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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 20:13

Extrait du discours du cardinal Pacelli  ( futur Pie XII) à Notre Dame de Paris le 13 juillet 1937 :

" A la France d' aujourd' hui qui l' interroge, la France d' autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

Car mes frères, les peuples comme les individus ont leur vocation providentielle, comme les individus ils sont prospères ou misérables. Ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles selon qu' ils sont dociles ou rebelles à leur vocation ".

Je me dis que cette interrogation d' un peuple, s'applique aussi à soi-même : personne ne sait de quoi demain sera fait. Qui eût prévu il y a dix ou vingt ans a fortiori en 1937, tous les bouleversements qu' a connus notre pays ?

 La vocation de chacun c' est donc d' interroger notre histoire personnelle pour répondre aux questions d' aujourd' hui, sans savoir de quoi demain sera fait. Il ne sert à rien de prévoir, car les bouleversements socio-politiques et économiques détruisent toujours nos opinions toutes faites sur le futur. C'est un signe de vitalité. Aujourd' hui comme hier, l' absence de référence à notre histoire personnelle et collective nous rend sourds à notre vocation, prisonniers de nos inquiétudes. 

La vocation, c'est le signe de notre fertilité, de la vie qui se transmet.

S' interroger pour s' interroger ( c'est à dire créer artificiellement du sens ) vaut moins à mon avis que s' interroger pour vivre, et donc répondre par  l' action elle-même procréatice dans la fidélité à un moi collectif et  personnel qui se transmet. Ainsi mon interrogation trouve du sens. Car elle répond à une interrogation, un appel : " Et toi que dis-tu que Je suis ? "

L' évitement pseudo-narcissique est une censure de soi, un mépris de soi, et implique une absence de dialogue. La jouissance d' un soi limité à l' instant est moindre que la jouissance provoquée par un appel qui me renvoit à l' appel de l' Autre, qui m' interroge sur ce que JE suis, c' est à dire ce que j' ai été.

La vocation du Christ est le contraire de l' autisme affectif qui se déguise sous la frénésie compensatoire de consommation : J' achète donc je suis. Or la vocation d' un peuple ne se limite pas à l' abondance matérielle. La prospérité matérielle-certes valeur positive-qui n'a du sens qu' en soi, qui est le but unique de notre société cache bien trop souvent un autisme spirituel. 

Un autisme qui nous empèche de dialoguer, de vivre ensemble, d'avoir un discours raisonnable sur ma culture et la culture de l'autre.

Quelles sont les communautés chrétiennes fidèles à leur vocation ? Il n' y a pas d' autre moyen que de mesurer leur " fertilité " !  " Croissez et multipliez " : cela s' applique aussi aux vocations spirituelles...

La vocation ce n' est pas reproduire des gestes, reproduire mon miroir narcissique, la vocation c' est de multiplier ma réponse.

Multiplier mon oui que je prononce avec l' autre. Multiplier ma fidélité, transmettte l' amour qui m' a été donné. La vocation est fertile. Elle est restauration et transmission de l' Amour.

Une communauté ou une église qui se vide est un signe de rébellion à l' Amour. Comme dans la parabole du Bon Samaritain, le Christ a besoin d' être soigné,  accueilli, restauré. Je ne vais pas à l' église d'abord pour être soigné, accueilli, restauré ( tant mieux si je le suis ), mais pour soigner, accueillir et soigner l' Amour qui est méconnu. 

Comment mon pays le soigne-t-il ?  Je pense que la France l' aime ( je ne suis pas pessimiste ) ; mais elle est souvent trop occupée à se distraire pour fuir ses inquiétudes présentes...

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Published by Eric - dans réflexions
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