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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 00:34
   Véréna Bütler naquit le 28 mai 1848, en Suisse à Auw dans le canton d' Argovie, au sein d' une famille de paysans pieux. Elle quitta l' école élémentaire à quatorze ans et aida ses parents à la ferme. Jeune fille joyeuse, elle était courtisée et elle tomba bientôt amoureuse d' un jeune homme de son village ; mais subitement elle renonça à cet amour naissant , car elle se sentait attirée par un amour plus grand. Elle fit plusieurs tentatives de vie consacrée, notamment auprès de Soeurs de la Présentation à Zug et finalement à dix-sept ans entra chez les Soeurs de la Sainte-Croix à Menzingen. Elle quitta toutefois le postulat et retourna chez ses parents, car elle ne trouvait pas sa voie.

Le 12 novembre 1867, sur les conseils du Père Sébastien Viliger, elle frappa chez les Capucines du Couvent de Marie-Auxiliatrice à Altstäten, dans le canton de Saint-Gall. Elle y fit sa profession en 1869 et prit le nom de Soeur Marie-Bernarde du Très-Saint-Coeur-de-Marie.
Avant de prononcer ses voeux définitifs, elle sollicita auprès de l' évêque de Saint-Gall avec d' autres jeunes religieuses de son couvent, la permission de suivre une règle plus austère, car ce groupe de religieuses déploraient la règle, à leurs yeux mitigée, de leur couvent...

En 1874, elle fut nommée procuratrice et économe du couvent. Elle s' occupait des réserves et du jardin et suivait avec recueillement la règle, cherchant toujours l' union au Seigneur. Elle s' employa à restaurer la discipline tant et si bien que le couvent retrouva de jeunes vocations. En 1879, elle fut élue maîtresse des novices et de 1880 à 1886 devint supérieure de la communauté.

Les vocations étaient alors suffisamment nombreuses pour que se réalisât enfin son rêve : celui de fonder un couvent en pays de mission. Elle prit conseil auprès de Mgr Schumacher, évêque allemand missionnaire en Equateur.
Le 19 juin 1888, ayant obtenu la permission du Saint-Siège, elle s' embarqua pour l' Amérique du Sud, avec deux soeurs autrichiennes et cinq soeurs suissesses. Elle arriva en Equateur en juillet et d' emblée ouvrit un couvent à Chone avec en annexe une infirmerie et une école de filles. Fidèle à la clôture et à l' esprit de pauvreté, elle dut surmonter de grandes difficultés : oppositions diverses, guerres, maladies...

Elle chercha d' autres lieux pour rejoindre les populations les plus nécessiteuses, pour lesquelles elle se fit une mère providentielle. Son caractère ferme et volontaire ne fut pas compris par la Maison-Mère d' Alstäten. Il est vrai qu' elle ne s' embarrassait pas de diplomatie ! Des Soeurs la quittèrent pour fonder une communauté autonome.

C' est alors qu' elle fut obligée de se séparer de sa Congrégation d' origine, et qu' elle se décida à fonder la Congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie-Auxiliatrice. Très vite de nouvelles maisons furent ouvertes. Mais de nouvelles difficulté allaient surgir.
En 1895, un nouveau gouvernement sous influence franc-maçonne entreprit une politique de  persécution religieuse, à la suite de laquelle de nombreux couvents catholiques furent fermés. Avec quinze autres Soeurs, elle dut quitter le pays et se réfugia à Bahia, au Brésil. Les Soeurs n' avaient plus de toit. Elles  furent finalement accueillies par Mgr Biffi, évêque de Carthagène en Colombie.

Elle arrivèrent à Carthagène, en août 1895, trouvant asile à l' Hôpital Obra Pia, joli édifice colonial abandonné que Mère-Marie Bernarde restaura pour en faire un hôpital moderne et le siège de sa Congrégation. Elles en furent chassées par le gouvernement en 1899 et le réintégrèrent en 1903. L' hôpital cessa de fonctionner en 1905 et les Soeurs transformèrent l' édifice en collège : le Collège Biffi. Mère Marie-Bernarde devait y résider jusqu' à la fin de sa vie.
Elle fit aussi ouvrir un noviciat dans le Vorarlberg, en Autriche, tout près de son pays natal. Les jeunes Soeurs de langue allemande s' y formaient avant de partir en mission.
De nombreux hôpitaux et orphelinats furent créés par les Franciscaines Missionnaires en Colombie et au Brésil ainsi que des écoles. L' Oeuvre de la Mère Marie-Bernarde connut un essor remarquable. Pendant toutes ces années elle gouverna en tant que Supérieure générale avec dynamisme, fermeté et charité.

En 1920, ce fut au tour de la Mère Marie-Françoise Hallenstein d' être élue. Elle ne manquait pas de s' inspirer des conseils de la fondatrice.

Mère Marie-Bernarde mourut saintement le 19 mai 1924 à Carthagène, à la Maison-Mère. La ville entière s' associa à ses funérailles.
En 1956, les Soeurs quittèrent leur Maison-Mère qui devint le Collège ND de Lourdes. En 1977 l' édifice fut vendu à une société privée, aujourd' hui c' est un complexe touristique.
 
La Congrégation compte aujourd' hui plus de huit cents religieuses, principalement en Amérique du Sud et en Suisse.
Marie-Bernarde du Très-Saint-Coeur-de-Marie fut déclarée vénérable en 1991 et béatifiée en 1995, par Jean-Paul II.

Sa canonisation est prévue à Rome, par SS Benoît XVI, le dimanche 12 octobre 2008. C' est la première fois depuis 1947 que la canonisation d' un saint originaire de Suisse aura lieu.


Seront canonisés avec elle le bienheureux Gaëtan Errico ( 1791-1806 ), fondateur napolitain, les bienheureuses Anne Muttahudapathu, en religion Soeur Alphonse de l' Immaculée Conception ( 1910-1946 ), Clarisse indienne du Kérala,  et Narcisse de Jésus Martillo Moran ( 1833-1869 ), laïque équatorienne.

Lien ( en allemand ) : http://fmmh.org/V1/ 

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commentaires

François 22/05/2008 22:07

Bienheureuse Marie-Bernade, son rêve : celui de fonder un couvent en pays de mission ...Ste Thérese de l'Enfant Jésus rêvait également de mission.Elle est conduite au sommet de l’abandon et de l’enfance spirituelle, avance dans sa petite voie et offre chaque pas qu’elle fait « pour un missionnaire ». Elle s’éteindra le 30 septembre 1897 à 24 ans au terme de sa passion en murmurant « Mon Dieu… je vous aime ». Pour Thérèse commençait une nouvelle mission : « Oui, je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ».http://liberezlescaptifs.over-blog.net/article-5447700.html