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  • : le blog ut-pupillam-oculi par : Eric
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 16:39
   Françoise ( Franziska ) Schervier naquit, le 8 janvier 1819, à Aix-la-Chapelle en Allemagne. Son père, Johann Heinrich ( 1784-1845 ) industriel aisé, deviendra  vice-maire de la ville. Lorsque la petite Françoise fut baptisée, l' empereur François Ier d' Autriche accepta d' en être le parrain. Sa mère Marie-Louise Migeon ( 1781-1832 ) était française et fille d' un industriel de Charleville. Les Migeon et les Schervier furent associés dans leurs affaires. Elle éleva ses six enfants avec une douce fermeté. Lorsque Marie-Louise mourut de tuberculose, ainsi que plus tard ses deux filles aînées, Françoise se retrouva à la tête de la maisonnée ; elle n' avait que quatorze ans !

Jeune fille privilégiée par sa position sociale, elle avait conscience de la pauvreté de certaines couches de la population. Elle avait été éduquée à l' école Saint-Léonard, où sous l' impulsion de la convertie Louise Hensel ( 1798-1876 ) les jeunes filles étaient sensibilisées aux questions sociales dans un esprit de charité chrétienne**. Françoise dépensa ainsi une partie de sa dot pour subvenir aux besoins de ceux qui la sollicitaient.

En 1837, le gouvernement prussien emprisonna l' archevêque de Cologne, Mgr Clément-Auguste von Droste-Vischering qui s' était opposé à des mesures limitant la liberté de l' Eglise à propos des mariages inter-confessionnels. Ces événements ( Kölner Wirren ) causèrent un grand émoi en Westphalie et en Rhénanie et provoquèrent un certain renouveau spirituel.
C' est dans ce contexte qu' un groupe de dames de la bourgeoisie d' Aix-la-Chapelle créa des sociétés de charité pour soulager les pauvres. Elles demandèrent au père de Françoise de lui permettre d' y participer. Il donna son accord ; mais bientôt, lorsque Françoise se mit à soigner des malades - notamment du choléra ! - dans la maison paternelle, il fit part de ses réticences. La jeune fille persévéra discrètement...

C' est à cette époque que Françoise fit la connaissance de l' abbé Joseph Istas, curé de la paroisse Saint-Paul, qui avait créé un réseau de soupes populaires. Elle en fut vivement impressionnée et collabora avec enthousiasme à cette oeuvre ; mais la mort prématurée de l' abbé, en 1843,  l' attrista ainsi que la mort de son père deux ans plus tard. Elle partit faire une retraite à Liège, car elle se posait la question de savoir si elle pouvait devenir Trappistine ; mais, conseillée par son amie Gertrude Frank, elle constitua, avec quatre autres jeunes femmes, le noyau de ce qui deviendra une future Congrégation, tournée vers l' assistance aux pauvres et aux malades. Elles s' agrégèrent au Tiers-Ordre franciscain. C' était à la Pentecôte 1845.

Jusqu' en 1848, elles continuèrent à soigner chez elles dans une petite maison les malades et à s' occuper de la soupe populaire. Elles accueillirent aussi des prostituées qu' elles tentèrent de sauver de la rue. Mais les moyens de Françoise et de ses compagnes étaient limités. Certaines " bonnes âmes " critiquèrent l' assistance qu' elles portaient à ces femmes de mauvaise vie, dont beaucoup étaient syphillitiques, et cessèrent de leur fournir des dons...
Après les troubles de 1848 et les pénuries alimentaires qui s' ensuivirent, d' autres jeunes femmes vinrent se joindre à la communauté. Elles se tournèrent vers l' aide à la réinsertion de femmes sortant de prison.

La Congrégation - les Soeurs des Pauvres de Saint-François -  obtint de Mgr Johannes von Geissel une reconnaissance locale de l' Eglise, en 1851. Malgré certaines objections de prudence en ce qui concernait l' exigeance de stricte pauvreté des Soeurs, elles avaient pu émettre leurs premiers voeux en 1850. L' Etat prussien approuva en 1853 cette association de religieuses qui " favorisait la paix sociale ".

Les Soeurs connurent une expansion rapide. En 1858, suivant l' émigration des paysans allemands aux Etats-Unis, elles ouvrirent une maison dans l' Ohio. Mère Françoise Schervier visita sa mission américaine en 1863 et en 1868*. Elle fit à ce propos don d' une somme importante pour l' édification d' un chapelle allemande au Havre qui servit aux nombreux émigrés allemands en partance pour les Etats-Unis. Pendant la guerre civile américaine, la guerre austro-prusienne de 1866 et la guerre franco-prussienne de 1870, les Soeurs s' occuperont d' hôpitaux de campagne pour soigner les soldats blessés.
Mère Françoise Schervier mourut, le 14 décembre 1876 à l' âge de 58 ans, entourée de ses compagnes. A sa mort, plus de 700 religieuses étaient à l' oeuvre. Elle avait reçu le soutien dans ses dernières années de l' impératrice Augusta.
La Congrégation fut définitivement approuvée par saint Pie X, en 1908, et la cause de sa fondatrice introduite en 1912.
Elle fut béatifiée par le Pape Paul VI, le 28 avril 1974. A cette époque, les Soeurs étaient au nombre de 1700, réparties en 121 maisons.

Depuis que la Province des Etats-Unis a pris son autonomie, en 1959, les Soeurs se sont divisées en deux branches : :La branche américaine comprend une quarantaine de maisons avec 400 Soeurs ; avec en plus des maisons en Italie, au Sénégal et au Brésil. Elles ont pris le nom de Soeurs Franciscaines des Pauvres et ont leur maison-mère à New-York. 
Elles sont encore à la tête de maisons de retraite acceptant les invalides en état de grande dépendance et d' autres oeuvres répondant aux situations les plus délicates.

La branche allemande autonome, avec sa maison-mère à Aix-la-Chapelle, est plus contemplative. Cette branche de 312 religieuses possède 37 maisons, essentiellement en Allemagne, dont 5 maisons en Belgique, 2 maisons au Danemark et une maison à Omsk en Sibérie qui, par l' intermédiaire de la Caritas, participe à différentes oeuvres sociales et éducatives. Elles ont pris le nom de Pauvres Soeurs de Saint-François. Elles ne connaissent pas de vieillissement de leurs effectifs. Leur Supérieure Générale est la dynamique Sr Katharina-Maria Finken, la Supérieure Provinciale est la Sr Maria-Martha Kruszynski. Elles sont  " attentives aux conséquences néfastes de la mondialisation ".
Cette branche a la particularité - voulue en 1849 par la bienheureuse fondatrice - de posséder un couvent ( à Mechernich-Kommern en Rhénanie ) où prient des religieuses cloîtrées, appartenant à la Congrégation des Pauvres Soeurs de Saint-François.

Les deux branches gardent des liens d' amitié.

Illustration : église du couvent d' Aix-la-Chapelle : 

Bibliographie : ( en anglais ) P.I Jeiler : " The Venerable France Schervier Foundress of the Sisters of the Poor of Saint Francis ". Ed St Louis, Missouri, B. Herder, 1924.
                            ( en allemand ) Petra Fietzek : " Franziska Schervier. Worte allein vermögen nichts. " Ed Matthias Grünewald, Mayence, 2003. Une traduction de cet ouvrage en français est en vente en ligne sur le site des Soeurs :
Lien ( en allemand ) : http://www.schervier-orden.de


*Une branche masculine, approuvée par la bienheureuse Mère Françoise Schervier, fut fondée par Philippe - en religion Jean - Höver ( 1816-1864 ) en 1857 à Aix-la-Chapelle puis en 1868 à Cincinnati aux Etats-Unis, vouée à l' assistance aux orphelins et à l' éducation des garçons des classes pauvres. Cette Congrégation oeuvre aujourd' hui aux Etats-Unis ( où elle possède 11 maisons ), en Allemagne, au Brésil, en Belgique et en Hollande.

** 20 jeunes filles prendront le voile à l' issue des six années d' enseignement de Louise Hensel, quatre seront fondatrices de Congrégations, deux ( dont Françoise ) seront déclarées bienheureuses et une vénérable.

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