Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  •   le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
  • Contact

Recherche

23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 04:42

Nicolas Tabouillot ( 1745-1795 ) prêtre du diocèse de Verdun fut déporté par les révolutionnaires dans la région de Rochefort avec plus de huit cents autres ecclésiastiques en 1794 et 1795. 

2 412 prêtres et religieux furent condamnés à la déportation en Guyane. 1 494 furent conduits à Blaye, 76 à Brest ou Nantes, 829 à Rochefort. Mais les déportations durent cesser grâce aux navires anglais le long des côtes françaises. Les prêtres furent alors enfermés dans des navires, la plupart mourant de maladie, de mauvais traitements ou de noyades et fusillades.

Cinq cent quarante sept des déportés de Rochefort devinrent martyrs aux pontons de Rochefort ou à l' Ile Madame.

Nicolas Tabouillot fut béatifié en 1995 par Jean-Paul II comme soixante-quatre autres prêtres et religieux de cet effroyable épisode. 

Leur souvenir est commémoré en octobre et en août. Les déportations ne cessèrent qu' en 1799.

http://www.wissensdrang.com/daix1fr.htm

Repost 0
23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 03:59

" Tantôt la croix lui heurtait la tête, et tantôt sa tête heurtait la croix, et alors les épines de la couronne s' enfonçaient davantage dans les parties les plus vives de la chair. Ils aggravèrent les douleurs de leur victime par des blasphèmes exécrables. "

Vénérable Marie d' Agreda  ( 1602-1665 )

Repost 0
Published by Eric - dans la prière
commenter cet article
23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 03:54
Né à Smyrne en 69, Polycarpe fut évêque de Smyrne vers 100. Il accueillit saint Ignace d' Antioche en 107 qui lui écrivit sa célèbre lettre. Saint Irénée de Lyon fut son disciple. Il se rendit à Rome auprès du pape Anicet pour discuter de la date de Pâques. A son retour il fut condamné à la décapitation par le gouverneur romain.
Repost 0
22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 06:10

La statue de saint Pierre est vêtue des ornements pontificaux en ce jour à la Basilique Saint-Pierre de Rome

Lien : http://wdtprs.com/blog/2007-02/photos-of-the-cathedra-and-the-tiara

 

 

La tempête s' est dit : Brisons  cette nacelle,

Déjà contre l' écueil elle crie et chancelle.

Qu' elle se brise sans honneur !

Elle va s' engloutir sous l' onde mugissante,

Mais le Seigneur se lève et de sa main puissante

Sauve la barque du pêcheur !

 

Repost 0
Published by Eric - dans la prière
commenter cet article
21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 02:07

Il n' y a pas grand chose à raconter sur ce prêtre qui vécut dans l' humilité et le silence. Il naquit à Angers en 1747 fils de tisserand, fut ordonné en 1771 et exerça son ministère dans les diverses paroisses de campagne de la région. En 1781 il était aumônier de l' hôpital d' Angers où il était au service des incurables.

Ensuite il devint curé du village de Louroux-Béconnais près d' Angers, homme humble, fidèle aux petites choses.

Mais il refusa tranquillement sans un mot de protestation de prêter serment à la constitution civile du clergé, selon la loi du 12 juillet 1790 que le pape avait condamnée. Il poursuivit son ministère pendant un an. Il fut arrêté en mars 1791, mais les révolutionnaires ne trouvèrent pas de preuve de rébellion. Il fut relâché. Cette fois-ci il se cacha dans les campagnes où il réussit à convaincre des confrères de ne pas prêter serment. Le soulèvement vendéen le trouva au milieu de ses paysans à qui il donnait les sacrements sans paroles de révolte.

Il fut dénoncé en juin 1793 comme prêtre réfractaire, mais à nouveau on ne trouva pas de preuve formelle. Il se cacha encore...Mais la révolte paysanne de Vendée au nom du Sacré-Coeur provoqua la haine des Bleus. Il fut arrêté en février 1794 alors qu' il s' apprêtait à célébrer la messe dans une grange et condamné à la guillotine.

Il n' a pas laissé de grandes paroles, il est monté à l' échafaud vêtu de ses vêtements sacerdotaux avec la prière sur les lèvres : Introïbo ad altare Dei, consommant son propre sacrifice.

Il fut béatifié par Pie XI en 1926 comme exemple pour les chrétiens du XXème siècle soumis à l' athéisme communiste ( Russie ) ou laïciste ( Mexique ) et pour toutes les victimes des oppressions à venir. Fidèles agneaux parmi les loups. 

Repost 0
21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 01:42

" Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la rouille et les vers ne peuvent les consumer et où les voleurs ne peuvent ni fouiller, ni les dérober car là où est votre trésor, là aussi est votre coeur. "

 

Repost 0
Published by Eric - dans la prière
commenter cet article
20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 18:29

L' Institut du Verbe Incarné a pris en mai 2006 en Terre Sainte la responsabilité de la Basilique Sainte-Anne, construite par les Croisés sur le lieu d' une ancienne basilique byzantine, et appartenant à la Custodie de Terre Sainte.

Elle se situe à Sépphoris ( Zippori ) en Galilée.  A l' époque des premiers chrétiens, Flavius Joseph qualifiait cette ville importante ( plus importante que Nazareth ) d' ornement de toute la Galilée.

C' est un site archéologique sur le lieu de naissance de sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie où la Sainte Vierge passa son enfance.

Jésus a certainement connu cet endroit, non loin de Nazareth.

Lien : http://www.ive.org/pag_res.asp?id=289 ( en espagnol )

 L' Institut du Verbe Incarné et sa branche féminine, fondés en Argentine en 1984 compte de nombreuses vocations contemplatives et apostoliques dans une vingtaine de pays. 

 

 Bien que non mentionnée dans le Nouveau Testament, Sépphoris était la capitale de la Galilée. Construite à l' ère hellénistique par les Romains, Hérode Antipas en avait fait sa capitale en 4 av JC. Elle était à l' intersection des voies romaines vers la Méditerranée et vers le lac de Tibériade. La ville a connu un immense chantier pendant toute la jeunesse de NSJC. Les historiens s' accordent tous pour penser que Joseph y avait dû certainement avoir des commandes de chantiers et que Jésus avant sa vie publique a collaboré aux travaux.

Elle est célèbre par ses mosaïques romaines, son théâtre antique, etc...

Saint Joachim et sainte Anne y vécurent. Les références à la richesse de ses habitants trouvent des échos dans le Nouveau Testament, bien qu' elle ne soit pas nommément citée.

Après la destruction de Jérusalem en 70, les Juifs purent continuer à vivre dans la ville qui était un important centre commercial, car la ville ne s' était pas soulevée contre les Romains.

La ville, connue sous le nom de Diocésaria, devint chrétienne, mais il y eut toujours une forte implantation juive contrairement aux autres villes hors de Galilée sous la période byzantine. Elle comportait de nombreuses églises et des synagogues. Elle fut détruite lors des invasions arabes. 

                                    La Mona Lisa de Galilée 3 ap JC, Sépphoris

                                           Théâtre romain de Sépphoris  

Lien :   http://www.bibleinterp.com/articles/sepphoris.htm ( avec des restrictions sur les interprétations des textes bibliques )

Repost 0
20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 03:51

  Stanislawa naquit en 1899 à Nawojowa en Petite Pologne dans le diocèse de Tarnowo. Elle était la deuxième d' une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux ; son père Michel était organiste à l' église du village. La famille était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski dont la mère Stanislawa Leniart avait fondé le couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur. Elles donnaient aussi une éducation musicale de qualité ce qui plaisait à la famille Rodzinski et aux hobereaux du village, la famille Stadnicki, protectrice du couvent.

Elle devint orpheline à l' âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite soeur Janine au couvent. Pendant l' occupation austro-allemande à dix-sept ans, elle entra comme postulante au couvent de Wielowski, puis fit sa profession sous le nom de soeur Marie-Julie à Cracovie, partie de l' ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise. Elle continua ses études pédagogiques à Poznan, dans l' ancienne partie prussienne. La Pologne renaissait de ses cendres, et les soeurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Le pays était en guerre et après avoir stabilisé ses frontières à l' Ouest se trouvait dans un conflit avec les Soviétiques et les Lithuaniens à l' Est.

Beaucoup d' enfants étaient orphelins ou dans des situations de détresse. Les soeurs fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu' à Rava Ruska près de Lvov, l' ancienne Lemberg au centre d' un conflit contre les nationalistes ukrainiens communistes. Elle prononça ses voeux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins.

Elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés; et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation.

                                                        Cathédrale de Wilno

Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire à la base de la spiritualité dominicaine. A 27 ans elle avait suffisamment d' expérience pour être déléguée au chapitre capitulaire général. En 1934, elle était supérieure de la maison de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.

En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno ( désormais Vilnius ) passa aux Soviétiques qui l' agrégèrent à la République Socialiste Soviétique de Lithuanie. Elle dut fermer l' école et continua en secret à donner des cours de religion, de polonais, langue désormais interdite.

Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines. Elle fut arrêtée par la Gestapo en août 1943 pour activités nationalistes avec trois autres soeurs, torturée et emprisonnée dans la sinistre prison de Lukiszki.

                                                             Lukiszki

La prison était réservée pour les nationalistes polonais. Elle fut soumise à un régime d' isolement carcéral. Lorsque le front biélorusse se rapprocha de Vilnius à l' été 1944, elle fut déportée avec d' autres prisonniers politiques au camp de Stutthof près de Dantzig ( Gdansk aujourd' hui ).

Elle organisait dans son barraquement des prières, mais à l' automne une épidémie de typhus se propagea dans le camp. Elle demanda à être placée alors avec des femmes juives de Bohême qu' elle réconfortait le peu qu' elle pouvait. Le camp était en plein désordre à cause de l' avancée des Soviétiques. Elle contracta la maladie. A l' hiver le camp fut évacué par les nazis qui laissèrent derrière eux les mourants. Elle rendit l' âme le 20 février 1945 ayant fait volontairement le sacrifice de sa vie.

Elle fut béatifiée en 1999 par Jean-Paul II.

 

Lien : http://www.dominikanki.pl/julia.htm

 

Repost 0
19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 10:48

" Je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie ..."

 

fut l' un des nombreux credo de substitution arrangés à l' époque, dans l' élan euphorique et quasi prophétique de l' après-Concile, qui échoue romantiquement sur son erre en 2005 et berce encore quelques adorateurs de la Vie dans les assemblées.

 

( ... ) Ce christianisme édulcoré, marqué par les sixties et sublimé en mystique humanitaire serait en marche vers un AU-DELA de l' Eglise, à savoir :

 

l' UNITE  EN  ACTE  DU  GENRE  HUMAIN  ( Lumen Gentium N° 1 Gaudium et Spes N° 42 ).

 

 

Ce christianisme s' est rêvé affranchi d' une foi définitivement énoncée en formules dogmatiques ; il s' est cru libéré des aspects jugés trop râpeux ou trop exigeants de l' Evangile

 

( PLUS  DE  SACRIFICE, PLUS  DE  PENITENCE,  PLUS  D' ENFER ), et débarrassé enfin des beautés trop formelles de la liturgie grégorienne, transmise en substance depuis les premiers siècles dans l' Eglise latine.

 

Ce christianisme humanitaire des années soixante présente la religion comme une PAROLE ou un DIALOGUE  DE  SALUT( ... ) Jésus  " sauve " l' Humanité, non plus par son Etre, DONT  ON TAIT  OU  RELATIVISE  la divinité, à laquelle pourtant la Tradition requérait d' adhérer personnellement, mais seulement par son  " message  "  spirituel de progrès, d' amour, et de paix, si proche de l' utopie sociale du XIXème siècle ( ... ). Le progrès de l' Humanité a pris le pas sur la quête personnelle du Salut.

 

Sans cesser d' être une doctrine de l' éternité, la religion " conciliaire " ( ... ) pousse la barque de Pierrre et l' Humanité entière vers un nouveau monde, celui d' une régénération terrestre.

 

 

(... ) Comment les derniers pratiquants d' Europe ou d' Amérique ( ... ) ont-ils pu abandonner si facilement leur tradition ? [ surtout quand on compare nos frères orthodoxes, ou d' autres traditions chrétiennes ]

 

Réponse : en absorbant peu à peu, par enthousiasme, ignorance ou  RESIGNATION, le substitut euphorique ( ... ) une tradition transgénique, renommée vivante, incessamment façonnable et renouvelable, telle une énergie ; mais du même coup périssable à chaque instant, soumise à l' éphémère...   

Abbé Christophe Héry

 

Non-lieu sur un schisme, Ed. Hors-série Mascaret, Arguments.

 

 

 GARDER  l' espérance :

Tout cela est tellement triste d' imaginer que tout a été jeté par-dessus bord. Et puis finalement, il faut se ressaisir,  même si  nos générations sont encore sacrifiées pour des années.

Comme le corps souffrant de Jésus, son Eglise subit des outrages, de ses ministres, de ses fidèles, de moi-même quand je me détourne avec indifférence.

Après tout l' Eglise est le Corps Mystique de Jésus. Nous sommes à l' ère des souffrances.

 

Et le monde s' en soucie-t-il ? Les foules sont toujours versatiles. Aujourd' hui elles adorent, demain elle renient.

 

Je pense que le pire des années 1970 quand on croyait ( par conviction ou effroi résigné ) à la victoire du communisme, je pense que cette époque commence à peine à s' éloigner...

 

Certes il y a un retour du paganisme, adoration de la lune, de la terre, paniques pseudo-écologiques que sais-je  ? dont on se sert pour masquer le visage et le corps de Jésus, mais j' ai l' espoir qu' une fois les dernières grands-mères à moitié défroquées des couvents seront mortes, que cette génération de prêtres honteux  et toujours concernés par je ne sais quel problème, mais rarement par celui de l' oblation sera passée, alors tout ce fatras New Age sera dépassé !

 L' orgueil incommensurable de notre époque, si heureuse de faire du créatif, du vivre-ensemble, si inquiète d' être interpelée et d' agir en Evangile vers l' unité de nos différences, si consciente de soi pour tout dire, j' espère de tout mon coeur que ce ne sera bientôt qu' un mauvais souvenir !

Le curé d' Ars disait à peu près, enlevez-leur la messe et la croix, demain ils adoreront des animaux. Oui aujourd'hui sans la Croix avec Jésus cloué combien adorent leur nombril de manière masochiste ? 

Alors on se tourne vers les pauvres, comme une bouée de sauvetage, au moins c' est déjà cela...Mais lorsqu' on se rassure en se disant : Voyez comme je suis bien je vote pour ...est-ce suffisant ? 

Alors l' Eglise d' une voix claire se fait mieux entendre lorsqu' elle  évoque, comme elle le fait depuis 2000 ans, Jésus Vrai Dieu et Vrai Homme souffrant dans son Eglise. Elle ne se borne pas  à l' évoquer : elle le  DONNE, le donne sur les autels...

 

 

 

 

Repost 0
18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 00:57

 Georges Kaszyra ( prononcer Kachira ) naquit en 1904 dans une famille de biélorusses orthodoxes établis dans la province lithuanienne de Vilnius ( Wilna en russe, Wilno en polonais ) majoritairement catholique de l' Empire russe. Ses parents étaient fermiers.

Il existait différents groupes ethniques dans la région selon le recensement de 1910 :

1) Une forte minorité lithuanienne catholique de langue balte. Ils vivaient surtout à la campagne et dans les petits bourgs. Le Grand-Duché de Lithuanie s' était réuni à la Pologne au XVIème siècle.

2) Une majorité polonaise slave et catholique, qui vivait dans les villes et les villages, et qui représentait toutes les couches de la société et les élites cultivées citadines ou terriennes.

3) Une petite minorité biélorusse slave et majoritairement orthodoxe surtout représentée dans la paysannerie des franges de l' Est du Nord-Est et du Sud-Est.

4) Une petite minorité russe orthodoxe dans les villes et chez les propriétaires terriens. Ils étaient fonctionnaires, commerçants et militaires.  Ils s' étaient installés à partir de l' annexion de la Pologne orientale à la Russie au XVIIIème siècle.

5) Quelques minorités ruthéno-ukrainiennes catholiques de rite byzantin surtout paysannes dans le Sud-Est.

6) Des communautés juives importantes vivant dans des bourgs à part ( les shetels ) ou des quartiers spécifiques des villes avec leur administration propre et leur langue : le yiddish dérivé de l' allemand avec des emprunts à l' hébreu et au polonais.

Wilno était appelée la Nouvelle Jérusalem du Nord, car les Juifs y représentaient 40% de la population avant la seconde guerre mondiale. Les Juifs s' étaient surtout installés en Pologne à partir des XVI-XVIIème siècles, mais beaucoup d' entre eux émigrèrent en Europe de l' Ouest ou en Amérique dès la deuxième moitié du XIXème siècle pour fuir la pauvreté et les discriminations.

7) une petite minorité germano-balte catholique ou calviniste qui sera chassée dans les Etats baltes, puis définitivement éliminée par les Soviétiques. Certaines grandes familles s' étaient converties à l' orthodoxie russe.

Malgré la politique désastreuse de russification d' Alexandre III, atténuée par Nicolas II, le polonais était la langue de communication entre les groupes sauf pour les Juifs qui ne parlaient que yiddish et dont les élites avaient tendance à privilégier l' allemand considéré comme véhicule de modernité. Les autres Juifs utilisaient un russe sommaire pour communiquer avec l' administration.

Cet équilibre sera balayé à la fin de la première guerre mondiale avec la politique linguistique de polonisation, puis par l' extermination par les nazis des Juifs qui disparurent totalement de la région.

 

 

La mère de Georges se convertit au catholicisme en 1907. Le catholicisme était le ciment de la nation polonaise. Sans doute venait-elle d' une famille d' Uniates forcée à se convertir à l' Orthodoxie. L' Oukaze de tolérance de 1905 qui permettait le retour à l'  Uniatisme lui ouvrait-il la voie. 

Quelques années après il devint orphelin et fut élevé par des proches parents.

Les tragiques heures de sa jeunesse allaient marquer à jamais sa vocation :

 

En effet l' ancien gouvernement  ( ou province ) de Wilna de son enfance et son adolescence fut le théâtre de violents combats. D' abord les invasions allemandes de la première guerre mondiale, puis les troubles révolutionnaires.

 

Les masses ouvrières étaient constamment agitées par la propagande marxiste. La paysannerie catholique était pauvre. Tout cela créait un climat d' agitation qui ne manquait d' impressionner le jeune homme. Sa foi se renforçait.

 

Les troupes allemandes ne se retirèrent pas tout de suite après l' effondrement du régime impérial russe en Pologne fin 1915 deux ans avant la révolution d' octobre. Au contraire, la région fut occupée jusqu' à ce que les Soviétiques envahissent la partie orientale de la Pologne et les alentours de Wilno, qui devinrent proches de la ligne de front qui se déplaçait autour de la rivière Dvina au Nord-Est . Wilno fut prise par les Soviétiques et devint Vilnius. Il n' y avait qu' 1% de Lithuaniens dans cette ville, mais les Bolchéviques décidèrent de la rattacher à une nouvelle république socialiste soviétique de Lithuanie qu' ils créèrent.

 

Les Polonais qui luttaient pour la reconnaissance de leur indépendance aidés par les Occidentaux les repoussèrent finalement en 1919, mais durent affronter aussi une nouvelle république indépendante de Lithuanie, soutenue par les Anglo-Saxons et qui venait de chasser les Rouges. Vilnius redevint polonaise en octobre 1920, et retrouva son nom : Wilno.

 

                                     Maréchal Joseph Pilsudski 1867-1935

Ensuite le maréchal Pilsudski réussit à enlever aux Soviétiques Brest-Litovsk qui devint Brest-sur-le-Boug et à gagner une partie de la Galicie et de l' Ukraine. Ces conquêtes furent entérinées par le traité de Riga en mars 1921 et par la SDN en 1922.

 

 

Parallèlement les Américains et les Anglais avaient créé les Etats baltes au Nord pour contenir les avancées polonaises, pour freiner l' expansionisme soviétique, et pour encercler la Prusse Orientale allemande.

 

 

Georges, qui était à Wilno, devint catholique à l' âge de 18 ans en 1922, sur ce fond de guerres et de révolutions et à 19 ans entra à l' école marianiste de Drouya* ( dans la Congrégation des Clercs de l' Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, congrégation fondée au XVIIème siècle en Pologne et rénovée en 1910 ). Drouya située au Nord avec une forte minorité biélorusse était au bord de la rivière Dvina et à la frontière de l' ancienne Courlande, de l' ancienne province de Vitebsk intégrée désormais à l' URSS, et de la jeune Lithuanie indépendante et hostile à la Pologne. Une région charnière ! 

Les Marianistes de l' Immaculée Conception avaient ouvert l' année d' avant en 1923 un monastère à Drouya et une école, ansi que la maison-mère des religieuses Servantes-de-Jésus-dans-l' Eucharistie. C' est un jeune vicaire d' origine paysanne comme lui qui avait pris en charge le jeune homme abandonné et lui avait montré le chemin de Drouya.

                 Intérieur de l' église de la Sainte-Trinité des Bernardins à Drouya

 

La Pologne avait calqué son régime sur les institutions de la République française, avec une interprétation nationaliste, ce qui se comprenait dans ce contexte géopolitique menaçant. Sans doute Georges était-il conscient de l' urgence de la reconstruction de son jeune pays.

 

 

Il entra donc au noviciat des Marianistes où il prononça ses voeux à 22 ans en 1926. La Pologne avait énormément souffert de l' après-guerre, elle allait connaître en plus la crise de 1929.

 

 

Il fut envoyé à Rome à cette époque pour étudier la philosophie à l' Angelicum. Là aussi il vit de près un pays agité. L' Italie se laissait séduire par le régime mussolinien qui croyait se lancer dans la modernité en baillonnant l' Eglise. L' Eglise de Pie XI bénéficiait d' un rayonnement intellectuel et spirituel certain, mais elle peinait à maintenir un difficile équilibre dans une Europe qui pansait à peine ses plaies, et qui sans le comprendre encore, sauf pour quelques-uns,  nourissait de futurs démons. Il rencontra d' autres séminaristes marianistes et s' affermit intellectuellement et spirituellement.

 

La catastrophe bolchévique, le traité de Versailles, la crise de 1929 allaient en réaction précipiter les masses dans la violence.

 

 

 Il rentra à Wilno en 1931 pour étudier la théologie. Il y fut ordonné en 1935.

 

 

 

1935  fut un tournant pour la Pologne. Un nouveau régime autoritaire concourait au redressement économique du pays, mais imposa dès lors un certain silence à l' Eglise qui dut affronter de nouvelles lois scolaires laïcistes. L' agitation marxiste était contenue, mais elle se propageait dans d' autres pays. Le national-socialisme, quant à lui, provoquait les régimes fragiles d' Europe centrale. 

 

Il travailla au nouveau séminaire marianiste de Wilno, puis devint directeur du juvénat à Drouya. En 1938, il devint supérieur de la maison marianiste de Rasna dans la province de Polésie alors en Pologne ( aujourd' hui en Biélorussie ).

Il y avait fort à faire dans cette province à la frontière du géant soviétique.

 

LE  PIRE  ALLAIT  VENIR :

 

En quelques jours en septembre 1939, la Pologne fut envahie par les armées d' Hitler. Le choc fut immense. Le pays avec sa rhétorique autoritaire s' était effondré...

 

Les alliés soviétiques ( jusqu' en 1941 ) des armées d' Hitler se jettèrent donc sur leur proie comme il était convenu par le pacte secret entre Molotov et Ribbentrop.

 

Les Bolchéviques envahirent la province où se trouvait le Père Kaszyra en quelques jours de fin septembre 1939. Il dut fuir car les Bolchéviques avaient transformé le monastère de Rasna en kolkhoze et chassé les religieux. Il se cacha dans un monastère plus à l' Ouest, et au bout de quelques semaines voulant rejoindre ses supérieurs décida de passer par la Lithuanie voisine, mais celle-ci tomba à son tour quelques mois après aux mains des Rouges. Il avait appris par coeur l' Office de la Sainte Vierge pour pouvoir célébrer le Saint Sacrifice de la Messe au cas où il serait arrêté. Il réussit comme d' autres religieux à se cacher chez des personnes de bonne volonté.

 

Il put après l' invasion allemande qui avait chassé les Bolchéviques rester en Lithuanie, puis il se rendit à Drouya à l' été 1942. Les communistes avaient tué avant de fuir le supérieur marianiste le Père Kulesza et fait déporter des chrétiens en Sibérie et au Kazakhstan.

Quelques jours après cet assassinat ce fut au tour des Allemands début juillet 1941 de faire leur entrée en ville. Georges Kaszyra retrouva donc les autres Marianistes de l' Immaculée Conception chassés de leurs écoles pour reprendre des forces et constater les dégats. Il y demeura plusieurs semaines.

 

  Drouya sur la rivière Dvina, à gauche le clocher de l' église de l' ancien monastère des Bernardins desservie alors par les Marianistes

 

En 1941 le revirement allemand contre son allié contre-nature soviétique avait précipité la catastrophe pour les populations locales. Jusqu' à présent les populations locales étaient plutôt neutres à l' égard de l' envahisseur, et plutôt bienveillantes dans les zones anciennement bolchéviques que les Allemands avaient conquises. Le monstre attendait son heure...

 

 

 

Au bout de quelques temps, une fois les Bolchéviques battus, il fallait reconstruire, le Père Leszczewicz  ( voir mon article précédent )  qui reconstituait  plus au Nord-Est la paroisse de Rositza**  ( qui avait été intégrée à la Biélorussie ) dévastée par les Bolchéviques, lui demanda de le rejoindre en renfort avec d' autres prêtres. Rositza était un centre de mission pour les villages environnants où il fallait reconstruire les églises et les chapelles, réapprendre le catéchisme, redonner les sacrements, après plus de vingt ans d' athéisme soviétique obligatoire.

 

Les Allemands les premiers mois ne se méfiaient pas des efforts de reconstruction morale et spirituelle de la part de ces Polonais dans les territoires conquis sur les Bolchéviques. Le véritable ennemi pour les Allemands était plus à l' Est. 

 

Parlant polonais, biélorusse et russe les deux prêtres aidés de religieuses et de confrères marianistes s' occupaient des besoins spirituels urgents de leur paroisse en ces temps de haine.

 

 

Mais à partir de la fin 1942 et la tournure plus difficile que prévu des combats à l' Est,  les Allemands durcirent leur répression à l' égard des résistants de cette région de l' arrière, de cette Biélorussie polonaise, qui étaient systématiquement suspectés de bolchévisme. Beaucoup d' hommes rejoignaient les partisans en forêt.

 

 Alors que des attentats contre les Allemands avaient frappé le secteur, les autorités allemandes locales qui avaient regroupé des Lettons, des Ukrainiens et des Estoniens qui avaient à se venger des partisans décidèrent  de prendre des mesures de rétorsion exemplaires et criminelles. On fit prévenir les missionnaires qu' une expédition punitive partirait de Drouya.

Elles craignaient aussi une incursion de partisans communistes ukrainiens. Il fallait donc faire la politique de la terre brûlée pour empêcher les partisans de se ravitailler et de recruter de nouveaux hommes.

les Marianistes délibérèrent de leur sort. L' un des Pères partit avec quelques religieuses pour la Lettonie proche, où, bien qu' emprisonnés peu après, ils eurent la vie sauve. Les autres décidèrent de rester avec la permission de leur supérieur.

Les officiers nazis et leurs soldats affidés baltes et ukrainiens après avoir brûlé les maisons du village firent emprisonner plus d' un millier d' otages dans l' église de la Sainte-Trinité, laissant leur liberté aux religieux. Il firent déporter des villageois en bonne condition physique pour du travail forcé dans des usines à l' arrière, et la plupart des femmes robustes pour des camps de travail.

 

Le Père Leszczewski et le Père Kaszyra refusèrent de se désolidariser des otages et se firent enfermer avec eux pour leur porter le secours des sacrements. Il y avait une majorité de femmes, d' enfants et de vieillards. Pendant ces deux jours tout le monde se préparait dans la prière, et le calme. Les enfants chantaient. Les messes se succèdaient.

Les prisonniers étaient emportés par groupes dans les maisons du village que les hommes à la solde des Allemands faisaient brûler avec des grenades incendiaires. C' était un avertissement barbare pour empêcher les partisans de progresser. Si vous avancez, nous faisons sauter vos villages...

Les officiers nazis utilisaient des hommes qui eux-mêmes avaient à se venger des communistes...Spirale de la haine !

 

 

Au bout du deuxième jour le 17 février 1943, la section nazie emmena le Père Leszczewicz avec d' autres prisonniers pour les brûler dans les écuries de l' ancien manoir du lieu. Le Père Kaszyra attendit courageusement son sort,  réconfortant ses frères persécutés qu' il écoutait en confession. Il furent emmenés le lendemain matin et subirent le même sort. Il avait 39 ans. Il demanda aux soeurs, de sa charette qui l' emmenait au supplice, de prier pour le salut de son âme et de ses meurtriers.

Plus de mille cinq-cents laïcs furent massacrés ainsi à Rositza et dans les  villages environnants dans un rayon de 60 km ces jours-là, tandis que d' autres étaient déportés dans un camp de concentration près de Riga.

                  Procession à Rositza le 18 février 2006 en souvenir des massacres

Jean-Paul a béatifié les deux prêtres avec d' autres martyrs de la seconde guerre mondiale en 1999.  

Liens :  http://marian.org/marians/beatification/index.html

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5679458.html

* Druja en polonais, au bord de la Dvina se trouve aujourd' hui en Biélorussie, ville-frontière de La Lettonie.

** Diocèse de Vitebsk, photos issues du site de l' Eglise catholique de Biélorussie : www.catholic.by/port/en/news/2006-02-18.htm

Lorsque les soviétiques chassèrent à leur tour les Allemands vaincus, ils réintégrèrent le secteur à la République Socialiste Soviétique de Biélorussie et l' église de Rositza dut subir la répression athée. L' église fut fermée par les autorités staliniennes, et toute instruction religieuse bannie, tandis que les chrétiens les plus actifs de la paroisse étaient déportés au goulag. Réhabilités au cours des années 1960, les chrétiens ( catholiques et orthodoxes ) purent discrètement se réunir. La liberté de culte fut progressivement rétablie à partir des années 1980-1990. mais ne ce fut qu' à partir de 1987 qu' on se resouvint publiquement de ces heures tragiques.

Lorsque la Biélorussie devint indépendante, les biens de l' Eglise, ou ce qu' il en restait, furent petit-à-petit  restitués.

Repost 0