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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:19
Dans dix jours a lieu l' anniversaire de la mort du bienheureux Casimir Sykulski, fusillé le 11 décembre 1941.

bienheureux-casimir-sykulski.jpg
Casimir Sykulski naquit en Pologne à Konskie ( prononcer Konské ), dans une famille de neuf enfants, le 29 décembre 1882. Cette petite ville du centre de la Pologne, près de Lodz; comprenait une majorité de Juifs ( près de 5000 sur 7500  habitants ) qui la nommaient Koinsk, ou Kinsk, en yiddish. Ils furent exterminés en 1942 par les nazis.

Konskie1910.jpg
Son frère aîné Joseph, qui avait douze ans de plus que lui, devint prêtre après avoir étudié au séminaire de Solec-sur-la Vistule, il devint vicaire dans diverses paroisses de la Vistule et à Ostrowiec. Cette partie de la Pologne appartenait alors à l' Empire russe. Lorsque la première guerre mondiale éclata, il fut nommé en Russie dans une paroisse polonaise du gouvernement de Voronej, dans la petite ville de Bogoutchar ( orthographié Boguczar en polonais ), sur un affluent du Don, et à l' indépendance de la Pologne, retourna au pays, où il devint curé de la paroisse de Skarzysko-Kamienna, jusqu' à sa mort en 1956.

Casimir fut influencé par l' exemple de son frère. Il étudia au lycée de Sandomir; où il apprit le grec,le latin, le français, le russe et l' allemand, en plus du polonais ! Ensuite, il entra lui aussi au séminaire. Le cours des études durait six ans. Il devint prêtre en 1905.

Il fut nommé vicaire à Radoszyce, petite ville de la région subcarpathique de la Pologne au Sud, dans le district de Krosno. Il avait gardé des liens avec l' abbé Ryx qui avait été son directeur de séminaire. Celui-ci devint recteur du séminaire catholique de la capitale de l' Empire : l' Académie Impériale Catholique-Romaine de Saint-Pétersbourg, telle était sa désignation officielle. Il voulait en faire un séminaire d' élite. Aussi, en 1908, Casimir Sykulski fut appelé à y étudier pendant trois ans la théologie. Il devint chapelain de la cathédrale catholique de la capitale.

sainte-catherine-de-saint-petersbourg.jpg

Lorsque l' abbé Ryx devint évêque de Sandomir en 1913, il ramena l' abbé Sykulski en Pologne et le nomma à Skarzysko-Bzin, près de Radom. Il ouvrit des écoles.

Mais la première guerre mondiale allait bouleverser la région. La ville de Kamienna ( aujourd' hui Skarzysko-Kamienna, prononcer Skarjisko-Kamenna ), dont dépendait la paroisse, fut évacuée par les Russes et occupée par les Allemands d'août à novembre. C' était une ville modeste dont la population travaillait dans des fabriques métallurgiques. L' abbé Sykulski mit en place un comité, avec Grégoire Smiechowski, pour s' occuper des secours, du ravitaillement et des fonctions communales. Lorsque la ville fut reprise par les Russes et les Alliés occidentaux, l' abbé Sykulski poursuivit ses initiatives dans le domaine de l' organisation communale, les Russes ayant promis une autonomie polonaise à l' issue de la guerre...Mais la ville fut à nouveau envahie en mai 1915, cette fois-ci par les troupes austro-hongroises. Elle dépendait du gouvernorat militaire de Lublin.

kamienna-fabryczna.jpg

Prévoyant aussi l' indépendance, l' abbé Sykulski mit au point un programme de réformes des écoles polonaises du secteur, pendant qu' un Comité Citoyen était créé. Il ouvrit des écoles privées - mixtes - fait rare à l' époque.
L' occupation autrichienne prit fin à l' automne 1918, déjà, surtout depuis la chute du régime impérial russe, une certaine lattitude était donnée aux Polonais. La renaissance de la Pologne intervint peu après.

 Mais le nouveau régime bolchévique devint menaçant après la guerre; jusqu' à un conflit armé qui dura jusqu' en 1920. L' abbé Sykulski devint chapelain militaire.

A l' issue de la guerre polono-bolchévique, il fut élu député de l' Assemblée Législative de la République Polonaise. En 1921, il fut nommé à Radom ; mais il continuait à s' occuper des écoles du diocèse et à en ouvrir de nouvelles. Il rendait visite à ses anciennes paroisses et ne ménageait pas ses forces pour la reconstruction de la culture polonaise.

Il fut nommé à cette époque Prélat de Sa Sainteté. Infatigable, il fut curé de différentes paroisses; la dernière étant à Konskie, sa ville natale.

Lorsque la Pologne fut attaquée par l' Allemagne hitlérienne en septembre 1939, la panique s' installa à Konskie. Fort de son expérience d' il y a 25 ans, Casimir Sykulski s' occupa des malades, apporta le Saint-Sacrement à l' hôpital car l' église du XVème siècle avait été bombardée. 
Mais le 8 septembre, les forces d' occupation s' installèrent en ville...Les premières arrestations eurent lieu. Le curé énergique plaida la cause des premiers internés, souvent en vain. Il mit sur pied deux soupes populaires pour les évacués, une à la paroisse Saint-Nicolas, l' autre dans la brasserie principale de la ville. Il organisa aussi des garderies pour les enfants déplacés et leurs mères.

eglise-konskie.jpg

Son activité sociale se déploya dans cette ville aux deux tiers juive, sans discrimination. Il était respecté des deux communautés, même parmi les socialistes du Bund, nombreux dans cette ville de fabriques. Il assura aussi clandestinement l' évacuation de personnes en danger. Une vingtaine de Juifs avaient déjà été fusillés en représailles contre des attentats ayant entraîné la mort de quatre soldats allemands.

Mgr Sykulski fut interrogé le 25 octobre 1939 et détenu quelques jours. Les occupants prévoyaient des arrestations massives en novembre. Elles eurent lieu à partir du 8. Il avait décidé de rester parmi la population. " Là où se trouvent mes brebis, je reste. "
Malgré les déportations et les arrestations, il fallait maintenir la vie de la paroisse. Pourtant, il prévoyait le pire. Il écrivit son testament en août 1940, s' en remettant à la volonté divine. " C' est ici ma place, je me remets entre les mains de Dieu. "

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Il était fort populaire dans la population. A l' été 1941, au moment de l' invasion de l' URSS, le rythme des convois de déportations de Juifs augmenta. Les principaux notables polonais de la ville avaient été arrêtés ou avaient disparu...De nombreuses femmes polonaises étaient déportées dans des usines en Allemagne, et les occupants avaient enfermé les Juifs de la région dans un ghetto de Koinske. 

Mgr Sykulski fit partie du convoi massif qui eut lieu entre le 24 et le 26 octobre 1941 à destination d' Auschwitz. Il fut détenu au bloc numéro 8, puis au bloc numéro 18. Il fut fusillé le 11 décembre 1941, et son cadavre fut brûlé au four crématoire.

Casimir Sykulski fait partie du nombre des béatifiés polonais de la guerre mondiale, par Jean-Paul II, en juin 1999.

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        Eglise Saint-Nicolas de Koinske



Illustration : arrestation de Juifs, le 12 septembre 1939 ( archives IPN Warszawa ).



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