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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 10:30

Sainte Brigitte de Kildare ( Brigida, Bride-d' où le mot mariée en anglais- Bridget, Breched, Brehet en breton ) est la patronne secondaire d' Irlande, surnommée " Marie des Gaëliques".

Née vers 450 en Irlande orientale fille d' un chef de clan païen de Leinster et d' une chrétienne, et sans doute convertie par saint Patrick ( Patrice ), elle refusa le mariage et se retira près de Dublin pour former une des premières communautés de moniales anachorètes d' Irlande. L' évêque Macaille de Croghan reçut ses voeux, et l' évêque saint Mel d' Arnagh lui donna une règle de vie communautaire.

Elle érigea de nombreuses abbayes dont la plus célèbre est celle de Kildare ( Cella-Deara ou Cill-Dare en gaëlique ) fondée en 470. Son originalité consistait ( comme d' autres monastères en Gaule ) en ce qu' elle dirigea conjointement une communauté de femmes et une communauté d' hommes située à proximité.  Sainte Hilde ( ou Hilda ) fit de même plus tard en Angleterre comme l' atteste l' histoire du synode de Whitby en 664 ( voir mon article du 30 janvier ) qui réunit la tendance de l' église chrétienne celtique avec celle des anglo-saxons ( envahisseurs détestés à l' époque ) selon le désir de l' Eglise romaine.

Dans l' Eglise primitive d' Irlande, les monastères étaient de véritables centre de vie chrétienne autour desquels des sièges épiscopaux furent créés. C'est pourquoi l' abbesse ( ou l' abbé ) avait rang égal avec l' évêque à de nombreuses occasions. Elle pouvait recevoir les confessions ( sans absolution évidemment ) et prêcher auprès des foules.

Elle était célèbre pour sa charité et sa louange au Créateur au travers de la beauté de la nature ( comme sainte Barbara ). C' est pourquoi son culte fut immédiatement populaire chez ces peuples proches de la terre. De nombreux récits furent écrits illustrant la conversion de mythes païens celtiques ( la lumière du feu comme lumière éternelle de la connaissance, la fécondité maternelle figurée par le lait, le chêne figurant la force, etc...) en des symboles chrétiens. Son nom est associé à celui de la purification de la fin de l' hiver, donc à la liberté du chrétien se préparant au temps de Pâques. C' est ainsi qu'en la veille de la chandeleur (  purification ), l' Eglise christianise un cycle païen. Alors qu' aujourd' hui on tente de paganiser les fêtes chrétiennes (Le Père Noël, Halloween, etc...).

Enterrée à Kildare ses reliques furent transférées à Downpatrick dans la tombe de saint Patrick. D' autres reliques transportées par des chevaliers irlandais partis pour la Terre Sainte, se trouvent au Portugal où ils moururent en chemin.

Elle est particulièrement vénérée dans le Pays de Galles, en Bretagne où les moines évangélisateurs irlandais la firent connaître ( deux localités sont nommées d' après elle Loc-Berhet, Confort-Berhet , et de nombreuses églises lui sont dédiées ) ainsi qu' au Portugal et en Lombardie.

L' abbaye d' Eichstatt en Bavière conserve un célèbre manuscrit du VIIIème siècle sur sa vie.

Elle est souvent représentée avec un cierge ( la lumière ) ou avec une vache à ses pieds ( la fécondité de sa parole ) et tenant une croix. Cette croix, appelée croix de sainte Brigitte, de forme gaëlique est installée dans les foyers irlandais chaque année le 1er février pour appeler la protection du Seigneur sur la maison et remplacée l' année suivante.

 

 

 

Quelles sont les particularités du monachisme d' Irlande ?

 

 

Comme dans les pays celtiques,  il ne connaît pas véritablement de règle écrite. Ce sera à partir de celle, écrite de saint Colomban que le phénomène d' une règle fixe se généralisera. Avant on s' adaptait au charisme fondateur de tel ou tel saint, de tel ou tel évêque.

 

Ce sont les traditions d' anachorétisme connues d' Egypte qui sont adaptées à l' Irlande. Les pères du désert égyptien sont lus et leurs vies commentées par l' intermédiaire de l' abbaye de Lérins ou ses filiales et de moines itinérants.

 

L' obéissance à l' esprit du fondateur ou de la fondatrice est la règle primordiale. Les prières liturgiques en commun et les prières privées sont longues et nombreuses, beaucoup plus qu' en Gaule. L' ascétisme est extrêmement rigoureux. Le monastère est le plus souvent situé dans un lieu difficile d' accès. L' étude des textes grecs et latins et le niveau culturel est beaucoup plus développé que sur le continent qui eut à subir des invasions terribles, et une baisse du niveau général de la culture.

Mais surtout, comme en Egypte ou en Palestine, l' errance des fols en Christ ( pour exprimer une notion qui exista plus tard en occident et subsista très longtemps dans les pays slaves ) est répandue, et des moines évangélisateurs se manifestent très tôt.. Ils fondent des monastères à l' intérieur du pays, et partent pour la Gaule, la Bretagne, l' Ecosse et l' Angleterre. C' est cette mission évangélisatrice qui caractérise l' extraordinaire dynamisme du monachisme primitif irlandais, pour les hommes comme pour les femmes.

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