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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 13:41
                                                             Statue de Saint Jacques


                                                            La Samaritaine

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 11:20
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 13:59
   Adolphe ( Adolf ) Kolping naquit près de Cologne à Kerpen, le 8 décembre 1813. Il était le quatrième des cinq enfants de son père Peter et de sa mère Anna-Maria, modestes agriculteurs qui s' étaient sacrifiés pour donner à leurs enfants une meilleure éducation. A treize ans, Adolphe dut gagner sa vie chez un cordonnier de Kerpen, puis il entra dans une fabrique plus importante à Cologne. Il se souviendra plus tard de la misère de l' époque et de l' indifférence religieuse de ses jeunes compagnons de travail.

Malgré cette atmopshère hostile, Adolphe, avec l' aide de prêtres bienfaiteurs, put mûrir sa vocation. Il parvint à suivre des cours dans un lycée de Cologne et à obtenir l' équivalent du baccalauréat à 24 ans. En 1841, il s' inscrivit à la faculté de théologie de Munich, puis à celle de Cologne.
Il fut ordonné prêtre en 1845 à l' âge de 32 ans. Il devint vicaire à la paroisse Saint-Laurent de la ville d' Eleberfeld et s' occupa en particulier du catéchisme. Dans cette ville industrielle, les Catholiques étaient en minorité. L' abbé Kolping y fit la connaissance de la Gesellenverein, société d' entraide des artisans fondée par Johann Gregor Breuer ( 1821-1897 ). Ancien ouvrier artisan lui-même, l' abbé Kolping était parfaitement au courant des problèmes de cette catégorie de population. Il avait conscience de leurs besoins dans le domaine social,culturel et spirituel. Il fut donc à l' origine en 1846 d' une Gesellenverein  tournée vers l' enseignement et l' aide économique.

En 1849, alors qu' il était devenu vicaire à la cathédrale de Cologne, il fonda une fédération des différentes associations artisanales d' entraide, spécialement tournée vers la jeunesse. Il en devint le président. De nombreuses autres associations se fédérèrent par la suite autour de ce noyau.

Le but d' Adolphe Kolping était de favoriser le modèle de l' employé chrétien, conscient de ses devoirs et de ses droits, bon citoyen et futur bon père de famille. Il créa aussi une gazette hebdomadaire, le Rheinische Volksblätter et plus tard le Volkskalender. Il réussit à atteindre et à permettre l' évangélisation d' un vaste public.

Il mourut à seulement 52 ans, le 4 décembre 1865. Il était vicaire, journaliste, patron de presse, président de la fédération des Gesellenverein, et surtout apôtre de son époque.

Il fut béatifié par Jean-Paul II, le 27 octobre 1991.
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 22:10
L' Abbaye de Mariawald ( traduction en français : la Forêt de Marie ), près du village d' Heimbach dans le diocèse d' Aix-la-Chapelle, est la seule Trappe d' Allemagne, la seule abbaye Cistercienne allemande de stricte observance. Elle comprend 14 moines, dont un novice et un oblat. Le Père Abbé en est le TRP Josef Vollberg OCSO, jeune abbé dynamique.

L' abbaye est située à l' emplacement d' un ancien prieuré cistercien fondé en 1486 et ruiné par les révolutionnaires français en 1795. Il fut refondé en 1860-61 par des Trappistes d' Oelenberg venus d' Alsace voisine qui rachetèrent et reconstruisirent le prieuré.Cependant la politique du Kulturkampf de Bismarck allait vider le prieuré, à partir de 1875 pendant une dizaine d' années. 

 En 1909, le prieuré fut érigé en abbaye et connut des années de prospérité jusqu' à la première guerre mondiale où plusieurs moines trouvèrent la mort. L' abbaye parvint à se relever entre les deux guerres ; mais elle fut en partie fermée en 1941, lorsque les autorités requisitionnèrent les moines pour le Travail Obligatoire. Certains purent toutefois demeurer sur ses domaines et travailler dans l' hôpital militaire qui avait été installé plus tard dans l' abbaye.
Partiellement détruite par les bombes alliées en 1945, l' abbaye de Mariawald se releva sous l' impulsion de l' Abbé Christopherus Elsen et connut de solides vocations.
 

L' Abbaye de Mariawald a obtenu du Saint-Père* cette année  le privilège d' utiliser désormais totalement la liturgie et la stricte observance telles qu' elles étaient en usage avant 1963-1964 ( " usus " de Monte Cistello : premier pas vers l' aggiornamento des abbayes ). Alors qu' en France, plusieurs abbayes font usage de l' ancien Ordo et de la Règle de saint Benoît d' avant le Concile de Vatican II, il s' agit ici d' une première en Allemagne. La communauté plutôt âgée a décidé sous l' impulsion de son jeune abbé de faire un pari sur l' avenir.

L' Abbaye organise des séminaires de formation en chant grégorien et des concerts spirituels. Elle produit une liqueur fameuse et une ligne de soins cosmétiques. Elle vend aussi des livres de spiritualité et des produits agricoles. Des visiteurs peuvent être accueilis à la maison d' hôte ; mais la clôture monastique ne se visite pas.

L' Abbé de Mariawald a remercié SS Benoît XVI dans un communiqué à la presse. Ce dernier, lorsqu' il était encore Mgr Ratzinger, y vint pour l'ordination d' un des moines en 1991.


* Commission Pontificale  " Ecclesia Dei ", 21 novembre 2008.

Lien ( en allemand ) : http://www.kloster-mariawald.de
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 13:27

   Ivan Slezyouk naquit, le 14 janvier 1896, en Galicie dans un village près de Jivatchiv au sein d' une famille ruthène de rite uniate, non loin de la ville de Stanislawow - ou Stanislau en allemand*  - dans une région montagneuse près des Carpathes. Cette région faisait partie de l' Empire Austro-Hongrois.

 Après la première guerre mondiale et la guerre civile qui opposa Ukrainiens et Polonais, sa région natale fut incorporée à la nouvelle Pologne indépendante. 70% des habitants étaient Ukrainiens: majoritairement Ruthènes de rite uniate, c' est-dire de même rite que les Orthodoxes, mais reconnus depuis le XVIème siècle par l' Eglise Catholique Romaine. Un peu plus de 20% de la population étaient Polonais de rite latin, enfin 7% étaient Juifs, le reste dispersé dans des communautés rurales d' origine germanique se partageant entre le Protestantisme ( un fort courant piétiste s' y développait depuis le XIXème siècle ) et le Catholicisme.

 

Il reçut en 1923 l' ordination presbytérale de rite uniate ( ou gréco-catholique tel qu' il aussi appelé ) et exerça dans différentes paroisses. En septembre 1939, la région fut envahie par les Soviétiques et en 1941 par l' armée allemande. A nouveau, en 1945, l' Armée Rouge prit le contrôle de la région après avoir chassé les Allemands et intégré l' ancienne voïvodie de Stanislawow à l' Ukraine Soviétique.

 

Ivan Slezyouk avait eu le temps de recevoir l' odination épiscopale des mains de Mgr Grégoire Khomychyne**, en tant que coadjuteur avec droit de succession pour l' Eparchie de Stanislawow. Après la mort de Mgr Khomychyne à l' infirmerie d' une prison de Kiev, Ivan Slezyouk lui succéda à la fin de l' année 1945. Mais ce fut une succession de principe, car il était emprisonné lui-même depuis le 2 juin précédent...

Depuis la libération du territoire et la défaite des Allemands, toute trace de christianisme militant était sévèrement combattue par les Soviétiques ; et la hiérarchie uniate - jugée pro-occidentale et accusée d' avoir été épargnée par les Allemands - fut sévèrement frappée : évêques emprisonnés ou déportés, prêtres martyrisés, religieux et religieuses dispersés, sans parler des disparus ; tandis que les lieux de culte étaient détruits ou destinés à d' autres usages ( granges, garages, cinémas...) ou bien transférés à l' Eglise Orthodoxe. Cette dernière avait été gravement persécutée par les Bolchéviques ; mais le pouvoir stalinien ayant eu besoin pendant la guerre des forces morales de la Russie avait " légèrement " levé la pression et dans l' immédiat après-guerre avait " offert "  un certain nombre d' églises uniates aux Orthodoxes en signe de reconnaissance. Toujours diviser pour mieux régner...Il va sans dire que la répression devait se poursuivre par la suite de manière plus insidieuse pour les deux Eglises. 

Mgr Slezyouk devait méditer tout cela dans le goulag où il était enfermé près de Vorkhouta. En 1950, il fut transféré en Mordovie, région autonome de la Russie Soviétique, au régime moins sévère. En novembre 1954, il fut libéré. Staline était mort depuis quelques mois.

 

Il put donc pour la première fois exercer discrètement ses fonctions épiscopales. En 1962 en pleine guerre froide, il fut à nouveau arrêté et condamné à cinq ans d' emprisonnement. L' athéisme prôné par le régime devait être victorieux dans la lutte pour l' édification du socialisme. Relâché le 30 novembre 1968, il put continuer à exercer sous le contrôle du KGB. il était en effet régulièrement convoqué pour des " conversations ", la dernière particulièrement éprouvante ayant eut lieu deux semaines avant sa mort.

 

Malgré l' opposition du régime, Mgr Slezyouk put sans relâche continuer à distribuer les sacrements et à organiser son Eglise, vestige d' un ancien monde pour les autorités de l' URSS qui considéraient ses fidèles comme des citoyens de seconde catégorie. Il mourut près d' Ivano-Frankovsk ( nouveau nom de Stanislawow ) le 2 décembre 1973 sous le régime de Léonid Brejnev ( lui-même Ukrainien ).

 

Mgr Slezyouk fut béatifié par Jean-Paul II, le 27 juin 2001.

 

* Aujourd' hui Ivano-Frankivsk en ukrainien, Ivano-Frankovsk en russe.
** orthographié en anglais Khomyshyn.

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Published by Eric - dans Saints
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 23:50

   Louis-Roch ( Ludwik Roch ) Gietyngier naquit à Zarki* en Haute-Silésie, région montagneuse appartenant à l' Empire Austro-Hongrois, le 16 août 1904. Cette région deviendra polonaise après la première guerre mondiale. 
Il étudia au séminaire diocésain de Kielce  et fut ordonné à Jasna Gora par Mgr Kubina en 1927. Il poursuivit ses études de théologie à l' Université Jagellon de Cracovie puis devint prêtre diocésain à Czestochowa. Il oeuvra pour le catéchisme en écrivant plusieurs ouvrages et anima plusieurs sociétés catholiques. Il devint préfet dans divers établissements secondaires. A la veille de la seconde guerre mondiale, il était directeur d' un lycée privé. 

C' était un prêtre estimé et intellectuel. Deux qualités qui le désignèrent à ses bourreaux...

 

Il fut arrêté par la Gestapo à l' automne 1941 et mourut à Dachau, le 30 novembre 1941. Il fut béatifié par Jean-Paul II, le 13 juin 1999, avec 107 autres martyrs polonais de la seconde guerre mondiale.

 

 

* Prononcer Jarki, comme Jacques.

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 23:49

   José Otin Aquilué naquit à Huesca, le 22 décembre 1901. Il fit ses études chez les Salésiens et découvrit alors sa vocation. Il entra chez les Salésiens de Campello, près d' Alicante pour se préparer au sacerdoce.Il fut ordonné à l' âge de 27 ans. son sourire savait attirer la jeunesse. il passa toute sa vie dans la province d' Alicante dans différents établissements salésiens à Villena, Campello et Alcoy.

Quand la guerre civile éclata, il se réfugia à Valence, où il passa de longues semaines caché. Il fut arrêté et assassiné en haine de la Foi.

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 10:45

   Saint Saturnin de Toulouse ne doit pas être confondu avec un autre saint Saturnin, Carthaginois martyrisé à Rome en 304 et fêté aussi le 29 novembre.

 

Saint Saturnin ( autre variante : Seurin ) est très populaire en Espagne et en France méridionale ; car il est le patron des corridas. Il vint - sans doute d' Afrique du Nord - en 250 à Toulouse pour inaugurer le nouveau siège épiscopal. Dans cette ville romaine florissante, les Chrétiens formaient un petit groupe actif. Au Capitole de Toulouse de magnifiques temples romains s' élevaient - notamment celui de Jupiter pour lequel on sacrifiait des taureaux - mais saint Saturnin réussit à bâtir une petite église et à convertir un nombre important de Gaulois.

 

Cela suscita évidemment la jalousie des païens...Arrêté, on le força à sacrifier un taureau, ce que bien évidemment il refusa. Il fut donc condamné à être attaché et traîné par un taureau et son corps fut abandonné au milieu de la chaussée.

Sur le lieu de sa sépulture on construisit plus tard une église à l' emplacement actuel de ND du Taur.

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 10:08

   Catherine Sordini naquit à Porto Santo Stefano, le 17 avril 1770. A seize ans, elle était promise à un heureux mariage ; mais elle déclina la proposition et entra chez les Tertiaires Franciscaines à Ischia di Castro, près de Viterbe, où elle reçut l' habit religieux en 1799.

Elle avait comme père spirituel Don Baldeschi qui l' inspira dans la fondation d' un futur institut religieux dédié à l' adoration perpétuelle. Entre temps, elle fut élue, à seulement 32 ans, comme abbesse des Tertiaires Franciscaines. Elle se dédia alors à retrouver la règle originelle et à renflouer les comptes...Elle fut aussi favorisée de dons et de faveurs mystiques extraordinaires. Sa réputation d' abbesse dynamique se répandit dans la région ; mais elle n'abandonnait pas son idée de fondatrice. Avec l' accord de l' évêque du lieu, elle quitta ses Soeurs et s' installa, avec la bénédiction du Pape Pie VII, à Rome dans un ancien couvent de Carmélites pour ouvrir la première maison des Soeurs de l' Adoration Perpétuelle du Très Saint Sacrement.

Pendant l' occupation française de Rome, les Congrégations contemplatives furent dispersées et Mère Marie-Madeleine de l'' Incarnation dut prendre le chemin de l' exil à Florence. Elle y fit la connaissance de jeunes femmes qui furent le noyau des nouvelles Adoratrices, lorsqu' elle put revenir à Rome dans une nouvelle maison, en 1814.

En 1818, Pie VII approuva définitivement la Règle de l' Institut, dédié à l' exposition solennelle du Saint Sacrement et à son adoration continue.

La Mère fondatrice mourut  en odeur de sainteté, le 29 novembre 1824, accompagnée de phénomènes mystiques, Elle fut inhumée en l' église Sainte-Anne du Quirinal avec la permission du Pape qui à l' époque demeurait au Palais du Quirinal*. En 1839, sa dépouille fut transférée en l' église Sainte-Marie-Madeleine du Monte Cavallo, nouveau siège des Adoratrices.

 

Aujourd' hui les Adoratrices sont présentes en Amérique, en Afrique et dans plusieurs pays européens. En Italie, elles sont regroupées en une douzaine de maisons.

 

Marie-Madeleine de l' Incarnation vient d' être béatifiée, le 3 mai 2008, en la basilique Saint-Jean-de-Latran.

 

* Aujourd' hui palais du président de la république italienne.

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 12:50

   Née dans une famille seigneuriale de Provence en 1285, Delphine perdit tôt ses parents. Elle était l' héritière de domaines considérables en Provence et fut élevée par son oncle qui la fit entrer au couvent des Augustines de Sainte-Catherine, à Sorbs, pour parfaire son éducation sous la houlette d' une de ses tantes, Supérieure du Couvent, Mère Cécile. A treize ans, elle revint chez son oncle qui voulait la marier à l' un des chevaliers de Charles II d' Anjou, roi de Sicile.

La jeune fille refusa, voulant demeurer vierge, ce qui provoqua la colère de son oncle. Pour la convaincre, il fit intervenir un Franciscain auprès d' elle qui lui proposa de choisir une voie médiane...Elle devait accepter les fiançailles - quitte à refuser le mariage ensuite - afin d' apaiser le courroux familial. La jeune fille, qui voulait quitter le monde et devenir religieuse, accepta finalement et c' est ainsi qu' elle se fiança avec le jeune adolescent  Eléazar ( ou Elzéar ) de Sabran.

 

Le 5 février 1300, leur mariage fut célébré à Avignon ; elle n' avait que quinze ans et Eléazar quatorze ! Le soir de leurs noces, la jeune épousée fit part avec beaucoup de douceur à son époux qu' elle souhaitait demeurer vierge et ne voulait pas consommer son mariage. Le jeune homme - nous dit le procès de béatification - se mit à verser des larmes, non pas de dépit ; mais d' émotion devant tant de dévotion ! Peu après Delphine tomba malade et son mari la soigna avec amour ; tant et si bien qu' elle lui demanda de lui promettre de toujours rester près d' elle. Il l' aimait ; mais il ne comprenait pas encore le sacrifice - incompréhensible pour notre époque - qu' elle voulait de lui. Lors d' une cérémonie de prise d' habit qui eut lieu au château de Sault, le jeune homme finalement comprit qu' il devait se soumettre à son désir s' il voulait la garder près de lui. Après le décès de son père, Eléazar se rendit en Italie - dont dépendait son fief -  pour régler sa succession. A son retour, au bout de longs et longs mois, Delphine lui révéla qu' elle avait fait le voeu de virginité dans la chapelle de leur château d' Ansouis.

 

Loin de s' assombrir, le jeune duc reçut la communion et s' associa au voeu de son épouse. Il vécut comme un seigneur de son temps en administrant ses domaines et en réunissant des chevaliers qui lui devaient hommage. Il créa aussi une communauté à Puimichel. Le temps était rythmé par la prière et par les oeuvres de charité pour secourir les malades et les pauvres. En ce XIVème siècle d' amour courtois et de dévotion à Notre Dame, le couple fut un exemple de charité chrétienne. Ils récitaient ensemble les offices et partageaient les mêmes exercices spirituels. Delphine et Eléazar de Sabran, au milieu du monde, suivaient leur devoir d' état ; mais en même temps - ce qui était original pour cette époque aux moeurs rudes - vivaient chacun et ensemble leur voie mystique plutôt que séparés dans de possibles abbayes. Le comte soignait les lépreux, les époux suivaient la règle du Tiers-Ordre franciscain. Sur les terres du comte, le jeu d' argent était proscrit, et le traitement était le même pour les nobles que pour les pauvres.

 

Un jour, le comte fut appelé à la Cour de France comme ambassadeur afin de traiter de l' affaire du futur mariage du duc de Calabre. Pendant ce temps, Delphine eut la vision de sa belle famille en deuil. En effet - les nouvelles étaient longues à atteindre la Provence - lorqu' on lui apprit ensuite la mort de son époux, elle s' était déjà préparé par la prière. Eléazar lui apparut aussi en rêve, désormais elle était libre de ces liens qui furent leur joie et leur tourment.

 

Elle vendit ses biens, donna son héritage aux Sabran, distribua le reste aux pauvres, prenant à la lettre la parole de l' Evangile. Elle réunit ses domestiques en leur disant qu' elle leur confiait son château afin d' y accueillir pauvres et pélerins. Elle même vécut dans la pauvreté s' adonnant aux travaux les plus humbles et à la charité envers les pauvres jusqu' à sa mort survenue " le lendemain de la Sainte Catherine ", en 1360. Son procès de béatification débuta trois ans après. Son mari avait déjà été canonisé une dizaine d' années auparavant.

 

 

Illustration : tableau du XVIIème siècle de l' église de Puimichel représentant saint Eléazar et son épouse.

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