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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 16:22
  Madeleine-Sophie Barat naquit à Joigny*, dans la nuit du 13 décembre 1779, dans la famille d' un tonnelier relativement aisé. Elle était si fragile, qu' elle fut baptisée dès le lendemain matin. Son frère aîné Louis, de onze ans plus âgé, était son parrain. Il deviendra Jésuite et il sut dans sa jeunesse l' instruire dans leur Foi commune.  Il fut aussi un précepteur exigeant : il lui enseigna le latin, le grec, l' histoire, la physique et les mathématiques. Madeleine-Sophie était donc extrêmement instruite pour son milieu, à une époque - avant la révolution - où une soif de connaissance et d' instruction surgissait dans tout le royaume.

Louis Barat sera emprisonné pendant la Terreur et il ne devra la vie sauve qu' à la chute de Robespierre. Il sera ordonné en 1795. Après ces années funestes, le frère et la soeur se fixèrent à Paris. Louis enseignait la théologie et la patristique, dont il fit profiter sa soeur qui apprenait aussi l' espagnol et l' italien. Elle donnait des leçons de catéchisme, encore clandestines à cette époque de transition pour l' Eglise de France, pour les enfants du quartier du Marais.
Elle avait eu le désir - contrarié par la révolution - de se faire carmélite, et elle s' imposait une vie frugale et une discipline stricte. Son frère la présenta au RP Varin, sj, qui songeait à faire rouvrir certains collèges qui avaient appartenu à la Compagnie de Jésus ou à d' autres Ordres et qui avaient été confisqués et à ouvrir des écoles chrétiennes. Il vit donc en Madeleine-Sophie Barat une rencontre providentielle pour mener à bien ce projet. La jeune femme de 21 ans se consacra donc en novembre  1800 avec trois compagnes. Ce fut la naissance de la Société du Sacré-Coeur** pour l' éducation et l' instruction féminines.


Le Concordat de 1801 mit fin aux persécutions qu' avaient connues l' Eglise de France et Madeleine-Sophie put ouvrir une première maison à Amiens. En 1804, elle fit l' acquisition du Couvent des Visitandines de Grenoble qui en avaient été expulsées à la révolution. Elle ouvrit une nouvelle maison et fit la connaissance d' une jeune institutrice qui allait entrer dans la Société et qui allait avoir elle-aussi un destin glorieux pour l' Eglise : sainte Philippine Duchesne*** .

En 1805, à seulement 25 ans, la Mère Madeleine-Sophie Barat fut élue Supérieure générale. Elle mit toute son énergie, jusqu' à la fin de sa vie, au développement de l' Institut.  
Elle ouvrit le noviciat des Soeurs dans une ancienne abbaye cistercienne, près de Poitiers. Les maisons d' éducation s' ouvraient rapidement et offraient un enseignement de qualité aux jeunes filles. La rigueur intellectuelle était une constante de la Rde Mère Barat et elle voulait faire bénéficier les jeunes filles de l' époque d' une instruction non seulement chrétienne, mais aussi de choix, afin de former des familles d' élite.

Après quelques tracas - notamment lors de la révolution de 1830 - pour la Société qui enseignait la fine fleur des familles légitimistes, la Rde Mère Barat s' ouvrit dans une lettre écrite en 1831 à la future sainte Philippine Duchesne : ' Le temps changent et nous devons nous-aussi transformer notre mode d' être. "
Elle fit éduquer aussi plus de boursières, venant de familles modestes, et dont l' enseignement était pris en charge financièrement par les familles aisées qui avaient confié l' instruction de leurs filles aux Dames du Sacré-Coeur.
Elle se mit à voyager à travers la France et l' Europe pour ouvrir de nouvelles maisons, dans un contexte politique qui était souvent défavorable. Elle était infatigable et négociait âprement. Elle installa des maisons d' éducation d' élite en Suisse, en Angleterre et en Irlande, en Autriche, dans diverses principautés italiennes et à Rome, dans la future Belgique et en Hollande, en Espagne et dans plusieurs principautés d' Allemagne, dans la partie autrichienne de la Pologne et jusque dans la nouvelle colonie algérienne...En 1818 les premières Dames du Sacré-Coeur à s' embarquer pour l' Amérique gagnaient  les tribus Potawotami !

Les milliers de lettres conservées de cette époque montrent le souci constant de la fondatrice d' accompagner et de conseiller les Soeurs, dispersées dans 105 maisons. En 1826, les Dames du Sacré-Coeur reçurent l' approbation pontificale.
Leur spiritualité s' inspirait de saint Ignace de Loyola et de ses Exercices ainsi que de la dévotion au Sacré-Coeur de NS, dévotion alors en plein essor dans la société du XIXème siècle. Elles menaient un combat courageux contre l' esprit voltairien de la bourgeoisie de l' époque et éduquaient de futures épouses chrétiennes dont la formation intellectuelle était au même niveau que celui de leurs futurs maris. Il fallait, après les désastres précédents, rebâtir une société chrétienne en s' appuyant sur l' esprit d' oraison et la vie intérieure. 

En 1864 - toujours Supérieure - les Soeurs, ne voulant la démettre, nommèrent une religieuse vicaire. L' année suivante, elle fut victime à Paris d' une attaque de paralysie. Elle mourut le 25 mai 1865, jour de l' Ascension cette année-là.

A sa mort, les Dames du Sacré-Coeur étaient plus de 35 000, dans 16 pays. Expulsées de France par les lois anti-catholiques, en 1904, les religieuses firent transférer les restes de leur fondatrice en Belgique.

Elle fut canonisée, pendant le Jubilé de l' Année Sainte 1925, par le Pape Pie XI.



* Près d' Auxerre dans le département actuel de l' Yonne. Les religieuses du Sacré-Coeur y ont à proximité une maison pour des retraites spirituelles.
** Cette dénomination ne sera officielle qu' en 1815 à la chute de Napoléon, car elle était considérée comme trop attachée aux partisans de l' Ancien Régime.
*** Canonisée par Jean-Paul II, en 1988.

Reliques de la sainte, dans la chapelle des religieuses du Sacré-Coeur, rue de l' Abondance à Bruxelles ( Belgique ).
Maison natale de sainte Madeleine-Sophie Barat à Joigny.

Les religieuses du Sacré-Coeur sont aujourd' hui 31 000 dans  plus d' une quarantaine de pays. Elles ont subi de plein fouet la crise des années 1960-1980 ; mais restent encore actives dans de nombreux projets éducatifs et sociaux, surtout en faveur de la jeunesse. Elles ont la tutelle, en France, de sept établissements scolaires.

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commentaires

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur 03/06/2008 23:04

La châsse contenant le corps de Sainte Madeleine-Sophie Barat quittera Bruxelles dans les prochains mois pour venir en France: elle sera placée dans l'église Saint François-Xavier, à Paris.

Eric 04/06/2008 19:07


Merci de cette bonne nouvelle !