Karolina (Caroline) Gerhardinger naît à Stadtamhof, tout près de Ratisbonne, le 20 juin 1797, en des temps troublés par la révolution française, suivis d'années de sécularisation. C'est la fille unique d'un capitaine de marine marchande. Elle est éduquée chez les chanoinesses augustines de Notre-Dame, mais leur couvent et leur école sont confisqués en 1809 par le gouvernement du nouveau royaume de Bavière, allié à Napoléon. La jeune adolescente conserve alors ses valeurs chrétiennes et décide peu à peu de se vouer à Dieu. La liberté religieuse pour les catholiques ne sera rétablie progressivement que dans les années 1820. La jeune femme devient institutrice dans des écoles de campagnes, où elle se rend compte de l'immensité de la tâche. Elle attend son heure pour la fondation d'une oeuvre catholique. C'est en 1828 que sa décision définitive est prise.
Elle est sous la direction spirituelle du futur évêque de Ratisbonne, Georg Michael Wittmann (1760-1833), qui la conseille dans la fondation d'une congrégation enseignante pour l'instruction des filletttes pauvres et aussi des orphelines. Elle prend le nom de Marie-Thérèse de Jésus, en hommage à sainte Thérèse d'Avila, en prononçant ses voeux en 1835, après avoir ouvert son premier modeste couvent en 1833 avec deux autres compagnes. Elle a deux, puis quatre compagnes. Comme le bourgmestre de Stadamhof est hostile à l'ouverture de leur école, sa première fondation a lieu à Neunburg vorn Wald, toujours en Bavière. Par la suite le roi Louis Ier de Bavière offre aux religieuses un ancien couvent de clarisses à Munich, où elles s'installent en 1843, à charge de le rénover. Le bâtiment devient alors leur maison-mère.
Les constitutions de l'oeuvre des pauvres soeurs enseignantes de Notre-Dame sont approuvées par le Saint-Siège en 1854, puis définitivement en 1865. Elles sont basées sur la règle des chanoinesses. Les jeunes filles apprennent obligatoirement un métier à la sortie de l'école et reçoivent une formation chrétienne. Le père Mathias Sigert conseille la fondatrice. Sa devise est: "La prudence évalue, l'amour aime ! "
Mère Marie-Thérèse de Jésus meurt à Munich le 9 mai 1879. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II en 1985. Sa fête est le 9 mai, date de son entrée au Royaume des Cieux. Sa tombe est à la Jakobskirche de Munich, église de l'institut.
Aujourd'hui les religieuses de Notre-Dame sont présentes au nombre de plus de quatre mille, dans les cinq continents, particulièrement en Amérique. Elles ont suivi les émigrés allemands à partir de 1847 aux Etats-Unis (notamment en Pennsylvanie. La bienheureuse Marie-Thérèse s'y est rendue avec cinq autres religieuses).
Leur maison généralice est à Rome. Après des années difficiles dues aux bouleversements des années 1965-1980, la congrégation stabilise ses vocations.
Lien en allemand et en anglais: http://www.gerhardinger.org
Pierre Friedhofen naquit à Weitersburg, près de Coblence, le 25
février 1819, sixième de sept enfants. L' année suivante son père, qui était fermier, mourut. A neuf ans, ce fut au tour de sa mère...Les enfants furent plongés dans un tel état de pauvreté
que la commune de Vallendar, à laquelle appartenait leur village, les prit en charge. Une bonne dame assuma l' éducation des trois plus petits ; mais la gêne matérielle obligea le jeune
Pierre à des absences fréquentes à l' école. A treize ans, il rejoignit son grand frère Jacob qui était ramoneur à Ahrweiler, pour apprendre le métier avec lui. Il fut reçut au sein de la
corporation à dix-huit ans et à vingt-trois ans retourna à Vallendar, comme maître-ramoneur de la commune.
L' évêque, Mgr Arnoldi ( 1798-1864 ), qui connaissait désormais cet artisan
humble et déterminé se dit qu' il avait trouvé son homme pour restaurer dans la région les Frères de la Miséricorde, congrégation de religieux infirmiers, appelés aussi Alexiens ( d' après saint
Alexis, titulaire de l' église de leur couvent d' Aix-la-Chapelle ). Il demanda à Pierre et à son ami Charles Marchand de faire une année de noviciat chez les Frères à Aix-la-Chapelle pour
apprendre les règles de la vie commune et du métier d' infirmier.
Finalement convaincu, car la congrégation était à l' agonie en partie à
cause de la législation, l' évêque fournit de l' aide à Pierre pour s' installer dans une pauvre maisonnette à Weitersburg, son village natal, et aider en novembre 1850, à la formation d'
une nouvelle communauté, les Frères de la Miséricorde de Marie-Auxiliatrice. Charles Marchand fit part de ses objections, car il estimait que son compagnon, à cause de son manque d' instruction, n'
était pas fait pour en être le Supérieur. Il partit. La joie des débuts se transforma en épreuve. L' évêque fit donc venir un Frère de la Miséricorde d' Aix-la-Chapelle, le Frère Pierre
Otten, pour assurer la direction de cette nouvelle congrégation, établie selon la règle de saint Augustin.
Couvent de Trèves
Cérémonie de prise d' habit au couvent des Frères à Trêves, en 2008.
Saint Wynnebald ( appelé aussi Wunebald ) naquit en
701 dans le Wessex, en Angleterre, dans une famille de l'aristocratie anglo-saxonne. Pendant l' été 721, il partit avec son père saint Richard, sans doute chef des tribus anglo-saxonnes du
Wessex, et son frère saint Willibald ( 700-781 ) faire son pélerinage à Rome, un long et périlleux voyage pour l' époque. Son père mourut à Lucques avant d' arriver. Wynnebald se
fixa à Rome jusqu' en 739, pour entreprendre des études de théologie dans un monastère, tandis que Willibald se rendit en Terre Sainte.
Devenu le premier abbé du monastère*, il l'affilia à l' ordre
bénédictin en fit un important centre missionnaire. Il était admiré pour son zèle ; mais en même temps craint et honni...
Tombe de
saint Wynnebald à Heidenheim
Charles Steeb naquit au sein d' une famille protestante à
Tubingen, dans le Wurtemberg, le 18 décembre 1773. Son père, un homme d' affaires important qui administrait les biens du duc de Wurtemberg, envoya son fils, lorsqu' il eut dix-ans, une
année à Paris qui était alors en pleine effervescence révolutionnaire. Ensuite le jeune homme se rendit à Vérone pour apprendre la langue et les pratiques commerciales. Charles était un
jeune homme mûr pour son âge, studieux et réservé. Il fut d' emblée fasciné par la vitalité culturelle de Vérone ; il se sentit aussi questionné par l' ambiance catholique...
Françoise ( Franziska ) Schervier naquit, le 8
janvier 1819, à Aix-la-Chapelle en Allemagne. Son père, Johann Heinrich ( 1784-1845 ) industriel aisé, deviendra vice-maire de la ville. Lorsque la petite Françoise fut baptisée, l' empereur
François Ier d' Autriche accepta d' en être le parrain. Sa mère Marie-Louise Migeon ( 1781-1832 ) était française et fille d' un industriel de Charleville. Les Migeon et les Schervier furent
associés dans leurs affaires. Elle éleva ses six enfants avec une douce fermeté. Lorsque Marie-Louise mourut de tuberculose, ainsi que plus tard ses deux filles aînées, Françoise se
retrouva à la tête de la maisonnée ; elle n' avait que quatorze ans !
La Congrégation - les Soeurs des Pauvres de Saint-François
- obtint de Mgr Johannes von Geissel une reconnaissance locale de l' Eglise, en 1851. Malgré certaines objections de prudence en ce qui concernait l' exigeance de stricte pauvreté des
Soeurs, elles avaient pu émettre leurs premiers voeux en 1850. L' Etat prussien approuva en 1853 cette association de religieuses qui " favorisait la paix sociale ".
Liboire ( ou Liborius en
latin et en allemand ) Wagner naquit, le 5 décembre 1593, à Mühlhausen en Thuringe acquise à la réforme protestante. Il quitta sa région natale à vingt ans pour suivre des études à
Leipzig, Gotha et finalement Strasbourg. En 1617, il reçut son diplôme de maître ( magister ).
Il fut alors nommé
vicaire à Hardheim, dans une région - l' Obenwald - revenue au Catholicisme depuis une quinzaine d' années, puis curé à Altenmünster ( avec le rattachement du village de Sulzdorf resté
catholique ), bourgade de Basse-Franconie à majorité protestante. Ce furent des temps difficiles ; car il dû lutter contre la froideur de ses paroissiens ; mais il parvint à obtenir la
conversion d' un certain nombre de Protestants.
La cause de ce prêtre
courageux fut introduite en 1931 et le Pape Paul VI le béatifia en 1974.
Adolphe
( Adolf ) Kolping naquit près de Cologne à Kerpen, le 8 décembre 1813. Il était le quatrième des cinq enfants de son père Peter et de sa mère Anna-Maria, modestes agriculteurs qui s' étaient
sacrifiés pour donner à leurs enfants une meilleure éducation. A treize ans, Adolphe dut gagner sa vie chez un cordonnier de Kerpen, puis il entra dans une fabrique plus importante à Cologne.
Il se souviendra plus tard de la misère de l' époque et de l' indifférence religieuse de ses jeunes compagnons de travail.
La bienheureuse Christine
naquit près de Cologne, à Stommeln, en 1242. A treize ans, elle voulut mener une vie plus religieuse, aussi entra-t-elle au béguinage de Cologne. Les béguines - mouvement apparu dans les pays
flamands au XIIème siècle - étaient des femmes qui vivaient de leurs travaux en ville dans de petites maisons et se regroupaient pour une vie communautaire religieuse, faisant les troix
voeux habituels de pauvreté, de chasteté, et d' obéissance ; mais ces voeux étaient temporaires et renouvelables. Aussi était-il possible, bien que rare, qu' une béguine après quelques années
puisse changer d' état et se marier.
A cause de sa santé fragile, Christine dut quitter la communauté au bout de quelques années. Elle fit connaissance en 1267 à Cologne d' un jeune Dominicain d' origine suédoise, le P. Pierre de
Dacie*, qui allait la diriger et entretenir avec elle une longue correspondance.
Christine fut alors favorisée d' extases mystiques et, en 1269, elle reçut les stigmates. Ces stigmates n' étaient apparents qu' à certains moments de l' année elle la firent beaucoup souffrir.
Elle s' attachait alors mystiquement à la Croix du Seigneur.
Elle mourut dans une certaine paix, le 6 novembre 1312, à Stommeln où elle était née. Ses reliques furent transférées à Nideggen, puis au XVIème siècle à Jülich.
Saint Pie X confirma le culte rendu à cette grande mystique en 1908.
* Mort en 1289, il rédigea la vie de la future bienheureuse en 1286.
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