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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 18:27
Maria Francesca Ricart naquit le 23 février 1881, près d' Albal en Espagne. Malgré son caractère expansif et démonstratif, elle nota très tôt en elle une aspiration à la vie contemplative. " Jésus fut toujours pour moi un ami secret ". Elle aimait à se retirer pour le prier.

A seulement 15 ans, en 1896, elle entra au couvent de la branche féminine des Servites de Marie à Mislata, près de Valence.  L' Ordre a été fondé au XIIIème siècle par sept laïcs florentins - dont saint Alexis Falconieri - pour honorer le culte de la Vierge Marie.
" Je sais très bien ce que je suis en train de faire, car Jésus m' appelle. " Elle prit le nom de Marie de la Guadeloupe, ou Maria Guadalupe, et fit sa profession solennelle le 19 juin 1900.

ricart-maria-guadalupe.jpg

Elle accomplit plusieurs charges, et fut en particulier prieure de son couvent entre 1931 et 1934. Entre 1928 et 1931, elle fut maîtresse des novices, ainsi qu' entre 1934 et 1937 jusqu' à la fin de sa vie...Tous les témoignages concordent pour la caractériser par son humilité, sa dévotion à la Vierge des Douleurs, et son amour envers la Passion de NS Jésus-Christ.

Depuis 1934, les Congrégations religieuses étaient en proie à l' hostilité des Républicains, mais la persécution culmina à partir de 1936, au début de la guerre civile. Les religieuses durent abandonner leurs couvents et quitter leurs habits religieux. Mère Maria Guadalupe trouva refuge chez une de ses nièces. La jeune femme était enceinte, et Mère Maria Guadalupe craignit de compromettre sa nièce, car des cas d' atrocités commises par les miliciens anarcho-socialistes , contre les personnes abritant des  prêtres, des religieux ou des religieuses commençaient à être connus de la population de la ville. Elle ne resta qu' une huitaine de jours, et partit chez sa soeur Philomène, fin juillet 1936. 

En pleine nuit, le 2 octobre entre une et deux heures du matin, Philomène fut réveillée par des cris sous ses fenêtres. Pendant que son mari dormait dans la chambre, celle-ci somnolait dans le salon assise dans un fauteuil, car elle avait peur pour sa soeur, et se tenait prête au pire. Quatre hommes armés firent irruption dans l' appartement, et perquisitionnèrent partout, au cas où il y aurait des armes. En effet, les armes venaient à manquer à Albal pendant cet épisode de la guerre, et des milices du Front populaire cherchaient des armes chez les particuliers. 

Les hommes tenaient le mari de Philomène, pour l' empêcher de s' échapper. 

C' est alors que Mère Maria Guadalupe sortit de sa chambre, un livre de prières à la main, et vêtue en civil. Les hommes trouvèrent dans sa chambre un scapulaire de ND du Mont-Carmel. " Vous êtes religieuse ? " s' écrièrent-ils. " Oui, leur répondit-elle, je suis religieuse, et si j' avais pu naître encore mille fois, cela aurait été au pied de la Croix ! "

ricart.jpg   Elle n' offrit pas de résistance, lorsque les hommes l' emmenèrent avec eux. Dans leur voiture, au bas de l' immeuble, deux Franciscaines d' Albal, soeurs de sang, étaient déjà prisonnières...
Philomène raconte : "  Quand elle se dirigea vers la voiture, elle remercia mon mari pour tout ce qu' il avait fait pour elle. Je l' embrassai pour lui dire adieu. Quant à elle, elle demeurait tranquille et sereine. "

Finalement satisfaits d' avoir mis la main sur une telle  " proie ", les Rouges revinrent peu après chez la soeur de Mère Maria Guadalupe, et l' avertirent qu' elle et son mari risquaient de passer devant le tribunal populaire pour avoir donné asile à une religieuse et pour avoir gardé chez eux des images et des objets religieux.

Pendant ce temps, les pauvres religieuses durent subir de telles atrocités, qu' un témoin oculaire de l' époque se refusa à en relater les détails lors du procès en béatification.

Son corps fut abandonné vers quatre heures du matin, et jeté ensuite dans une fosse commune. Depuis 1940, il repose au couvent des Soeurs à Valence.

jesus-de-la-flagellation-grenade.jpg

" Beaucoup d' années nous séparent de cette nuit terrible ; mais le souvenir de Maria Guadalupe nous remplit l' âme d' admiration, et nous invite à nous recueillir dans la prière, afin d' obtenir la grâce de vivre nous aussi l' union intime à Dieu, dans la fidélité à notre propre vocation, et dans la disponibilité à être totalement abandonnés à la volonté divine, ainsi qu' elle a pu le faire, en cette nuit, dans cette rue, s' immolant avec joie pour honorer son Amour. "

Son procès en béatification commença en 1958, et en mars 2001, elle fut proclamée bienheureuse.


Lien ( en français, in English, in italiano, en espanol , auf Deutsch ) :  http://www.servidimaria.org



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