURES nécessaires à l' ensemble des citoyens pour le développement de leurs qualités, de leurs fonctions, de leur vie matérielle, intellectuelle et  RELIGIEUSE  de la nation. " 

 

Léon XIII,  Rerum Novarum : " Une loi ne mérite obéissance qu' autant qu' elle est conforme à la droite RAISON et à la loi éternelle ( de Dieu )."

 

Rien de ce qui peut être fait par l' échelon inférieur ne doit être confié à l' échelon supérieur. cf  Pie XI ( Quadragesimon anno, 1931 ).  

 

 

Benoît XVI,  Deus Caritas est, 2006  : " Nous n' avons pas besoin d' un Etat qui régente et domine tout, mais au contraire d' un Etat qui reconnaisse sincèrement et qui entretienne, dans la  LIGNE  DU PRINCIPE  DE  SUBSIDIARITE, des initiatives qui naissent des différentes forces sociales " .

 

Jean-Paul II, Centesimus annus, 1991 : " C' est par sa réponse à l' appel de Dieu ( ... ) que l' homme prend conscience de sa dignité transcendante. Tout homme doit donner cette réponse ( ... ) et aucun mécanisme social ou sujet collectif ne peut se subsister à lui. La négation de Dieu prive la personne de ses racines, et en définitive incite à réorganiser l' ordre social sans tenir compte de la dignité et de la responsabilité de la personne. "

 

 

 

Voilà en ces temps bien gris de campagne électorale qui s' annonce quelques pistes de réflexion...Mais ce sera mon seul commentaire politique ... 

 

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 04:54

" N' oubliez  jamais que les pires hérésies ont commencé sous le couvert d' élans surnaturalistes exacerbés : exaltation de la seule foi, au mépris d' une nature, et d' une RAISON que l' Eglise est à peu près seule aujourd' hui à défendre contre la quasi-totalité des systèmes philosophiques contemporains ( ... ) Car le Jésus que nous aimons et devons servir est vrai Dieu autant qu' il est vrai homme. C' est ainsi qu' en lui d' abord et POUR  TOUJOURS s' établit et se scelle l' indissoluble alliance du divin et de l' humain; l' indissoluble alliance de la foi et de la raison ( ... ) Oui la raison !  Avec son amour de l' expérience et sa vénération de la leçon DES  FAITS.

Jean Ousset, Lausanne 1976

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 07:06

Saint Laurent de Cantorbéry (mort en 619 ) faisait partie de la mission de saint Augustin de Cantorbéry, prieur du monastère de Saint-André du Mont Coelius à Rome, envoyée par le pape saint Grégoire le Grand en 595 pour aller chez les Angles et les Saxons qui avaient envahi le pays des Bretons ( d' Angleterre ).

 La plupart des Celtes bretons étaient chrétiens, mais détestaient les païens envahisseurs qui avaient détruit leurs églises, et ruiné leur pays. Beaucoup de Bretons avaient fui les périls en Armorique devenue notre Bretagne actuelle. En conséquence l' Eglise celte était repliée sur ses particularités liturgiques et refusait d' évangéliser les Anglo-Saxons.

Comme nous le raconte saint Bède le Vénérable, la mission de quarante moine fit une escale à l' abbaye de Lérins, et saint  Augustin reçut l' ordination épiscopale des mains de l' archevêque Virgile d' Arles. Le voyage à travers la Gaule fut long et périlleux, ils traversèrent la mer et s' installèrent à Thanet près de Cantorbéry ( Canterbury en anglais ) en 597.

Le roi des Jutes envahisseurs du Kent Ethelbert les reçut avec bienveillance. En effet sa femme Berthe était une franque chrétienne, arrière-petite-fille de Clovis ( fille du roi mérovingien Caribert Ier lui-même fils de Clothaire Ier ). Il se laissa toucher par les prêches des moines, et se fit baptiser avec dix mille de ses sujets.

Retourné à Rome en 601 pour demander l' aide d' autres prêcheurs, il retourna en Angleterre. Il succéda à saint Augustin sur le siège épiscopal de Cantorbéry, devenant le deuxième primat d' Angleterre en 604.

Il fit construire l' Eglise primatiale Saints- Pierre-et-Paul, et un monastère adjacent devenu l' abbaye Saint-Augustin. Il ne put totalement réconcilier* les Celtes et les Anglo-Saxons des différents royaumes d' Angleterre occidentale et d' Irlande, mais il réussit à la mort de saint Ethelbert en 616 à convertir son fils le nouveau roi Edbaud, ou Edboald, revenu au paganisme et persécuteur de la jeune Eglise.

Il aurait vu saint Pierre en songe alors qu' il s' apprêtait à renoncer à sa mission et à fuir les persécutions avec saint Juste ( fondateur du siège épiscopal de Rochester ) et saint Melletius (refondateur du siège épiscopal de Londres ) qui lui enjoignaient de fuir avec eux en Gaule. Saint Pierre pour renforcer sa volonté et l' affermir dans sa foi lui donna des coups de fouet. Il montra ses plaies au jeune roi, qui touché se convertit.

Ce langage allégorique montre certainement l' attachement du nouvel évêque à Rome. Il fallair réunir l' Eglise celte, lui faire abandonner des pratiques indépendantes comme la date de Pâques calculée différemment et surtout se sacrifier à l' unité, à l' amour du corps du Christ souffrant des divisions ( la haine des deux peuples d' Angleterre, et l' esprit de repli sur soi de l' Eglise celte ). D' autre part cela signifie aussi les persécutions que le roi Eboald avait fait subir aux chrétiens de quelque obédience qu' ils soient. Etait-ce aussi la marque des flagellations que le moine-évêque s' imposait avec le jeûne et la prière pour appeler à la conversion ?

Comme quoi les austérités pouvaient aussi convaincre les barbares...

Eboald épousa Emma, fille du roi franc Théodebert II d' Austrasie ( petit-fils de la fameuse reine Brunehaut ), et fit construire pour sa fille sainte Eanswithe l' abbaye Saints-Pierre-et-Paul de Folkestone, détruite plus tard lors des invasions danoises.

Saint Laurent est fêté le 2 février par le martyrologe romain et le 3 février en Angleterre.

Ce saint démontre que la mission est toujours fondée sur le sacrifice, sacrifice d' union à celui du Christ. Cette histoire montre aussi que l' Eglise est intrinsèquement missionnaire, missionnaire auprès des non-chrétiens. Elle ne peut se contenter de se replier sur soi et de renoncer au prosélytisme, mot honni par nos contemporains bien-pensants.

* Au concile de Whitby en 664, l' Eglise d' Angleterre acceptera les règles romaines.

 

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5770721.html

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 04:39

Purification de la BVM, présentation de NSJC

 

NUNC DIMITTIS servum tuum Domine, secundum verbum tuum in pace :

Quia viderunt oculi mei salutare tuum, quod parasti ante faciem omnium populorum.

Lumen ad revelationem Gentium et gloriam plebis tuae Israel.

 

Salva nos Domine vigilantes, custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.

 

Maintenant, Seigneur, vous pouvez laisser votre serviteur s' en aller en paix, selon votre parole.

Car mes yeux ont vu votre salut., celui que vous avez préparé pour marcher devant tous les peuples,  

Lumière pour éclairer les Nations, et gloire d' Israël, votre peuple.

 

Protégez-nous Seigneur, quand nous veillons, gardez-nous quand nous dormons, afin que veillant avec le Christ, nous nous reposions dans la paix.

 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 12:01

Epître à Polycarpe : " Justifie ta dignité épiscopale par une entière sollicitude de chair et d' esprit. Préoccupe-toi de l' UNION, au-dessus de laquelle il n' y a rien de meilleur. Porte avec patience tous les frères comme le Seigneur te porte toi-même. Supporte les TOUS avec charité, comme tu le fais d' ailleurs ". 

 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 10:30

Sainte Brigitte de Kildare ( Brigida, Bride-d' où le mot mariée en anglais- Bridget, Breched, Brehet en breton ) est la patronne secondaire d' Irlande, surnommée " Marie des Gaëliques".

Née vers 450 en Irlande orientale fille d' un chef de clan païen de Leinster et d' une chrétienne, et sans doute convertie par saint Patrick ( Patrice ), elle refusa le mariage et se retira près de Dublin pour former une des premières communautés de moniales anachorètes d' Irlande. L' évêque Macaille de Croghan reçut ses voeux, et l' évêque saint Mel d' Arnagh lui donna une règle de vie communautaire.

Elle érigea de nombreuses abbayes dont la plus célèbre est celle de Kildare ( Cella-Deara ou Cill-Dare en gaëlique ) fondée en 470. Son originalité consistait ( comme d' autres monastères en Gaule ) en ce qu' elle dirigea conjointement une communauté de femmes et une communauté d' hommes située à proximité.  Sainte Hilde ( ou Hilda ) fit de même plus tard en Angleterre comme l' atteste l' histoire du synode de Whitby en 664 ( voir mon article du 30 janvier ) qui réunit la tendance de l' église chrétienne celtique avec celle des anglo-saxons ( envahisseurs détestés à l' époque ) selon le désir de l' Eglise romaine.

Dans l' Eglise primitive d' Irlande, les monastères étaient de véritables centre de vie chrétienne autour desquels des sièges épiscopaux furent créés. C'est pourquoi l' abbesse ( ou l' abbé ) avait rang égal avec l' évêque à de nombreuses occasions. Elle pouvait recevoir les confessions ( sans absolution évidemment ) et prêcher auprès des foules.

Elle était célèbre pour sa charité et sa louange au Créateur au travers de la beauté de la nature ( comme sainte Barbara ). C' est pourquoi son culte fut immédiatement populaire chez ces peuples proches de la terre. De nombreux récits furent écrits illustrant la conversion de mythes païens celtiques ( la lumière du feu comme lumière éternelle de la connaissance, la fécondité maternelle figurée par le lait, le chêne figurant la force, etc...) en des symboles chrétiens. Son nom est associé à celui de la purification de la fin de l' hiver, donc à la liberté du chrétien se préparant au temps de Pâques. C' est ainsi qu'en la veille de la chandeleur (  purification ), l' Eglise christianise un cycle païen. Alors qu' aujourd' hui on tente de paganiser les fêtes chrétiennes (Le Père Noël, Halloween, etc...).

Enterrée à Kildare ses reliques furent transférées à Downpatrick dans la tombe de saint Patrick. D' autres reliques transportées par des chevaliers irlandais partis pour la Terre Sainte, se trouvent au Portugal où ils moururent en chemin.

Elle est particulièrement vénérée dans le Pays de Galles, en Bretagne où les moines évangélisateurs irlandais la firent connaître ( deux localités sont nommées d' après elle Loc-Berhet, Confort-Berhet , et de nombreuses églises lui sont dédiées ) ainsi qu' au Portugal et en Lombardie.

L' abbaye d' Eichstatt en Bavière conserve un célèbre manuscrit du VIIIème siècle sur sa vie.

Elle est souvent représentée avec un cierge ( la lumière ) ou avec une vache à ses pieds ( la fécondité de sa parole ) et tenant une croix. Cette croix, appelée croix de sainte Brigitte, de forme gaëlique est installée dans les foyers irlandais chaque année le 1er février pour appeler la protection du Seigneur sur la maison et remplacée l' année suivante.

 

 

 

Quelles sont les particularités du monachisme d' Irlande ?

 

 

Comme dans les pays celtiques,  il ne connaît pas véritablement de règle écrite. Ce sera à partir de celle, écrite de saint Colomban que le phénomène d' une règle fixe se généralisera. Avant on s' adaptait au charisme fondateur de tel ou tel saint, de tel ou tel évêque.

 

Ce sont les traditions d' anachorétisme connues d' Egypte qui sont adaptées à l' Irlande. Les pères du désert égyptien sont lus et leurs vies commentées par l' intermédiaire de l' abbaye de Lérins ou ses filiales et de moines itinérants.

 

L' obéissance à l' esprit du fondateur ou de la fondatrice est la règle primordiale. Les prières liturgiques en commun et les prières privées sont longues et nombreuses, beaucoup plus qu' en Gaule. L' ascétisme est extrêmement rigoureux. Le monastère est le plus souvent situé dans un lieu difficile d' accès. L' étude des textes grecs et latins et le niveau culturel est beaucoup plus développé que sur le continent qui eut à subir des invasions terribles, et une baisse du niveau général de la culture.

Mais surtout, comme en Egypte ou en Palestine, l' errance des fols en Christ ( pour exprimer une notion qui exista plus tard en occident et subsista très longtemps dans les pays slaves ) est répandue, et des moines évangélisateurs se manifestent très tôt.. Ils fondent des monastères à l' intérieur du pays, et partent pour la Gaule, la Bretagne, l' Ecosse et l' Angleterre. C' est cette mission évangélisatrice qui caractérise l' extraordinaire dynamisme du monachisme primitif irlandais, pour les hommes comme pour les femmes.

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 03:10

 " Pas d' agitation dans notre coeur, pas de mépris dans nos regards, pas d' injures sur nos lèvres.

Ayons de la compassion POUR  LE  PRESENT, de l' espérance POUR L' AVENIR. Alors vous serez de vrais pères, et vous accomplirez un véritable amendement.


Dans les cas très graves, il vaut mieux vous recommander à Dieu, lui adresser un acte d' humilité, plutôt que de vous laissez aller à un  OURAGAN  DE PAROLES  qui ne font que du mal à ceux qui les entendent et d' autre part ne procurent aucun profit à ceux QUI LES  MERITENT ".

 

saint Jean Bosco ( 1815-1888 ) canonisé en 1934.

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 01:48

La belle Bathilde ( Batichildis ), d' origine anglo-saxonne, fut capturée sur les côtes d' Angleterre par des pirates danois. Certains historiens pensent qu'elle était la fille d' un prince du Wessex, qui perdant la guerre contre les intrusions viking se fit donc enlever sa fille comme trésor de guerre. Elle fut vendue certainement fort cher en 641 à un palatin de la cour de Neustrie, Archimbaut ( Archinoald, Erchinoald ).

                      Statue de sainte Bathilde, au jardin du Luxembourg à Paris

 Elle devint jeune fille de la suite de sa femme et remarquée par sa beauté et ses vertus. Devenu veuf, Archimbaut voulut l' épouser, mais selon la légende elle s' enlaidit ( momentanément, rassurons-nous ) et se dissimula. Il finit par en épouser une autre.

 La véritable raison du mariage de Bathilde fut la sagesse ( ou l' ambition ) politique d' Archimbaut qui la présenta au jeune Clovis II, roi des Francs faible de caractère et enclin aux plaisirs. Elle l' épousa à l' âge de 19 ans, et Archimbaut conserva son rôle de maire du palais, car il avait la confiance et l' estime de Bathilde. En six ans de mariage elle eut trois fils : Clothaire III ( 652-673 ), Childéric II et Thierry III.

 

Devenue veuve en 657, cela dut être un soulagement, elle fut régente pendant la minorité de son fils Clothaire dont elle s' efforça de stabliser le royaume dans ces temps troublés, guidée en cela par les évêques saint Geniès, saint  Landry de Paris, saint Eloi de Noyon ou saint Ouen de Rouen. Elle mit l' Austrasie sous le contrôle de la Neustrie. 

Lien sur saint Eloi : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-4750796.html

 

Ses premières mesures furent de stabiliser les populations en faisant édicter des lois favorables aux colons cultivateurs. Elle fit supprimer le cens ( loi de l' époque romaine ) qui était dû par les habitants de race gauloise.

 

Elle se fit la fondatrice et la protectrice de monastères selon la règle du fameux moine irlandais saint Colomban qui défrichèrent des terres, comme celui de Chelles près de Paris ( sur le lieu d' un oratoire fondé par sainte Clotilde ), l' abbaye de Fontenelle, ou Corbie, etc... et faisaient office d' hospices. La Gaule se relevait à peine de l' époque des invasions où sa population était passée de 8 millions à 5 millions ! Il fallait reconstruire et refonder...

Contrairement au sud de la Gaule qui était restée chrétienne, après l' invasion des Huns et les guerres franques, le nord de la Gaule était largement déchristianisé, et les églises détruites. C' était sous l' impulsion des Francs nouvellement chrétiens que le nord de la France ( ou Gaule  franque ) allait se relever. Saint Eloi était d' origine gallo-romaine, il avait compris la force de volonté des Francs, et comme lui beaucoup avaient compris aussi qu' il fallait reconstruire sur des ruines. L' originalité de cette époque consiste en ce que beaucoup de femmes franques furent à l' origine de ce mouvement d' union des bonnes volontés, et que le pouvoir royal faisait confiance depuis Clovis et surtout Dagobert aux vertus d' organisation de l' Eglise.

 

Elle mit les clercs de la sépulture royale de Saint-Denis, ( où était enterré Dagobert ) sous la règle monastique, en les affranchissant du pouvoir de l' évêque. Ce qui fut critiqué, pour des raisons évidemment financières.

 

 

Mais surtout elle lutta contre l' esclavage. Réprouvé par l' Eglise, ce système quasiment disparu des villes subsistait dans les grands domaines agricoles et chez les dignitaires. Elle-même ancienne captive esclave, elle en racheta un grand nombre sur ses propres deniers.

 

Elle fit réduire les impôts ( capitation calculée sur le nombre d' individus du foyer ) des laboureurs pour empêcher que les familles pauvres ne vendent leurs enfants !

 

Elle rendit la vente et l' achat d' esclaves définitivement illégaux, sans toutefois obliger les propriétaires, souvent d' ancienne origine gallo-romaine, des grandes exploitations d' affranchir les leurs immédiatement. Le système finit par s' éteindre. Quant aux captifs venus de l' étranger, et proposés à la vente comme on dirait aujourd' hui, elle décréta qu' ils devenaient obligatoirement libres sur le sol franc !

L' hostilité grondait contre elle, alors qu' elle avait enfin pacifié le royaume...

Lorsque Clothaire fut en âge de gouverner, elle préféra se retirer ( sous escorte militaire... ) au monastère de Chelles qu' elle avait fondé, pour échapper à l' hostilité des grands qui la détestaient et la traitaient de sorcière. Lorsqu' un de ses proches conseillers fut assassiné, elle comprit l' avertissement. N'avait-elle pas fait rédiger des lois contre la simonie, et ainsi fait freiner l' accès des rejetons des grands aux bénéfices des abbayes ? N'avait-elle pas fait affranchir leurs paysans ? Et surtout ne cherchait-elle pas à unir le royaume ?  

 

 Elle accédait enfin à la véritable liberté de se consacrer à la prière. Elle  soignait les malades, et participait à la vie religieuse comme une simple moniale, ayant fait élire comme abbesse une autre soeur qu' elle avait remarquée, sainte Bertille, venue de l' abbaye de Jouarre ( fondée en 630 ).

Rapidement, des filles de familles influentes ou des princesses comme sainte Hereswithe d' Angleterre, arrivée en 655 et sa soeur sainte Hilde ( 614-680 ) fondatrice d' abbayes en Angleterre, ou sainte Mildred de Kent ( morte en 732 ) fondatrice elle-aussi en Angleterre vinrent à Chelles, centre de rayonnement non seulement spirituel, mais aussi civilisationnel. 

 

Elle n' avait pu empêcher l' influence du maire du palais Ebroin de dominer par ses intrigues contre les avis de saint Léger d' Autun, conseiller de la reine. Ce fut lui qui gouverna véritablement et écarta la reine, inaugurant une période où le royaume franc s' enfonça dans les divisions, jusqu' à l' avènement de Charles Martel...

 

Elle mourut le 30 janvier 680 à Chelles, dans l' humilité, et fut canonisée par le pape Nicolas Ier ( 858-867 ).

 

La propre soeur de Charlemagne, Gisèle ( 757-810 ),  fut abbesse de Chelles qui se mit sous la règle bénédictine au VIIIème siècle,  ainsi que la fille du Régent, Louise-Adélaïde d' Orléans au XVIIIème siècle. L' abbaye était spécialement protégée par le roi, et de nombreuses princesses y furent éduquées. L' abbaye fut fermée en 1790, et détruite en 1796, après avoir été vendue comme bien national.

Ses reliques, protégées par les habitants de Chelles pendant la révolution, furent transférées à l' église Saint-André de Chelles où elles reposent toujours. Quelques reliques, distraites de l' ensemble, se trouvent à la chapelle Pie-IX de Rome, à l' abbaye de Jouarre, et à la cathédrale de Meaux.

                                    Eglise St André de Chelles, XIIIème siècle 

On figure sainte Bathilde avec une échelle vers le ciel, selon un de ses songes ( Chelles=échelle ).

 

Lien sur Clovis II et la politique d' Archimbaut : http://www.monarchies.org/souverains/france/merovingiens/clovis_II.htm 

Lien sur un joli site traitant de sa chasuble conservée au musée municipal de Chelles :

http://www.baladeenpaysbriard.com/archive-05-23-2006.html

                      Ruines de l' abbaye ND de Chelles dessinées par Victor Hugo

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 08:16

" Il faut tâcher de ne chercher en Dieu que l' amour de sa beauté, et non le plaisir qu' il y a en la beauté de son amour. Celui qui priant Dieu s' aperçoit qu' il prie, n' est pas parfaitement attentif à prier; car il divertit son attention de Dieu ( ... ). Celui qui est en une fervente oraison, ne sait s' il est en oraison ou non, car il ne pense pas à l'oraison qu' il fait, mais à Dieu à qui il la fait ". 

Saint François de Sales , Traité IX, 10.

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 04:35

En Bourgogne on fête aujourd' hui la mise au tombeau de saint Jean de Réôme. Son destin est comparable aux fondateurs de la même époque que j' ai évoqués précédemment en Palestine et plus généralement dans l' Eglise d' Occident ou d' Orient.

                                              Evangéliaire mérovingien*

Il est né au milieu du Vème siècle et mort en 539. Des récits sans doute légendaires le font naître au début du Vème siècle, car les hagiographes des débuts de l' Eglise aimaient  parfois faire vivre les saints moines très longtemps, comme pour les comparer aux patriarches bibliques et aux Pères du Désert, ils se devaient donc de vivre plus de cent ans !

Toujours est-il que sa vie fut écrite par le moine Jonas de Bobbio ( 600-659 ) après sa biographie sur saint Colomban ( 540-615 ), pour laquelle il avait parcouru la Gaule et ses monastères, qui conservaient les souvenirs de leurs fondateurs.

Saint Jean de Réôme était le fils d' un patricien gallo-romain, Hilaire premier comte de Tonnerre. Il avait donc dû recevoir une éducation de lettré dans cette époque troublée où les Burgondes ariens s' affrontaient aux Mérovingiens, héritiers de la loi franque. Il était né dans une région à la frontière du royaume burgonde et du royaume des Francs. Sans doute avait-il dû s' opposer à son milieu pour le quitter ainsi, refusant les charges et les responsabilités militaires ou administratives auxquelles sa naissance le destinait. Pendant ces guerres incessantes il fallait choisir son camp, il choisit celui de Dieu.

Cette époque d'invasions avaient accumulé les désastres pour la Gaule. La jeune Eglise qui avait été florissante un siècle auparavant ( Saint Martin de Tours ) et qui comptait de nombreux évêques préchait la patience et l' imitation des souffrances du Christ. Les hautes classes suivaient le peuple christianisé et se jettaient dans la recherche de Dieu en ces temps troublés. Les évêques représentaient la seule force d' unité, alors que l' administration était presque anéantie. 

 Il sentit donc lui aussi l' appel du désert, de la solitude. Mais en Bourgogne , c' était plutôt en forêt qu' on la trouvait ! Il suivit donc sa quête de Dieu dans des ruines situées en pleine forêt entre les rivières d' Armançon et de Serein au lieu-dit Réôme. D' autres anachorètes se joignirent à lui et ils cherchaient ensemble la sagesse chrétienne.On s' isolait dans des huttes ou des grottes autour d' une église, que l' on rejoignait pour la liturgie du dimanche, comme en Orient. On raconte que comme les Pères d' Egypte, il aimait méditer dans une fosse, comme s' il s' agissait d' une tombe...

En Occident on connaissait la vie d' Antoine le Grand ( écrite par saint Athanase vers 360 ) traduite en latin et celle de Paul de Thèbes écrite par saint Jérôme. Ces figures étaient extrêmement célèbres. Leurs vies étaient aussi rapportées par les pélerins de Terre Sainte et de Rome, beaucoup plus nombreux qu' on ne se figure aujourd' hui. C' est ainsi que la solitude de la forêt devenait un lieu d' épreuve, mais aussi un refuge pour aller vers le salut. C' était le signe de la rupture, de la conversion. " Quasi in parte alique paradisi " selon le mot de saint Césaire d' Arles. La forêt, c' était comme l' entrée du désert, " un second baptême " ( saint Jérôme ).

Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5287691.html

Saint Jean de Réôme décida donc devant l' afflux de disciples de fonder un monastère sans doute mi érémitique, mi cénobitique. Mais désireux de plus de solitude et de direction spirituelle, il partit avec deux moines pour le monastère de Lérins, l' un des plus grands centres monastiques des Gaules.

  Abbaye de Lérins aujourd' hui, fondée par saint Honorat vers 410, adopta la règle bénédictine à la fin du VIIème siècle, puis la règle cistercienne.

 

 

Au bout d' un an, l' évêque lui ordonna de retourner à Réôme pour appliquer une règle plus rigoureuse à ses moines, selon la discipline de saint Macaire d' Egypte.

De Lérins rayonnait ainsi un réseau de nouvelles abbayes ( à Chinon, Loches, saint Claude, Vienne, Ile Barbe près de Lyon, etc...) formé par l'abbaye-mère, de même qu' auparavant toute une nouvelle génération d' évêques avait été formée à Lérins et continuait à l' être. 

En 511, le Concile d' Orléans réuni sous l' ordre de Clovis avait placé les moines de la Gaule franque sous l' autorité de l' évêque. En Bourgogne aussi l' Eglise se restructurait tant bien que mal :

Vers 516 saint Sigismond, roi de Bourgogne revenant à la foi catholique combattit sévèrement l' arianisme ce qui lui valut un diplôme de patrice de la part de l' empereur Justinien de Constantinople qui théoriquement considérait encore qu' il avait quelques intérêts politiques en Occident...Sigismond avant de se retirer dans un monastère convoqua aussi un concile.

Ces nouvelles orientations expliquent sans doute que saint Jean de Réôme dans les dernières années de sa vie se consacra entièrement à restructurer sa nouvelle fondation.

Quant à saint Sigismond, il fut tué, jeté dans un puit par les Mérovingiens. Son frère et héritier Godomar agrandit la Bourgogne, mais quelques années après, les fils de Clovis anéantirent définitivement le royaume burgonde.

Il est intéressant de remarquer que dans ces temps de guerres et d' écroulement de la civilisation, des germes de refondation étaient semés par l' Eglise. Elle avait négocié avec les barbares pour protéger les cités et maintenant elle se posait en alliée des nouveaux " rois ". Les moines, comme vivier des futurs évêques, parmi lesquels ces derniers étaient choisis, devaient organiser leurs jeunes et nouvelles abbayes sous l' autorité de l' évêque. Au point de vue économique, la protection des grandes familles locales allait petit à petit assurer leur fonctionnement. L' érémitisme strict était progressivement écarté.

L' abbaye qui prit le nom de Moutiers-Saint-Jean ( aujourd' hui en Côte-d' Or ) accueillit de nombreux moines, parmi lesquels saint Silvestre de Réôme deuxième abbé, mort en 625. Elle suivit la règle bénédictine ( réformée vers 1630 selon la règle des bénédictins de Saint-Maur ). A l' époque romane, elle possédait jusqu' à deux cents villages, et l' on reconstruisit un grand monastère ( ses restes appartiennent aujourd' hui au Metropolitan Museum de New York ! ) . L' abbatiale fut somptueusement reconstruite au XVIIème siècle...mais en 1792 tout fut démoli. Il reste aujourd' hui quelques pierres dans ce calme village où sainte Catherine Labouré fit sa Première communion...

L' église du village construite au XIIème siècle, sous l' invocation de la Conversion de saint Paul conserve les reliques de notre saint bourguignon, imitateur des Pères du Désert et bien oublié aujourd' hui !   

 *Echternach

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