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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 04:28

 Joseph-Sébastien Pelczar ( prononcer Peltchar ) naquit le 17 janvier 1842 à Korczyna dans le piémont des Carpathes dans la province de Galicie appartenant à l' Autriche. Dans l' Est de cette province, cohabitaient des Ruthènes ( légèrement majoritaires ) des Polonais, et des minorités de colons paysans germanophones et de Juifs ( dans les villes ou des shetels ).

Il grandit dans une atmosphère pieuse et polonaise. Son père Adalbert ( Wojciech ) était un petit propriétaire terrien. Doué pour les études, il fit ses études à Rzeszow ( prononcer Jéchouf ). C' est au lycée qu' il découvrit sa vocation. " L' idéal de la vie - écrivit-il alors dans son journal intime - je le vois dans le sacrifice, et l' idéal du sacrifice dans le sacerdoce. "

Les remous de 1848 qui agitèrent l' Europe avaient eu comme conséquence une surveillance étroite du patriotisme polonais par la Vienne de l' Empereur François-Joseph.

Il entra au séminaire en 1860, puis au séminaire majeur de Przemysl ( Prömsel ) et fut ordonné en 1864. Il devint vicaire à Sambor. En 1866-1868 il fut envoyé à Rome pour poursuivre ses études de droit canon et de théologie au Collegium Romanum ( aujourd' hui Université grégorienne ) et à l' Institut Saint- Apollinaire ( Université du Latran ) où il nourrit un amour intense de l' Eglise et du Pape ( alors le bienheureux Pie IX ).

Nous étions dans les années qui suivirent l' Encyclique Quanta Cura et le Syllabus ( contre les erreurs modernes ) et avant le Concile Vatican I ( 1869-1870 ). Depuis son exil en 1848 et son retour dans ses Etats pontificaux en 1850, appuyé par les troupes françaises de Napoléon III, le Pape devait subir les assauts du jeune royaume de Savoie qui unissait l' Italie. Il avait perdu sa province de Romagne. Lorsque les troupes françaises quittèrent Rome en 1866 ( Napoléon III avait compris que l' alliance avec la maison de Savoie et Cavour était plus importante que la défense du pouvoir temporel de Rome, selon la convention du 15 septembre 1864 ), il devint évident que les zouaves pontificaux  et quelques autres troupes ne suffiraient pas à défendre à eux seuls le trône temporel de Pie IX.  

 

         Zouaves à Mentana, collection Musée des Zouaves d' Oudenbosch ( Pays-Bas )

 

En 1867 les garibaldiens prirent d' assaut la province de Viterbe ( appartenant au Pape ) et se dirigèrent sur Rome. Les troupes pontificales - avec les zouaves du baron Athanase de Charette - repoussèrent en cinq heures Garibaldi à Mentana, à quelques kilomètres au Nord-Est de Rome, le 3 novembre 1867. C' est dans cette atmosphère enfiévrée que notre prêtre polonais, sujet autrichien dont la dynastie (1 ) défendait les papes contre l' influence libérale, poursuivait ses études à la veille du Concile. Rome ne sera définitivement prise par l' armée piémontaise qu' en septembre 1870, après l' écroulement de la France par la Prusse, jusqu' à cette époque il y eut une relative accalmie.

 

                     Joseph-Sébastien Pelczar à l' époque de son rectorat vers 1883 

 

 

A son retour il fut professeur au séminaire de Przemysl puis ( 1877 ) pendant 22 ans professeur et ensuite recteur à l' Université Jagellon de Cracovie en Galicie occidentale. François-Joseph avait permis alors plus de liberté à l' Eglise polonaise pour lutter contre les influences libérales. Il advint à l' abbé Pelczar de former de nouvelles générations de prêtres plus conscients de leur culture catholique et polonaise. A la faculté de théologie il acquit une réputation de professeur éclairé et ami de la jeunesse. Il faisait partie du Tiers-Ordre Franciscain et de 1880 à 1899 fut chanoine capitulaire de la cathédrale de Cracovie.

 

Mettant en pratique l' orientation du Pape Léon XIII ( 1810-1878-1903 ) qui voyait monter en nombre les masses laborieuses et grandir l' influence déchristianisante des doctrines socialistes, il se dédia à des activités sociales et caritatives. Il fut un membre actif de la Société de Saint Vincent de Paul et président de la Société d' Education Populaire qui fonda des centaines de bibliothèques et des enseignements gratuits.

Il créa aussi la Confraternité de la Très Sainte Vierge Reine de Pologne pour aider les artisans, les orphelins et les chômeurs. Il avait le souci en ces temps d' industrialisation de porter secours aux ouvriers, en particulier à  la jeunesse. Il répondait ainsi à l' appel de l' Encyclique Rerum Novarum ( 1891 ) qui réaffirmait les libertés fondamentales du Chrétien contre la doctrine marxiste, et l' urgence de la solidarité.

En 1894 il fonda la congrégation des Ancelles ( ou Servantes ) du Sacré Coeur de Jésus pour diffuser la dévotion au Sacré Coeur notamment auprès des jeunes filles laborieuses. Elles développèrent des activités caritatives ( soins des malades, aides aux pauvres ).

Mgr Pelczar avait une dévotion particulière pour l' adoration au Saint Sacrement, et s' appuyait depuis son plus jeune âge sur la confiance envers la BVM.

 

 

En 1899 il devint évêque suffragant de Przemysl ( Prömsel ) et évêque latin du diocèse l' année suivante. Il développa alors des activités dans la ligne de la doctrine sociale de l' Eglise et propagea le culte du Sacré Coeur. Il fit construire de nombreuses églises et en restaurer d' autres. Il aida les nécessiteux dans une terre d' émigration où des dizaines de milliers de Galiciens émigraient, notamment vers l' Amérique. Grâce à lui des abris pour sans-logis, des cuisines populaires, des écoles ménagères virent le jour.

 

Il s' efforça aussi d' élever la formation des prêtres latins du diocèse ( voir le bienheureux Jean Balicki  http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-6025731.html  ) et d' assurer un enseignement gratuit pour les séminaristes dont les familles ne pouvaient payer l' éducation.

 

Il n' avait de cesse de dénoncer les méfaits du libéralisme dans l' Eglise et dans la société en général.

                     Retour des troupes austro-allemandes en juin 1915 à Przesmysl

 

La guerre de l' Autriche contre la Russie en 1914 fit combattre les Polonais contre d' autres Polonais, et Przemysl qui était entourée de fortifications autrichiennes fut le théâtre d' âpres combats entre les deux armées impériales. Les Russes occupèrent la ville pendant quelques mois. Ce fut le moment pour les Polonais de mieux fraterniser avec leurs frères qui vivaient du côté russe. Lorsque la ville fut reprise par les Allemands et les Autrichiens en 1915, l' idée nationale prenait corps : les Allemands et les Autrichiens promirent l' autonomie à leurs sujets polonais. A l' effondrement de l' Empire russe en 1917, un Conseil de Régence fut mis en place, et à l' effondrement des Empires centraux le conseil transmit le pouvoir au futur maréchal Pilsudski, ancien officier de l' Armée autrichienne. L' indépendance de la Pologne  à l' automne 1918 aboutit quelques mois ensuite à la République de Pologne.

 

Mais la ville de Przemysl était dans cette ancienne Ruthénie qui comprenait donc, surtout dans les campagnes et les petits bourgs, une majorité ruthène qui combattit elle aussi pour son indépendance. Une éphémère république ukrainienne occidentale fut créée et Przemysl tomba dans leurs mains. Elle fut reprise quelques semaines ensuite par les Polonais. En cette époque de luttes fratricides, Mgr Pelczar tentait de secourir les populations. La ville fut intégrée à la Pologne.

 

Lorsque Mgr Achille Ratti ( futur Pie XI en 1922 )  nonce apostolique en Pologne fut consacré évêque le 28 octobre 1919 dans la cathédrale de Varsovie par Mgr Kakowski ( ancien président du Conseil de Régence ), ce dernier était assisté de Mgr Pelczar.

                      Mgr Kakowski et les membres du Conseil de Régence en 1917

 

Il mourut le 28 mars 1924. Il avait écrit de nombreux ouvrages théologiques et historiques, dont une histoire de la révolution française ennemie de la religion catholique ( 1890 ) une histoire sur le danger de la franc-maçonnerie ( 1905 ) et un ouvrage sur Pie IX et la Pologne ( 1914 ), des traités de Droit Canon, et des livres de prières.

 

Il fut béatifié en 1991 et canonisé le 18 mai 2003 par Jean-Paul II.  

 

Sa devise était : " Tout pour le Sacré Coeur de Jésus à travers les mains de la Très Sainte Vierge Marie. "

 

                                                  Przemysl aujourd' hui

( 1 ) Les Autrichiens avaient perdu leur possessions vénitiennes en 1866 et avaient été battus par le royaume de Prusse, plutôt hostile aux Catholiques.

Liens :

Sur les Servantes du Sacré Coeur de Jésus ( en polonais ) : http://www.sercanki.opoka.net.pl/historia.html

Przemysl pendant la Grande Guerre : http://www.greatwardifferent.com 

 

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