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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 12:50

   Née dans une famille seigneuriale de Provence en 1285, Delphine perdit tôt ses parents. Elle était l' héritière de domaines considérables en Provence et fut élevée par son oncle qui la fit entrer au couvent des Augustines de Sainte-Catherine, à Sorbs, pour parfaire son éducation sous la houlette d' une de ses tantes, Supérieure du Couvent, Mère Cécile. A treize ans, elle revint chez son oncle qui voulait la marier à l' un des chevaliers de Charles II d' Anjou, roi de Sicile.

La jeune fille refusa, voulant demeurer vierge, ce qui provoqua la colère de son oncle. Pour la convaincre, il fit intervenir un Franciscain auprès d' elle qui lui proposa de choisir une voie médiane...Elle devait accepter les fiançailles - quitte à refuser le mariage ensuite - afin d' apaiser le courroux familial. La jeune fille, qui voulait quitter le monde et devenir religieuse, accepta finalement et c' est ainsi qu' elle se fiança avec le jeune adolescent  Eléazar ( ou Elzéar ) de Sabran.

 

Le 5 février 1300, leur mariage fut célébré à Avignon ; elle n' avait que quinze ans et Eléazar quatorze ! Le soir de leurs noces, la jeune épousée fit part avec beaucoup de douceur à son époux qu' elle souhaitait demeurer vierge et ne voulait pas consommer son mariage. Le jeune homme - nous dit le procès de béatification - se mit à verser des larmes, non pas de dépit ; mais d' émotion devant tant de dévotion ! Peu après Delphine tomba malade et son mari la soigna avec amour ; tant et si bien qu' elle lui demanda de lui promettre de toujours rester près d' elle. Il l' aimait ; mais il ne comprenait pas encore le sacrifice - incompréhensible pour notre époque - qu' elle voulait de lui. Lors d' une cérémonie de prise d' habit qui eut lieu au château de Sault, le jeune homme finalement comprit qu' il devait se soumettre à son désir s' il voulait la garder près de lui. Après le décès de son père, Eléazar se rendit en Italie - dont dépendait son fief -  pour régler sa succession. A son retour, au bout de longs et longs mois, Delphine lui révéla qu' elle avait fait le voeu de virginité dans la chapelle de leur château d' Ansouis.

 

Loin de s' assombrir, le jeune duc reçut la communion et s' associa au voeu de son épouse. Il vécut comme un seigneur de son temps en administrant ses domaines et en réunissant des chevaliers qui lui devaient hommage. Il créa aussi une communauté à Puimichel. Le temps était rythmé par la prière et par les oeuvres de charité pour secourir les malades et les pauvres. En ce XIVème siècle d' amour courtois et de dévotion à Notre Dame, le couple fut un exemple de charité chrétienne. Ils récitaient ensemble les offices et partageaient les mêmes exercices spirituels. Delphine et Eléazar de Sabran, au milieu du monde, suivaient leur devoir d' état ; mais en même temps - ce qui était original pour cette époque aux moeurs rudes - vivaient chacun et ensemble leur voie mystique plutôt que séparés dans de possibles abbayes. Le comte soignait les lépreux, les époux suivaient la règle du Tiers-Ordre franciscain. Sur les terres du comte, le jeu d' argent était proscrit, et le traitement était le même pour les nobles que pour les pauvres.

 

Un jour, le comte fut appelé à la Cour de France comme ambassadeur afin de traiter de l' affaire du futur mariage du duc de Calabre. Pendant ce temps, Delphine eut la vision de sa belle famille en deuil. En effet - les nouvelles étaient longues à atteindre la Provence - lorqu' on lui apprit ensuite la mort de son époux, elle s' était déjà préparé par la prière. Eléazar lui apparut aussi en rêve, désormais elle était libre de ces liens qui furent leur joie et leur tourment.

 

Elle vendit ses biens, donna son héritage aux Sabran, distribua le reste aux pauvres, prenant à la lettre la parole de l' Evangile. Elle réunit ses domestiques en leur disant qu' elle leur confiait son château afin d' y accueillir pauvres et pélerins. Elle même vécut dans la pauvreté s' adonnant aux travaux les plus humbles et à la charité envers les pauvres jusqu' à sa mort survenue " le lendemain de la Sainte Catherine ", en 1360. Son procès de béatification débuta trois ans après. Son mari avait déjà été canonisé une dizaine d' années auparavant.

 

 

Illustration : tableau du XVIIème siècle de l' église de Puimichel représentant saint Eléazar et son épouse.

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