Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  •   le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
  • : Je me propose de partager quelques réflexions, et de voyager avec vous dans l' univers spirituel de personnalités d' exception. Vous pouvez me laissez vos commentaires, afin que je puisse corriger les articles si nécessaire.
  • Contact

Recherche

31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 17:08
   Sainte Mélanie naquit dans une illustre famille de Rome à la fin du IVème siècle. Elle descendait par son grand-père paternel d' une lignée de préfets urbains et était l' unique héritière d' une fortune considérable. A quatorze ans, elle épousa un cousin, Pinien, fils du préfet de Rome, dont elle eut deux fils. Lorsque ceux-ci moururent en bas-âge, elle convainquit son mari de mener avec elle une vie chaste et pénitente. Elle suivait en cela les exhortations de saint Jérôme qui avait converti de nombreuses dames de l' aristocratie romaine.

Elle s' entoura de ses domestiques et de ses gens qui volontairement partagèrent avec elle une vie retirée dans une de ses grandes villas de Campanie. Petit à petit, elle organisa dans la maison une vie communautaire de prière. Sa famille influente, et qui appartenait au Sénat, comprit qu' elle voulait créer une communauté monastique et s' opposa alors à ses désirs ; car la liquidation de ses immenses biens pouvait remettre en question l' économie même de l' Etat. Seule, sa grand-mère paternelle, prénommée elle-aussi Mélanie, prit son parti ; car elle avait fait elle aussi ce choix une dizaine d' années auparavant.

En 406, Mélanie partit pour Nole retrouver son parent, saint Paulin, et reçut son enseignement. C' était l' époque des invasions barbares qui semaient la désolation et qui surtout détruisaient les structures de l' Etat romain.
Elle affranchit huit mille de ses esclaves et céda les autres - qui préféraient pour des raisons matérielles conserver leur condition - à son beau-frère, le sénateur Sévère, opposé à la dilapidation des biens des patriciens en ces temps de périls. En 408, elle se rendit dans ses immenses domaines de Sicile pour vendre ses biens et fuir les Goths. Elle fit distribuer le résultat des ventes -des milliers de pièces d' or - par bateaux pour bâtir des églises en Orient et aider les communautés chrétiennes de ces contrées.
Deux ans plus tard, elle se rendit encore dans ses domaines, cette fois-ci en Afrique du Nord, où elle rencontra saint Augustin, nouant une solide amitié spirituelle. Grâce à l' intervention de la nièce de l' impératrice, elle avait  donc pu liquider une grande partie de ses biens en fondant des églises et des monastères. Elle profita des années passées à Thagaste et à Hippone pour s' initier à la gestion pratique de deux monastères ( l' un pour les hommes, l' autre pour les femmes ) fondés par elle, et à l' étude des Ecritures et des écrits patristiques ; tandis que son époux renonçait à l' ordination presbytérale pour des raisons d' apaisement politique ; car sa fortune était convoitée par différentes communautés chrétiennes.. 

Elle prit la décision de se rendre en Orient, toujours entourée d' une centaine de ses gens, familiers, domestiques et compagnes de prière. Elle était aussi accompagnée de son mari et de sa mère Albine.
Elle partit pour l' Egypte qui était alors le centre du monachisme de la chrétienté naissante. Des dizaines de milliers de moines, d' ascètes et de moniales vivaient dans la Thébaïde et autres déserts pour chercher Dieu. Elle y fit la connaissance de saint Cyrille d' Alexandrie.

Finalement en 417, elle se rendit à Jérusalem, où elle rencontra enfin saint Jérôme et sa cousine sainte Paule, et y mena une vie plus érémitique. Recevant de l' argent de ses domaines d' Espagne, en 419, elle se rendit à nouveau en Egypte pour financer ses projets. A son retour, elle visita plusieurs communautés ainsi que les basiliques de l' Eglise primitive, florissantes à cette époque. La Terre Sainte était alors une terre chrétienne.
Lien : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-12727133.html

Sa grand-mère Mélanie avait fondé une communauté avec saint Rufin près du Mont des Oliviers, et Mélanie la Jeune ( telle qu' elle est nommée pour la différencier de sa grand-mère ) chercha elle aussi à vivre une vie de pénitence plus intense. Elle s' installa en recluse dans une cellule au Mont des Oliviers.

Elle fit construire un monastère pour femmes, le monastère de l' Apostaleion, puis plus tard un monastère pour hommes, dans lesquels elle fit appliquer une règle extrêmement sévère de pénitence et de jeûne, sur les conseils de moines égyptiens, et refusa d' en être la supérieure. La liturgie était celle de l' Eglise d' Orient, avec toutefois des influences latines et romaines.

Son mari mourut en 432 et elle le fit inhumer à l' Apostaleion, entrant ensuite dans un deuil rigoureux. En 436, elle se rendit à Constantinople, afin de persuader un de ses oncles demeuré païen - qui était venu de Rome en ambassade pour négocier le mariage de la future impératrice Eudoxie* avec Valentinien III - de se convertir. Subitement malade, il demanda le baptême à l'article de la mort. Mélanie, elle-même malade, recouvra alors la santé. Elle rencontra aussi dans la capitale de l' Empire des partisans de Nestorius qu' elle convainquit de renoncer à leurs erreurs.
Elle en profita aussi pour inviter la mère de la jeune épousée qui se nommait aussi Eudoxie**, épouse de l' empereur romain d' Orient Théodose II, à visiter la Terre Sainte et ainsi à se défaire de l' influence des hérésies. Mélanie se mit en route pour pouvoir accueillir Eudoxie quelques mois plus tard dans son monastère. 

L' impératrice fit donc son pélerinage en Terre Sainte et revint dans la droite doctrine. Elle rendit visite à Mélanie qui demanda pour l' occasion à son ami saint Cyrille d' Alexandrie de procéder, en mai 438, à la dédicace de l' église de Saint-Etienne et d' une chapelle sur le Mont de l' Ascension, qu' elle avait fait construire.

Sainte Mélanie mourut le 31 décembre 439. Elle avait partagé ses biens avec les pauvres pour soulager leurs souffrances, et pour consolider ses fondations ; sa réputation était grande en Terre Sainte.
Son monastère fut détruit en 614, lors des invasions perses ; mais on vénère encore sa grotte au Mont des Oliviers.
Son culte a été introduit en Occident au IXème siècle, et en 1908 a été à nouveau confirmé par le pape.
                   Licinia Eudoxia, BNF, Paris, Département des Monnaies

* Eudoxie ou Licinia Eudoxia, fille d' Eudoxie et de l' empereur d' Orient Théodose II le Calligraphe ( 401-450 ), née en 422 et morte en 462, épousa à Constantinople, le 29 octobre 437, son cousin l' empereur d' Occident Valentinien III ( 419-455 ). Après l' assassinat de son mari, elle fut contrainte d' épouser Pétrone Maxime ( 396-455 ) qui fut proclamé empereur, et soupçonné d' avoir fait assassiner son prédécesseur. Au bout d' un peu plus de deux mois, il fut lui-même lapidé par la foule, alors que les troupes du roi des Vandales, Genséric ( sans doute appelé par Eudoxie ), s' apprêtaient à saccager Rome quelques jours plus tard.
Emmenée avec sa famille à Carthage, qui appartenait aux Vandales, elle y resta sept ans en captivité et donna sa fille Eudoxie - comme convenu avant le sac de Rome -  en mariage à Hunéric, le fils de Genséric, tous les deux ariens.
Elle finit ses jours à Constantinople.
    Mosaïque représentant Eudoxie, Musée archéologique d' Istanbul, provenant de l' église Saint-Jean-Baptiste du monastère féminin du même nom ( Xème s ), transformée en mosquée au XVème s.

** La mère de cette dernière, prénommée d' abord Athénaïs, prit le nom d' Eudoxie ou Eudocie, lors de sa conversion au christianisme. Elle était la fille d' un célèbre rhéteur athénien et elle-même fort cultivée. Elle écrivit des poèmes, des hagiographies et des écrits de méditation religieuse. Née vers 400, elle devint la protégée de Pulchérie, la soeur de Théodose II le Calligraphe qu' elle épousa en 421. Théodose était faible et sous l' influence de sa soeur qui combattait le nestorianisme et voulait imposer un climat d' austérité religieuse à la Cour. Eudoxie parvint à le mettre sous son influence, pendant un règne marqué par les querelles dogmatiques. Il convoqua le concile d' Ephèse en 431 contre le nestorianisme, le concile de Constantinople en 448 contre le monophysisme et le second concile d' Ephèse en 449 qui absolva Eutychès et qui sera heureusement dénoncé plus tard par le concile de Chalcédoine de 451.
Faussement accusée d' infidélité, à son retour de Jérusalem en 439, Eudoxie fut à nouveau exilée en Terre Sainte en 443 par sa belle-soeur Pulchérie qui reprit de l' influence. Théodose mourut en 450 et sa soeur prit le pouvoir avec son époux l' empereur Marcien.
L' impératrice Eudoxie consacra le reste de ces jours à des fondations d' églises, de monastères et d' hospices en Terre Sainte, ainsi qu' à la rédaction d' ouvrages religieux. Elle était toutefois favorable au parti des monophysites de Palestine, représentés par un certain nombre de monatères qui s' opposaient au Patriarche de Jérusalem, Juvénal. Ce n' est que plus tard, grâce à l' influence de saint Euthyme le Grand, qu' elle revint à la pure doctrine, mettant de côté pour toujours son hostilité envers ceux qu' elle qualifiait de partisans de Pulchérie... 
Elle mourut en 460 et fut canonisée par l' Eglise orthodoxe pour sa vie de pénitente et les largesses de ses fondations.
Enterrée dans la crypte de la basilique Saint-Etienne, ses restes disparurent lors de l' invasion perse de 614.
Pulchérie, pour sa défense du concile de Chalcédoine et la vie de chasteté qu' elle imposa à son époux Marcien, fut canonisée par l' Eglise catholique et par l' Eglise orthodoxe.

cf article du 20 janvier 2007 sur saint Euthyme le Grand :
http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-5323738.html

Partager cet article

Repost 0

commentaires

François 22/02/2010 10:31


Merci pour cet exemple de vie de chasteté partagée et consentie, signe en ce temps de carême.